Envie de plage !

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Je vous ai parlé de crazy patchwork il y a un peu plus d’un an. Je m’en étais alors servie pour apporter une touche d’élégance nipponne à mon rituel du thé matinal. Mais ce que j’ai constaté quand on pratique ce genre de technique, c’est qu’on s’imagine finir ses chutes de jolis tissus japonais alors qu’en réalité, le stock ne baisse pas du tout – mais alors pas du tout ! En effet, pour le crazy patchwork, on a tendance à rogner les bouts pas droits des morceaux de tissu, et au final, on a l’impression qu’il en reste toujours autant.

J’ai repris la technique l’été dernier (étonnant que je ne vous aie toujours pas montré le résultat, reportez-vous à mon dernier article si vous voulez savoir pourquoi) à l’occasion d’un défi de couture lancé par Véro Pinson, la créatrice des patrons Sacôtin. Je n’ai pas moi-même participé au défi puisque je n’utilisais que des restes de tissus de mon généreux stock, mais c’était l’occasion de faire connaissance avec le modèle Samba qui a l’intérêt de posséder une poche intérieure “cachée” : parfait pour un sac de plage qu’on quitte souvent des yeux ! Pleine d’envies de vacances, je lui ai adjoint une petite trousse de toilette Fringante, que j’avais déjà réalisée pour ma fille et que j’avais adoré faire.

Commençons par le plus long : étant amatrice de tissage et l’heureuse propriétaire d’un inkle loom Ashford, je ne vais quand même pas acheter de bêtes sangles pour faire des anses de sac ! Mieux vaut craquer pour trois écheveaux de chanvre Pernelle chez Les Tricoteurs volants… J’ai découvert avec plaisir la marque française de fils végétaux Natisséa que j’aime beaucoup tricoter et tisser. Les fils ne sont pas très tordus, ce qui peut me poser des difficultés en tricot, mais les couleurs sont superbes. J’ai choisi le blanc et le bleu pour aller avec mes tissus japonais, et j’ai ajouté le jaune pour contraster parce que j’avais des envies de soleil (et que je ne pouvais vraiment pas résister à ce magnifique jaune).

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Si je ne me trompe pas, c’était là ma première tentative de tissage pick-up dont je vous parlais dans mon dernier article. J’y ai pris un plaisir infini. C’est vrai que c’est très long, mais c’est si gratifiant que l’on ne voit pas le temps passer : le résultat en vaut vraiment le coup. Comme je vous le disais le mois dernier, le plus difficile est généralement de choisir la face du tissage que l’on va utiliser, mais peu importe pour des anses de sac !

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom
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Une fois ma sangle tissée, je me suis amusée avec le crazy patchwork de la trousse. La réalisation de cette dernière m’a demandé un peu d’adaptation quand je me suis aperçu que j’avais coupé mes pièces légèrement trop vite… Eh oui, la seule fois où j’ai oublié de mesurer le “carré témoin” du patron que je venais d’imprimer, il fallait que ce soit la fois où mon imprimante a décidé d’imprimer le document 10 % plus petit ! Grrrrr ! Mais bon, avec un peu de concentration et un coup de ciseau dans les fermetures à glissière, on y parvient et on obtient juste une trousse un poil plus petite. Dont la taille me convient très bien puisque je n’y mets que le strict nécessaire.

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom
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Pour le sac, j’ai alterné de grandes bandes de tissu assez régulières évoquant le ciel et la mer, avec quelques points de sashiko jaune comme des rayons de soleil. Et pour l’intérieur où je mets ma serviette humide et la base qui repose sur le sol, j’ai choisi un lin enduit beige évoquant le sable. Ces deux créations m’ont accompagnée au bord des vagues l’été dernier et m’y accompagneront à nouveau très bientôt, j’espère !

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Réparer un bagage

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Chères lectrices, chers lecteurs, j’ai une bonne nouvelle pour vous : non, le blog n’est pas mort !

