Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu

swaledale filé rouet filage artisanal

C’est la prédiction que j’ai faite début septembre aux fileuses et fileurs du forum Tricotin : “Dans ma boule de cristal, je vois… je vois… que vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu !” Beau programme, n’est-ce pas ? On peut voir ou revoir sans hésiter ce film de Woody Allen servi par une très bonne distribution, tranquillement installé(e) devant un rouet, pour filer… eh bien, ce fameux inconnu ! L’exercice que je leur proposais le mois dernier était en effet tout simple : découvrir une fibre qu’ils n’avaient encore jamais filée. Peut-être une fibre végétale inhabituelle, ou tout simplement une variété de mouton à laquelle on ne s’était encore jamais frotté : il y en a tellement !

La nouveauté n’a hélas pas beaucoup inspiré les participants au “Thème du mois”… Moi si. Je me suis dit qu’il était temps de sortir des sentiers battus. Et puis, on ne tisse pas que des écharpes dans la vie.

Il était dans mes tiroirs depuis quelques mois, ce petit sachet de swaledale. Ce mouton rustique des montagnes du Yorkshire a une bouille rigolote et le gris délicat des fibres m’a séduite. Mais il ne faut pas se mentir : même si la mode est au rustique, pas question de confectionner des vêtements avec ce type de fil qui pique quelle que soit la manière dont on le file (j’ai peu tordu mes fibres pour éviter que le fil soit trop rêche, mais il n’y a pas de miracle). La grosseur moyenne des fibres est tout de même de 35 à 45 microns… Et en Angleterre, on l’utilise plutôt pour des tapis, l’intérêt des swaledale étant surtout leur viande. Je pense que mon écheveau, trop gros pour un tapis (quoique ?), deviendra un sac solide à emmener partout… à suivre !

swaledale filé rouet filage artisanal

Baby Surprise Jacket

BSJ baby surprise jacket filage fractal rouet

Cela faisait longtemps que j’avais envie de tricoter le Baby Surprise Jacket d’Elizabeth Zimmermann ! J’étais sûre que c’était un modèle parfaitement adapté à la singularité des fils filés à la main… Je n’attendais plus que l’occasion, qui m’a été fournie par une petite June récemment débarquée sur Terre.

J’ai aussitôt teint 100 g de mérinos superwash (oui ! je le sais que ce n’est pas la fibre idéale ! mais les jeunes mamans non fileuses ont le droit de préférer les vêtements qui se lavent plus facilement… Enrico, ne me fais pas les gros yeux, je t’en prie) avec des couleurs un peu acidulées, et j’ai filé cette mèche en “fractal”, un peu plus fin que les écheveaux que je réalise d’habitude selon cette méthode.

BSJ baby surprise jacket filage fractal rouet
BSJ baby surprise jacket filage fractal rouet
BSJ baby surprise jacket filage fractal rouet

J’ai pris un énorme plaisir à tricoter cette petite brassière toute d’une pièce. Le modèle est facile et amusant, le style d’Elizabeth Zimmermann et savoureux et, comme je m’en doutais, celui que l’on appelle familièrement le BSJ met très bien en valeur les changements de teinte des fils réalisés à partir de mèches teintes. Oui, je me suis régalée ! J’espère qu’il plaira tout autant à la petite June et à ses parents.

BSJ baby surprise jacket filage fractal rouet

Des vacances, ou des vacances ?

écheveau filé main artisanal rouet dégradé

Beaucoup de Français prennent quelques jours ou semaines de pause en juillet et août… et voici la question que j’ai posée en juillet aux fileuses et fileurs du forum Tricotin : pour vous, s’agira-t-il de vacances par rapport au filage que vous oublierez un temps au profit d’autres distractions – par exemple si vous n’aimez pas que la laine vous colle aux doigts – ou, au contraire, avez-vous la ferme intention de profiter de vos loisirs pour filer le plus possible ? Avez-vous un programme défini genre Tour de Fleece ou pensez-vous filer au petit bonheur la chance ? Si vous ne prévoyez aucun répit côté boulot, allez-vous considérer quelques moments de filage chipés en douce comme des mini-congés ? Fibresques ou pas, venez raconter vos projets de vacances !

