C’en est fini de l’échange TRIO 6 !

échange TRIO Tricotin 2018

Il m’a donné l’occasion de montrer toute l’étendue de mon étourderie, mais j’espère que, malgré cela, toutes les fileuses (toujours pas de garçon cette année !) qui se sont jointes à moi pour la sixième édition de l’échange TRIO du forum Tricotin se sont bien amusées.

Voici comment les choses se sont passées de mon côté…

Ma marraine Flora m’a envoyé deux belles mèches, une à filer pour l’échange et l’autre à garder pour moi. Je ne vous dis pas le mal que j’ai eu à choisir !!! Et puis plein de douceurs, du chocolat, du thé et les merveilleuses nonettes à la mirabelle de sa région, pour lesquelles je ferais des bassesses 😉 Enfin, une belle tresse blanche à teindre qui est allée tout droit dans mon tiroir à trésors… Bon, elle n’est pas beaucoup plus douée que moi pour dessiner les moutons mais je ne lui jetterai pas la première toison ! C’est tout de même pratique de savoir que le colis est celui de l’échange, surtout que je l’ai eu un peu en avance et qu’il aurait été dommage de l’ouvrir par erreur.

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Pour ma part, on venait de me donner un joli petit bout de tissu fleuri vintage et j’en ai fait une pochette zippée à fibres. Avec les rolags assortis pour mettre dedans, bien sûr ! C’est ce que j’ai envoyé à ma propre filleule, Jennyzephyrine, avec l’inévitable lot de douceurs.

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Pour la seconde partie de l’échange, j’ai reçu de ma marraine Mamytartine un paquet orné d’un mouton tricoteur très dynamique et appliqué ! Dedans, de beaux écheveaux issus des nappes de Dodoh, en teintes douces qui caressent l’œil, un peu d’angora blanc et d’alpaga d’un beau roux, encore du chocolat, des bougies (je m’aperçois qu’on ne les voit pas bien du tout sur la photo !) et plein de petits boutons, pendentifs et jolies attaches parisiennes qui vont me donner des envies de bricolage, c’est sûr. Veillait sur tout ce petit monde un oiseau porte-bonheur très coloré (inspiration pour une nappe ou une mèche teinte ? peut-être bien !).

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Quant à moi, j’ai filé plutôt fin la mèche très douce et fine teinte par Flora : elle ne demandait que ça, à être filée fin ! Et je l’ai retordue en navajo, si mes souvenirs sont bons. J’ai ajouté à cela du thé, des bonbons à la violette, un petit savon artisanal avec une étiquette signée Will Argunas (j’adore sa “sirène de la muerte” très rock) et des petits paquets de fibres pour ajouter de la texture dans une nappe.

échange TRIO Tricotin 2018

Et voilà, l’échange est fini… Il ne reste qu’à Sélène Drake à patienter pour ouvrir son colis car j’ai réussi à transmettre la mauvaise adresse à sa marraine non pas une, mais deux fois. C’est net, je ne sais pas gérer une liste d’adresses avec Excel !!! J’ai le rouge au front, littéralement !

Doux comme un lapinou

filage au rouet

… et pour cause ! Il y a beaucoup d’angora dans cet écheveau…

Pour le thème de filage de ce mois de juin, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de travailler à partir d’une nappe cardée.

Pour ma part, j’ai eu envie d’une nappe texturée mais très douce, donc j’ai choisi une base de mérinos pastel (melon et rose) auquel j’ai ajouté de la soie de sari, de la bourrette de soie et une grosse poignée d’angora duveteux gris naturel. Je vous montre les fibres avant le passage des fibres en cardeuse car lorsque la machine les amalgame en différentes couches, cela a tendance à en masquer le contenu. C’est d’ailleurs ce que j’aime dans les nappes : c’est pendant le filage qu’on découvre les diverses fibres, comme autant de petites surprises.

filage cardeuse nappe cardée filage cardeuse nappe cardée filage cardeuse nappe cardée

