Un compteur de passages pour ma cardeuse

pyramide origami

J’aime les fils chinés, et c’est un plaisir d’inventer de nouveaux coloris en mariant intimement des fibres de couleur unie. En général, pour que le coloris soit presque homogène avec juste ce qu’il faut d’effet chiné, je passe mon mélange à la cardeuse trois fois. Oui mais, comme vous le savez peut-être si vous me fréquentez, je suis une vraie tête de linotte et j’ai tendance à faire dix choses en même temps… Il m’arrive donc souvent de me demander si j’en suis à mon deuxième ou troisième passage.

Du coup, je me suis confectionné un petit pense-bête !

D’abord, il faut réaliser une pyramide en origami. Pour ma part, j’ai utilisé un quart de feuille A4, mais on peut faire plus petit.

Ensuite, j’ai tracé les chiffres au crayon et j’ai déplié la pyramide pour pouvoir les colorier plus confortablement au feutre, puis je l’ai repliée.

Enfin, j’ai glissé un aimant dans la pyramide et j’ai fixé la fermeture avec un bout de ruban adhésif pour que l’aimant ne s’enfuie pas au fur et à mesure que je tourne ma pyramide.

Tout ça ne m’a pris que quelques minutes, et voilà ! Maintenant je sais toujours à quel passage j’en suis 😉

pyramide origami

En costume d’Arlequin

filage artisanal arlequin

J’adore le mot “bariolé”, pas vous ?

Longtemps, j’ai craint la couleur ; je ne m’habillais qu’en noir, gris ou jean : nécessité de se fondre dans la masse, crainte de se faire remarquer… La couleur, c’était cantonné aux tubes de peinture de l’atelier du mercredi après-midi.

Justement, je viens de recevoir une lettre (si ! ça existe encore !) du professeur qui m’a initiée aux plaisirs de la gouache, de l’aquarelle et de la peinture sur soie – sans jamais pouvoir faire de moi une bonne dessinatrice (zut !) – et en voici la dernière phrase : “Ne lâche pas les couleurs, ce sont de joyeuses compagnes.”

C’est en découvrant le filage et le tissage que j’ai appris à aimer les couleurs – pire, que j’ai appris à aimer les “clashs” de couleurs. Je me réfère à notre chère Esperluette, qui animait le “thème du mois” du forum Tricotin avant que je prenne le relais, et qui m’a toujours dit que dans une nappe fantaisie, il fallait mettre beaucoup de ce qu’on aimait et un peu de ce qu’on détestait, pour le contraste.

Pour en revenir à notre “bariolé”, voici ce que mon petit Larousse en dit : “Bariolé, e adj. Marqué de couleurs vives et souvent mal assorties ; bigarré : Une robe bariolée.” On pense aussitôt au costume d’Arlequin…

J’ai donc demandé aux fileuses et fileurs du forum comment ils feraient un fil bariolé, pour que les couleurs “clashent” sans se fondre les unes dans les autres.

Pour ma part, je me suis dit que la meilleure façon d’obtenir un fil bariolé était de prendre un petit bout de chacun des coloris de laine en ma possession. Et puis j’ai jeté un œil à mon stock et je me suis dit, “euh…”

En effet, des coloris, la passionnée de cardage que je suis en a beaucoup ! Il fallait faire une sélection. Mais, je ne pouvais pas juste choisir une palette de coloris assortis, pour que le fil soit bariolé il fallait que les couleurs soient “mal assorties”. Du coup, je suis retombée sur l’idée du costume d’Arlequin et j’ai musé un peu. C’est un personnage qui inspire depuis toujours les peintres de tous genres, de Derain à Miró  et bien sûr Picasso, qui l’a représenté dans de nombreux tableaux, notamment avec une guitare.

J’ai décidé de m’inspirer de cette œuvre de Derain : elle m’évoque mes petites palettes de peinture des classes primaires, qui étaient si jolies quand elles étaient neuves et tournaient vite à l’affreuse bouillasse car j’avais tendance à oublier de rincer mon pinceau en passant du bleu au jaune.