C’est la fin des vacances, il est temps d’en parler avec nostalgie…

Mes vacances à moi ont commencé avec un peu de frustration : pas question de participer au Tour de Fleece, comme j’avais pu le faire au cours des années précédentes, parce que j’avais trop à faire pour me préparer un projet couvrant trois semaines de pédalage. Mais je savais très bien que trois sublimes nappes dégradées signées Midian m’attendaient dans mon tiroir à trésors. Je les gardais de côté pour un projet de tissage spécial, et là, j’avais bon espoir (mais tout le monde sait que “si tu veux faire sourire Dieu, fais un projet… et si tu veux le faire rire, fais-en deux”) de pouvoir enfin lancer cette nouvelle collection d’écharpes pour l’hiver 2019. Donc je les ai emballées avec soin, j’ai calculé le nombre de bobines nécessaires, j’ai ajouté le rouet indispensable à l’équation et mon Prince Charmant n’avait plus qu’à caser tout ça dans la voiture familiale pour le départ vers un gîte accueillant de vacances, c’est-à-dire un endroit où je n’aie pas l’impression, à chaque fois que je pose les yeux sur le moindre objet, qu’il faut ranger-laver-réparer-remplacer-optimiser ou autre. Oui, c’est ça, des vacances : se poser avec son rouet et filer des nappes de Midian, soigneusement déchirées en bandes fines pour bien respecter le dégradé.

écheveau filé main artisanal rouet dégradé

Une fois de retour à la maison, j’aurais adoré mettre tout de suite ces écheveaux sur le métier, mais les impératifs de rentrée en avaient décidé autrement ! Je ronge mon frein en attendant de pouvoir enfin m’y mettre…

Sous couverture

couverture tissée à la main fil filé au rouet

En matière de tissage comme de filage ou de tricot, j’aime varier les plaisirs, et surtout l’investissement que nécessitent les ouvrages. Par exemple, je ne passe pas autant de temps sur une paire de mitaines ou de chaussettes en fil teint à la main que sur un pull entièrement réalisé en filé main. De la même manière, s’il m’arrive parfois de terminer une petite besace tissée en une journée, il m’a fallu des mois pour achever cette couverture.

couverture tissée à la main fil filé au rouet

D’abord, le filage : je sais que certains amis que j’aime tendrement vont hurler, mais j’ai choisi le mérinos superwash. Comme je dors généralement peu habillée, je ne voulais pas qu’elle gratte. Et je n’envisageais pas de laver à la main un objet en laine de plus de 2 kilos. Savez-vous que la laine, une fois gorgée d’eau, pèse 10 fois son poids ? Eh bien, manipuler 20 kilos de laine mouillée dans ma baignoire, le dos cassé, très peu pour moi.

couverture tissée à la main fil filé au rouet

J’ai filé et tissé au fur et à mesure pour que l’expérience ne soit pas trop monotone. En effet, il me fallait près de 2,50 mètres en largeur comme en longueur et je ne pouvais pas faire cela tout d’une pièce, surtout pas sur mon métier à peigne envergeur de 70 centimètres de large ! Cette couverture est donc un excellent exemple de ce que l’on peut obtenir en assemblant plusieurs pièces tissées. En tout, j’ai tissé quatre bandes d’environ 2,50 mètres de long ; je commençais par filer 3 écheveaux de 200 grammes (heureusement, le fil était assez gros : environ 1 500 m/kg), je tissais une bande (avec un peigne de 20/10 : je ne voulais absolument pas que le tissu soit tassé), puis je me remettais à filer, etc.

couverture tissée à la main fil filé au rouet
couverture tissée à la main fil filé au rouet
couverture tissée à la main fil filé au rouet

Voici quelques chiffres pour vous donner une idée du parcours qui m’a menée au résultat final…

  • En tout, j’ai filé 11 écheveaux d’environ 200 g chacun, plus un petit rab pour achever l’assemblage. Cela m’a pris plus de 75 heures !
  • J’ai tissé pendant environ 25 heures.
  • L’assemblage des morceaux, réalisé au crochet, a pris environ 5 heures.
  • Au final, cette couverture pèse à peu près 2,2 kilos.
couverture tissée à la main fil filé au rouet
couverture tissée à la main fil filé au rouet

Nous l’utilisons depuis plusieurs semaines et c’est un vrai bonheur. J’ai voulu un tissage très aéré, elle est donc malgré tout légère, et chaude juste ce qu’il faut. Elle est assez élastique, ce qui n’est pas désagréable quand on la partage. Enfin, elle est extrêmement douce, une vraie caresse, et elle dégage un très discret parfum de laine que j’adore (et je ne suis pas la seule).