Plus de six mois sans écrire ! Je n’ai pas vu le temps passer, on dirait ! C’est clairement la plus longue pause que j’aie jamais faite. Quand j’ai ouvert la page et vu la date du dernier billet, j’ai été très choquée, croyez-moi sur parole.

Pourquoi une si longue pause ? “Elle ne va sans doute pas bien”, avez-vous peut-être pensé (pour peu que vous vous soyez posé des questions, je me doute que vous avez autre chose à faire). Eh bien, si c’est le cas, vous vous êtes trompé. Si j’ai beaucoup moins écrit ces derniers temps, c’est que je vais mieux, au contraire. Je ne vais pas vous raconter ma vie mais, pour faire simple, j’ai retrouvé le sommeil après des années d’insomnies. Eh oui… je le lisais souvent en commentaire : “Mais quand trouves-tu le temps de dormir ?” Justement, je dormais très peu, je me couchais très tard, ce qui n’est plus le cas. Du coup, j’ai beaucoup moins de loisirs et je préfère les occuper à bricoler qu’à écrire. Mais je le regrette alors, vous le voyez, j’ai retrouvé le chemin de mon clavier.

Je vous montre aujourd’hui ma dernière réalisation, mais je vous présenterai plus tard quelques bricolages plus anciens qui me tiennent quand même un peu à cœur.

L’heure des vacances a sonné et j’ai mis la dernière main à une réparation qui attendait depuis longtemps. Je préfère toujours réparer plutôt que remplacer (pensons à la planète !), mais j’avoue que, parfois, cela me rebute un peu, et donc il arrive que je fasse traîner longtemps les choses. En l’occurrence, la poignée de cette petite valise s’est déchirée il y a des années, et la dernière fois que je m’en suis servie j’ai trouvé ça vraiment casse-pieds ! J’ai donc décidé de la réparer mais pour me motiver, il a fallu que je fasse quelque chose d’un peu élaboré, il fallait que cette valise soit au final bien plus jolie qu’avant, et c’est pourquoi j’ai décidé de tisser une sangle pour remplacer la poignée, avec mon inkle loom et une technique que j’ai découverte l’année dernière, qui permet de faire de bien jolis motifs. Si cela vous intéresse, je vous informe que j’ai appris à la maîtriser grâce au livre Complementary-Warp Pick-Up de Laverne Waddington.

Ce tissage pick-up est très long, je ne vais pas vous le cacher, mais je trouve ça carrément addictif. J’adore.

En cadeau de mariage, mes parents (qui ne se doutaient pas que nous ne partirions jamais en voyage de noces !) nous ont offert une ligne de bagages de très bonne qualité – ne vous arrêtez pas à cette poignée arrachée, tout le reste est d’excellente facture, nous les trimballons depuis assez longtemps pour l’affirmer (pour info, nous fêtons cette année nos noces d’argent !). Le tissu et les fermetures sont restés impeccables mais, bizarrement, les sangles utilisées pour les lanières et autres poignées ont mal vieilli : elles se déchirent comme du papier. La poignée a donc cédé, et j’ai facilement enlevé les morceaux qui restaient, sans défaire les coutures car elles maintiennent aussi en place, derrière le tissu, un renfort pour éviter qu’il se déchire.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

J’ai commencé par déterminer combien de fils il me fallait pour tisser une bande de 4 cm de large et je suis assez fière de moi car je suis arrivée à 3,8 cm, ce qui n’est pas mal du tout vu que j’ai tendance à y aller à vue de nez. J’ai sélectionné un joli motif que l’on fait normalement sur 16 fils, et je l’ai doublé, donc j’ai un motif de 32 fils avec 4 fils rouges de part et d’autre pour le border. J’ai utilisé du coton Cheope de la marque Adriafil, je trouve qu’il a la bonne grosseur pour ce genre de travail (il se tricote avec des aiguilles de 4 mm) et il y a un grand choix de couleurs.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Je n’avais besoin que d’une soixantaine de centimètres de sangle mais on ne peut pas monter une chaîne si courte sur mon inkle loom, donc j’ai tissé une sangle plus longue et j’ai gardé environ la moitié pour une future réparation.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ce qui m’a fait réfléchir un moment, ç’a été de choisir la face de la sangle que je préférais, car cette technique de tissage est à double face. Finalement, j’ai opté pour le motif rouge sur fond noir, alors que j’avais tissé le noir sur fond rouge.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Un zigzag à la machine pour empêcher que ça se défasse et hop, j’ai coupé mes 60 cm, j’ai plié le bout de sangle en deux et j’ai fait une piqûre à la machine.

