An Bhratach Náisiúnta

drapeau irlandais tricot torsades

Non, ce n’est pas un plat exotique, c’est le petit nom du drapeau irlandais ! Il date de 1830 et s’inspire du drapeau tricolore français ; le vert incarne les natifs d’Irlande (que l’on appelle l’Île d’émeraude, The Emerald Isle, et si vous y avez déjà été, vous savez pourquoi ;-), l’orange renvoie à la victoire de l’Anglais Guillaume II d’Orange sur les partisans catholiques du roi Jacques II et représente donc les protestants irlandais, et le blanc entre les deux symbolise la paix désirée entre ces deux communautés.

Le pub Patrick’s, rue de Montreuil, accueille depuis des années la rencontre de fileuses/fileurs et tricoteuses/tricoteurs que j’aide à animer chaque mois à Paris, et cette famille d’Irlandais adorables nous reçoit depuis le début avec une gentillesse renouvelée (sans compter les bières délicieuses et la cuisine savoureuse, mention spéciale au fabuleux fish’n’chips). Il était temps qu’on les en remercie dignement…

Nous avons été sept à vouloir leur faire un petit cadeau pour la Saint-Patrick : Zouzou, Sabine, Élodie, Enrico, Regina, Chantal et l’auteur de ces lignes. C’était l’occasion de s’amuser avec les points de tricot irlandais sans pour autant se lancer dans un gros pull ! Chacun d’entre nous a donc réalisé un rectangle et je les ai assemblés, puis j’ai doublé le drapeau pour qu’il puisse être suspendu sans dommage.

Je tenais à ce que nous utilisions de la laine irlandaise et cela m’a fait découvrir les beaux fils Aran du Studio Donegal, une filature irlandaise située dans une belle région où l’on file et tisse la laine depuis toujours. Cette entreprise fait tout pour garder vivant l’art du travail de la laine, depuis le cardage jusqu’au tissage, malgré la crise de l’industrie textile européenne, et elle mérite d’être mieux connue qu’elle ne l’est. Ils commercialisent aussi des vêtements en prêt-à-porter, admirez cette superbe chemise !

J’ai hâte de dénicher le patron de tricot irlandais idéal pour leur commander un gros cône, même si je sais déjà que je mettrai des heures à choisir un coloris parmi toutes leurs merveilles. Tricoter leur fil a été un plaisir, j’ai trouvé qu’il ressemblait pas mal, en matière de texture, à un filé main, et j’ai beaucoup aimé son relief et son caractère.

Pull rose avec torsades

pull torsades

Il fut un temps où je vous en montrais, de la layette de toutes les couleurs, de toutes les formes… À présent, la Princesse “commande”. En l’occurrence, un pull vieux rose, aussi moulant que possible. J’ai voulu me simplifier la vie (je ne suis pas si douée que cela pour les calculs) et je suis passée par l’appli Raglanify – oui ! me voilà entrée dans la vie moderne, dans l’univers addictif des smartphones ! – pour me dire combien de mailles, quand et où.

Après quelques essayages, le doigt sur le menton et l’air songeur, ma Princesse me dit… me demande… me suggère… “Et ça serait possible de mettre en bas une autre torsade, comme celle des épaules, oui mais… dans l’autre sens ?” Simple, non, pas forcément, mais possible, oui. Super Maman laisse donc les dernières mailles en attente et bricole une torsade sur ses mini-aiguilles, se raccrochant à une des mailles en attente à chaque fin de rang envers. Dites donc, ça ne rend pas trop mal ! Me le referais bien pour moi, tiens. Hum, pas si moulant, toutefois 😉

pull torsades

Veste irlandaise

vestes tricot irlandais

Pour tenir ma fille au chaud, l’hiver dernier, j’ai laissé de côté les modèles Phildar ou Bergère de France et je me suis lancée à l’aveuglette… ou presque.

C’est lors d’un voyage en Irlande, et à l’occasion de notre visite aux îles d’Aran, que mon petit mari m’a offert ce merveilleux cardigan irlandais rouge. Les lainages des îles d’Aran sont chers mais superbes ; il faut dire que j’avais bien mérité celui-ci, car avant de passer une journée de rêve à se balader à vélo sur ces îles sauvages, j’ai dû endurer une traversée très mouvementée qui n’a pas laissé mon estomac indifférent !

J’ai beaucoup porté ce cardigan que j’adore, et j’ai regretté de ne pas en avoir acheté un petit pour ma fille. Et si je le copiais ? Depuis quelque temps, j’avais appris à décrypter les torsades et je m’étais aperçue qu’il suffisait de regarder de près celles de mon beau cardigan des îles d’Aran pour en comprendre le mécanisme…

J’ai dessiné le diagramme des diverses torsades, calculé le nombre de mailles qu’il me fallait et j’ai travaillé sur un modèle rectangulaire. Je ne me voyais pas jouer avec les augmentations, pas pour une première ! Du reste, le cardigan que je copiais était lui-même construit sur un patron très géométrique. Je me suis lancée bravement et le résultat a été à la hauteur de mes espérances !

Êtes-vous déjà allé aux îles d’Aran ?

Si vous vous lancez un jour, priez le Ciel – très important là-bas – pour qu’une tempête ne fasse pas rage…

S’il vous épargne, vous aurez la surprise d’atterrir dans un microcosme étonnant.

Le petit bateau aborde à un quai de pierre grise, qui enserre une plage de sable blanc. La mer est transparente, avec des reflets turquoise. Comme vous mettez enfin pied à terre, votre œil attrape un aperçu étrange d’un autre hémisphère – sable fin, eau limpide, où sont les cocotiers ?

Mais vous longez le quai et quelques gaillards joviaux vous hèlent avec éclat, dans un accent à peine compréhensible, vous engageant à sauter à bord de leur minibus bringuebalant pour visiter avec les autres touristes les ruines de saint Ci et l’abbaye de saint Ça.

Nous, on a choisi le vélo, et je ne sais toujours pas si je dois le regretter.