Le petit dernier…

fuseau turc turkish spindle

Résister à la tentation, que c’est dur ! En ce qui concerne le matériel, on est freiné par le coût : un nouveau rouet, un nouveau métier à tisser, ça se prévoit, ça se finance… Oui, mais… un petit fuseau turc de rien du tout… Ça ne coûte pas trop cher, ça ne prend pas trop de place… Alors…

Alors, j’ai un fuseau de plus ! Mais ce n’est toujours pas de ma faute : j’ai été tentée par le mini-stage “Spinning with Turkish Spindles” d’Evanita Montalvo. Sa façon d’enrouler le fil sur le fuseau est tout bonnement une œuvre d’art ! Bon, je l’admets, c’est assez long. Mes amis farouches adeptes du rouet me font souvent remarquer que filer au fuseau, ce n’est pas très “productif”. Et avec ce petit fuseau, je l’avoue, je ne cherche pas la productivité. C’est plus comme faire du coloriage, un moment de plaisir simple, à soi, qui vous rapproche de la fibre et du fil de manière intime et douce. C’est une caresse pour les yeux d’aligner soigneusement les fils pour obtenir un motif évoquant une marqueterie, sur lequel joue la lumière. Je pourrais faire ça pendant des heures, c’est hypnotique.

Pour étrenner ce nouveau fuseau, j’ai filé la poignée de fibres qui m’avait été envoyée avec. Nulle mention du type de mouton concerné ; c’était long, brillant, pas extrêmement doux. Une fois tout le bout de mèche filé, j’ai obtenu ce qu’Evanita appelle une “tortue”. Cette petite pelote se dévide de l’intérieur comme de l’extérieur, on peut donc la retordre à deux brins dans la foulée, ce que j’ai fait sans me gêner, avec le même fuseau. L’écheveau obtenu, très mousseux, pèse environ 15 g et mesure dans les 65 m.

Du bout du fuseau…

filage au fuseau Golding

Bientôt les vacances, on est tous impatients de partir ! Si vous devez voyager léger, rien de tel que le fuseau. Fourré dans une pochette ou bien protégé dans une boîte, il est prêt à sortir dès que les doigts vous démangent de tripoter des fibres. En train, en voiture ou à cheval, au coin d’un bar ou au restaurant, au camping ou au bord de la piscine, sortez vos fuseaux ! Voilà le thème que j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin pour le mois de juillet…

Pour ma part, je suis follement amoureuse des fuseaux Golding et de la lazy kate très pratique que je me suis offerts, il y a quelques années, avec les bénéfices de mon marché de Noël. Les fuseaux, parfaitement équilibrés, tournent si longtemps qu’il faut les arrêter soi-même ! J’ai toujours un sachet de restes de fibres sous la main, quand je regarde la télévision, et si je n’ai pas d’ouvrage de tricot en cours, je m’amuse à faire de petits écheveaux tout simples que je fourre ensuite dans les sacs où je range les fils destinés à mes tissages fantaisie…

filage au fuseau Golding filage au fuseau Golding filage au fuseau Golding

Meet my Spindolyn !

spindolyn

Ceux et celles qui filent le savent bien, c’est très difficile de ne pas tomber dans la “collectionnite”… de fibres, mais aussi de matériel… et en me promenant le nez au vent sur les forums, j’ai découvert ce drôle de petit instrument : un Spindolyn. C’est un fuseau supporté, mais très supporté : une tige plonge dans un support, et le fuseau tient debout tout seul, tout en tournant très bien. On a donc les avantages du fuseau supporté (une fois débarrassé du “poids” du fuseau suspendu, plus de soucis de casse de fil ou de fuseau qui repart dans la mauvaise direction) et du fuseau supporté (on a les deux mains libres pour étirer la fibre). Pour une fileuse au fuseau débutante (et assez peu douée, il faut le dire) comme moi, c’est le rêve.

