On se fait un petit marché ?

Rue de la Laine Village des Terroirs de Vanves 2025

Cette année encore, du 12 au 14 décembre, je vais avoir le grand plaisir de participer au marché de Noël de ma petite ville, intitulé le “Village des Terroirs” de Vanves. Ici, “terroir” a plusieurs sens, à commencer par les nombreux producteurs ruraux de l’association Pari fermier qui viennent des six coins de l’Hexagone pour nous régaler avec leurs merveilles (mon favori… chut ! c’est la productrice de savons au lait de jument… leur mousse est si douce que je lui en prends chaque année de quoi me faire plaisir pour les 365 jours suivants !!!). Mais cela inclut aussi le terroir vanvéen, avec des créatrices et créateurs de chez nous, ainsi que des villes alentour et du reste de la France. Chaque année, on est heureux de revoir les anciens, d’accueillir les nouveaux, j’ai énormément hâte de retrouver cette merveilleuse ambiance.

Pour justifier ma présence 😉, j’ai passé un peu de temps devant mon métier à tisser ! Pas de nouveau marché sans nouveautés tissées ! Voici quelques photos (assez mauvaises, dur dur en ce moment de travailler en lumière naturelle !) des stars qui viendront arpenter le podium… impossible de se rendre compte sur ces pauvres clichés de leur douceur et de leur moelleux : il va falloir venir les tâter par vous-même (et si vous n’êtes pas disponible ce week-end-là, on se verra peut-être à la Fête de la Laine de Malakoff en février prochain – mais j’aurai l’occasion de vous en reparler).

Tous les détails pour organiser votre visite sont ici.

Les créations qui n’auront pas rencontré leur Princesse ou leur Prince charmant·e seront mises en vente dans la boutique en ligne dans les jours suivant le marché.

À bientôt !

Envie de plage !

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Je vous ai parlé de crazy patchwork il y a un peu plus d’un an. Je m’en étais alors servie pour apporter une touche d’élégance nipponne à mon rituel du thé matinal. Mais ce que j’ai constaté quand on pratique ce genre de technique, c’est qu’on s’imagine finir ses chutes de jolis tissus japonais alors qu’en réalité, le stock ne baisse pas du tout – mais alors pas du tout ! En effet, pour le crazy patchwork, on a tendance à rogner les bouts pas droits des morceaux de tissu, et au final, on a l’impression qu’il en reste toujours autant.

J’ai repris la technique l’été dernier (étonnant que je ne vous aie toujours pas montré le résultat, reportez-vous à mon dernier article si vous voulez savoir pourquoi) à l’occasion d’un défi de couture lancé par Véro Pinson, la créatrice des patrons Sacôtin. Je n’ai pas moi-même participé au défi puisque je n’utilisais que des restes de tissus de mon généreux stock, mais c’était l’occasion de faire connaissance avec le modèle Samba qui a l’intérêt de posséder une poche intérieure “cachée” : parfait pour un sac de plage qu’on quitte souvent des yeux ! Pleine d’envies de vacances, je lui ai adjoint une petite trousse de toilette Fringante, que j’avais déjà réalisée pour ma fille et que j’avais adoré faire.

Commençons par le plus long : étant amatrice de tissage et l’heureuse propriétaire d’un inkle loom Ashford, je ne vais quand même pas acheter de bêtes sangles pour faire des anses de sac ! Mieux vaut craquer pour trois écheveaux de chanvre Pernelle chez Les Tricoteurs volants… J’ai découvert avec plaisir la marque française de fils végétaux Natisséa que j’aime beaucoup tricoter et tisser. Les fils ne sont pas très tordus, ce qui peut me poser des difficultés en tricot, mais les couleurs sont superbes. J’ai choisi le blanc et le bleu pour aller avec mes tissus japonais, et j’ai ajouté le jaune pour contraster parce que j’avais des envies de soleil (et que je ne pouvais vraiment pas résister à ce magnifique jaune).

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Si je ne me trompe pas, c’était là ma première tentative de tissage pick-up dont je vous parlais dans mon dernier article. J’y ai pris un plaisir infini. C’est vrai que c’est très long, mais c’est si gratifiant que l’on ne voit pas le temps passer : le résultat en vaut vraiment le coup. Comme je vous le disais le mois dernier, le plus difficile est généralement de choisir la face du tissage que l’on va utiliser, mais peu importe pour des anses de sac !

