Moins de papier dans ma poubelle

sacs réutilisables

Il s’agit de ma poubelle de recyclage, mais quand même. Je jette trop d’emballages en papier. Et, d’un autre côté, je n’arrive pas à jeter le moindre bout de tissu, donc je me noie dans les chutes diverses ou les vêtements usagés. Les torchons troués, par exemple, ou comportant trop de “taches propres”… Du coup, j’ai sorti ciseaux et machine et j’ai confectionné des sacs réutilisables pour le marché. Dans ma ligne de mire ce mois-ci : le pain, les fruits et les légumes. Si vous avez envie d’en faire autant, c’est par ici !

Mesurer les sacs en papier d’origine pour réaliser les mêmes en tissu, ce n’est pas bien sorcier ; il fallait quand même que je m’amuse un peu… alors j’ai sorti mes crayons et ma gomme, puis ma découpeuse Silhouette pour réaliser des décos en flex thermocollant. Si vous avez le même type de machine, n’hésitez pas à télécharger les fichiers ad hoc ; si vous n’avez pas de flex sous la main, vous pouvez découper des pochoirs dans du papier un peu épais et réaliser les motifs avec de la peinture textile et une brosse à pochoir ou un petit bout d’éponge.

Astuces
  • Si vous choisissez le flex, n’oubliez pas d’inverser le motif avant de le découper et d’écheniller (photo ci-dessous).
  • Si en revanche vous préférez l’option pochoir, offrez-vous une bombe de colle repositionnable pour en pulvériser le dos, vous verrez, ça sert à plein de choses en couture comme en bricolages divers.
  • Et enfin, si vous n’avez pas de découpeuse, rien ne vous empêche de télécharger les fichiers PDF et de transférer le motif sur le tissu avant de le peindre au pinceau.

sacs réutilisables

Pour mon sac à pain, j’ai recyclé un vieux torchon ; les dimensions finales sont de 36 × 17 cm et il accueille deux ou trois baguettes. Mon boulanger a très vite pris le pli et je ne suis pas la seule cliente à ne plus utiliser les petits sachets en papiers “obligatoires”. Aucun problème du type qu’a connu l’auteur de “Mon potager carré” !

Si le dessin vous plaît, téléchargez le fichier pour découpeuse Silhouette ici ou bien le fichier PDF ici.

sacs réutilisables

Pour les sacs de fruits et légumes, je me suis calquée sur les dimensions des sacs en papier fournis par mon maraîcher (que j’avais de toute manière pris l’habitude de lui rapporter, ainsi que plusieurs autres de ses clients), soit environ 26 × 22 cm, mais ça me paraît un peu petit (par exemple, pour mettre plus de 5 pêches). N’hésitez pas à faire plus grand si la question du poids ne vous embête pas. Car, oui, le sac est pesé avec les fruits (ou légumes) et la balance est tarée pour un sac en papier de 5 g ! Si vos sacs font 10 à 15 g (j’ai quand même utilisé du voile de coton, plus léger), vous vous retrouvez à payer autant de fruits en plus… mais franchement, compte tenu du budget que leur consommation représente déjà pour une famille de 4, c’est une goutte d’eau dans la mer.

Question couleurs, on peut jouer les contrastes pétants ou le ton sur ton très chic…

Si le dessin vous plaît, téléchargez le fichier pour découpeuse Silhouette ici ou bien le fichier PDF ici.

sacs réutilisables sacs réutilisables sacs réutilisables

J’ai aussi fait des sacs pour mes patates, car – chaque famille a ses petites particularités – nous mettons les patates pour frites à part. Là, je ne me soucie pas du poids car mon vendeur de patates les pèse dans un seau et les verse dans nos cabas (ou nos sacs réutilisables…) donc j’ai fait une version plus volumineuse, avec une coulisse, en recyclant d’autres vieux torchons.