Dans une chute de cuir, j’ai découpé un rectangle à glisser à l’intérieur de ma poignée pour qu’elle ait plus de tenue et de solidité.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes
réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ensuite, une piqûre à la machine tout autour et voilà, une belle poignée souple, douce et très mignonne !

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Le plus dur a été de la coudre solidement en place. J’ai utilisé une alène automatique, qui est un petit outil bien pratique quand on doit traverser plusieurs épaisseurs : souvenez-vous que je devais percer deux épaisseurs de tissage, une épaisseur de cuir, une épaisseur de tissu et de doublure, plus le renfort qui était derrière le tissu ! Mais ce qui est compliqué, c’est qu’avec ce genre d’alène, il faut accéder à l’arrière du travail pour glisser le fil dans sa boucle, et l’envers du travail, là, c’était l’intérieur d’une petite poche… Bref, chaque point de couture a pris plusieurs minutes, alors je ne les ai pas faits très courts. Mais cela ne se voit pas trop, car ils entrent à l’intérieur du tissage.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes
réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ce n’est pas pour m’envoyer des fleurs mais je suis absolument ravie du résultat, et très fière de moi ! Il faut absolument que je parte en week-end pour étrenner ma petite valise (presque) toute neuve !

50 nuances de bronze

Pochette Jive Sacotin

Je vous ai parlé il y a une dizaine d’années d’un cadeau de mariage réalisé pour des noces de soie… Cette année, c’étaient les noces de bronze ! Certains thèmes sont plus faciles à suivre que d’autres, je vous le garantis. Là, par exemple, dans notre petit appartement si surchargé de tout que Marie Kondo en ferait un collapsus avant même de franchir le seuil, je ne vois pas où caser une statue en bronze. Même pas un tout petit buste. Du coup, j’ai décidé de travailler plutôt sur les coloris 😊

On n’a jamais trop de sacs, besaces ou pochettes ; il faut les assortir à notre tenue, et adapter la taille à ce qu’on veut transporter ce jour-là. Oui, Messieurs, ça vaut aussi pour vous ! Et comme j’adore coudre des sacs, c’était l’occasion de découvrir les patrons de la marque Sacôtin, et plus précisément le modèle Jive qui est, m’a-t-on dit, bien pratique avec toutes ses poches. En plus, il y a pas mal d’accessoires de bouclerie que j’ai pu trouver en coloris bronze. Je n’ai pas eu à chercher d’ailleurs car la créatrice des modèles Sacôtin a un partenariat très intelligent avec le site La Mercerie des créateurs, qui propose des kits de bouclerie complets pour chaque modèle. C’est précieux car certaines pièces de sont pas toujours faciles à trouver et on peut craindre de ne pas avoir exactement la bonne taille.

Pour vraiment aller jusqu’au bout, j’ai tissé moi-même la sangle sur mon Inkle Loom (oublié de prendre des photos ! désolée !). Je suis assez satisfaite de moi car avec ma manie de tout noter, j’arrive maintenant à obtenir exactement les mesures que j’attendais en largeur comme en longueur lorsque je monte une chaîne. Et pour avoir une idée du motif à réaliser, je suis passée par le générateur de patron de bande tissée du site The Carolingian Realm. Je sais ce que vous allez me dire : quelle geek ! Du papier à carreaux et des crayons de couleur, c’est bien suffisant ! Certes, mais là, on peut corriger très rapidement le modèle jusqu’à obtenir quelque chose qui nous plaise, et c’est trèèès pratique.

