Le challenge “5 shawls, 5 days”

filage au rouet

… ou, pour les lecteurs 100 % imperméables à la langue de Shakespeare, le “défi des 5 châles en 5 jours”.

Voilà qui impressionnera, j’en suis sûre, les personnes qui se demandaient déjà si je dors, la nuit 😀 !

Et qui fera lever les yeux au ciel, mode “ado saoulé”, à tous ceux qui m’entendent souvent me plaindre de mes “en cours” qui traînent…

Or justement, après un mois de décembre qui aura passé comme l’éclair entre le marché de Noël à préparer (à la fois côté stock et côté organisation, ce qui ne représente pas que cinq minutes de travail et d’investissement…) et l’inévitable course générée par les fêtes de fin d’année (même quand on s’organise au mieux pour rester simple), j’ai passé un début janvier extrêêêmement studieux de ce côté. Si si, j’ai expédié pas mal de projets en souffrance, surtout dans le domaine des raccommodages, des aménagements à réaliser dans la maison, etc. Certaines choses patientaient depuis plus de deux ans ! (Et, croyez-moi, je suis capable de procrastiner encore davantage quand une brusque envie de démarrer un nouveau projet ou juste de passer trois heures à filer me saisit 😀 )

Trois semaines de jeans recousus et autres trucs passionnants. J’ai même bien avancé sur quelques tricots entamés. Et j’ai aussi eu la sagesse de défaire et remettre en écheveaux ceux qui étaient commencés depuis trop longtemps et dont j’avais – métaphoriquement, c’est heureux – perdu le fil, et/ou fait trop d’erreurs ou eu trop de malheurs (“Mais quand cette maille est-elle tombée, sacré bon sang ???”) pour avoir envie de continuer alors que tout me disait qu’il fallait recommencer du début.

Trois semaines de rangements, de réorganisations, etc. Et le grand ménage de début d’année, par-là-dessus.

Bref, des corvées en tout genre. Ça méritait bien une petite récompense… mais quand même pas au point de me lancer dans un nouveau “vrai” gros projet (j’en ai encore trop à finir !). Alors, quand ce programme “5 shawls, 5 days” proposé par la designeuse Ahora Knits m’est passé sous les yeux (Internet est une mine de tentations abominables), je me suis dit que c’était la récréation parfaite avant de me remettre à la tâche.

Vous ne me croyez pas capable de tricoter un châle par jour pendant cette petite semaine ?

J’espère bien ! Si vous pensiez le contraire, ça m’inquiéterait carrément, je ne suis pas une mutante !

Il s’agit seulement d’un petit exercice exploratoire pour étudier diverses bases de construction selon la forme voulue. On ne tricote que des mini-châles 😉

Mais j’ai quand même eu envie d’ajouter au projet ma “patte” de fileuse, et j’ai donc commencé par filer 5 mini-écheveaux de laine mérinos suivant un dégradé obtenu par cardage (mon péché mignon). Dans mon parc adoré, les feuilles des arbres me manquent, alors je me suis inspirée du chemin qu’empruntent leurs nuances, à l’automne, pour passer du vert au jaune puis au rouille, une de mes couleurs préférées.

filage au rouet
filage au rouet

Au passage, j’en ai profité pour m’infliger un petit test de régularité et je ne suis pas trop mécontente de moi car sur ces 5 mini-écheveaux, 3 étaient vraiment très, très proches avec une fois 101 mètres et deux fois 100 mètres pour 20 g pile (ce qui les classe dans la catégorie light fingering). Les deux autres, en revanche, étaient à 91 et 113 mètres, hem … ils restent dans la catégorie light fingering, mais avec un écart.

filage au rouet

L’échantillon fait 31 mailles pour 10 centimètres avec des aiguilles n3, mais je pense que j’utiliserai des aiguilles un peu plus grosses pour tricoter les mini-châles.