Cela m’a amusée de fouiller dans mes sacs de laine pour trouver les coloris représentés sur le tableau ! Voici le résultat…

filage artisanal arlequinfilage artisanal arlequin

J’ai filé les morceaux de fibres les uns après les autres en les piochant au hasard dans un panier. Pas question de carder pour garder l’effet “Arlequin” ! Il fallait aussi que le fil ne soit pas trop fin pour bien voir les taches de couleur, j’ai même fait quelques “flammes” (slubs) pour être sûre qu’on les verrait bien même après le retors. Pour ce dernier, j’ai d’abord pensé à utiliser un fil noir un peu plus fin puis j’ai craint d’obtenir plutôt un effet vitrail, donc je l’ai simplement retordu sur lui-même.

filage artisanal arlequin filage artisanal arlequin

Faut que ça brille !

filage artisanal mérinos angelina

Êtes-vous du genre à aimer tout ce qui brille ? Je ne suis pas folle du clinquant ni du bling-bling, mais je vous avoue qu’un peu de glitz ou d’angelina n’est pas pour me déplaire dans les fils fantaisie. Il faut toutefois souvent faire un compromis entre scintillement et douceur… et les fibres brillantes ne sont pas si faciles à dénicher dans le “commerce”… J’ai donc demandé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin ce qu’ils en pensaient.

Pour ma part, ce n’est que tardivement que j’ai pu faire mes essais d’étincelles… je me suis demandé quelle quantité d’angelina (fibres de Nylon larges et scintillantes) on pouvait ajouter à de la laine, car je ne me sentais absolument pas le courage de les filer seules : ce sont de vrais petits diables qui n’aiment pas se plier, se courber, bref se laisser faire. Je me suis dit que la planche à carder serait ma meilleure amie car elle permet de vraiment savoir, couche par couche, ce qu’on met dans ses rolags.

J’ai donc posé sur ma blending board de très fines couches de mérinos noir (on ne tire les feux d’artifice qu’à la nuit tombée) entre lesquelles j’ai essayé de piéger un maximum de fibres d’angelina bleues, vertes et argentées. Au final, j’ai réussi à faire tenir dans mon fil 30 % d’angelina ! Bon, on ne les voit pas toutes car il est extrêmement difficile de prendre en photos des choses qui scintillent, mais voici les rolags et l’écheveau qui en a découlé. Bien sûr, je n’ai pas besoin de vous dire qu’avec une telle quantité d’angelina, il n’est pas très doux au toucher 😉

filage artisanal mérinos angelina

L’angora sans angoisse

Il est doux, duveteux, gonflant… mais il chatouille le nez ! (En tout cas le mien !) Voici les questions que j’ai posées, pour le mois de septembre, aux fileuses et fileurs du forum Tricotin : aimez-vous l’angora ? Comment l’utilisez-vous, “pur” ou en mélange ? Avez-vous des précautions particulières pour le teindre ? Et même, avez-vous des lapins ? Dites-nous tout, tout, tout sur l’angora !

Une des premières réponses que j’ai reçues concernait la difficulté à teindre l’angora… déjà, parce qu’il est difficile de faire pénétrer l’eau dedans. Mais à mon avis, pas seulement.