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom
sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Une fois ma sangle tissée, je me suis amusée avec le crazy patchwork de la trousse. La réalisation de cette dernière m’a demandé un peu d’adaptation quand je me suis aperçu que j’avais coupé mes pièces légèrement trop vite… Eh oui, la seule fois où j’ai oublié de mesurer le “carré témoin” du patron que je venais d’imprimer, il fallait que ce soit la fois où mon imprimante a décidé d’imprimer le document 10 % plus petit ! Grrrrr ! Mais bon, avec un peu de concentration et un coup de ciseau dans les fermetures à glissière, on y parvient et on obtient juste une trousse un poil plus petite. Dont la taille me convient très bien puisque je n’y mets que le strict nécessaire.

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom
sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom
sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Pour le sac, j’ai alterné de grandes bandes de tissu assez régulières évoquant le ciel et la mer, avec quelques points de sashiko jaune comme des rayons de soleil. Et pour l’intérieur où je mets ma serviette humide et la base qui repose sur le sol, j’ai choisi un lin enduit beige évoquant le sable. Ces deux créations m’ont accompagnée au bord des vagues l’été dernier et m’y accompagneront à nouveau très bientôt, j’espère !

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Réparer un bagage

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Chères lectrices, chers lecteurs, j’ai une bonne nouvelle pour vous : non, le blog n’est pas mort !

Plus de six mois sans écrire ! Je n’ai pas vu le temps passer, on dirait ! C’est clairement la plus longue pause que j’aie jamais faite. Quand j’ai ouvert la page et vu la date du dernier billet, j’ai été très choquée, croyez-moi sur parole.

Pourquoi une si longue pause ? “Elle ne va sans doute pas bien”, avez-vous peut-être pensé (pour peu que vous vous soyez posé des questions, je me doute que vous avez autre chose à faire). Eh bien, si c’est le cas, vous vous êtes trompé. Si j’ai beaucoup moins écrit ces derniers temps, c’est que je vais mieux, au contraire. Je ne vais pas vous raconter ma vie mais, pour faire simple, j’ai retrouvé le sommeil après des années d’insomnies. Eh oui… je le lisais souvent en commentaire : “Mais quand trouves-tu le temps de dormir ?” Justement, je dormais très peu, je me couchais très tard, ce qui n’est plus le cas. Du coup, j’ai beaucoup moins de loisirs et je préfère les occuper à bricoler qu’à écrire. Mais je le regrette alors, vous le voyez, j’ai retrouvé le chemin de mon clavier.

Je vous montre aujourd’hui ma dernière réalisation, mais je vous présenterai plus tard quelques bricolages plus anciens qui me tiennent quand même un peu à cœur.

L’heure des vacances a sonné et j’ai mis la dernière main à une réparation qui attendait depuis longtemps. Je préfère toujours réparer plutôt que remplacer (pensons à la planète !), mais j’avoue que, parfois, cela me rebute un peu, et donc il arrive que je fasse traîner longtemps les choses. En l’occurrence, la poignée de cette petite valise s’est déchirée il y a des années, et la dernière fois que je m’en suis servie j’ai trouvé ça vraiment casse-pieds ! J’ai donc décidé de la réparer mais pour me motiver, il a fallu que je fasse quelque chose d’un peu élaboré, il fallait que cette valise soit au final bien plus jolie qu’avant, et c’est pourquoi j’ai décidé de tisser une sangle pour remplacer la poignée, avec mon inkle loom et une technique que j’ai découverte l’année dernière, qui permet de faire de bien jolis motifs. Si cela vous intéresse, je vous informe que j’ai appris à la maîtriser grâce au livre Complementary-Warp Pick-Up de Laverne Waddington.

Ce tissage pick-up est très long, je ne vais pas vous le cacher, mais je trouve ça carrément addictif. J’adore.

En cadeau de mariage, mes parents (qui ne se doutaient pas que nous ne partirions jamais en voyage de noces !) nous ont offert une ligne de bagages de très bonne qualité – ne vous arrêtez pas à cette poignée arrachée, tout le reste est d’excellente facture, nous les trimballons depuis assez longtemps pour l’affirmer (pour info, nous fêtons cette année nos noces d’argent !). Le tissu et les fermetures sont restés impeccables mais, bizarrement, les sangles utilisées pour les lanières et autres poignées ont mal vieilli : elles se déchirent comme du papier. La poignée a donc cédé, et j’ai facilement enlevé les morceaux qui restaient, sans défaire les coutures car elles maintiennent aussi en place, derrière le tissu, un renfort pour éviter qu’il se déchire.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