filage au rouet

La “Rose des vents” d’Orphée

Voilà un moment que je n’avais pas pu m’atteler à une nouvelle “Rose des vents” ; c’est un travail de longue haleine mais très relaxant, un excellent projet pour commencer l’année, donc ! Cette fois-ci, j’ai filé un fil un peu plus gros. La palette de couleurs est romantique à souhait, idéale pour ramener Eurydice des enfers, qu’en pensez-vous ?

filage artisanal
filage artisanal
filage artisanal
filage artisanal
filage artisanal

Nuage d’hiver

filage rouet long draw woolen

La plupart d’entre nous avons connu une baisse de température brutale en novembre, après un début d’automne particulièrement doux. Je me suis dit que c’était l’occasion de parler des fils destinés à tenir chaud, que les Anglo-Saxons appellent woolen (laineux), c’est donc le thème que j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin.

En France, les fileuses et fileurs ne se soucient pas tous des procédés de filage woolen et worsted et de ce qui conditionne les différences entre les deux fils ; d’après mes échanges avec mes collègues, nous filons le plus souvent des fils “semi”, c’est-à-dire jamais 100% woolen ni 100% worsted.

J’ai donc rappelé à mes amis fileurs le principe du “vrai” woolen tel que le définissent les puristes : il s’agit d’utiliser des fibres pas trop longues, de choisir une préparation cardée qui mette les fibres en désordre et permette de les filer par le travers (par exemple des rolags, ou un morceau de nappe cardée plié en deux), puis de filer long draw.

Le résultat doit être un fil très aéré et pas trop tordu, piégeant beaucoup d’air, donc très chaud. L’inconvénient : ces fils ont tendance à boulocher plus vite (mais on peut limiter les dégâts en les feutrant un peu au moment du blocage) et les points de tricot (torsades, points texturés…) sont moins nets. C’est donc plutôt le type de fil qu’on utilise pour se tricoter un gros col ou des moufles toutes simples.

Pour ma part, très sagement, j’ai suivi toutes les indications que j’avais proposées, en commençant par un choix de fibres pas trop longues : de l’alpaga, du bébé chameau, de l’angora, et pour lier tout ça un peu de mérinos et de soie (mais de la tussah, aux fibres moins longues que la maulbère), le tout en coloris naturels, du crème au beige clair.

filage rouet long draw woolen

J’ai cardé tout cela sur ma cardeuse (deux passages, j’aurais pu en faire trois mais ces deux passages ont déjà pris 8 heures) et j’en ai fait de bons gros rolags bien dodus et aérés.

filage rouet long draw woolen

Pour le filage long draw, je trouve qu’il est important de bien régler le frein, il faut donc un rouet qui s’y prête. J’ai choisi l’Aura. Comme il tirait encore un peu trop fort avec le frein réglé au minimum, j’ai tout bonnement ôté la courroie et après cela, c’était impeccable.

Compte tenu de la quantité de fibres préparées (170 grammes), le filage a été très long : 23 heures !!! J’espérais avoir de quoi tisser une confortable étole, bien moelleuse et chaude, il me fallait donc du métrage.

Au moment du retors, j’ai hésité longtemps. J’avais oublié qu’en long draw, je n’arrive pas à filer moyen… Mon fil était donc très fin (d’où les 23 heures). Fallait-il le retordre tout de même à deux brins, comme je l’avais prévu, ou tenter un navajo pour obtenir un fil un peu plus gros ? Je me suis tâtée et retâtée, et puis j’ai décidé de parier sur le gonflant du fil woolen et je suis restée sur mon idée de départ. Attention, le retors doit aussi se faire en woolen, c’est-à-dire en résistant à la tentation de lisser le fil.

Au final, je ne l’ai pas regretté : lors du blocage, mon fil a bien gonflé, transformant cet écheveau en vrai petit nuage. Par contre il a aussi raccourci. Comme je vous le disais, il faut feutrer un peu les fils woolen pour leur donner plus de solidité et limiter leur tendance au boulochage. Eh bien, par curiosité, j’ai mesuré l’écheveau deux fois : il faisait 840 mètres avant le blocage et seulement 814 mètres après !!!