Du coup, j’ai choisi d’utiliser de l’angora blanc tout simple, sans aucune préparation. Et j’ai décidé de le filer plutôt fin, par petites poignées, avant de le retordre en navajo. J’avais prévu de tenter la teinture après filage plutôt qu’avant car il me semble généralement plus pratique, quand je recherche une teinte à peu près uniforme sur des fibres difficiles à “mouiller” – comme le proclame la réputation de l’angora –, de détremper un écheveau plutôt qu’un paquet de fibres. Mais j’avoue que même en faisant tremper mon écheveau très longtemps et en procédant en plusieurs couches de surteinture, sur deux jours (!), je n’ai pas réussi à obtenir une teinte aussi profonde que si j’avais utilisé le même produit avec de la laine, du mohair ou surtout de la soie…

L’aspect changeant est dû au fait qu’après avoir fait “boire” à mon fil une bonne dose de bleu, j’ai ajouté quelques gouttes de kaki qui se sont déposées juste sur l’extérieur. Cela crée une sorte de halo que j’aime bien 🙂

filage artisanal rouet angora filage artisanal rouet angora filage artisanal rouet angora

Qui aime les crêpes ?

filage artisanal au rouet fil crêpe

Eh non, ce n’est pas la Chandeleur ! D’ailleurs tout le monde sait que, pour les vrais amateurs de crêpes, il n’y a pas de saison… Mais je ne vous parle pas de la délicieuse galette que l’on connaît en France depuis le XIIIe siècle. C’est aux fileuses et fileurs du forum Tricotin que j’ai proposé cet été un thème de filage axé autour de la technique du fil “crêpe”.

L’étymologie du mot remonte au latin crispus qui signifie “frisé” ou “ondulé” – parce que les bords des crêpes présentent de petites ondulations. Il en va de même du tissu que l’on appelle “crêpe”, et qui a subi un traitement propre à lui donner un aspect ondulé.

En matière de filage, nous avons aussi nos “crêpes”, crepe yarns en anglais. Ils ont droit à tout un chapitre dans ma “bible” des structures de fils, The Spinner’s Book of Yarn Designs de Sarah Anderson. L’auteur les définit ainsi : ce sont les cousins à trois brins des fils câblés (qui en comportent quatre).

Quelle est donc la recette d’un bon fil “crêpe” ? Deux brins filés en S et un brin filé en Z. On retors d’abord en Z les deux brins en S, puis on retord à nouveau le fil à deux brins obtenu en S avec le brin filé en Z. Et si vous inversez le sens de tous les filages et retors, vous devriez parvenir au même type de résultat. Quoi, je vous ai perdus, là ? ? ?

Essayez, pour voir, vous comprendrez mieux. Avec des brins réguliers de grosseur similaire, on obtient un joli fil bien rond, avec la texture ondulée qui lui vaut son nom. Ensuite, en jouant sur les différences de grosseur et de couleur des différents brins, on obtient des effets pleins de charme.

Mais bien sûr, si vous préférez la recette des “crêpes” qui implique farine, œufs et beurre, faites-vous plaisir…

Pour ma part, je me suis reportée au chapitre de The Spinner’s Book of Yarn Designs dont je vous parlais plus haut, et j’ai eu du mal à choisir… Finalement j’en ai sélectionné trois : un crêpe “tout simple” (en bleu), un crêpe irrégulier car un des trois fils, le plus gros, est flammé (en vert) et un crêpe spiralé, mon préféré, qui évoque une torsade de perles (en mauve). Ces couleurs sont un peu mièvres – par rapport à ce que je fais habituellement – mais je pensais qu’elles permettraient de bien voir le relief. Je ne m’interdis pas de procéder à une surteinture pour leur donner plus de caractère…

filage artisanal au rouet fil crêpe

C’en est fini de l’échange TRIO 6 !

échange TRIO Tricotin 2018

Il m’a donné l’occasion de montrer toute l’étendue de mon étourderie, mais j’espère que, malgré cela, toutes les fileuses (toujours pas de garçon cette année !) qui se sont jointes à moi pour la sixième édition de l’échange TRIO du forum Tricotin se sont bien amusées.

