TRIO 1

Je vous parle de temps en temps d’échange. J’ai fait des échanges de mail art, mais surtout des échanges entre fileuses… C’est quelque chose que je n’aborde pas forcément comme une petite fille qui dépose ses chaussures au pied du sapin de Noël, mais plutôt comme un de ces moments où l’on croise un étranger qui nous fait un sourire. Vous n’avez jamais vécu cela, dans la rue, dans le train ou que sais-je, un petit flash de complicité exprimé dans une totale liberté – car vous pouvez chercher à y donner suite en tissant (ou en filant !) un lien, ou simplement en savourer la saveur en le laissant flotter au gré du temps ? Un sourire, un geste d’entraide, un aparté ludique ?
Eh bien c’est cela, un échange. Vous allez faire un cadeau à un parfait étranger, à une parfaite étrangère – ou pas ! Le hasard guide vos pas, cet étranger ce sera peut-être votre frère, votre sœur ou votre ami ? Ce qui compte n’est pas la valeur du cadeau, c’est la grâce du lien qui se créera entre vous pour quelques heures, quelques jours… ou, qui sait, de nombreuses années. Il peut y avoir la transmission d’un savoir que l’on vous a passé. Le partage d’une culture. La surprise, en tout cas, est souvent au rendez-vous.
Ah ah ! Si vous avez l’habitude de me lire, vous risquez de me trouver lyrique… mieux vaut que je m’arrête et que je vous parle de cet échange “TRIO Surprise”… Sans fausse modestie, il est particulier pour moi car c’est moi qui l’organise et que c’est la première fois que je me lance dans l’aventure.
En participant à mes premiers échanges, j’ai bien senti que ce n’était pas si simple : il ne s’agit pas de se contenter d’envoyer des listes d’adresses. Mais après avoir mis les pieds dedans, je me suis carrément aperçue que pour une tête en l’air dans mon genre, un simple envoi d’adresses n’était pas non plus du gâteau ! En tirant au sort les divers binômes de l’échange, j’ai réussi, de manière détournée, à être ma propre marraine ! Il faut quand même le faire !
Le principe était d’échanger deux fois. D’abord, de la fibre. Ensuite, on filait la fibre reçue et on l’envoyait à une nouvelle filleule…

Je vais vous montrer tout ça. D’abord, le premier colis que j’ai reçu : plein de petits paquets de très bel angora, appartenant à plusieurs des lapinous de Maman Sylvie, à mixer avec de la soie maulbère éclatante de blancheur et brillante comme la lune. En cadeau, un écheveau d’angora pour moi, dodu à souhait ! Sans aller chercher plus loin, j’ai cardé sur ma chère Lisbeth les poils et la laine pour des nappes-nuages qui s’envolaient toutes seules au moindre déplacement d’air ! J’en ai fait un fil doux et irrégulier comme je les aime – et j’ai eu de la chance qu’il plaise aussi à ma filleule Claire des Bruyères… Dans son colis, j’avais ajouté comme il est d’usage des petits cadeaux : de la fibre mérinos et soie teinte par mes soins, et quelques douceurs qui font toujours plaisir sinon à la destinataire, tout au moins à son entourage 😉

Je vous montre aussi les fibres que j’ai moi-même envoyées à ma filleule Lolatralala : une nappe cardée avec du mérinos, de la soie et du mohair, dans des tons de rouille et de violet. J’ai ajouté des éclats d’améthyste enfilés sur des petites mèches à intégrer au filage. Catastrophe ! Le 1er juillet, au moment d’ouvrir les paquets, le superbe fil que je découvre… était fait avec ma nappe ! Après avoir été ma filleule, Lolatralala était devenue ma marraine. Je n’avais pas bien vérifié mes listes ! Cela me servira de leçon pour la prochaine fois, car j’espère bien qu’il y en aura une. TRIO 2, peut-être ?

En tout cas, merci à Lolatralala pour ce beau fil fantaisie – j’adore – et aussi pour toutes les bonnes petites choses qui l’accompagnaient (et les adorables breloques !) 🙂 Un grand merci également aux autres participantes. Si vous souhaitez suivre l’aventure de “TRIO Surprise”, vous pouvez lire les messages à ce sujet sur le forum Tricotin.