Au total, j’ai travaillé 37 heures pour obtenir ce fil léger et gonflant que j’adore. Cela me prendra certainement moins de temps de le tisser, ce que j’ai vraiment hâte de faire.

filage rouet long draw woolen

L’octaédrier, mon calendrier de l’avent pour fileuse

calendrier de l'avent diy octaédrier filage

J’ai enfin ressorti les 24 petites boîtes de mon octaédrier… Quoi-t-est-ce ? Il s’agit du calendrier de l’avent surprise que je me suis offert à moi-même en début d’année. De début janvier à fin juin, j’ai garni des petites boîtes en papier de fibres, une par semaine environ. Puis j’ai tout rangé dans un placard, je temps d’oublier ce que j’y avais mis. Et comme nous sommes au dernier jour de novembre, je les ai toutes suspendues sur un support (vous avez peut-être reconnu un cadre à tapisserie Ashford…).

Et voilà, il n’y a plus qu’à tendre la main et décrocher un joli fruit, une poignée de fibres à donner à mon petit fuseau préféré !

Si vous vous êtes laissé tenter par ma proposition et sa petite fiche gratuite, n’oubliez pas que décembre commence demain, et sortez votre octaédrier. Si vous êtes très bricoleur, il est encore temps d’en confectionner un. D’ailleurs l’idée n’est pas réservée aux fileuses ou fileurs : vous pouvez y glisser quelques mètres de fil à tricoter pour confectionner de chouettes chaussettes à rayures ou une écharpe, pourquoi pas ?

calendrier de l'avent diy octaédrier filage calendrier de l'avent diy octaédrier filage calendrier de l'avent diy octaédrier filage

Un compteur de passages pour ma cardeuse

pyramide origami

J’aime les fils chinés, et c’est un plaisir d’inventer de nouveaux coloris en mariant intimement des fibres de couleur unie. En général, pour que le coloris soit presque homogène avec juste ce qu’il faut d’effet chiné, je passe mon mélange à la cardeuse trois fois. Oui mais, comme vous le savez peut-être si vous me fréquentez, je suis une vraie tête de linotte et j’ai tendance à faire dix choses en même temps… Il m’arrive donc souvent de me demander si j’en suis à mon deuxième ou troisième passage.

Du coup, je me suis confectionné un petit pense-bête !

D’abord, il faut réaliser une pyramide en origami. Pour ma part, j’ai utilisé un quart de feuille A4, mais on peut faire plus petit.

Ensuite, j’ai tracé les chiffres au crayon et j’ai déplié la pyramide pour pouvoir les colorier plus confortablement au feutre, puis je l’ai repliée.

Enfin, j’ai glissé un aimant dans la pyramide et j’ai fixé la fermeture avec un bout de ruban adhésif pour que l’aimant ne s’enfuie pas au fur et à mesure que je tourne ma pyramide.

Tout ça ne m’a pris que quelques minutes, et voilà ! Maintenant je sais toujours à quel passage j’en suis 😉

pyramide origami

En costume d’Arlequin

filage artisanal arlequin

J’adore le mot “bariolé”, pas vous ?

Longtemps, j’ai craint la couleur ; je ne m’habillais qu’en noir, gris ou jean : nécessité de se fondre dans la masse, crainte de se faire remarquer… La couleur, c’était cantonné aux tubes de peinture de l’atelier du mercredi après-midi.

Justement, je viens de recevoir une lettre (si ! ça existe encore !) du professeur qui m’a initiée aux plaisirs de la gouache, de l’aquarelle et de la peinture sur soie – sans jamais pouvoir faire de moi une bonne dessinatrice (zut !) – et en voici la dernière phrase : “Ne lâche pas les couleurs, ce sont de joyeuses compagnes.”