Si vous êtes tenté de vous lancer dans l’aventure, je crois que vous avez toutes les données nécessaires 🙂

Qu’est-ce qu’une “Filette” ?

Filette pour filer avec une machine à coudre

Mais non, pas une “fillette”… une Filette !

Filette pour filer avec une machine à coudre

Hier mon amie Chantal a partagé sur Facebook la photo d’une jolie machine à coudre Singer ancienne que ses enfants lui ont offerte, et qu’elle est en train de remettre en état.

Coïncidence, je m’apprêtais justement à vous montrer un accessoire de filage que j’ai déniché dans une brocante, lors de mes vacances, et que mon petit mari a voulu m’offrir, bien que je ne possède plus de machine du genre de la Singer de Chantal pour pouvoir l’utiliser. Le vendeur ne savait pas trop à quoi servait cette Filette, il savait seulement que c’était destiné à être utilisé par le biais de la pédale d’une machine à coudre.

Filette pour filer avec une machine à coudre
Filette pour filer avec une machine à coudre

Que ce soit sur les forums ou sur Facebook, j’ai vu passer beaucoup de bricolages destinés à entraîner un outil à filer en utilisant le système d’entraînement d’une machine à coudre ou d’un autre type d’outil. Alors quand j’ai découvert cette Filette, je me suis dit que des photos détaillées inspireraient peut-être des personnes à la recherche de ce type d’adaptation.

Filette pour filer avec une machine à coudre
Filette pour filer avec une machine à coudre
Filette pour filer avec une machine à coudre

Cette Filette a dû être tendrement aimée par sa ou son propriétaire, en témoigne ce minuscule cœur dessiné à l’encre rouge sur l’épinglier…

Filette pour filer avec une machine à coudre

La vie en rose

filage artisanal soie rouet

De temps en temps – quand je manque d’inspiration, avouons-le tout de suite – je propose aux fileuses et fileurs du forum Tricotin, comme thème du mois, une couleur. En juin, je leur ai proposé de jouer avec le ou les rose(s)… avouez qu’il y a du choix – rose tendre, layette, bonbon, pastel, saumoné, poudré, flashy et j’en passe. Voici les questions que j’avais formulées : Qui de vous adore le rose ? Qui, au contraire, l’aime si peu qu’aucun type de rose ne peut trouver grâce à ses yeux ? Aimez-vous les roses très originaux ou composés ? Exprimez-vous du fond du cœur !

Eh bien, ce thème n’a intéressé que moi 😉

Croyez-le ou pas, j’avais fini ce fil à temps en juin et j’avais pris les photos avant de partir en vacances, mais j’ai eu si peu envie de m’approcher de l’ordinateur ensuite que je n’ai pas pris le temps de vous les montrer…

En ce qui me concerne, c’est en rentrant de la ferme de cueillette que j’ai trouvé, dans mon panier, l’inspiration pour faire mon fil : le rose violent et chaud des tiges de rhubarbe contrastait sans jurer avec la délicatesse des roses.

filage artisanal soie rouet

J’ai plongé le nez dans mon panier de soies teintes et j’ai choisi les coloris les plus en rapport avec ma rhubarbe et mes roses avant de les flanquer dans la cardeuse, hop ! Puis j’en ai sorti, avec un diz, de la mèche de soie très facile à filer.

filage artisanal soie rouet

J’ai gardé mon fil en un seul brin pour éviter qu’il soit trop “tachiste”, car j’aimais bien les volutes de soie rose vif et rose tendre de ma mèche, qui me rappellent… la crème glacée Amarena. Tout à fait d’actualité par ce bel été bien chaud !

Les deux font la paire

écheveaux fil artisanal laine mérinos et soie filés main

Avez-vous déjà eu besoin (ou envie !) de filer, pour réaliser un ouvrage particulier ou parce que vous possédiez des fibres qui ne voulaient plus se quitter, deux écheveaux, ou tout une série d’écheveaux assortis – pas semblables, mais fait pour aller ensemble ? Des écheveaux “cousins”, en quelque sorte ? C’est la question que j’ai posé le mois dernier aux fileuses et fileurs du forum Tricotin.