La saga d’une étole, épisode 4 : tissée et tombée du métier

tissage

Le tissage, finalement, c’est le plus rapide, surtout avec ce genre de fil fantaisie un peu épais et poilu. J’aime particulièrement la façon dont les “zigouigouis” en forme de chenilles se calent entre les fils de chaîne. La texture fait très Chanel et les couleurs, harmonisées depuis le début, font une jolie palette… Pas mécontente !

tissage

La saga d’une étole, épisode 3 : montage de la chaîne

tissage

Je l’ai toujours dit, là où y a de la chaîne, y a pas de plaisir… Hum… Oui je sais, elle n’est pas bien fine. Mais d’abord c’est vrai, dans le tissage, monter la chaîne, c’est ce qui m’amuse le moins. Heureusement qu’avec le Knitters Loom, c’est très simple ! Et heureusement que je vais tisser du gros fil, donc j’utilise un peigne 30/10, c’est toujours ça de pris. Mais bon, ma petite astuce, si elle n’est pas bien spirituelle, me sert depuis le début de moyen mnémotechnique, sans quoi je ne suis pas fichue de me souvenir que le fil de chaîne est vertical et le fil de trame, horizontal. Enfin, sur mon métier. Et encore, j’entends d’ici hurler les puristes !

Allons, vivement que mon fil de trame soit sec pour que je puisse passer quelques duites dans la foule (là, tout le monde est content) et évaluer vaguement la longueur de mon ouvrage terminé…

Mon premier tissage aux cartes !

tissage aux cartes

Voilà un moment que je tournais autour… que je regardais les blogs, les posts des forums… j’ai même un livre à ce sujet… et on m’a offert un mini-inkle loom tout mignon… Bref, j’avais tout pour me lancer dans le tissage aux cartes. Oui mais, comme souvent avant d’essayer une nouvelle technique, je ne me sentais pas trop à la hauteur et je freinais des quatre fers.

À la rencontre du filage dont je vous parlais hier, cependant, l’occasion était vraiment trop belle : non seulement Perline était présente – et c’est vraiment une des spécialistes de la chose – mais Midian avait amené son propre inkle loom et ses cartes pour “prendre une leçon”. Là, vraiment, on me le servait sur un plateau, le tissage aux cartes ! Je me suis donc incrustée dans la “leçon” et comme souvent, voir le geste effectué, entendre les astuces et les mises en garde a dédramatisé les choses. En rentrant chez moi, je ne rêvais que de tissage aux cartes…

Lundi matin, j’ai donc volé un paquet de cartes à jouer dans la chambre de ma fille (c’est pas bien, mais je ne pouvais pas attendre son retour de l’école pour lui demander l’autorisation… en échange, je lui ai promis de lui apprendre à tisser des “bracelets brésiliens” hors du commun, et dix fois plus rapidement que ceux qu’elle confectionne actuellement pour ses camarades) que j’ai très joyeusement massacré.

Puis, j’ai monté la chaîne avec des fils de coton que j’avais sous la main (les couleurs ne sont pas très contrastées mais j’étais si sûre que rien de bon n’en sortirait…) et hop, j’ai commencé à tisser ! Bon, les premiers centimètres sont bourrés d’erreurs car je ne tournais pas toujours dans le bon sens, alors j’ai pris un post-it pour noter laborieusement les premières duites, et ensuite j’ai commencé à bien sentir, en regardant le motif, dans quel sens je devais tourner.

Et voilà le galon tombé du métier, ta-dam ! J’ai “twisté” les fils de chaîne avec un petit appareil d’Ashford qu’on vient également de m’offrir (je suis une vraie veinarde), oui, c’est dix fois plus pratique que mon Babyliss à tresses ! Et l’effet est plus réussi.

Merci donc à Perline pour ce nouveau virus… Je réfléchis déjà à mon prochain projet… Sans doute une ceinture !

tissage aux cartes tissage aux cartes

Une collection d’écharpes et d’étoles

Je vous présente les petites nouvelles de la boutique… Le temps devient incertain… L’automne pointe le bout de son nez… Voici quelques écharpes et étoles pour réchauffer les cous et les cœurs, dans des couleurs gaies bien éloignées du sempiternel gris des enseignes à la mode !

écharpes

Tableau tissé

tapisserie

Quand Flore m’a offert ce cadre à tapisserie/tissage Ashford, je me suis retrouvée comme une poule devant un couteau… Pas la moindre idée de la façon dont on devait s’en servir… En plus, j’avais déjà mon adorable Knitter’s Loom ?

J’ai laissé s’écouler quelques semaines (bon, OK, quelques mois) le temps de voir venir l’inspiration… Elle a commencé à pointer mais je ne savais toujours pas de quelle manière on était supposer tisser dans ce cadre sans peigne ! J’ai surfé un peu sur YouTube, en vain, rien de probant – ou plutôt, rien qui me plaise. Pourtant, ça commençait à urger, car la matière s’accumulait dans mon petit panier !