Et la meilleure façon de “déguster” toutes ces petites surprises, pour ma part, je trouve que c’est de réaliser un gros fil moelleux en corespinning. L’Aura de Majacraft est parfait pour ce genre d’exercice. J’ai tout simplement déchiré la nappe en bandes qui se sont enroulées comme par magie autour du fil de laine fin que j’avais choisi pour faire le core.

filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet

“Chacun pour soie”

filage soie artisanal nature morte

C’est le nom du thème que j’ai proposé en mai aux fileuses et fileurs du forum Tricotin

La soie, dans l’esprit de tous, c’est la fibre de luxe par excellence, la plus chère – même si, sur ce point, on se trompe : des fibres plus rares comme le cachemire lui dament le pion sur le plan financier. C’est en tout cas la plus solide, et une des plus brillantes parmi les fibres naturelles. C’est aussi une des plus fines, des plus douces… bref, elle a un petit côté recordwoman – pardon, recordfiber.

Pour l’adepte du filage, la soie se présente de diverses manières : fibres en ruban, en “mouchoirs” (mawatas), brick (connais pas le mot français, toute suggestion sera la bienvenue !), bourrette, déchets variés des processus de fabrication industrielle de fil de soie, fibres de sari…

Sous quelle forme la préférez-vous ? Comment la teignez-vous, si vous le faites ? L’utilisez-vous toujours en mélange ou osez-vous la filer à 100 % pure ? Et de quelle manière préférez-vous la filer ?

Pour moi, ce mois-ci, je me suis imposé un petit challenge : faire tout ce que je ne fais pas d’habitude avec la soie…

En général, je l’utilise en mélange (environ 20 %) pour donner du lustre, du tomber et du brillant à mes fils. Là, j’ai décidé de faire comme Jennyzephyrine, l’une de nos talentueuses participantes (pas de participant masculin ce mois-ci ! messieurs, lancez-vous !), et de l’utiliser pure à 100 %.

En général, je retors l’essentiel de mes fils à deux (ou trois) brins, ils sont plus solides et équilibrés, et j’aime le relief que cela apporte. Là, j’ai décidé de ne filer qu’un seul brin.

En général, je “piège ma soie” entre deux couches de laine pendant le cardage, pour éviter qu’elle reste collée sur l’un ou l’autre des rouleaux de ma chère Lisbeth II. Là, j’ai dû me débrouiller sans…

Mais au final, en ajoutant la soie dans la cardeuse en très petites quantités, j’ai réussi à faire une nappe cardée 100 % soie, et je l’ai retirée de la cardeuse avec mon diz pour obtenir une mèche aux accents très citronnés 😉 Du coup, ça m’a donné envie de faire un cake au citron ! Même si la mèche elle-même, avec ses larges portions de soie maulbère blanche et brillante, évoquait plutôt une tarte au citron meringuée.

filage soie artisanal nature morte

Ensuite, je l’ai filée sur mon Aura en réglant très finement le frein pour pédaler très leeeeeentement : je voulais un fil à un seul brin, mais pas trop fin non plus (trop facile !). En plus, j’avais un petit projet de tissage en tête, donc je tenais à atteindre un calibre assez précis. Le fait que la soie soit préparée en mèche a rendu la chose assez facile : environ 3 heures de filage pour 250 mètres de fil (l’écheveau pèse 85 grammes).

Mais je n’étais pas ravie de mon fil, que je trouvais dur et crissant pendant le filage. Après le blocage, toutefois, il était doux, presque duveteux (car très peu tordu), juste adorable !

filage soie artisanal nature morte

Le bonheur est dans le bois

écheveaux fil artisanal

En matière d’inspiration, la Nature est une source intarissable. Dans les voyages fibresques que j’ai partagés avec les fileuses et fileurs du forum Tricotin en quelques années de “thème du mois”, nous avons créé des écheveaux sur le thème de la neige, du printemps, du feu, des couchers de soleil, des fleurs, de l’eau, de la vigne, des nuages, des coquillages, des feuilles d’automne et même des volcans… et je ne leur avais jamais parlé du bois, ce qui m’étonne ! C’est une de mes matières préférées ; ses mille nuances, les textures, les veinures, en voilà une bonne source d’inspiration pour un écheveau. Je leur ai donc proposé, en avril, de bûcher sur le sujet.