J’ai commencé par déterminer combien de fils il me fallait pour tisser une bande de 4 cm de large et je suis assez fière de moi car je suis arrivée à 3,8 cm, ce qui n’est pas mal du tout vu que j’ai tendance à y aller à vue de nez. J’ai sélectionné un joli motif que l’on fait normalement sur 16 fils, et je l’ai doublé, donc j’ai un motif de 32 fils avec 4 fils rouges de part et d’autre pour le border. J’ai utilisé du coton Cheope de la marque Adriafil, je trouve qu’il a la bonne grosseur pour ce genre de travail (il se tricote avec des aiguilles de 4 mm) et il y a un grand choix de couleurs.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Je n’avais besoin que d’une soixantaine de centimètres de sangle mais on ne peut pas monter une chaîne si courte sur mon inkle loom, donc j’ai tissé une sangle plus longue et j’ai gardé environ la moitié pour une future réparation.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ce qui m’a fait réfléchir un moment, ç’a été de choisir la face de la sangle que je préférais, car cette technique de tissage est à double face. Finalement, j’ai opté pour le motif rouge sur fond noir, alors que j’avais tissé le noir sur fond rouge.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Un zigzag à la machine pour empêcher que ça se défasse et hop, j’ai coupé mes 60 cm, j’ai plié le bout de sangle en deux et j’ai fait une piqûre à la machine.

Dans une chute de cuir, j’ai découpé un rectangle à glisser à l’intérieur de ma poignée pour qu’elle ait plus de tenue et de solidité.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes
réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ensuite, une piqûre à la machine tout autour et voilà, une belle poignée souple, douce et très mignonne !

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Le plus dur a été de la coudre solidement en place. J’ai utilisé une alène automatique, qui est un petit outil bien pratique quand on doit traverser plusieurs épaisseurs : souvenez-vous que je devais percer deux épaisseurs de tissage, une épaisseur de cuir, une épaisseur de tissu et de doublure, plus le renfort qui était derrière le tissu ! Mais ce qui est compliqué, c’est qu’avec ce genre d’alène, il faut accéder à l’arrière du travail pour glisser le fil dans sa boucle, et l’envers du travail, là, c’était l’intérieur d’une petite poche… Bref, chaque point de couture a pris plusieurs minutes, alors je ne les ai pas faits très courts. Mais cela ne se voit pas trop, car ils entrent à l’intérieur du tissage.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes
réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ce n’est pas pour m’envoyer des fleurs mais je suis absolument ravie du résultat, et très fière de moi ! Il faut absolument que je parte en week-end pour étrenner ma petite valise (presque) toute neuve !

Du nouveau en boutique côté tissage…

collection écharpes artisanales chevronnées mérinos alpaga midian ruedelalaine
Écharpe “Entre Ciel et Terre”

L’hier est loin d’être fini ! Si vous cherchez un peu de chaleur, faites un tour en boutique 😉

Enfin, un petit moment de répit qui tombait pile le même jour que le premier rayon de soleil depuis des lustres. Il n’en faut pas moins pour que je puisse organiser une mini-séance photo qui permette de rendre à peu près fidèlement les coloris de mes créations…

En l’occurrence, j’ai beaucoup tissé à l’automne pour garnir de belles choses mon stand du marché de Noël de Vanves. Mais ce week-end-là, il faisait un froid glacial ! Conséquence : une grande partie de ces nouvelles écharpes sont reparties au cou de l’une ou de l’autre. Il me restait toutefois quatre nouveautés à vous montrer.

D’abord, une nouvelle collection en collaboration avec l’artiste fileuse et dentellière Midian, qui n’a pas son pareil pour carder des nappes magnifiquement dégradées. C’est avec elle que j’ai commencé ma collection “Précieuses” en 2014 et que je l’ai poursuivie en 2017. Et il y en aura d’autres, rassurez-vous ! Elles ont beaucoup de succès et il m’en reste d’ailleurs très peu. Pour Noël dernier, Midian et moi nous sommes lancées dans une nouvelle collection, les “Chevronnées”, tissées avec une armure de chevrons (motif que j’adore !) qui met bien en valeur le contraste entre le fil dégradé de la chaîne et le fil d’alpaga très doux de la trame. Il m’en reste deux que je viens de mettre en vente dans la boutique en ligne.

collection écharpes artisanales chevronnées mérinos alpaga midian ruedelalaine
collection écharpes artisanales chevronnées mérinos alpaga midian ruedelalaine

Mais eu égard à la conjoncture de la fin de l’année 2022, qui n’était ni gaie ni chaleureuse, j’ai voulu créer aussi des étoles fantaisies colorées, larges et moelleuses, ce genre d’étole qui vous prend dans ses bras, dans laquelle on peut s’envelopper le haut du corps pour se blottir dans son canapé avec un bon bouquin et une tasse de thé. Ou de café. Ou de chocolat. Enfin, tout ce qu’il nous faut pour un moment hygge ! Je vous présente donc “Printemps d’Aphrodite” et “Ode à la Traviata”.

