Un peu de nuno, ça vous dit ?

foulard feuter nuno

J’ai eu envie de proposer à mes clients de célébrer la fête des Mères avec une création nouvelle, simple et élégante, qui ira à toutes les mamans. À la base, un morceau de soie habotai peint à la main, dans lequel j’ai incrusté des volutes de laine cardée par mes soins.

C’est un diz que j’ai utilisé pour sortir la laine de la cardeuse ; jusque-là, rien d’insurmontable. En fait, la plus longue partie du processus a été de disposer la mèche de laine sur la soie… éternuements interdits, je vous le promets !!! 😀

foulard feuter nuno foulard feuter nuno foulard feuter nuno

Un stage de rêve et une robe de princesse en nuno

feutre freedom construction

Décidément, l’automne est riche en rencontres…

Je vous l’avais annoncé, nous avons eu la chance de recevoir la feutrière australienne Pam de Groot, de passage à Paris pour la première fois. Un stage de trois jours nommé “Freedom Construction” était organisé par Tricotin, avec l’aide de votre serviteuse. Il s’agissait de concevoir une robe à partir d’une coupe originale, sur la base de préfeutres nuno et de soie.

Je peux vous le dire, cela a été un vrai marathon pour tout finir en trois jours ! Il en a fallu, des mètres de préfeutre, pour créer une telle robe, et nous les avons tous fabriqués nous-même, bien sûr. Puis Pam nous a expliqué comment nous allions couper les robes, ce qui a entraîné, laissez-moi vous le dire, bien des interrogations et des mines perplexes, tant sa technique secrète est particulière.

Puis nous nous sommes bravement lancées et avons commencé à tailler d’immenses robes de géantes, qu’il a fallu accrocher au plafond pour les voir dans leur entièreté ! Ce fut le moment de toutes les improvisations… Je trouve que j’ai été un peu sage et je me promets que la prochaine (bien sûr, elle me trotte déjà dans la tête) sera beaucoup plus audacieuse.

Quel bonheur que d’étudier sous la férule amicale de Pam ! Elle a toujours le sourire et elle est d’un calme imperturbable. Bien sûr, j’ai fait des bêtises, comme toujours, mais ce n’était jamais un problème, car sa réponse dans ce genre de cas est invariablement : “Oh, ce n’est pas grave, tu résoudras ça plus tard…” et elle a raison ! En fait, Pam nous a enseigné que la créativité naît de la manière dont on résout des problèmes. J’ai vraiment touché cela du doigt – et même des dix doigts – et je crois que je ne l’oublierai jamais.

Je suis très fière de ma robe, qui me va comme un gant – forcément, elle a été conçue pour mon corps et patiemment feutrée pour s’y adapter. Elle est à moi et je la garde. Mais bien sûr, je suis très tentée d’en faire d’autres pour mettre en vente dans ma boutique… mais ce n’est pas pour tout de suite, car c’est un travail de longue haleine.

Encore merci à Pam pour toutes les astuces, pour l’excellente ambiance et pour la confiance qu’elle a su nous insuffler afin de nous apprendre à lâcher prise en nous laissant surprendre par le vêtement que nous étions en train de créer.

feutre freedom construction

Écharpe nuno rose

écharpe nuno

Voici, enfin finalisée, l’écharpe que j’ai réalisée pour Louna, sur commande via le module “Customisation” d’ALM. Mais son cœur avait été durement touché par l’écharpe nuno lin, laine et soie (tout un programme !) blanche que j’avais mise en vente… et c’est finalement pour celle-là qu’elle a craqué !

Je suis néanmoins très contente de mon écharpe rose. C’est un mariage de mousseline de soie et de fibres mérinos et soie, selon la technique nuno d’incrustation de laine dans la soie, que j’ai teint par la suite en vieux rose. Elle est très fine et légère, plus printanière qu’adaptée aux rigueurs de la saison présente, je l’admets.

Comme je le prévoyais et l’espérais, la soie a “bu” la teinture plus vite que la laine (la grosse gourmande) et cela donne des nuances qui me plaisent beaucoup. Mais je comprends les hésitations de Louna : il faut voir et toucher ce genre d’objet pour en voir toute la beauté, et il n’est pas facile de faire son choix sur Internet.

Étole nuno et shibori

étole feutre nuno

Il suffit de feuilleter Shibori Designs & Techniques pour avoir envie de se jeter à corps perdu dans la technique à fils noués. Il y faut surtout de la patience ; personnellement, je n’en ai pas beaucoup, mais je compense avec un entêtement de vieille bique (si si ;-).