Pour ma part, ayant appris récemment que j’étais allergique au bouleau, j’ai voulu “exorciser” cette inimitié en m’inspirant de ses couleurs pour mon premier fil. Pour le second, je me suis dit qu’il fallait recourir à l’olivier afin de sceller la paix !

Pour chacun, j’ai cardé 50 g de fibres et j’ai retiré les fibres de ma cardeuse sous forme de mèche avec un diz. J’ai filé un single très moelleux, assez peu tordu, que j’ai bloqué en le feutrant légèrement pour lui donner de la solidité, c’est assez efficace.

écheveaux fil artisanal écheveaux fil artisanal

Chaussettes en filé main

chaussettes tricotées en filé main

Au mois de mars, j’ai proposé une petite “épreuve” technique aux fileuses et fileurs du forum Tricotin.

Une amoureuse des retors comme moi ne pouvait pas passer à côté du fameux fil “câblé”… Dans ma Bible du filage, The Spinner’s Book of Yarn Design, il possède son propre chapitre. Certes, le filage d’un écheveau câblé demande du temps, puisqu’il faut pas moins de quatre brins minimum, au départ. Mais il a un relief très particulier et s’avère plus solide que les autres, c’est pourquoi les fils à chaussettes sont souvent câblés.

Le câblé “basique” implique une procédure assez simple. On commence par filer 4 brins identiques, tous dans la même direction, avec la même quantité de torsion. Sarah Anderson suggère de commencer par filer en S (c’est-à-dire dans le sens antihoraire), mais elle explique que c’est une découverte personnelle, car elle a tendance à ajouter de la torsion au fil dans ce sens-là lorsqu’elle tricote, et pense que c’est le cas de pas mal de tricoteurs. Elle essaie donc de toujours faire son dernier retors en S.

Une fois ces 4 brins obtenus, on peut les retordre ensemble deux à deux, en Z. Enfin, on retordra à nouveau les deux fils obtenus, en S (ou dans l’ordre opposé si on préfère).

Si l’on n’a pas assez de bobines pour effectuer toutes ces opérations, il y a des alternatives ; par exemple, on peut commencer par filer deux brins et les retordre, puis filer deux autres brins et les retordre aussi. Là, trois bobines suffisent. Mais on peut également choisir de filer deux brins, de les mettre en pelote se déroulant de l’intérieur comme de l’extérieur et de les retordre sur eux-mêmes en assemblant le début et la fin (c’est ce que fait Sarah Anderson). Ou de n’en filer qu’un seul et de le retordre sur lui-même deux fois de suite. Enfin, il y a aussi la question de la couleur et de l’effet qu’on cherche à obtenir… bref, il y a quelques décisions à prendre avant de se lancer !

Et, cela, c’est pour le câblé “classique”, par exemple pour faire un fil à chaussettes. Mais rien n’empêche d’utiliser la technique du câblé pour obtenir une texture particulière, en jouant sur la différence de diamètre des divers brins qui le composent.

Pour ma part, pour réaliser cet exercice, j’ai décidé de rester classique et de tester tout simplement un fil à chaussettes… J’ai commencé par teindre une mèche de fibres à chaussettes (80% mérinos, 20% Nylon) que j’ai filée assez fin pour la retordre selon le principe, assez simple lui aussi, de la pelote que l’on dévide par les deux bouts, deux fois de suite. J’ai obtenu un fil assez sec, mais pas rêche, et très rond, agréable à tricoter.

Par ailleurs, j’ai aussi filé et retordu en câblé de la fibre blanche que j’ai teinte après coup avec l’effet tacheté à la mode. Voici les deux écheveaux l’un près de l’autre ; les couleurs du premier, teint avant filage, sont beaucoup plus fondues.