Qu’est-ce qui lui prend de faire une razzia dans ses torchons comme ça ? vous demandez-vous… Chhhht ! J’ai un autre projet en vue, bien sûr ! Hop hop, trois torchons de moins dans mon placard, à remplacer par des torchons tissés main… Quand j’aurai le temps 😉

Réalisation extrêmement facile : j’ai coupé à ras les ourlets des côtés long des torchons, pliés ces derniers en deux et piqué les côtés, rabattu l’ourlet pour faire la coulisse et j’ai utilisé un des ourlets découpés pour le lien à passer dans la coulisse en question. Rien ne se perd.

Si les dessins vous plaisent, téléchargez les fichiers pour découpeuse Silhouette ici et ici ou bien les fichiers PDF ici et ici.

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Qui s’y frotte s’y pique !

pique-aiguilles

Après deux mois de repos bien mérités, me voici de retour au rayon bricolage… Cet été, j’ai fait pas mal de couture, et je ne manque pas de chutes de lin pour toutes sortes de petites bidouilles ludiques et vite faites.

Si vous me lisez depuis longtemps, vous aurez peut-être reconnu sur cette photo l’adorable petit bol à thé que Chantal m’a offert en 2015. Il s’agissait de me fournir un peu d’inspiration pour ma toute première collection, intitulée “Ma tasse de thé”, et ça n’a pas raté. Il y a pile trois ans, je publiais donc la photo de l’écheveau que ce petit bol m’avait inspiré. Canicules d’août obligent, je l’avais alors rempli non de thé, mais de granité au citron vert, miam !

Le petit bol a ensuite bien sûr contenu du thé, mais parmi les nombreux verres, bols et tasses à thé qui ornent mes étagères, la concurrence était rude. Sans compter que – je n’aurais jamais pensé écrire cela un jour, à croire que je vieillis… – il y a des limites au nombre de thés qu’une fille peut ingurgiter quotidiennement.

Bref, le petit bol ne me servait pas souvent ; pourtant j’en aime beaucoup et le dessin, et les couleurs. J’ai eu envie de lui proposer une autre fonction, qui lui permettrait de trôner à longueur d’année sur mon bureau. Et je me suis dit que ce bricolage pourrait vous donner des idées pour tirer vous aussi de l’oubli, qui sait, une tasse ébréchée mais bien-aimée en attente d’une seconde jeunesse.

Pour transformer mon bol en pique-aiguilles, il me suffisait d’une chute de lin, d’un brin de fil à coudre trèèès solide et d’une poignée de laine décidément trop rêche pour être filée.

pique-aiguilles

Pour déterminer le rayon de votre rond de tissu, comptez la hauteur du bol ou de la tasse + la moitié du diamètre. Cela sera peut-être un peu trop grand, mais j’aime procéder par essais-erreurs : j’ai fait un premier test qui était un peu trop grand, puis j’ai recoupé une bande de 2 cm tout autour du rond et le second test fut concluant.

Attention, vous allez devoir serrer fort pour rassembler tout le tissu et transformer votre rond en petite bourse, alors je vous conseille de choisir un fil très résistant et de l’utiliser en double. Cousez à grands points droits à environ 1 cm du bord et tirez sur le fil progressivement pour former vos fronces de manière régulière.

pique-aiguilles pique-aiguilles pique-aiguilles

Bourrez le tissu de vieilles fibres, de kapok ou de rembourrage polyester et serrez votre fil au maximum avant de nouer. Enfoncez ce coussinet dans la tasse ou le verre – vous n’avez plus qu’à y piquer vos aiguilles ! Si vous le souhaitez, vous pouvez fixer le coussin dans la tasse avec quelques points de colle. Pour ma part, la taille et le degré de rembourrage étaient impeccables et il est bien coincé, donc je n’ai pas eu à le faire : ainsi, je peux toujours boire du thé dans mon petit bol si j’en ai envie.

C’en est fini de l’échange TRIO 6 !