Voici comment les choses se sont passées de mon côté…

Ma marraine Flora m’a envoyé deux belles mèches, une à filer pour l’échange et l’autre à garder pour moi. Je ne vous dis pas le mal que j’ai eu à choisir !!! Et puis plein de douceurs, du chocolat, du thé et les merveilleuses nonettes à la mirabelle de sa région, pour lesquelles je ferais des bassesses 😉 Enfin, une belle tresse blanche à teindre qui est allée tout droit dans mon tiroir à trésors… Bon, elle n’est pas beaucoup plus douée que moi pour dessiner les moutons mais je ne lui jetterai pas la première toison ! C’est tout de même pratique de savoir que le colis est celui de l’échange, surtout que je l’ai eu un peu en avance et qu’il aurait été dommage de l’ouvrir par erreur.

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Pour ma part, on venait de me donner un joli petit bout de tissu fleuri vintage et j’en ai fait une pochette zippée à fibres. Avec les rolags assortis pour mettre dedans, bien sûr ! C’est ce que j’ai envoyé à ma propre filleule, Jennyzephyrine, avec l’inévitable lot de douceurs.

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Pour la seconde partie de l’échange, j’ai reçu de ma marraine Mamytartine un paquet orné d’un mouton tricoteur très dynamique et appliqué ! Dedans, de beaux écheveaux issus des nappes de Dodoh, en teintes douces qui caressent l’œil, un peu d’angora blanc et d’alpaga d’un beau roux, encore du chocolat, des bougies (je m’aperçois qu’on ne les voit pas bien du tout sur la photo !) et plein de petits boutons, pendentifs et jolies attaches parisiennes qui vont me donner des envies de bricolage, c’est sûr. Veillait sur tout ce petit monde un oiseau porte-bonheur très coloré (inspiration pour une nappe ou une mèche teinte ? peut-être bien !).

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Quant à moi, j’ai filé plutôt fin la mèche très douce et fine teinte par Flora : elle ne demandait que ça, à être filée fin ! Et je l’ai retordue en navajo, si mes souvenirs sont bons. J’ai ajouté à cela du thé, des bonbons à la violette, un petit savon artisanal avec une étiquette signée Will Argunas (j’adore sa “sirène de la muerte” très rock) et des petits paquets de fibres pour ajouter de la texture dans une nappe.

échange TRIO Tricotin 2018

Et voilà, l’échange est fini… Il ne reste qu’à Sélène Drake à patienter pour ouvrir son colis car j’ai réussi à transmettre la mauvaise adresse à sa marraine non pas une, mais deux fois. C’est net, je ne sais pas gérer une liste d’adresses avec Excel !!! J’ai le rouge au front, littéralement !

Doux comme un lapinou

filage au rouet

… et pour cause ! Il y a beaucoup d’angora dans cet écheveau…

Pour le thème de filage de ce mois de juin, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de travailler à partir d’une nappe cardée.

Pour ma part, j’ai eu envie d’une nappe texturée mais très douce, donc j’ai choisi une base de mérinos pastel (melon et rose) auquel j’ai ajouté de la soie de sari, de la bourrette de soie et une grosse poignée d’angora duveteux gris naturel. Je vous montre les fibres avant le passage des fibres en cardeuse car lorsque la machine les amalgame en différentes couches, cela a tendance à en masquer le contenu. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans les nappes : c’est pendant le filage qu’on découvre les diverses fibres, comme autant de petites surprises.

filage cardeuse nappe cardée filage cardeuse nappe cardée filage cardeuse nappe cardée

Et la meilleure façon de “déguster” toutes ces petites surprises, pour ma part, je trouve que c’est de réaliser un gros fil moelleux en corespinning. L’Aura de Majacraft est parfait pour ce genre d’exercice. J’ai tout simplement déchiré la nappe en bandes qui se sont enroulées comme par magie autour du fil de laine fin que j’avais choisi pour faire le core.

filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet

“Chacun pour soie”

filage soie artisanal nature morte

C’est le nom du thème que j’ai proposé en mai aux fileuses et fileurs du forum Tricotin

La soie, dans l’esprit de tous, c’est la fibre de luxe par excellence, la plus chère – même si, sur ce point, on se trompe : des fibres plus rares comme le cachemire lui dament le pion sur le plan financier. C’est en tout cas la plus solide, et une des plus brillantes parmi les fibres naturelles. C’est aussi une des plus fines, des plus douces… bref, elle a un petit côté recordwoman – pardon, recordfiber.