Pour ma part, j’ai en ce moment de grosses envies de tissage et je voudrais essayer quelques effets de motifs avec des filés main assortis… et mon petit mari m’a offert de jolis mélanges de mèche de mérinos et soie dans mes couleurs préférées, comme ce beau mauve foncé. Je l’ai filé très simplement, parce que je ne voulais pas que l’originalité du fil vienne empiéter sur le travail de tissage. Puis j’ai réalisé des rolags assortis en utilisant la même proportion de soie dans le même ton, puis plein d’autres roses et même un poil de beige rosé.

écheveaux fil artisanal laine mérinos et soie filés main

Comme d’habitude je me suis régalée avec le filage des rolags, et j’ai essayé de rester sur le même type de fil, même si je n’avais pas la même préparation au départ.

écheveaux fil artisanal laine mérinos et soie filés main

Du fait de cette différence de préparation, le second écheveau est légèrement plus texturé, mais je pense que cela ne devrait pas trop se voir une fois tissé.

Hop, une fois le mauve “avalé”, je me suis lancée sur le vert… je ne connais pas le nom de ce vert mais il me plaît beaucoup ! J’ai fait des rolags beaucoup plus clairs et plus “acides” pour bien le mettre en valeur. Ce que j’ai hâte de les tisser !

écheveaux fil artisanal laine mérinos et soie filés main

Le roi Arthur

filage d'art écheveau fait main rouet artisanal roi arthur

Au début de l’année, Ama Yaga, fileuse et teinturière à l’association Schola Lanae, m’a proposé de participer à un joli projet : les Arthuriennes. Il s’agissait de se plonger dans les légendes arthuriennes pour y puiser l’inspiration d’un projet créatif en lien avec les arts textiles. Pour ma part, j’ai choisi le personnage d’Arthur, et si vous avez envie de savoir pourquoi, je vous propose de lire l’interview qu’a publiée Ama Yaga.

J’aurais dû terminer mon fil pour le mois de mars, mais l’inspiration a fait son chemin lentement, et réunir tous les éléments que je souhaitais inclure dans mon fil fantaisie a pris un certain temps. Je ne vais pas non plus vous faire croire que je menais ce projet exclusivement, sans me disperser en parallèle dans plusieurs autres activités : j’ai fait des démonstrations de filage à l’occasion de la tonte de printemps des fermes entourant Paris, j’ai travaillé sur une nouvelle collection de petits sacs… et bien d’autres choses. En tout cas, j’ai enfin pu m’y atteler et voici donc mon Arthur.

filage d'art écheveau fait main rouet artisanal roi arthur

En ce qui concerne les fibres, j’ai choisi un dégradé de deux coloris et deux types de mérinos différents pour symboliser le temps qui passe et la vie d’Arthur, au cours de laquelle divers objets marquent certaines étapes de sa vie. D’abord, un mérinos brun naturel, assez rustique au toucher, représentant la matérialité du début de la vie d’Arthur, que j’ai mélangé en parts de plus en plus importantes avec un mérinos très fin et doux d’un bleu extrêmement clair, symbolisant son évolution spirituelle.

filage d'art écheveau fait main rouet artisanal roi arthur

Parmi les objets inclus, des écailles vert marbré représentent le dragon lié à Merlin, qui a présidé à la conception d’Arthur, puis on trouve un peu de fourrure noire évoquant sa vêture, l’épée Excalibur, une couronne royale, des sequins métalliques provenant de son armure, puis une alliance et de petits morceaux de dentelle ancienne volés à la robe de Guenièvre… mais nous approchons de la fin et, telle une Parque, je dois évoquer la mort d’Arthur, le retour d’Excalibur au lac et les scintillantes larmes de la Dame du Lac venue l’emmener à Avalon. C’est là que la Parque Morta doit couper le fil… et le bloquer à jamais. L’écheveau mesure 165 mètres pour 100 grammes de fibres.

filage d'art écheveau fait main rouet artisanal roi arthur
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Un beau maquereau

fil artisanal art textile maquereau soie

Voilà des années que je propose des thèmes de filage aux fileuses et fileurs du forum Tricotin et je ne leur avais jamais fait le coup du poisson d’avril ! Comment cela se fait-il ???