D’abord, j’avais teint de la mèche de laine que j’avais séparée en quatre avant de la filer pour produire quatre textures différentes : d’abord la mèche laissée telle quelle ; puis un fil simple brin, irrégulier ; un fil à deux brins en retors andin ; un fil à trois brins en retors navajo… J’avais aussi mis de côté des chutes de tissu turquoise. Et j’avais crocheté quelques motifs que j’avais peints ensuite.

Bref, abandonnant l’idée de trouver la méthode infaillible, je me suis armée d’une longue aiguille de tapissier et d’un petit crochet, et j’ai entortillé tous mes matériaux autour de la chaîne de soie teinte que j’avais tendue sur le cadre (opération très facile avec ce genre de matériel !). Je ne suis pas mécontente du résultat, même s’il manque un peu d’audace (par ici, les spectateurs trouvent que ça manque de contraste dans les couleurs). Il reste tranquillement sur son cadre accroché au mur, comme un tableau, en attendant la prochaine inspiration (hi hi, j’ai déjà commencé à réunir quelques petites choses…) ! Je n’ai plus qu’à dire un grand merci à Flore…

tapisserie

Coquettes “torchonnettes”

torchons tissés main

Tissées avec du coton bio et un peigne un peu serré (40 fils pour 10 cm), deux petites “torchonnettes” carrées pour égoutter et essuyer ma vaisselle… À mon grand étonnement – et mon grand plaisir ! – elles passent en machine sans problème avec les autres torchons et serviettes, essorage maximum, et même au séchoir sans sourciller. Elles en ressortent encore plus souples et moelleuses.

torchons tissés main torchons tissés main

L’étole du peintre

étole tissée

Petite fille, j’ai passé de merveilleux mercredis après-midi dans l’atelier d’Annick. Elle n’a pas réussi à m’apprendre à dessiner, mais c’est d’elle que je tiens mon goût des couleurs, et c’est elle qui m’a appris à manier la peinture pour soie avec laquelle je teins mes fibres aujourd’hui. Quand je l’ai retrouvée, un peu par hasard, j’ai voulu, en souvenir de ces moments bénéfiques, lui montrer ce que je savais faire aujourd’hui avec de la peinture… J’ai donc créé ce fil et tissé cette étole.

La mèche – du mérinos très fin et très doux – est peinte avec des peintures pour soie Dupont, dans des tons de bleu et de marron. En souvenir de notre passé commun à Casablanca, j’ai utilisé le coloris Maroc qui, parfois, se décompose en offrant de belles variations de couleur.

Le fil est irrégulier, avec pas mal de torsion, car je voulais faire quelques “zigouigouis”. Il est retordu avec lui-même et c’est au retors que les différents effets de relief sont obtenus.

Je n’ai pas encore assez confiance en moi pour utiliser mon fil en chaîne, donc j’ai peint du fil à teindre KnitPicks en même temps que ma mèche. Il est plus fin que mon fil et s’est fait discret dans le tissage.

Que pensez-vous du tissu obtenu ? Au début, il me semblait épais, vu la grosseur du fil, mais le résultat une fois bloqué est étonnamment souple, léger et doux.

En remerciement, à son tour, Annick m’a offert cette très belle aquarelle d’une petite fileuse marocaine, où je retrouve bien son style tout en transparence. Je l’ai fait encadrer par un autre artiste et j’ai le plaisir de la contempler lorsque je lève les yeux de mon rouet.

aquarelle annick ledoze

Une étole tissée

tissage

Le léger effet de rayures de cette étole est réalisé en utilisant, pour les fils de chaîne, une laine changeante Bergère de France “Opal Picture”. La pelote semble coûteuse, mais elle pèse 100 g. Mon étole était très longue, mais 75 g ont suffi pour la chaîne. La trame est un fil beige tout simple mais je pense qu’en employant aussi le fil Bergère pour la trame, j’aurais obtenu un bel effet de carreaux… Parmi les fiches de tissage Tricotin, vous pouvez voir plusieurs exemples d’utilisation de ce fil dans des tissages. Mais on trouve des fils changeants “jacquard automatique” chez plusieurs marques, notamment Adriafil.

tissagetissage

Veste kimono tissée

veste tissée

La cigale ayant tissé
tout l’été
Se trouva fort bien vêtue
Quand la bise fut venue…

Vu le succès de mes petits kimonos, j’ai essayé de mettre au point une version tissée en lin et soie… Malheureusement, elle n’était pas prête pour cet été ! Je n’ai plus qu’à la ranger et à attendre le retour des beaux jours !

Si ce modèle vous intéresse, vous trouverez le patron gratuit dans la page des fiches à télécharger.