Pour réaliser cette étole, j’ai commencé par teindre en rouge un bout de soie et quelques grammes de laine.

étole feutre nuno étole feutre nuno

Une fois ma soie sèche, j’ai fait des petits nœuds selon la technique dite “kumo”. J’étais jusqu’à présent très bête : quand je faisais du tie and dye, je coupais le fil après chaque nœud ! En sautant cette étape, on va bien plus vite… et je me suis beaucoup amusée à faire ces nœuds façon spiderweb ; le résultat est si amusant, avec toutes ces petites cornes, qu’on a bien envie de le laisser comme ça !

étole feutre nuno

Après ça, hop, passage à la teinture noire, en même temps qu’un peu de fibres de laine et de soie (ma cocotte est bien assez grande).

étole feutre nuno

Pas la patience d’attendre que ça sèche : je défais les nœuds pour découvrir les petits dessins façon toile d’araignée… ceux-ci sont plutôt carrés que rond, cela doit dépendre de la façon dont je plie mon tissu avant de nouer.

étole feutre nuno

J’aime bien le résultat, mais ce n’est pas fini !

étole feutre nuno

Bon, je sors ma super cardeuse (fais plus rien sans elle) pour mettre un peu de soie noire dans ma laine rouge…

étole feutre nuno

Puis j’envahis la table du salon et je pose mes fibres : un peu de noir sur le morceau de soie teinte, et de larges bordures de mélange laine rouge/soie noire.

étole feutre nuno

Allez, on roule ! Cette soie est très fine et la laine passe à travers sans problème en la gaufrant juste comme j’aime…

étole feutre nuno

Rinçage, et voilà le travail !

étole feutre nuno

Écharpe nuno

feutre nuno

En piochant dans des fournitures en provenance du Mouton feutré (assortiment de mérinos et écharpe en soie gris foncé), j’ai fait un petit exercice pour ne pas perdre la main après le stage nuno fait chez Bettina M. ! Avec cette mousseline très aérée, impossible de rater son coup, la laine y pénètre avec une facilité déconcertante… Il n’y a plus qu’à marier les couleurs.

feutre nuno

Un stage de feutrage nuno !

feutre nuno

Il y a peu, LiliEtGrignote a eu la gentillesse de me donner quelques conseils, ce qui m’a donné envie de réitérer l’exploit… Vous n’en avez pas entendu parler ? Normal. Après deux heures de tentatives infructueuses, j’ai (de rage) tout mis à la poubelle ! Je n’hésite pas à vous raconter mes ratages, mais là, quand même, ça ne valait pas un article…

Je rongeais mon frein en réfléchissant à la nécessité de faire un stage quand LiliEtGrignote m’a orientée vers le site de Perlaine, autre artiste en feutre, qui parlait justement d’un stage en nuno qu’elle avait fait. C’est ainsi, de blog en blog et de coup de main en bouche-à-oreille (merci à toutes !), que je suis arrivée dans l’atelier de Bettina M., où j’ai passé hier une journée délicieuse et très instructive.

Eh oui ! J’ai enfin percé les mystères du nuno… Ou plutôt, j’en ai poussé la porte, et je me trouve sur le seuil d’un monde bien tentant. Voyez donc plutôt, en photos !

D’abord, les indispensables échantillons, qui permettent de comprendre assez rapidement le mécanisme des choses. En nuno, impossible de parler d’envers et d’endroit : on a deux faces différentes mais superbes. Je vous montre donc les deux côtés de mes échantillons !

feutre nuno

Voici maintenant les différentes étapes du projet que j’ai mené à bien au cours de l’après-midi. J’avais à tout hasard acheté chez Monoprix cette écharpe en lin toute simple, tissée très lâche… Nous l’avons sauvagement coupée en quatre avant de réunir les morceaux par de la laine et du fil fantaisie. Dessus, quelques motifs en laine colorée.

Détails… La “fleur” rose est en fait un petit morceau de mousseline rose froissée, maintenu en place par quelques fibres d’un rose différent.

feutre nuno

J’ai même eu le temps de me lancer dans un second projet : un napperon en organza de soie froissé par des croisillons de laine violette. Pétant, non ?

Voilà une journée bien remplie… La nuit qui l’a suivie l’a été également, car j’ai rêvé fil, laine et eau savonneuse… Sans les inquiétudes qui m’avaient tarabustée jusque-là, je sens que ça bouillonne enfin côté créativité ! Et tout cela grâce à la gentillesse et au savoir-faire de Bettina, à qui j’adresse un grand merci.

Et maintenant, je vous laisse, j’ai de la laine à tripoter ;-D !