Cette année, je ne suis pas passée à côté et je leur ai donc proposé de s’inspirer de ces magnifiques créatures que l’on rencontre au fond des mers, au creux des abysses ou sur les cailloux des rivières. Il suffit de faire quelques recherches pour trouver des idées, l’inspiration ne manque pas. Tout le monde sait à quoi ressemble une sardine mais avez-vous déjà vu un axolotl ? un blobfish ? un poisson-cachemire ?

Pour ma part, je suis restée au bord de nos côtes : j’ai toujours adoré les rayures irisées et le ventre blanc nacré des maquereaux. Je suis donc allée chez mon poissonnier, à la “Marée fraîche du Nord”, où Johan, qui a une âme d’artiste, ne m’a pas prise pour une folle quand j’ai demandé un maquereau plus coloré que celui qu’il me proposait, en avouant que je comptais l’inclure dans une nature morte. Après m’avoir demandé s’il s’agirait de peinture ou de photo, il les a tous retournés pour trouver le plus beau, et m’a dit qu’il ne le viderait pas pour lui conserver son joli galbe. De retour à la maison, j’ai plongé avec délices dans mon stock de soie. Impossible d’utiliser autre chose pour un poisson aussi brillant ! De la soie maulbère blanche très brillante pour le ventre, de la soie tussah de différents verts et gris pour le reste du corps, et du noir pour les taches. J’ai passé tout ça dans la cardeuse avant de le filer en single, très peu tordu.

fil artisanal art textile maquereau soie

Il a adoré son petit plongeon dans le lavabo pour le blocage, normal pour un poisson 😉

fil artisanal art textile maquereau soie

Après cela, une petite mise en scène, une jolie photo, la voilà notre nature morte… puis, les choses sérieuses : vider et cuire la bête avant de passer à table. Pas pour moi, je n’aime pas trop le poisson, mais j’ai à la maison un homme conciliant qui accepte de manger mes natures mortes… une fois que j’en ai ôté les fibres. Au fait, si je n’ai pas les capacités d’un druide pour lire les augures dans les entrailles de poisson, je peux tout de même vous dire qu’au final, ce joli maquereau était une belle maquerelle, et que c’est excellent en papillote.

fil artisanal art textile maquereau soie

Recyclage

filage artisanal rouet corespinning

Certaines ou certains d’entre vous ont peut-être chez eux une boîte à compost, parce que jeter des épluchures de légumes pleines de nutriments et d’eau leur fait mal au cœur. D’autres mettent peut-être de côté tous les petits bouts de tissu, de fils issus de leurs ouvrages, accumulés au fil du temps. Nous sommes nombreux, en cette ère de gaspillages programmés, à avoir du mal à jeter. J’ai remarqué, au fil des conversations que je peux avoir avec les créatrices et créateurs que je croise, que plus on est touche-à-tout, moins on a le courage de jeter. “Ce petit brimborion pourrait toujours servir… un de ces jours !”

J’ai donc demandé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin s’ils avaient ce défaut ou cette qualité, comment ces objets et matières collectés réapparaissent dans leurs filages, quelle était la part de recyclage dans leurs écheveaux…

Pour ma part, je conserve soigneusement tous mes résidus de peignage et de cardage. Utiliser un hackle est un excellent moyen d’obtenir des mèches de fibres bien alignées tout en supprimant les fibres les plus courtes ou les fibres emmêlées. C’est parfait pour filer un fil très fin et régulier sans aucun risque de bouloche.

J’avais préparé des “nids” de fibres pour mon opération “Dix ans, dix cadeaux” et pas mal de petits tas de fibres étaient restés coincés dans les dents du hackle. Je les avais mis dans un pot de confiture (c’est toujours décoratif…) et je viens de les récupérer pour les carder avec de la mèche de mérinos gris naturel pour une sorte d’effet tweedé surdimensionné.

filage artisanal rouet corespinning
filage artisanal rouet corespinning

J’ai filé les nappes en corespinning autour d’une “âme” de coton, obtenant un fil vraiment très aérien et dodu qui sera aussi chaud que doux. En effet, bien que je n’aie filé que 100 g de fibres (l’écheveau fait au final 110 g pour 340 m), j’ai bien cru que le fil n’allait pas tenir en totalité sur cette bobine jumbo, pourtant conçue pour contenir environ 200 g de fibres filées !

filage artisanal rouet corespinning
filage artisanal rouet corespinning