étole tissage artisanal fils filés au rouet
Étole “Printemps d’Aphrodite”
étole tissage artisanal fils filés au rouet
Étole “Ode à la Traviata”

Losange, mon ange…

écharpe tissage artisanal cadres

Enfin, enfin j’ai pu déplier (après l’avoir dépoussiéré !!!) mon métier à cadres ! Je n’avais pas eu le temps d’y toucher depuis des années. Ne vous étonnez pas si je ne progresse pas. La faute à ma tendance à m’enterrer moi-même sous des avalanches de projets…

Mais voilà, j’avais un cadeau d’anniversaire à faire, à une personne qui apprécie mon travail, et c’est très motivant. Donc, j’ai décidé de partir sur un projet fait main de A à Z. Disons de C à Z, puisque je n’ai ni tondu les moutons, ni teint la laine.

J’ai choisi une opposition de blanc et de bleu, blanc pour faire ressortir les motifs, bleu parce que le destinataire de cette écharpe a les yeux bleus (fastoche). Pour le blanc, j’ai filé du shetland. Pour le bleu, j’ai cardé plusieurs coloris en restant sur une recette que j’aime bien, 80 % mérinos 20 % soie. Quelques heures de filage plus tard, j’obtenais deux beaux écheveaux, vite passés en pelote. Mes stagiaires connaissent bien ma routine : commencer par enrouler le fil sur une règle pour choisir le nombre de fils au centimètre, et ensuite tout roule ! On ourdit, on enfile et puis on tisse, hop hop ! Un petit motif de losanges pour changer de mes éternels chevrons que j’aime tant… que je n’arrive pas à en sortir. Mais les losanges, avouez, on n’est pas très loin des chevrons 😉

écharpe tissage artisanal cadres
écharpe tissage artisanal cadres
écharpe tissage artisanal cadres
écharpe tissage artisanal cadres
écharpe tissage artisanal cadres
écharpe tissage artisanal cadres
écharpe tissage artisanal cadres

C’est le retour des marchés de Noël !

L’année dernière, il a fallu faire l’impasse, et cette année, compte tenu du contexte difficile, certains ont encore dû être annulés, mais le marché de Noël de L’Archipel des créateurs, qui se tient en extérieur, sera maintenu ce week-end. De vendredi 10 décembre à dimanche 12 décembre, vous pourrez donc venir voir “en vrai” – et toucher, caresser, palper… – mes créations tissées à Vanves, place de la République.

J’exposerai parmi une trentaine de créateurs et de nombreux producteurs de terroirs de l’association Pari fermier qui viendront nous apporter leurs merveilles des quatre coins de la France. Il y aura également des animations, des concerts, des spectacles de rue… un peu de gaieté dans une époque qui a du mal à renouer avec le plaisir ! Venez nombreux !

Côté tissage, je présenterai pas mal de nouveautés, dont certaines sont encore en finition… ce sera une surprise ! Mais vous découvrirez trois petites nouvelles dans ma collection “Sismogrammes”. Quel plaisir de retrouver mon métier !

écharpe alpaga et soie tissée à la main en fil filé au rouet
écharpe alpaga et soie tissée à la main en fil filé au rouet
écharpe alpaga et soie tissée à la main en fil filé au rouet

Poncho d’automne

poncho tissé main

Peau d’Âne voulait une robe couleur du temps… je me contenterai d’un poncho couleur d’automne. C’est ma saison préférée – les températures fraîchissent et je peux enfin sortir mes châles, pulls, bonnets et écharpes de leurs boîtes et housses protectrices. Quel bonheur de s’emplir les yeux des mille couleurs que prennent les feuilles des arbres en octobre et en novembre !