C’est en découvrant le filage et le tissage que j’ai appris à aimer les couleurs – pire, que j’ai appris à aimer les “clashs” de couleurs. Je me réfère à notre chère Esperluette, qui animait le “thème du mois” du forum Tricotin avant que je prenne le relais, et qui m’a toujours dit que dans une nappe fantaisie, il fallait mettre beaucoup de ce qu’on aimait et un peu de ce qu’on détestait, pour le contraste.

Pour en revenir à notre “bariolé”, voici ce que mon petit Larousse en dit : “Bariolé, e adj. Marqué de couleurs vives et souvent mal assorties ; bigarré : Une robe bariolée.” On pense aussitôt au costume d’Arlequin…

J’ai donc demandé aux fileuses et fileurs du forum comment ils feraient un fil bariolé, pour que les couleurs “clashent” sans se fondre les unes dans les autres.

Pour ma part, je me suis dit que la meilleure façon d’obtenir un fil bariolé était de prendre un petit bout de chacun des coloris de laine en ma possession. Et puis j’ai jeté un œil à mon stock et je me suis dit, “euh…”

En effet, des coloris, la passionnée de cardage que je suis en a beaucoup ! Il fallait faire une sélection. Mais, je ne pouvais pas juste choisir une palette de coloris assortis, pour que le fil soit bariolé il fallait que les couleurs soient “mal assorties”. Du coup, je suis retombée sur l’idée du costume d’Arlequin et j’ai musé un peu. C’est un personnage qui inspire depuis toujours les peintres de tous genres, de Derain à Miró  et bien sûr Picasso, qui l’a représenté dans de nombreux tableaux, notamment avec une guitare.

J’ai décidé de m’inspirer de cette œuvre de Derain : elle m’évoque mes petites palettes de peinture des classes primaires, qui étaient si jolies quand elles étaient neuves et tournaient vite à l’affreuse bouillasse car j’avais tendance à oublier de rincer mon pinceau en passant du bleu au jaune.

Cela m’a amusée de fouiller dans mes sacs de laine pour trouver les coloris représentés sur le tableau ! Voici le résultat…

filage artisanal arlequinfilage artisanal arlequin

J’ai filé les morceaux de fibres les uns après les autres en les piochant au hasard dans un panier. Pas question de carder pour garder l’effet “Arlequin” ! Il fallait aussi que le fil ne soit pas trop fin pour bien voir les taches de couleur, j’ai même fait quelques “flammes” (slubs) pour être sûre qu’on les verrait bien même après le retors. Pour ce dernier, j’ai d’abord pensé à utiliser un fil noir un peu plus fin puis j’ai craint d’obtenir plutôt un effet vitrail, donc je l’ai simplement retordu sur lui-même.

filage artisanal arlequin filage artisanal arlequin

Faut que ça brille !

filage artisanal mérinos angelina

Êtes-vous du genre à aimer tout ce qui brille ? Je ne suis pas folle du clinquant ni du bling-bling, mais je vous avoue qu’un peu de glitz ou d’angelina n’est pas pour me déplaire dans les fils fantaisie. Il faut toutefois souvent faire un compromis entre scintillement et douceur… et les fibres brillantes ne sont pas si faciles à dénicher dans le “commerce”… J’ai donc demandé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin ce qu’ils en pensaient.

Pour ma part, ce n’est que tardivement que j’ai pu faire mes essais d’étincelles… je me suis demandé quelle quantité d’angelina (fibres de Nylon larges et scintillantes) on pouvait ajouter à de la laine, car je ne me sentais absolument pas le courage de les filer seules : ce sont de vrais petits diables qui n’aiment pas se plier, se courber, bref se laisser faire. Je me suis dit que la planche à carder serait ma meilleure amie car elle permet de vraiment savoir, couche par couche, ce qu’on met dans ses rolags.