Pour l’adepte du filage, la soie se présente de diverses manières : fibres en ruban, en “mouchoirs” (mawatas), brick (connais pas le mot français, toute suggestion sera la bienvenue !), bourrette, déchets variés des processus de fabrication industrielle de fil de soie, fibres de sari…

Sous quelle forme la préférez-vous ? Comment la teignez-vous, si vous le faites ? L’utilisez-vous toujours en mélange ou osez-vous la filer à 100 % pure ? Et de quelle manière préférez-vous la filer ?

Pour moi, ce mois-ci, je me suis imposé un petit challenge : faire tout ce que je ne fais pas d’habitude avec la soie…

En général, je l’utilise en mélange (environ 20 %) pour donner du lustre, du tomber et du brillant à mes fils. Là, j’ai décidé de faire comme Jennyzephyrine, l’une de nos talentueuses participantes (pas de participant masculin ce mois-ci ! messieurs, lancez-vous !), et de l’utiliser pure à 100 %.

En général, je retors l’essentiel de mes fils à deux (ou trois) brins, ils sont plus solides et équilibrés, et j’aime le relief que cela apporte. Là, j’ai décidé de ne filer qu’un seul brin.

En général, je “piège ma soie” entre deux couches de laine pendant le cardage, pour éviter qu’elle reste collée sur l’un ou l’autre des rouleaux de ma chère Lisbeth II. Là, j’ai dû me débrouiller sans…

Mais au final, en ajoutant la soie dans la cardeuse en très petites quantités, j’ai réussi à faire une nappe cardée 100 % soie, et je l’ai retirée de la cardeuse avec mon diz pour obtenir une mèche aux accents très citronnés 😉 Du coup, ça m’a donné envie de faire un cake au citron ! Même si la mèche elle-même, avec ses larges portions de soie maulbère blanche et brillante, évoquait plutôt une tarte au citron meringuée.

filage soie artisanal nature morte

Ensuite, je l’ai filée sur mon Aura en réglant très finement le frein pour pédaler très leeeeeentement : je voulais un fil à un seul brin, mais pas trop fin non plus (trop facile !). En plus, j’avais un petit projet de tissage en tête, donc je tenais à atteindre un calibre assez précis. Le fait que la soie soit préparée en mèche a rendu la chose assez facile : environ 3 heures de filage pour 250 mètres de fil (l’écheveau pèse 85 grammes).

Mais je n’étais pas ravie de mon fil, que je trouvais dur et crissant pendant le filage. Après le blocage, toutefois, il était doux, presque duveteux (car très peu tordu), juste adorable !

filage soie artisanal nature morte

Le bonheur est dans le bois

écheveaux fil artisanal

En matière d’inspiration, la Nature est une source intarissable. Dans les voyages fibresques que j’ai partagés avec les fileuses et fileurs du forum Tricotin en quelques années de “thème du mois”, nous avons créé des écheveaux sur le thème de la neige, du printemps, du feu, des couchers de soleil, des fleurs, de l’eau, de la vigne, des nuages, des coquillages, des feuilles d’automne et même des volcans… et je ne leur avais jamais parlé du bois, ce qui m’étonne ! C’est une de mes matières préférées ; ses mille nuances, les textures, les veinures, en voilà une bonne source d’inspiration pour un écheveau. Je leur ai donc proposé, en avril, de bûcher sur le sujet.

Pour ma part, ayant appris récemment que j’étais allergique au bouleau, j’ai voulu “exorciser” cette inimitié en m’inspirant de ses couleurs pour mon premier fil. Pour le second, je me suis dit qu’il fallait recourir à l’olivier afin de sceller la paix !