Au cours des dernières années, j’ai accumulé plusieurs projets de tricot dans ces tons-là et j’ai soigneusement mis de côté tous les restes de pelotes dans un petit sac. C’est bien la raison d’être de ce petit métier que j’adore et qu’Ashford a baptisé “Knitter’s Loom”, autrement dit “métier de l’amateur de tricot” : permettre d’utiliser facilement nos restes de fil pour se faire de belles écharpes assorties à nos bonnets, cols et mitaines.

Cette année, après une longue période éloignée du métier à tisser, j’ai à nouveau pu faire des projets : un nouveau marché de Noël se profile ! Croisons les doigts pour que celui-là ne soit pas annulé… J’ai des milliers d’idées, il faut juste que je me réorganise pour dégager assez de temps. Comme mise en bouche, j’ai décidé que “charité bien ordonnée commence par soi-même” : rien ne me motiverait plus que d’entamer enfin mon cher poncho.

Pas de défi technique à relever : pour ce genre de poncho (qui ressemble un peu à un plaid), il suffit de tisser deux rectangles que l’on attache ensuite l’un à l’autre en nouant les franges (visualisez la technique ici). Les miens font environ 100 × 60 cm, c’est peut-être un peu grand, mais il me protège les mains. Et il me reste plein de fil !

poncho tissé main
Ma belle moisson de restes de pelotes aux couleurs de l’automne…
poncho tissé main
Petit point de finition pour stabiliser le début et la fin du tissage (les franges ne seront nouées qu’au moment de l’assemblage).
poncho tissé main
Pour assembler les deux pièces, on tire quelques fils à travers la lisière avec un crochet puis on réalise le nœud d’escargot habituel.
poncho tissé main
La façon la plus nette, la plus rapide et la plus simple de couper des franges régulières : une règle à patchwork et un cutter rotatif !
poncho tissé main

C’est la saison des sacs… je transporte aussi mon “marudai” !

sac marudai kumihimo cordons japonais

Il y a quelque temps que j’ai commencé à réaliser des cordons et des lacets en kumihimo.

C’est un art japonais trrrès ancien qui consistait (et consiste toujours) à tresser des lanières et cordons de toute sorte pour fermer les vêtements avant l’invention du très récent bouton mais pour aussi orner des armures ou des épées, entre autres. Moi qui aime bien réaliser les choses d’un bout à l’autre, cela me convenait tout à fait pour fabriquer des coulisses de petits sacs, de pantalon, etc.

J’ai commencé avec une banale rondelle de mousse, mais je n’arrivais pas à faire des cordons réguliers et j’ai vite compris (grâce à mon expérience en tissage) que c’était une question de tension. Après avoir un peu économisé, je me suis donc offert un marudai (le “tabouret” de tissage) et des tamas (les poids), ainsi que deux livres très bien faits.

Il ne me restait plus qu’à confectionner quelques sachets en chutes de tissu pour ranger les tamas, pour réaliser le contrepoids que l’on accroche au cordon en cours de tressage (lesté avec une poignée de billes que mon fils m’a gentiment cédées : il suffit d’en ôter ou d’en rajouter pour l’équilibrer selon le nombre de tamas utilisés)… Et aussi, bien sûr, un sac plus grand pour ranger le marudai (le modèle que je possède est démontable : le socle, la partie supérieure que l’on appelle “miroir” et les quatre pieds se dévissent, ce qui le rend tout à fait transportable bien qu’il soit assez lourd) ainsi que les livres.

sac marudai kumihimo cordons japonais
Un ouvrage de huit fils (donc huit “tamas”) presque terminé sur le “marudai”.
sac marudai kumihimo cordons japonais
Le contrepoids.
sac marudai kumihimo cordons japonais
Les sachets de rangement.

J’ai complété le tout avec une anse dans des coloris assortis, tissée à l’aide de mon inkle loom.

Bien sûr, les cordonnets fermant les sachets et celui qui clôt le sac lui-même, cousu à la façon d’un brandebourg, ont tous été réalisés à l’aide du marudai. J’avoue que, même si le disque en mousse a trouvé sa place dans une des poches du sac, le marudai est beaucoup plus confortable et efficace (et j’adore la petite musique des tamas qui se heurtent légèrement lorsqu’on alterne leurs positions). Je le garde donc, mais seulement au cas où mon fils déciderait de se mettre un jour aux bracelets brésiliens !

sac marudai kumihimo cordons japonais
sac marudai kumihimo cordons japonais
Un brandebourg à ma façon…

Un sac de transport pour inkle loom

tissage inkle loom
tissage inkle loom

Vous me connaissez, j’adore fabriquer des sacs et pochettes adaptés au rangement de ci ou ça.