J’ai donc posé sur ma blending board de très fines couches de mérinos noir (on ne tire les feux d’artifice qu’à la nuit tombée) entre lesquelles j’ai essayé de piéger un maximum de fibres d’angelina bleues, vertes et argentées. Au final, j’ai réussi à faire tenir dans mon fil 30 % d’angelina ! Bon, on ne les voit pas toutes car il est extrêmement difficile de prendre en photos des choses qui scintillent, mais voici les rolags et l’écheveau qui en a découlé. Bien sûr, je n’ai pas besoin de vous dire qu’avec une telle quantité d’angelina, il n’est pas très doux au toucher 😉

filage artisanal mérinos angelina

L’angora sans angoisse

Il est doux, duveteux, gonflant… mais il chatouille le nez ! (En tout cas le mien !) Voici les questions que j’ai posées, pour le mois de septembre, aux fileuses et fileurs du forum Tricotin : aimez-vous l’angora ? Comment l’utilisez-vous, “pur” ou en mélange ? Avez-vous des précautions particulières pour le teindre ? Et même, avez-vous des lapins ? Dites-nous tout, tout, tout sur l’angora !

Une des premières réponses que j’ai reçues concernait la difficulté à teindre l’angora… déjà, parce qu’il est difficile de faire pénétrer l’eau dedans. Mais à mon avis, pas seulement.

Du coup, j’ai choisi d’utiliser de l’angora blanc tout simple, sans aucune préparation. Et j’ai décidé de le filer plutôt fin, par petites poignées, avant de le retordre en navajo. J’avais prévu de tenter la teinture après filage plutôt qu’avant car il me semble généralement plus pratique, quand je recherche une teinte à peu près uniforme sur des fibres difficiles à “mouiller” – comme le proclame la réputation de l’angora –, de détremper un écheveau plutôt qu’un paquet de fibres. Mais j’avoue que même en faisant tremper mon écheveau très longtemps et en procédant en plusieurs couches de surteinture, sur deux jours (!), je n’ai pas réussi à obtenir une teinte aussi profonde que si j’avais utilisé le même produit avec de la laine, du mohair ou surtout de la soie…

L’aspect changeant est dû au fait qu’après avoir fait “boire” à mon fil une bonne dose de bleu, j’ai ajouté quelques gouttes de kaki qui se sont déposées juste sur l’extérieur. Cela crée une sorte de halo que j’aime bien 🙂

filage artisanal rouet angora filage artisanal rouet angora filage artisanal rouet angora

Qui aime les crêpes ?

filage artisanal au rouet fil crêpe

Eh non, ce n’est pas la Chandeleur ! D’ailleurs tout le monde sait que, pour les vrais amateurs de crêpes, il n’y a pas de saison… Mais je ne vous parle pas de la délicieuse galette que l’on connaît en France depuis le XIIIe siècle. C’est aux fileuses et fileurs du forum Tricotin que j’ai proposé cet été un thème de filage axé autour de la technique du fil “crêpe”.

L’étymologie du mot remonte au latin crispus qui signifie “frisé” ou “ondulé” – parce que les bords des crêpes présentent de petites ondulations. Il en va de même du tissu que l’on appelle “crêpe”, et qui a subi un traitement propre à lui donner un aspect ondulé.

En matière de filage, nous avons aussi nos “crêpes”, crepe yarns en anglais. Ils ont droit à tout un chapitre dans ma “bible” des structures de fils, The Spinner’s Book of Yarn Designs de Sarah Anderson. L’auteur les définit ainsi : ce sont les cousins à trois brins des fils câblés (qui en comportent quatre).

Quelle est donc la recette d’un bon fil “crêpe” ? Deux brins filés en S et un brin filé en Z. On retors d’abord en Z les deux brins en S, puis on retord à nouveau le fil à deux brins obtenu en S avec le brin filé en Z. Et si vous inversez le sens de tous les filages et retors, vous devriez parvenir au même type de résultat. Quoi, je vous ai perdus, là ? ? ?

Essayez, pour voir, vous comprendrez mieux. Avec des brins réguliers de grosseur similaire, on obtient un joli fil bien rond, avec la texture ondulée qui lui vaut son nom. Ensuite, en jouant sur les différences de grosseur et de couleur des différents brins, on obtient des effets pleins de charme.