J’ai tricoté le premier écheveau pour obtenir des chaussettes denses et fermes, qui donnent une impression de solidité. On va voir comment elles évoluent ! Les plages de couleurs chinées rendent très bien. J’ai commencé par la pointe pour être sûre d’utiliser tout le fil, avec un talon en rangs raccourcis. Je vous montrerai la paire que j’aurai faite avec le second… eh bien, quand elle sera tricotée !

Filer pour un projet

châle dentelle Wildheart en fil filé au rouet

Comme chaque mois, je devais, en février, proposer un thème de filage aux fileuses et fileurs du forum Tricotin. Cette fois, j’ai choisi de m’intéresser à l’élaboration d’un projet.

Il y a plusieurs façons d’aborder un moment de tissage. Le rouet ou le fuseau est là, avec sa bobine ou sa fusaïole vide. Que va-t-on faire ? Que veut-on faire ? Parfois – c’est en tout cas mon cas – on a besoin de filer juste pour filer, parce que c’est une détente, une méditation. On attrape des fibres dans notre stock, peut-être une jolie mèche teinte qu’on se sera offerte ou dont on nous aura fait cadeau, peut-être une poignée de fibres blanches qu’on teindra plus tard, ou juste notre couleur, notre matière préférée.

Mais parfois, on a un vrai projet. Tout est alors différent : est-ce un projet de tricot ou de crochet ? De tissage ? Un patron, un modèle qu’on a repéré et qu’on voudrait réaliser ? Ou qu’on veut créer de bout en bout ? Comment envisager la chose, choisir les fibres ou le mélange de fibres, la quantité à filer, le nombre de brins, etc. ?

Pour ma part, il y a un moment que je louchais sur le modèle de châle Wildheart, qui me semblait idéal, avec ses motifs ajourés tout simples, pour mettre en valeur un filé main. Quand j’ai proposé cette idée de projet, je n’avais pas encore, moi, de projet tout prêt, en revanche j’avais dans mon tiroir à trésors (bon… soyons honnête… dans un de mes tiroirs à trésors) une magnifique nappe dégradée réalisée et offerte par Midian, que je couvais des yeux depuis longtemps mais qui n’avait pas encore trouvé son projet idéal.

J’ai filé assez fin car je voulais retordre en navajo pour conserver le dégradé. Certes, j’aurais pu faire un single, mais bon, j’adore le navajo et je ne suis pas du genre à me priver d’un plaisir en matière de filage… Au final j’avais quand même un fil assez gros (440 mètres pour 150 grammes), mais qui semblait suffisant pour terminer le châle. De toute manière, l’auteur du châle Wildheart indique comment procéder si on a trop de fil ou pas assez, et ça, c’était un plus, car avec un écheveau dégradé, c’est idéal de pouvoir utiliser la totalité du fil.

J’ai eu beaucoup de plaisir à le tricoter, le relief du fil navajo était agréable sous les doigts et c’était un modèle facile. Pourtant, une maille est tombée, impossible à rattraper correctement, et après quelques tentatives j’ai dû défaire et refaire plusieurs rangs pour éviter une erreur assez visible… Mais je suis ravie de l’avoir fait, j’aurais moins aimé le châle si j’avais su qu’il y avait un trou plus gros quelque part, il m’aurait sauté aux yeux tout le temps.

Je vous disais avoir choisi ce châle car l’auteur expliquait comment procéder si on avait moins ou plus de fil que prévu ; j’étais finalement dans le second cas, puisque j’ai pu rajouter une douzaine de rangs au châle. Au final, il ne me reste que 3 mètres de fil, si bien que mon dégradé est intact !

châle dentelle Wildheart en fil filé au rouet châle dentelle Wildheart en fil filé au rouet châle dentelle Wildheart en fil filé au rouet

Mouton !

écheveau laine bouclée filée au rouet

C’est toujours symbolique de commencer une nouvelle année, et on peut prendre ce symbolisme de bien des manières. En 2018, en tant que fileuse, je me suis posé des questions sur mes buts, mes désirs, je suis revenue sur mes accomplissements, je me suis interrogée sur les projets que je souhaiterais mener à bien cette année, sur les nouvelles choses que je voudrais apprendre. Je suis bien consciente que, pour progresser, pour être capable de réaliser exactement le type de fil que l’on souhaite, il faut toujours revenir aux bases. Et pour moi, la base du filage, c’est la laine, donc le mouton.