échange TRIO Tricotin 2018

Il m’a donné l’occasion de montrer toute l’étendue de mon étourderie, mais j’espère que, malgré cela, toutes les fileuses (toujours pas de garçon cette année !) qui se sont jointes à moi pour la sixième édition de l’échange TRIO du forum Tricotin se sont bien amusées.

Voici comment les choses se sont passées de mon côté…

Ma marraine Flora m’a envoyé deux belles mèches, une à filer pour l’échange et l’autre à garder pour moi. Je ne vous dis pas le mal que j’ai eu à choisir !!! Et puis plein de douceurs, du chocolat, du thé et les merveilleuses nonettes à la mirabelle de sa région, pour lesquelles je ferais des bassesses 😉 Enfin, une belle tresse blanche à teindre qui est allée tout droit dans mon tiroir à trésors… Bon, elle n’est pas beaucoup plus douée que moi pour dessiner les moutons mais je ne lui jetterai pas la première toison ! C’est tout de même pratique de savoir que le colis est celui de l’échange, surtout que je l’ai eu un peu en avance et qu’il aurait été dommage de l’ouvrir par erreur.

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Pour ma part, on venait de me donner un joli petit bout de tissu fleuri vintage et j’en ai fait une pochette zippée à fibres. Avec les rolags assortis pour mettre dedans, bien sûr ! C’est ce que j’ai envoyé à ma propre filleule, Jennyzephyrine, avec l’inévitable lot de douceurs.

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Pour la seconde partie de l’échange, j’ai reçu de ma marraine Mamytartine un paquet orné d’un mouton tricoteur très dynamique et appliqué ! Dedans, de beaux écheveaux issus des nappes de Dodoh, en teintes douces qui caressent l’œil, un peu d’angora blanc et d’alpaga d’un beau roux, encore du chocolat, des bougies (je m’aperçois qu’on ne les voit pas bien du tout sur la photo !) et plein de petits boutons, pendentifs et jolies attaches parisiennes qui vont me donner des envies de bricolage, c’est sûr. Veillait sur tout ce petit monde un oiseau porte-bonheur très coloré (inspiration pour une nappe ou une mèche teinte ? peut-être bien !).

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Quant à moi, j’ai filé plutôt fin la mèche très douce et fine teinte par Flora : elle ne demandait que ça, à être filée fin ! Et je l’ai retordue en navajo, si mes souvenirs sont bons. J’ai ajouté à cela du thé, des bonbons à la violette, un petit savon artisanal avec une étiquette signée Will Argunas (j’adore sa “sirène de la muerte” très rock) et des petits paquets de fibres pour ajouter de la texture dans une nappe.

échange TRIO Tricotin 2018

Et voilà, l’échange est fini… Il ne reste qu’à Sélène Drake à patienter pour ouvrir son colis car j’ai réussi à transmettre la mauvaise adresse à sa marraine non pas une, mais deux fois. C’est net, je ne sais pas gérer une liste d’adresses avec Excel !!! J’ai le rouge au front, littéralement !

Doux comme un lapinou

filage au rouet

… et pour cause ! Il y a beaucoup d’angora dans cet écheveau…

Pour le thème de filage de ce mois de juin, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de travailler à partir d’une nappe cardée.

Pour ma part, j’ai eu envie d’une nappe texturée mais très douce, donc j’ai choisi une base de mérinos pastel (melon et rose) auquel j’ai ajouté de la soie de sari, de la bourrette de soie et une grosse poignée d’angora duveteux gris naturel. Je vous montre les fibres avant le passage des fibres en cardeuse car lorsque la machine les amalgame en différentes couches, cela a tendance à en masquer le contenu. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans les nappes : c’est pendant le filage qu’on découvre les diverses fibres, comme autant de petites surprises.

filage cardeuse nappe cardée filage cardeuse nappe cardée filage cardeuse nappe cardée