J’ai aussi choisi de personnaliser un peu ce modèle très sobre avec une spirale en sashiko. Bien sûr, j’ai brodé ce motif tout simple avant l’assemblage. Et j’ai utilisé un des deux fils du tissage, que j’ai légèrement dédoublé pour n’avoir plus que les 4 brins d’un fil à sashiko.

Pochette Jive Sacotin

Parlons de cet assemblage : ce modèle est assez compliqué, avec beaucoup de pièces, de fermetures Éclair à poser, etc. Mais il est magnifiquement expliqué. Je n’avais jamais acheté un patron aussi précis, aussi bien illustré, c’est vraiment un exemple du genre. Même si je m’y connais quand même un peu en couture, j’avoue qu’à la fin du montage – où le sac ne ressemble vraiment à rien ! 😀 – je ne cherchais plus à comprendre et je suivais les explis les yeux fermés. Et tout s’est bien passé. J’ai appris pas mal de choses et j’ai vraiment l’impression d’avoir fait un grand pas en avant dans la réalisation de sacs… Je vais pouvoir mettre la dernière main à un certain sac de piscine dont le projet traîne depuis des années !

Pochette Jive Sacotin
Pochette Jive Sacotin
Pochette Jive Sacotin
Pochette Jive Sacotin

C’est la saison des sacs… je transporte aussi mon “marudai” !

sac marudai kumihimo cordons japonais

Il y a quelque temps que j’ai commencé à réaliser des cordons et des lacets en kumihimo.

C’est un art japonais trrrès ancien qui consistait (et consiste toujours) à tresser des lanières et cordons de toute sorte pour fermer les vêtements avant l’invention du très récent bouton mais pour aussi orner des armures ou des épées, entre autres. Moi qui aime bien réaliser les choses d’un bout à l’autre, cela me convenait tout à fait pour fabriquer des coulisses de petits sacs, de pantalon, etc.

J’ai commencé avec une banale rondelle de mousse, mais je n’arrivais pas à faire des cordons réguliers et j’ai vite compris (grâce à mon expérience en tissage) que c’était une question de tension. Après avoir un peu économisé, je me suis donc offert un marudai (le “tabouret” de tissage) et des tamas (les poids), ainsi que deux livres très bien faits.

Il ne me restait plus qu’à confectionner quelques sachets en chutes de tissu pour ranger les tamas, pour réaliser le contrepoids que l’on accroche au cordon en cours de tressage (lesté avec une poignée de billes que mon fils m’a gentiment cédées : il suffit d’en ôter ou d’en rajouter pour l’équilibrer selon le nombre de tamas utilisés)… Et aussi, bien sûr, un sac plus grand pour ranger le marudai (le modèle que je possède est démontable : le socle, la partie supérieure que l’on appelle “miroir” et les quatre pieds se dévissent, ce qui le rend tout à fait transportable bien qu’il soit assez lourd) ainsi que les livres.

sac marudai kumihimo cordons japonais
Un ouvrage de huit fils (donc huit “tamas”) presque terminé sur le “marudai”.
sac marudai kumihimo cordons japonais
Le contrepoids.
sac marudai kumihimo cordons japonais
Les sachets de rangement.

J’ai complété le tout avec une anse dans des coloris assortis, tissée à l’aide de mon inkle loom.

Bien sûr, les cordonnets fermant les sachets et celui qui clôt le sac lui-même, cousu à la façon d’un brandebourg, ont tous été réalisés à l’aide du marudai. J’avoue que, même si le disque en mousse a trouvé sa place dans une des poches du sac, le marudai est beaucoup plus confortable et efficace (et j’adore la petite musique des tamas qui se heurtent légèrement lorsqu’on alterne leurs positions). Je le garde donc, mais seulement au cas où mon fils déciderait de se mettre un jour aux bracelets brésiliens !

sac marudai kumihimo cordons japonais
sac marudai kumihimo cordons japonais
Un brandebourg à ma façon…

Un sac de transport pour inkle loom

tissage inkle loom
tissage inkle loom

Vous me connaissez, j’adore fabriquer des sacs et pochettes adaptés au rangement de ci ou ça.