Bien sûr, j’adore filer la soie, l’alpaga, le mohair et bien d’autres matières, mais tout de même, je reviens toujours à la laine. Et comme je lave très peu de toisons – car cela n’est pas facile dans un petit appartement – j’oublie parfois que la laine, c’est le mouton. Donc, en janvier, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de revenir au mouton avec un écheveau qui symbolise particulièrement cet animal. Que faire ? Laver une toison ? S’intéresser aux coloris naturels des moutons ? Aux particularités d’une certaine variété de mouton ?

Pour ma part, j’ai eu envie de rendre la texture d’une toison ; je voulais qu’elle soit aussi bouclée et aérienne que le “manteau” fraîchement coupé qu’on lance en l’air pour le déployer et le faire retomber bien à plat sur la table ajourée où les fibres seront triées. Il me fallait donc commencer par travailler avec des jolies boucles… C’était l’occasion de faire connaissance avec une nouvelle race de mouton, et j’ai acquis une centaine de grammes de leicester longwool. Des “locks” déjà lavées et écharpillées (ouf !), mais pas cardées. Ce n’est pas une fibre extrêmement douce, mais elle se prête magnifiquement aux effets de texture !

écheveau laine bouclée filée au rouet écheveau laine bouclée filée au rouet

Et un, et deux, et trois écheveaux !

L’année n’était pas finie tant que je n’avais pas bouclé le thème du mois !

Voici les trois derniers… Je n’ai plus qu’à entamer 2018 avec le sourire, et toujours plein de projets.

Thème du mois d’octobre 2017 : “La feuille d’automne”

Moi qui saute sans coup férir sur l’inspiration saisonnière, il était incroyable que je n’aie pas encore proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin le thème de l’automne. C’est un thème que j’ai souvent abordé, je raffole des nuances chaudes et douces à l’œil, mais surtout pas mièvres, qu’il permet de marier. La vue de ma fenêtre n’est pas très bucolique, car je suis en pleine ville, mais quand même, les arbres du parc municipal – il y en a une grande variété – sont bien beaux en cette saison. M’inspirant de leurs couleurs, je me suis décidée pour un cardage fantaisie, avec toutes sortes de fibres texturées, un filage assez gros et irrégulier, et un retors avec un fil de lin jaune, plus fin.

écheveau d'art fil fantaisie filé au rouet
Thème du mois de novembre 2017 : “Dans mon assiette”

Ah ! la gastronomie ! vaste sujet dans notre beau pays… Il a toujours fasciné la gourmande que je suis, mais j’avoue avoir découvert avec un grand plaisir l’essor de la nouvelle “nouvelle cuisine” promue et encensée par les médias. Depuis qu’ils passent à la télé, les grands chefs suscitent un intérêt qui dépasse le cadre des restaurants où seule une très petite minorité peut se permettre de réserver une table. La photographie culinaire est devenue un art à part entière (non non, je ne parle pas des gens qui photographient leur assiette avant de manger avec leur portable, flash réglé au maximum…) et beaucoup considèrent d’un œil neuf la présentation du moindre mets. Peut-on traduire un joli plat en écheveau ? Après tout, n’avons-nous pas commencé en filant “un plat de nouilles” ?

La période des fêtes invite à travailler des produits coûteux pour réaliser des mets sophistiqués dont on espère qu’ils vont semer d’étoiles les yeux de nos invités. Dans ma famille, nous avons, depuis quelques années, simplifié le rituel du réveillon de Noël pour que les fêtes se passent avec moins de stress et plus de plaisir partagé. J’ai donc eu le plaisir d’offrir à mes enfants, qui en raffolent, une jolie macédoine de légumes… Dedans, des cubes de carotte, pommes de terre, courgette, des tronçons de haricots verts et des petits pois.