Et la meilleure façon de “déguster” toutes ces petites surprises, pour ma part, je trouve que c’est de réaliser un gros fil moelleux en corespinning. L’Aura de Majacraft est parfait pour ce genre d’exercice. J’ai tout simplement déchiré la nappe en bandes qui se sont enroulées comme par magie autour du fil de laine fin que j’avais choisi pour faire le core.

filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet

Tee-shirts personnalisés avec une découpeuse Silhouette

Vous le savez, je n’hésite pas à accuser sans rougir mes proches pour chaque tentation à laquelle je succombe !!! Heureusement, ils ne m’en veulent pas trop… enfin je crois… 😉

C’est donc à cause de la terrible influence de ma copine Esperluette que j’ai craqué pour une découpeuse Silhouette Portrait. Cette petite machine oblongue fait partie d’une catégorie d’outils assez répandus dans mon atelier : ceux que je n’utilise pas très souvent, mais que je suis ravie de trouver quand j’en ai besoin, car ils me permettent de réaliser des choses dans lesquelles je n’oserais probablement pas me lancer avec des instruments plus classiques (parce que je suis très flemmarde… mais ça, vous le savez déjà). En l’occurrence, un simple cutter.

En effet, ce que fait cette machine est simple : elle se contente de découper. C’est un peu comme une imprimante qui, à la place d’un petit stylo pour écrire, aurait un cutter. On lui soumet un dessin, elle coupe. Elle sait découper le papier, le carton, le tissu (avec une lame adaptée), mais aussi des supports comme des autocollants ou du “flex” polyuréthane pour réaliser des impressions sur tissu. L’année dernière, je m’en suis servie pour personnaliser des tee-shirts pour mes deux affreux qui s’en allaient faire la fête au Hellfest, mais je crois que je ne les ai que brièvement montrés sur Instagram, et encore, juste le dos.

Eh oui, ils ont été créatifs sur ce coup !!!

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En tout cas, l’été arrivant, nous entrons à nouveau dans la saison des tee-shirts neufs et j’ai donc ressorti ma Silhouette. J’avais deux dessins en tête, un dragon chipé sur Internet et un crâne très cool qui ornait la couverture d’un des albums du groupe Los Tres Puntos. Je n’ai pas besoin de vous dire que j’ai utilisé ces dessins pour un usage familial mais qu’il est interdit de les copier pour vendre des tee-shirts, n’est-ce pas ?

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Je n’ai pas énormément d’expérience avec la Silhouette mais je sais que vectoriser des dessins peut réserver quelques surprises ; l’année dernière, j’en ai bavé avec celui du Hellfest, même si je n’en ai utilisé qu’une partie, en scannant la cashless, où il était stylisé.

Cette année, donc, j’ai imprimé les dessins que j’avais choisis au format A4 et je les ai décalqués au feutre noir, le plus nettement possible. Après les avoir scannés, j’ai utilisé le logiciel de retouche d’image gratuit Gimp (très pratique !!) pour augmenter le contraste au maximum. Ce n’est qu’à ce moment que je les ai importés dans le logiciel fourni avec la découpeuse Silhouette en lui demandant de les vectoriser. Et il y avait encore un peu de nettoyage à faire derrière. Mais j’admets que je n’avais pas choisi des motifs très faciles…

La suite du travail impliquait de choisir mes coloris de flex, chose que j’ai faite en concertation avec la personne qui allait porter le tee-shirt (mon Homme !). J’ai toujours acheté mes feuilles de flex sur le site Happyflex, très bien fait, qui offrait une grande palette de couleurs et plein d’informations sur la manière de découper et transférer chaque produit sur tissu. Hélas, il vient de fermer ! Je suis dégoûtée 🙁 J’espère que son successeur désigné, le Comptoir du Flex, offrira la même qualité de service…

