
Ce fut ma découverte principale du rapide tour que j’ai fait il y a quelques semaines au salon de L’Aiguille en fête : le stand hors du commun de l’Anglaise Rachel John. D’un coup d’œil, toutes mes idées sur le tricot s’en sont trouvées chamboulées : Rachel John nous tire d’un côté vers un travail sur les couleurs digne des impressionnistes, et de l’autre vers une démesure que nos préjugés ne nous engagent pas à trouver chez une digne sujette de Sa Majesté.
En un mot, le principe exploré sous toutes ses facettes par Rachel John est de tricoter avec plusieurs fils à la fois. Allons allons, vous l’avez sûrement déjà fait, de tricoter un modèle un peu épais avec le fil en double ? Cela peut donner un bel aspect chiné. Alors imaginez de tricoter avec 5, 8, 15 fils ou pourquoi pas… 1 000 ? Elle, elle l’a tenté ! Cela permet d’obtenir un moelleux sans précédent, un look inégalable avec ces mailles énormes de 2 cm ou plus, et surtout de marier à plaisir couleurs et matières, obtenant un vrai feu d’artifice pour les yeux.
J’ai décidé d’être raisonnable et j’ai sagement renoncé aux superbes assortiments de pelotes de laines vendus sur le stand par paquets d’un kilo : ils étaient bien beaux mais moi aussi, j’avais plein de restes de pelotes de laine à la maison, deux cartons entiers, c’était la technique rêvée pour s’en servir enfin, comme me l’a fait remarquer Nicole, qui m’accompagnait. Je me suis donc contentée de faire l’acquisition de deux aiguilles “géantes” : 60 cm de long pour 24 mm de diamètre.
De retour à la maison, j’ai tourné un peu en rond car de nombreuses idées s’offraient à moi. Mais je voulais commencer par quelque chose de simple. Ma Princesse me réclamait un poncho à cor et à cri : pourquoi pas, j’allais essayer le modèle tout simple qui se fait avec deux rectangles cousus ensemble. J’ai commencé à sélectionner mes laines – j’avais décidé de commencer par tricoter avec 7 brins, chiffre magique paraît-il – dans une harmonie de bleus quand Mademoiselle est tombée en arrêt devant une pelote rose flashy chinée de points multicolores dont j’avais utilisé quelques mètres pour lui customiser un pantalon. Je trouvais assez bizarre de l’associer au joli camaïeu de bleus que j’avais choisi mais pourquoi pas, après tout c’était son poncho à elle et c’était elle qui le porterait…
Eh bien ! Figurez-vous qu’à sept ans, elle a pris en défaut mon légendaire sens des couleurs. Cet ajout flashy, c’était justement la touche artistique qui a donné du peps au tricot et a réveillé les bleus. Je m’en suis aperçue dès que j’ai fait l’échantillon (facile : 5 mailles pour 10 cm, ça allait aller vite !).
Et, oui, c’est allé très vite. Je pense que cette technique est idéale pour les impatientes ! En deux jours, le poncho était terminé. Mais ce qui allait vite aussi, c’est la vitesse à laquelle il “avalait” mes restes de pelotes… Il a mangé quasiment la moitié d’un carton ! Du coup, il va me falloir constituer des stocks pour le petit tapis que j’ai en vue… Si vous avez des restes de laine abandonnés au fond d’un placard dont vous êtes sûr(e)s de ne pas avoir l’usage, pensez à moi 😉