Par exemple, quand j’ai acheté mon Knitter’s Loom, il n’était pas encore à l’époque vendu avec son sac de transport, et j’en ai fait un sur mesure, avec de belles anses en tissage aux cartes, et toutes les petites poches nécessaires pour ranger le matériel, navettes et autres.

Quand j’ai abandonné mon inklette pour le modèle plus grand (et un peu plus encombrant), j’ai eu envie d’en faire autant. J’ai tellement de chutes de tissu que c’est typiquement le genre de projet que je peux lancer quand il me passe par la tête, sans attendre !

D’abord, j’ai bricolé une sorte de couverture de carnet pour ranger mes lisses. C’est un truc tout simple mais j’en suis très fière, c’est tellement pratique ! Bien sûr, on peut les mettre dans un sachet en plastique, mais elles ont tendance à s’emmêler. Là, j’ai cousu vite fait une pochette rectangulaire, puis j’ai coupé deux morceaux de carton dans lesquels j’avais pratiqué un trou rond (oublié de photographier cette étape ! désolée !), à 1 cm du bord, au milieu du bord long. Dans ces trous, j’ai inséré deux aimants. J’ai glissé le premier morceau de carton au fond de ma pochette (avec l’aimant à gauche), je l’ai maintenu en place par une piqûre et j’ai glissé le second à la suite (avec l’aimant à droite). Il ne restait qu’à replier le tissu vers l’intérieur et refermer le tout avec une couture invisible. Quand on plie en deux cette sorte de carnet sans pages, les aimants le maintiennent fermé. Je range mes lisses à l’intérieur et elles se tiennent bien sages. Il faut dire que de mignons petits moutons roses et bleus les surveillent 😉

tissage inkle loom
tissage inkle loom

Le sac en lui-même est tout simple, rectangulaire, avec des coins rabattus à l’intérieur (de la largeur de l’inkle loom). J’ai cousu à l’avant des petites poches pour ranger mon “carnet” à lisses, ma navette et mes cartes. Il ne restait plus qu’à tisser un beau galon, avec un motif tout simple (pas besoin de recourir aux cartes) – là, j’ai quand même cardé un peu de laine colorée pour obtenir des teintes les plus proches possibles des moutons imprimés sur mon tissu et j’ai filé juste ce qu’il me fallait pour tisser ce galon. Une fois coupé en deux, hop hop, deux jolies anses bien douces et assez larges pour ne pas blesser l’épaule quand on transporte l’inkle loom. Dans le sac, je range aussi mon livre de motifs, The Weaver’s Inkle Pattern Directory d’Anne Dixon…

tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom

Ceinture tissée

ceinture tissée sur inkle loom

Dans un de mes magasins de tissu préférés, chez Jhin (quelle caverne d’Ali Baba ! que de tentations !), j’ai trouvé un superbe patron de yukata (peignoir d’été japonais), et j’en avais justement promis un à mon petit Prince. Il a choisi un beau tissu bleu à vagues pointillées, qui s’est avéré très agréable à travailler. Le patron était entièrement en japonais mais, avec un peu d’application, j’ai réussi à tout comprendre (je n’en suis pas peu fière). De toute manière, quand je l’ai acheté, la vendeuse m’a affirmé que si je ne comprenais pas quelque chose, je n’avais qu’à repasser la voir pour me le faire expliquer.