Comme je le disais, Happyflex indique les paramètres de découpe à fournir à la machine, donc il n’est pas très compliqué de découper le motif. Attention toutefois : il est important d’activer la fonction “miroir” avant de le faire. Le plus long est d’écheniller, c’est-à-dire de retirer tous les petits bouts de flex dont on ne veut pas pour faire apparaître le motif. Pour moi, ça a été une opération presque interminable, car mes dessins étaient assez compliqués. Il faut vraiment avoir un crochet à écheniller et éventuellement une pince à épiler. J’ai la chance d’être ambidextre, donc je tiens la pince dans la main gauche et le crochet dans la main droite, ça va plus vite. Enfin, une petite lampe d’appoint offrant une lumière rasante peut être extrêmement utile (personnellement, avec une vue qui baisse, je ne peux m’en passer). Il est bon aussi de garder l’original du dessin sous l’œil.

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Une fois cela fait, il ne reste plus qu’à positionner correctement le motif sur le tee-shirt et à le fixer au fer à repasser, en le protégeant avec un morceau de papier sulfurisé, avant de retirer le support en plastique transparent et de repasser un petit coup de fer fixateur, toujours avec le papier cuisson. Là aussi, le site Happyflex indiquait à quelle température régler le fer, tout dépend du type de flex qu’on utilise.

customiser tee-shirt flex silhouette portrait

Voici donc deux tee-shirts personnalisés…

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… et pour le Hellfest, cette année, il y avait un participant supplémentaire, j’ai donc dû réaliser un troisième tee-shirt. Ceux des deux premiers affreux avaient eu un succès terrible au Hellfest où des participants tenaient à se faire prendre en photo avec eux, car l’inscription du dos était réalisée en flex rétroréfléchissant (et elle les faisait bien rire). Cela ne m’a pas pris beaucoup de temps de faire le troisième car une fois qu’un motif est vectorisé, on peut le réutiliser et le redimensionner à volonté…

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Ce soir, les participants du Hellfest prennent leurs marques. Je ne vous montrerai pas les photos que mes affreux ont commencé à m’envoyer, mais elles me font bien rire 😀

“Chacun pour soie”

filage soie artisanal nature morte

C’est le nom du thème que j’ai proposé en mai aux fileuses et fileurs du forum Tricotin

La soie, dans l’esprit de tous, c’est la fibre de luxe par excellence, la plus chère – même si, sur ce point, on se trompe : des fibres plus rares comme le cachemire lui dament le pion sur le plan financier. C’est en tout cas la plus solide, et une des plus brillantes parmi les fibres naturelles. C’est aussi une des plus fines, des plus douces… bref, elle a un petit côté recordwoman – pardon, recordfiber.

Pour l’adepte du filage, la soie se présente de diverses manières : fibres en ruban, en “mouchoirs” (mawatas), brick (connais pas le mot français, toute suggestion sera la bienvenue !), bourrette, déchets variés des processus de fabrication industrielle de fil de soie, fibres de sari…

Sous quelle forme la préférez-vous ? Comment la teignez-vous, si vous le faites ? L’utilisez-vous toujours en mélange ou osez-vous la filer à 100 % pure ? Et de quelle manière préférez-vous la filer ?

Pour moi, ce mois-ci, je me suis imposé un petit challenge : faire tout ce que je ne fais pas d’habitude avec la soie…

En général, je l’utilise en mélange (environ 20 %) pour donner du lustre, du tomber et du brillant à mes fils. Là, j’ai décidé de faire comme Jennyzephyrine, l’une de nos talentueuses participantes (pas de participant masculin ce mois-ci ! messieurs, lancez-vous !), et de l’utiliser pure à 100 %.

En général, je retors l’essentiel de mes fils à deux (ou trois) brins, ils sont plus solides et équilibrés, et j’aime le relief que cela apporte. Là, j’ai décidé de ne filer qu’un seul brin.