Mais bien sûr, si vous préférez la recette des “crêpes” qui implique farine, œufs et beurre, faites-vous plaisir…

Pour ma part, je me suis reportée au chapitre de The Spinner’s Book of Yarn Designs dont je vous parlais plus haut, et j’ai eu du mal à choisir… Finalement j’en ai sélectionné trois : un crêpe “tout simple” (en bleu), un crêpe irrégulier car un des trois fils, le plus gros, est flammé (en vert) et un crêpe spiralé, mon préféré, qui évoque une torsade de perles (en mauve). Ces couleurs sont un peu mièvres – par rapport à ce que je fais habituellement – mais je pensais qu’elles permettraient de bien voir le relief. Je ne m’interdis pas de procéder à une surteinture pour leur donner plus de caractère…

filage artisanal au rouet fil crêpe

C’en est fini de l’échange TRIO 6 !

échange TRIO Tricotin 2018

Il m’a donné l’occasion de montrer toute l’étendue de mon étourderie, mais j’espère que, malgré cela, toutes les fileuses (toujours pas de garçon cette année !) qui se sont jointes à moi pour la sixième édition de l’échange TRIO du forum Tricotin se sont bien amusées.

Voici comment les choses se sont passées de mon côté…

Ma marraine Flora m’a envoyé deux belles mèches, une à filer pour l’échange et l’autre à garder pour moi. Je ne vous dis pas le mal que j’ai eu à choisir !!! Et puis plein de douceurs, du chocolat, du thé et les merveilleuses nonettes à la mirabelle de sa région, pour lesquelles je ferais des bassesses 😉 Enfin, une belle tresse blanche à teindre qui est allée tout droit dans mon tiroir à trésors… Bon, elle n’est pas beaucoup plus douée que moi pour dessiner les moutons mais je ne lui jetterai pas la première toison ! C’est tout de même pratique de savoir que le colis est celui de l’échange, surtout que je l’ai eu un peu en avance et qu’il aurait été dommage de l’ouvrir par erreur.

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Pour ma part, on venait de me donner un joli petit bout de tissu fleuri vintage et j’en ai fait une pochette zippée à fibres. Avec les rolags assortis pour mettre dedans, bien sûr ! C’est ce que j’ai envoyé à ma propre filleule, Jennyzephyrine, avec l’inévitable lot de douceurs.

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Pour la seconde partie de l’échange, j’ai reçu de ma marraine Mamytartine un paquet orné d’un mouton tricoteur très dynamique et appliqué ! Dedans, de beaux écheveaux issus des nappes de Dodoh, en teintes douces qui caressent l’œil, un peu d’angora blanc et d’alpaga d’un beau roux, encore du chocolat, des bougies (je m’aperçois qu’on ne les voit pas bien du tout sur la photo !) et plein de petits boutons, pendentifs et jolies attaches parisiennes qui vont me donner des envies de bricolage, c’est sûr. Veillait sur tout ce petit monde un oiseau porte-bonheur très coloré (inspiration pour une nappe ou une mèche teinte ? peut-être bien !).

échange TRIO Tricotin 2018 échange TRIO Tricotin 2018

Quant à moi, j’ai filé plutôt fin la mèche très douce et fine teinte par Flora : elle ne demandait que ça, à être filée fin ! Et je l’ai retordue en navajo, si mes souvenirs sont bons. J’ai ajouté à cela du thé, des bonbons à la violette, un petit savon artisanal avec une étiquette signée Will Argunas (j’adore sa “sirène de la muerte” très rock) et des petits paquets de fibres pour ajouter de la texture dans une nappe.

échange TRIO Tricotin 2018

Et voilà, l’échange est fini… Il ne reste qu’à Sélène Drake à patienter pour ouvrir son colis car j’ai réussi à transmettre la mauvaise adresse à sa marraine non pas une, mais deux fois. C’est net, je ne sais pas gérer une liste d’adresses avec Excel !!! J’ai le rouge au front, littéralement !