écheveau d'art fil fantaisie filé au rouet

Thème du mois de décembre 2017 : “Volcan !”

C’est une des expressions les plus antédiluviennes de la nature, la manifestation concrète de la vie intérieure de notre planète avec tous ses mystères physiques et chimiques… Préférez-vous  la douceur assoupie des volcans éteints, la fureur orangée des volcans en éruption ou les discrètes mais envoûtantes piscines chaudes où les pouvoirs de Mère Nature se laissent deviner ?

Je l’avoue, j’ai surtout choisi ce thème pour plaire à mon fils, qui est un passionné de volcans depuis des années. Et puis je ne pouvais résister au contraste des terres volcaniques presque noires avec les couleurs brûlantes de la lave… Il a fallu teindre de la bourrette de soie pour les toutes petites étincelles, et carder des fibres rouges et orange pour les coulées de lave, à intégrer soit au cardage, soit au filage dans un mélange de noir, bruns et gris anthracite.

écheveau d'art fil fantaisie filé au rouet

Tous ces fils foufous figurent dans la section “Écheveaux fantaisie” de la boutique.

Le petit dernier…

fuseau turc turkish spindle

Résister à la tentation, que c’est dur ! En ce qui concerne le matériel, on est freiné par le coût : un nouveau rouet, un nouveau métier à tisser, ça se prévoit, ça se finance… Oui, mais… un petit fuseau turc de rien du tout… Ça ne coûte pas trop cher, ça ne prend pas trop de place… Alors…

Alors, j’ai un fuseau de plus ! Mais ce n’est toujours pas de ma faute : j’ai été tentée par le mini-stage “Spinning with Turkish Spindles” d’Evanita Montalvo. Sa façon d’enrouler le fil sur le fuseau est tout bonnement une œuvre d’art ! Bon, je l’admets, c’est assez long. Mes amis farouches adeptes du rouet me font souvent remarquer que filer au fuseau, ce n’est pas très “productif”. Et avec ce petit fuseau, je l’avoue, je ne cherche pas la productivité. C’est plus comme faire du coloriage, un moment de plaisir simple, à soi, qui vous rapproche de la fibre et du fil de manière intime et douce. C’est une caresse pour les yeux d’aligner soigneusement les fils pour obtenir un motif évoquant une marqueterie, sur lequel joue la lumière. Je pourrais faire ça pendant des heures, c’est hypnotique.

Pour étrenner ce nouveau fuseau, j’ai filé la poignée de fibres qui m’avait été envoyée avec. Nulle mention du type de mouton concerné ; c’était long, brillant, pas extrêmement doux. Une fois tout le bout de mèche filé, j’ai obtenu ce qu’Evanita appelle une “tortue”. Cette petite pelote se dévide de l’intérieur comme de l’extérieur, on peut donc la retordre à deux brins dans la foulée, ce que j’ai fait sans me gêner, avec le même fuseau. L’écheveau obtenu, très mousseux, pèse environ 15 g et mesure dans les 65 m.

Ma – dernière ! – boîte préférée

écheveau filé main dans une boîte

C’est la plus grande, et c’est l’écheveau qui m’amuse le plus car il est “dynamique”, comme disent nos amis anglo-saxons – parce que, de par sa structure, il est “élastique”. Inspirée par les entrelacs représentés sur cette boîte de cookies, j’ai suivi à la lettre les instructions du Spinner’s Book of Yarn Designs – une bible s’il en est ! – pour réaliser un bouclé, et l’auteur a un faible pour les bouclés “élastiques”… Après avoir réalisé celui-ci, je la comprends. Je pourrais le tripoter pendant des heures 🙂

En tout cas, ma collection “Ma boîte préférée” est terminée (et en vente ici). J’aurai le plaisir de la présenter demain au “pub spinning”, le rassemblement des fileuses, fileurs, tricoteuses et tricoteurs parisiens qui se tient chaque mois au pub “Le Patrick’s”.

C’est toujours un apaisement de parvenir à la fin d’un projet, on est fier d’être allé au bout de son propos, et on dégage un horizon pour en lancer plein de nouveaux…