En général, je “piège ma soie” entre deux couches de laine pendant le cardage, pour éviter qu’elle reste collée sur l’un ou l’autre des rouleaux de ma chère Lisbeth II. Là, j’ai dû me débrouiller sans…

Mais au final, en ajoutant la soie dans la cardeuse en très petites quantités, j’ai réussi à faire une nappe cardée 100 % soie, et je l’ai retirée de la cardeuse avec mon diz pour obtenir une mèche aux accents très citronnés 😉 Du coup, ça m’a donné envie de faire un cake au citron ! Même si la mèche elle-même, avec ses larges portions de soie maulbère blanche et brillante, évoquait plutôt une tarte au citron meringuée.

filage soie artisanal nature morte

Ensuite, je l’ai filée sur mon Aura en réglant très finement le frein pour pédaler très leeeeeentement : je voulais un fil à un seul brin, mais pas trop fin non plus (trop facile !). En plus, j’avais un petit projet de tissage en tête, donc je tenais à atteindre un calibre assez précis. Le fait que la soie soit préparée en mèche a rendu la chose assez facile : environ 3 heures de filage pour 250 mètres de fil (l’écheveau pèse 85 grammes).

Mais je n’étais pas ravie de mon fil, que je trouvais dur et crissant pendant le filage. Après le blocage, toutefois, il était doux, presque duveteux (car très peu tordu), juste adorable !

filage soie artisanal nature morte

Prolongeons le plaisir de la Journée mondiale du tricot !

Le 9 juin 2018, c’est la Journée mondiale du tricot et des milliers d’événements seront organisés de par le monde. Vous avez sûrement déjà choisi le vôtre, un chouette pique-nique, un café-tricot géant, que sais-je ?

Oui, mais que faites-vous le lendemain ? Faisons de la Journée mondiale du tricot un vrai week-end tricotesque ! Ne lâchons pas si vite nos pelotes et nos aiguilles !

Enrico, des Tricoteurs volants, et Mélanie, de l’hôtel Grand Amour, ont organisé un “Tricot Market” à Paris, le dimanche 10 juin, de 11 h à 18 h 30, à l’hôtel Grand Amour. Pour en savoir plus sur l’événement, cliquez ici.

À cette occasion, ils ont convié la styliste Alice Hammer, la marieuse de couleurs La Fée Fil, les créatrices de Biches et Bûches, les mille et une tentations de la Maison  Corlène et de La Cave à Laine… et moi-même. Venez nombreux admirer nos merveilles et papoter mailles, jetés et compagnie !

tricot market au grand amour hotel

Le bonheur est dans le bois

écheveaux fil artisanal

En matière d’inspiration, la Nature est une source intarissable. Dans les voyages fibresques que j’ai partagés avec les fileuses et fileurs du forum Tricotin en quelques années de “thème du mois”, nous avons créé des écheveaux sur le thème de la neige, du printemps, du feu, des couchers de soleil, des fleurs, de l’eau, de la vigne, des nuages, des coquillages, des feuilles d’automne et même des volcans… et je ne leur avais jamais parlé du bois, ce qui m’étonne ! C’est une de mes matières préférées ; ses mille nuances, les textures, les veinures, en voilà une bonne source d’inspiration pour un écheveau. Je leur ai donc proposé, en avril, de bûcher sur le sujet.

Pour ma part, ayant appris récemment que j’étais allergique au bouleau, j’ai voulu “exorciser” cette inimitié en m’inspirant de ses couleurs pour mon premier fil. Pour le second, je me suis dit qu’il fallait recourir à l’olivier afin de sceller la paix !

Pour chacun, j’ai cardé 50 g de fibres et j’ai retiré les fibres de ma cardeuse sous forme de mèche avec un diz. J’ai filé un single très moelleux, assez peu tordu, que j’ai bloqué en le feutrant légèrement pour lui donner de la solidité, c’est assez efficace.

écheveaux fil artisanal écheveaux fil artisanal

Chaussettes en filé main

chaussettes tricotées en filé main

Au mois de mars, j’ai proposé une petite “épreuve” technique aux fileuses et fileurs du forum Tricotin.