Pour chacun, j’ai cardé 50 g de fibres et j’ai retiré les fibres de ma cardeuse sous forme de mèche avec un diz. J’ai filé un single très moelleux, assez peu tordu, que j’ai bloqué en le feutrant légèrement pour lui donner de la solidité, c’est assez efficace.

écheveaux fil artisanal écheveaux fil artisanal

Chaussettes en filé main

chaussettes tricotées en filé main

Au mois de mars, j’ai proposé une petite “épreuve” technique aux fileuses et fileurs du forum Tricotin.

Une amoureuse des retors comme moi ne pouvait pas passer à côté du fameux fil “câblé”… Dans ma Bible du filage, The Spinner’s Book of Yarn Design, il possède son propre chapitre. Certes, le filage d’un écheveau câblé demande du temps, puisqu’il faut pas moins de quatre brins minimum, au départ. Mais il a un relief très particulier et s’avère plus solide que les autres, c’est pourquoi les fils à chaussettes sont souvent câblés.

Le câblé “basique” implique une procédure assez simple. On commence par filer 4 brins identiques, tous dans la même direction, avec la même quantité de torsion. Sarah Anderson suggère de commencer par filer en S (c’est-à-dire dans le sens antihoraire), mais elle explique que c’est une découverte personnelle, car elle a tendance à ajouter de la torsion au fil dans ce sens-là lorsqu’elle tricote, et pense que c’est le cas de pas mal de tricoteurs. Elle essaie donc de toujours faire son dernier retors en S.

Une fois ces 4 brins obtenus, on peut les retordre ensemble deux à deux, en Z. Enfin, on retordra à nouveau les deux fils obtenus, en S (ou dans l’ordre opposé si on préfère).

Si l’on n’a pas assez de bobines pour effectuer toutes ces opérations, il y a des alternatives ; par exemple, on peut commencer par filer deux brins et les retordre, puis filer deux autres brins et les retordre aussi. Là, trois bobines suffisent. Mais on peut également choisir de filer deux brins, de les mettre en pelote se déroulant de l’intérieur comme de l’extérieur et de les retordre sur eux-mêmes en assemblant le début et la fin (c’est ce que fait Sarah Anderson). Ou de n’en filer qu’un seul et de le retordre sur lui-même deux fois de suite. Enfin, il y a aussi la question de la couleur et de l’effet qu’on cherche à obtenir… bref, il y a quelques décisions à prendre avant de se lancer !

Et, cela, c’est pour le câblé “classique”, par exemple pour faire un fil à chaussettes. Mais rien n’empêche d’utiliser la technique du câblé pour obtenir une texture particulière, en jouant sur la différence de diamètre des divers brins qui le composent.

Pour ma part, pour réaliser cet exercice, j’ai décidé de rester classique et de tester tout simplement un fil à chaussettes… J’ai commencé par teindre une mèche de fibres à chaussettes (80% mérinos, 20% Nylon) que j’ai filée assez fin pour la retordre selon le principe, assez simple lui aussi, de la pelote que l’on dévide par les deux bouts, deux fois de suite. J’ai obtenu un fil assez sec, mais pas rêche, et très rond, agréable à tricoter.

Par ailleurs, j’ai aussi filé et retordu en câblé de la fibre blanche que j’ai teinte après coup avec l’effet tacheté à la mode. Voici les deux écheveaux l’un près de l’autre ; les couleurs du premier, teint avant filage, sont beaucoup plus fondues.

J’ai tricoté le premier écheveau pour obtenir des chaussettes denses et fermes, qui donnent une impression de solidité. On va voir comment elles évoluent ! Les plages de couleurs chinées rendent très bien. J’ai commencé par la pointe pour être sûre d’utiliser tout le fil, avec un talon en rangs raccourcis. Je vous montrerai la paire que j’aurai faite avec le second… eh bien, quand elle sera tricotée !