Par exemple, quand j’ai acheté mon Knitter’s Loom, il n’était pas encore à l’époque vendu avec son sac de transport, et j’en ai fait un sur mesure, avec de belles anses en tissage aux cartes, et toutes les petites poches nécessaires pour ranger le matériel, navettes et autres.

Quand j’ai abandonné mon inklette pour le modèle plus grand (et un peu plus encombrant), j’ai eu envie d’en faire autant. J’ai tellement de chutes de tissu que c’est typiquement le genre de projet que je peux lancer quand il me passe par la tête, sans attendre !

D’abord, j’ai bricolé une sorte de couverture de carnet pour ranger mes lisses. C’est un truc tout simple mais j’en suis très fière, c’est tellement pratique ! Bien sûr, on peut les mettre dans un sachet en plastique, mais elles ont tendance à s’emmêler. Là, j’ai cousu vite fait une pochette rectangulaire, puis j’ai coupé deux morceaux de carton dans lesquels j’avais pratiqué un trou rond (oublié de photographier cette étape ! désolée !), à 1 cm du bord, au milieu du bord long. Dans ces trous, j’ai inséré deux aimants. J’ai glissé le premier morceau de carton au fond de ma pochette (avec l’aimant à gauche), je l’ai maintenu en place par une piqûre et j’ai glissé le second à la suite (avec l’aimant à droite). Il ne restait qu’à replier le tissu vers l’intérieur et refermer le tout avec une couture invisible. Quand on plie en deux cette sorte de carnet sans pages, les aimants le maintiennent fermé. Je range mes lisses à l’intérieur et elles se tiennent bien sages. Il faut dire que de mignons petits moutons roses et bleus les surveillent 😉

tissage inkle loom
tissage inkle loom

Le sac en lui-même est tout simple, rectangulaire, avec des coins rabattus à l’intérieur (de la largeur de l’inkle loom). J’ai cousu à l’avant des petites poches pour ranger mon “carnet” à lisses, ma navette et mes cartes. Il ne restait plus qu’à tisser un beau galon, avec un motif tout simple (pas besoin de recourir aux cartes) – là, j’ai quand même cardé un peu de laine colorée pour obtenir des teintes les plus proches possibles des moutons imprimés sur mon tissu et j’ai filé juste ce qu’il me fallait pour tisser ce galon. Une fois coupé en deux, hop hop, deux jolies anses bien douces et assez larges pour ne pas blesser l’épaule quand on transporte l’inkle loom. Dans le sac, je range aussi mon livre de motifs, The Weaver’s Inkle Pattern Directory d’Anne Dixon…

tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom

Ceinture tissée

ceinture tissée sur inkle loom

Dans un de mes magasins de tissu préférés, chez Jhin (quelle caverne d’Ali Baba ! que de tentations !), j’ai trouvé un superbe patron de yukata (peignoir d’été japonais), et j’en avais justement promis un à mon petit Prince. Il a choisi un beau tissu bleu à vagues pointillées, qui s’est avéré très agréable à travailler. Le patron était entièrement en japonais mais, avec un peu d’application, j’ai réussi à tout comprendre (je n’en suis pas peu fière). De toute manière, quand je l’ai acheté, la vendeuse m’a affirmé que si je ne comprenais pas quelque chose, je n’avais qu’à repasser la voir pour me le faire expliquer.

Une fois le vêtement fait, il lui fallait une ceinture, pas un vrai obi mais une ceinture plus étroite pour le fermer. Il faut dire que mon petit Prince avait pris l’habitude de le fermer avec sa ceinture d’aikido, d’un jaune qui me piquait carrément les yeux ! Ouille, ouille ! J’ai donc sorti mon inkle loom et quelques mètres de coton plus loin, tadam ! Une jolie ceinture… Le motif qu’il a choisi est très simple, et sort du livre The Weaver’s Inkle Pattern Directory d’Anne Dixon.

ceinture tissée sur inkle loom
ceinture tissée sur inkle loom
ceinture tissée sur inkle loom

Plutôt que de faire une finition à franges, j’ai utilisé les derniers centimètres de tissu qui me restaient pour réaliser une bordure cousue. Il suffit de sécuriser le tissage avec un ou deux zigzags à la machine et de l’enfermer dans une bande de tissu pliée en deux, et hop, le tour est joué ! (Je précise que cela va plus vite et que le résultat est plus joli si on fait les finitions à la main…)

ceinture tissée sur inkle loom