Au-delà de cela, avouez que c’est un bel objet ! D’autant plus que Cady May, du site Knitting Any Way, qui a créé et déposé le Spindolyn et qui le fabrique elle-même, est tout simplement adorable. Après avoir vu dans sa boutique Etsy qu’elle faisait parfois des modèles à la demande, je l’ai contactée via son site et je lui ai demandé de changer… la forme, l’essence de bois, la couleur… Ce qu’elle a fait avec autant de gentillesse que de talent. Quelques semaines après, le temps de la fabrication et du voyage depuis les États-Unis, je recevais mon Spindolyn et je me ruais sur une poignée de laine, soie et bourrette de soie cardées ! Je me suis régalée à les filer et je me régale encore. Thank you so much, Cady May !

Une jolie trousse pour mon takhli !

fuseau

Pour ranger le joli tahkli fabriqué par Skimo, j’avais commencé par choisir une boîte en fer-blanc cylindrique, mais il fallait tout sortir de la boîte pour trouver le fuseau qui se planquait au milieu des rolags, et surtout pour repêcher le petit bol…

J’ai eu envie d’une trousse en cuir qui s’ouvrirait latéralement, et de préférence dans un ton fauve assorti à mon sac à main (pas exigeante, déjà, la nana… ;-). Je n’ai pas trouvé ce genre de chose, du moins à mon goût et dans les dimensions souhaitées, en surfant sur le Net. D’habitude, quand je ne trouve pas ce que je veux, j’essaie de faire moi-même… mais je ne sais pas travailler le cuir. Et je ne voulais pas d’une trousse en tissu car je voulais du solide et du rigide pour bien protéger mon takhli.

C’est au détour d’eBay que j’ai rencontré Julien, auteur du site “Le cuir au fil”, qui a accepté très gentiment de me faire ma trousse sur mesure (et avec les surpiqûres dont je raffole) ! Il s’est inspiré d’une très jolie trousse en vachette rouge qu’il avait déjà réalisée, et dont la forme originale m’avait tapé dans l’œil. Je suis ravie de ma version et je l’emmène partout, car elle est aussi très légère ; elle a trouvé sa place dans mon sac avec le porte-monnaie, les lunettes de soleil et le parapluie (nana prévoyante ;-)… Un grand merci, Julien !

fuseau

Takhli-ci, takhli-là…

filage

Moi qui ai toujours reculé des quatre fers devant le fuseau, arguant de ma grande paresse (“… Quoi ? Lever les bras pour filer ???”), j’ai fini par m’incliner devant le talent de Skimo, qui s’est lancée dans la fabrication de petits fuseaux supportés inspirés du takhli indien. Elle en a créé un si adorable, avec une aiguille à tricoter, une pièce de 25 centimes percée de 1928 et une pointe de flèche (!), que j’ai bien été obligée de succomber !!! Pas ma faute ! Jugez-en par vous-même, il est magnifiquement illustré dans cette discussion du Forum du filage.

Bon, une fois le joli petit objet en ma possession, avec son bol en métal “chantant” et une dizaine de grammes d’un beau mélange de laine bleue (car notre Skimo connaît bien mes goûts…), il a fallu que je m’exécute et que je me lance !

Pour tout vous avouer, j’avais longuement surfé sur YouTube quelques jours avant de l’avoir et la nuit précédente, j’en avais longuement rêvé ! Mais quand enfin j’ai pu m’installer au calme pour reproduire les mouvements que j’avais vu illustrés en vidéo… Comment vous dire… cela ne s’est pas fait sans mal 😉 Au moins, le bol “chantait” à chaque fois que le fuseau se cassait la figure, et tout cela a beaucoup diverti mon homme !

Mais enfin, après quelques heures de patience, j’ai réussi à produire un fil. Pas assez tordu, très fragile, mais un fil tout de même. Et je n’ai eu de cesse d’avoir filé toute la laine offerte : croyez-moi, heureusement qu’ils sont transportables, ces petits fuseaux, car c’est une activité assez addictive. J’ai même réussi à le retordre ! Bon, en multiples petits morceaux 😉 mais c’est un début et je suis loin de m’avouer vaincue. Il y a là presque 80 mètres d’un fil doux et léger pour 12 g de laine. J’ai hâte de m’en faire un beau petit bijou.

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