Une fois le vêtement fait, il lui fallait une ceinture, pas un vrai obi mais une ceinture plus étroite pour le fermer. Il faut dire que mon petit Prince avait pris l’habitude de le fermer avec sa ceinture d’aikido, d’un jaune qui me piquait carrément les yeux ! Ouille, ouille ! J’ai donc sorti mon inkle loom et quelques mètres de coton plus loin, tadam ! Une jolie ceinture… Le motif qu’il a choisi est très simple, et sort du livre The Weaver’s Inkle Pattern Directory d’Anne Dixon.

ceinture tissée sur inkle loom
ceinture tissée sur inkle loom
ceinture tissée sur inkle loom

Plutôt que de faire une finition à franges, j’ai utilisé les derniers centimètres de tissu qui me restaient pour réaliser une bordure cousue. Il suffit de sécuriser le tissage avec un ou deux zigzags à la machine et de l’enfermer dans une bande de tissu pliée en deux, et hop, le tour est joué ! (Je précise que cela va plus vite et que le résultat est plus joli si on fait les finitions à la main…)

ceinture tissée sur inkle loom

Pochette confinée, mais fleurie

pochette cousue main en tissu et sangle inkle loom

Nous ne sommes plus supposés être confinés, mais il n’est quand même pas simple de prendre les transports en commun en région parisienne pour le moment. Et je n’ai pas de magasin de tissu près de chez moi. J’ai donc fabriqué mon cadeau de fête des Mères avec ce qui traînait dans mon atelier… mais, je vous rassure, il y a largement de quoi faire ! Avec ma manie de ne rien jeter, presque toutes les chutes de tissu de mes vêtements sont prêtes à se transformer en petits ouvrages. Sans compter que ma mère me donne de temps en temps des morceaux de tissus anciens et beaux dont elle n’a pas pu se séparer.

Et je peux vous le dire, tout au long de ce confinement, j’ai béni ma tendance à accumuler du matériel et des matières premières – et ce dans tout les domaines, même celui du papier et du toner d’imprimante !

pochette cousue main en tissu et sangle inkle loom

Par exemple, ce très beau tissu à fleurs vient de rideaux que ma mère a confectionnés il y a des décennies. Il en restait très peu, mais cela suffisait pour les poches (extérieure et intérieure) d’une petite pochette à porter en bandoulière. C’est ce qu’elle préfère utiliser pour aller faire du shopping. J’ai fouiné dans mes chutes de lin pour le sac en lui-même et sa doublure, j’avais déjà le fil et le bouton magnétique, je n’ai acheté que la fermeture à glissière.

En fait, le confinement ayant causé une certaine sur-occupation de notre appartement dans la journée, j’ai dû souvent retransformer mon atelier en bureau et le partager, donc oublier toutes les activités exigeant un gros déploiement de désordre et de matériel encombrant : tissage, cardage et filage fantaisie, teintures… Je me suis restreinte au tricot et au filage au fuseau, mais j’ai quand même essayé d’avancer mes nombreux projets de couture.

Or, devant quelques pièces de vêtement un peu plus compliquées, j’ai parfois un blocage de couture. Je m’attends à des difficultés ou des gestes fatigants (manipuler plusieurs mètres de tissu très lourd pour tailler un grand peignoir en nid-d’abeilles de lin, par exemple) et une grosse flemme m’envahit. Dans ces cas-là (et ça vaut pour bien des types d’ouvrage), il faut “réamorcer la pompe” avec quelque chose de rapide et facile. Or, en couture, ce que j’aime faire, c’est des petits sacs. J’ai donc décidé de faire une série de sacs pour me remettre en selle… d’où cette pochette.

Le modèle est assez simple à réaliser, même si j’ai toujours quelques difficultés à faire des finitions parfaites au niveau des fermetures à glissière ; il permet d’utiliser de petites pièces de tissu en savourant le plaisir d’assortir les couleurs. En plus, j’ai quand même pu tisser un peu sur mon inkle loom, qui n’est pas aussi encombrant qu’un vrai métier, pour réaliser une bandoulière assortie… avec les restes de coton de mon plaid Nuts About Squares. Ils étaient pile-poil dans la bonne harmonie de couleurs !

pochette cousue main en tissu et sangle inkle loom
pochette cousue main en tissu et sangle inkle loom

Que faire avec un métier à ceinture ?

tissage métier ceinture

Les inkle looms ou métiers à ceinture servent essentiellement à faire du tissage en bandes. Beaucoup de gens utilisent la technique du tissage aux cartes pour réaliser de belles ceintures, des sangles, des galons… Mais d’aucuns trouvent cela un peu limité, de tisser des bandes (même s’il est possible de les assembler pour réaliser des ouvrages plus grands). Alors, que faire avec un inkle loom ?