Une amoureuse des retors comme moi ne pouvait pas passer à côté du fameux fil “câblé”… Dans ma Bible du filage, The Spinner’s Book of Yarn Design, il possède son propre chapitre. Certes, le filage d’un écheveau câblé demande du temps, puisqu’il faut pas moins de quatre brins minimum, au départ. Mais il a un relief très particulier et s’avère plus solide que les autres, c’est pourquoi les fils à chaussettes sont souvent câblés.

Le câblé “basique” implique une procédure assez simple. On commence par filer 4 brins identiques, tous dans la même direction, avec la même quantité de torsion. Sarah Anderson suggère de commencer par filer en S (c’est-à-dire dans le sens antihoraire), mais elle explique que c’est une découverte personnelle, car elle a tendance à ajouter de la torsion au fil dans ce sens-là lorsqu’elle tricote, et pense que c’est le cas de pas mal de tricoteurs. Elle essaie donc de toujours faire son dernier retors en S.

Une fois ces 4 brins obtenus, on peut les retordre ensemble deux à deux, en Z. Enfin, on retordra à nouveau les deux fils obtenus, en S (ou dans l’ordre opposé si on préfère).

Si l’on n’a pas assez de bobines pour effectuer toutes ces opérations, il y a des alternatives ; par exemple, on peut commencer par filer deux brins et les retordre, puis filer deux autres brins et les retordre aussi. Là, trois bobines suffisent. Mais on peut également choisir de filer deux brins, de les mettre en pelote se déroulant de l’intérieur comme de l’extérieur et de les retordre sur eux-mêmes en assemblant le début et la fin (c’est ce que fait Sarah Anderson). Ou de n’en filer qu’un seul et de le retordre sur lui-même deux fois de suite. Enfin, il y a aussi la question de la couleur et de l’effet qu’on cherche à obtenir… bref, il y a quelques décisions à prendre avant de se lancer !

Et, cela, c’est pour le câblé “classique”, par exemple pour faire un fil à chaussettes. Mais rien n’empêche d’utiliser la technique du câblé pour obtenir une texture particulière, en jouant sur la différence de diamètre des divers brins qui le composent.

Pour ma part, pour réaliser cet exercice, j’ai décidé de rester classique et de tester tout simplement un fil à chaussettes… J’ai commencé par teindre une mèche de fibres à chaussettes (80% mérinos, 20% Nylon) que j’ai filée assez fin pour la retordre selon le principe, assez simple lui aussi, de la pelote que l’on dévide par les deux bouts, deux fois de suite. J’ai obtenu un fil assez sec, mais pas rêche, et très rond, agréable à tricoter.

Par ailleurs, j’ai aussi filé et retordu en câblé de la fibre blanche que j’ai teinte après coup avec l’effet tacheté à la mode. Voici les deux écheveaux l’un près de l’autre ; les couleurs du premier, teint avant filage, sont beaucoup plus fondues.

J’ai tricoté le premier écheveau pour obtenir des chaussettes denses et fermes, qui donnent une impression de solidité. On va voir comment elles évoluent ! Les plages de couleurs chinées rendent très bien. J’ai commencé par la pointe pour être sûre d’utiliser tout le fil, avec un talon en rangs raccourcis. Je vous montrerai la paire que j’aurai faite avec le second… eh bien, quand elle sera tricotée !

Peau neuve

L’arrivée du printemps était une belle occasion de mettre un peu de nouveauté dans nos échanges… C’est pourquoi j’ai eu envie de dépoussiérer la présentation de mon site Internet et de créer de toutes pièces une nouvelle boutique totalement indépendante. Après les déconvenues d’A Little Market et les dérives de Tictail, c’est dit, les plates-formes de vente ne sont pas pour moi ! Dix mille mercis à l’équipe de soutien technique de Gandi : sans leur patience, leur disponibilité et leur gentillesse, je n’aurais jamais franchi toutes les étapes techniques nécessaires pour réaliser ce projet 🙂

site rue de la laine