Je vous propose un début de réponse : tisser… une cravate décontractée ! Eh oui, avec une bande d’environ 1,50 m, on peut s’orner le cou d’une nouvelle manière 🙂

tissage métier ceinture tissage métier ceinture tissage métier ceinture

Je prends du galon

tissage aux cartes

L’esprit occupé par un projet de sac, j’ai eu envie de larges et confortables anses et l’idée m’est venue d’un galon tissé… J’ai ressorti mon inklette, l’incontournable Card Weaving de Candace Crockett, quelques beaux fils de coton de chez Adriafil et je me suis lancée dans les galons aux cartes.

La première fois que je m’y suis frottée, je m’en suis un peu fait une montagne mais ce n’est pas si épouvantable que cela – pourvu que l’on puisse y travailler dans le calme, l’esprit reposé. Avec ce motif très simple, je me suis même beaucoup amusée ! Mon premier galon était trop étroit et trop court pour mon projet, alors j’ai modifié la grille pour l’élargir. Le second est donc plus large, mais pas tout à fait encore autant que je le souhaiterais. J’ai choisi un fil plus gros pour faire un nouvel essai.

tissage aux cartes

Mon premier tissage aux cartes !

tissage aux cartes

Voilà un moment que je tournais autour… que je regardais les blogs, les posts des forums… j’ai même un livre à ce sujet… et on m’a offert un mini-inkle loom tout mignon… Bref, j’avais tout pour me lancer dans le tissage aux cartes. Oui mais, comme souvent avant d’essayer une nouvelle technique, je ne me sentais pas trop à la hauteur et je freinais des quatre fers.

À la rencontre du filage dont je vous parlais hier, cependant, l’occasion était vraiment trop belle : non seulement Perline était présente – et c’est vraiment une des spécialistes de la chose – mais Midian avait amené son propre inkle loom et ses cartes pour “prendre une leçon”. Là, vraiment, on me le servait sur un plateau, le tissage aux cartes ! Je me suis donc incrustée dans la “leçon” et comme souvent, voir le geste effectué, entendre les astuces et les mises en garde a dédramatisé les choses. En rentrant chez moi, je ne rêvais que de tissage aux cartes…

Lundi matin, j’ai donc volé un paquet de cartes à jouer dans la chambre de ma fille (c’est pas bien, mais je ne pouvais pas attendre son retour de l’école pour lui demander l’autorisation… en échange, je lui ai promis de lui apprendre à tisser des “bracelets brésiliens” hors du commun, et dix fois plus rapidement que ceux qu’elle confectionne actuellement pour ses camarades) que j’ai très joyeusement massacré.

Puis, j’ai monté la chaîne avec des fils de coton que j’avais sous la main (les couleurs ne sont pas très contrastées mais j’étais si sûre que rien de bon n’en sortirait…) et hop, j’ai commencé à tisser ! Bon, les premiers centimètres sont bourrés d’erreurs car je ne tournais pas toujours dans le bon sens, alors j’ai pris un post-it pour noter laborieusement les premières duites, et ensuite j’ai commencé à bien sentir, en regardant le motif, dans quel sens je devais tourner.

Et voilà le galon tombé du métier, ta-dam ! J’ai “twisté” les fils de chaîne avec un petit appareil d’Ashford qu’on vient également de m’offrir (je suis une vraie veinarde), oui, c’est dix fois plus pratique que mon Babyliss à tresses ! Et l’effet est plus réussi.

Merci donc à Perline pour ce nouveau virus… Je réfléchis déjà à mon prochain projet… Sans doute une ceinture !

tissage aux cartes tissage aux cartes