Bokaclava, la démoniaque cagoule…

bokaclava tricot ravelry cagoule

Je ne sais pas comment j’ai pu faire, avec mes gènes, un enfant aussi frileux, spécialement des oreilles. Mais, d’une certaine manière, c’est un avantage, je vais pouvoir le couvrir de laine toute sa vie ! 🙂

Bien que frileux, il n’est quasiment jamais malade, c’est peut-être parce qu’il se couvre bien et se gave de miel comme un ourson toxicomane. Pourtant, quand une virulente épidémie de grippe a touché la moitié de sa classe, plus la maîtresse, il a ramené le virus à la maison et nous l’avons tous hébergé chacun à notre tour… J’espérais passer au travers mais, non, je l’ai finalement attrapé.

La meilleure façon de lutter contre cet hôte indésirable est de se couvrir de laine (veste, grosses chaussettes, châle… vive le tricot !), de se préparer une généreuse théière de thé et d’attendre que ça se passe en réorganisant sa to-do list pour repousser aux calendes grecques tout ce qui demande un peu trop d’énergie. Parfois, même tenir un fuseau à bout de bras peut sembler épuisant ! Mais, rester allongée à regarder le plafond, c’est au-dessus de mes possibilités. Il me fallait donc un tout petit projet, pas trop lourd, pour m’occuper trois jours en attendant que mon organisme terrasse l’Influenza.

Je me suis souvenue de ce modèle farfelu aperçu sur Ravelry, le Bokaclava, inspiré du démon-gargouille Bok, personnage de la série culte Doctor Who. Il était si rouge qu’il ne pouvait que plaire à mon petit prince, puisque c’est sa couleur préférée. Je lui ai proposé l’idée, il a accepté, à condition de faire l’impasse sur la grosse langue – ça c’était too much pour lui. Je me suis donc attelée au projet, petit, rapide et amusant à faire, et j’ai réalisé mon propre Bokaclava, sans la langue et avec un col roulé un peu plus long, histoire de bien protéger mon frileux pour sa prochaine bataille de boules de neige…

bokaclava tricot ravelry cagoule
bokaclava tricot ravelry cagoule

“5 days, 5 shawls” : cinquième et dernier jour

5 days 5 shawls handspun

Pour la dernière étape du défi des 5 châles en 5 jours, nous avons étudié un châle carré.

Je serais tentée de dire : beurk, car au départ je n’aime déjà pas trop les châles carrés (trop compliqués à porter pour mon goût, ou alors il en faudrait un très, très fin à porter comme un foulard… et j’avoue que je ne mets jamais de foulards), et en plus il s’agissait de le tricoter avec 5 aiguilles doubles pointes, en mettant 2 mailles sur chaque aiguille “porteuse”.

Eh bien j’ai dû m’y reprendre à Dieu sait combien de fois ! Je ne suis déjà pas équipée d’assez de mains pour tricoter en rond avec autant d’aiguilles, si en plus elles pivotent dans tous les sens parce qu’il y a trop peu de mailles dessus pour qu’elles tiennent un minimum… Soupir… Mais, voyez, je suis encore vivante, et le carré est là, bien que pas très rigoureux. À celles et ceux qui souhaiteraient s’y essayer malgré mes remarques négatives, je tiens tout de même à préciser que plus on a de mailles – au fil des augmentations – plus l’ensemble est facile à manipuler, cela vaut donc le coup d’insister.

5 days 5 shawls handspun

“5 days, 5 shawls” : quatrième jour

5 days 5 shawls handspun

Lors de la quatrième étape du défi des 5 châles en 5 jours, nous avons étudié un châle trois-quarts, constitué de trois triangles. Cette fois, je vous le dis officiellement, ce n’est pas ma forme préférée ! Elle n’est pas compliquée à réaliser mais je la trouve vieillotte, trop enveloppante… Bien sûr, chacun a ses goûts, et je ne suis pas une personne frileuse, ce qui explique peut-être mon désintérêt.

En revanche je suis de plus en plus ravie de mon fil light fingering, il est agréable à tricoter et se bloque super bien. Mais surtout, j’adore ce coloris chiné-là (75 % de rouille et 25 % de vert acide).

5 days 5 shawls handspun

“5 days, 5 shawls” : troisième jour

5 days 5 shawls handspun

Lors de la troisième étape du défi des 5 châles en 5 jours, nous avons étudié un châle en triangle asymétrique. Ça tombe plutôt bien, je ne suis pas une fan de la symétrie ! De plus, les effets de rayures fonctionnent très bien avec cette forme-là. Comme le châle en croissant que je vous ai montré hier, il se porte très bien en écharpe, et c’est une forme qui convient parfaitement aux châles masculins (croyez-en mon homme).

Ensuite, j’ai fait une des variantes proposées, le châle en forme de flèche avec une ligne très visible de diminutions au milieu. Ce fut l’occasion d’apprendre à réaliser les doubles diminutions centrales sur l’envers (je suppose que j’aurais pu les faire sur l’endroit mais j’ai sagement suivi les explications). Ces petits exercices sont idéaux pour apprendre à maîtriser une nouvelle forme d’augmentation ou diminution car on les fait souvent (les rangs sont courts) et à des endroits simples.

Sur ces deux patrons, les bordures et lisières sont vraiment très souples, cela permet de donner très facilement une forme gracieuse au châle lors du blocage 🙂

5 days 5 shawls handspun
5 days 5 shawls handspun

“5 days, 5 shawls” : deuxième jour

5 days 5 shawls handspun

Lors de la deuxième étape du défi des 5 châles en 5 jours, nous avons étudié le châle en forme de croissant. Pour le moment, c’est clairement mon type de châle préféré – j’en ai beaucoup tricoté ! – car il permet de bien s’envelopper pour les plus épais (par exemple le Celtic Myths) et se porte très bien en écharpe pour les plus fins (comme l’Abrazo, l’Out of Darkness ou l’Amour à la plage).

5 days 5 shawls handspun

“5 days, 5 shawls” : premier jour

5 days 5 shawls handspun

Je vous ai parlé hier du défi des 5 châles en 5 jours que j’avais envie de suivre pour me délasser l’esprit et les doigts. J’avais filé 5 mini-écheveaux en dégradé et j’avais terriblement hâte de les tricoter. Je les avais faits plus longs que nécessaire avec l’idée d’utiliser les restes pour un tout autre projet. Amusant : l’auteur du “défi” conseille aux participants de se servir de leurs restes de fil et moi, avec mon esprit de contradiction, j’ai préparé des fils exprès en me promettant d’utiliser les restes pour autre chose ! 😀

Hier à midi, j’ai reçu le premier “patron”, qui proposait sans surprise d’explorer la forme la plus classique du châle : un simple triangle, obtenu grâce à des augmentations sur les côtés, ainsi que de part et d’autre de la maille centrale.

Le principe était de se contenter de tricoter une demi-heure en réalisant les augmentations de façon régulière, puis de rabattre toutes les mailles. Comme je ne suis pas une tricoteuse rapide et que j’adore papouiller mes filés main, je me suis offert une heure entière.

L’auteur suggérait aussi quelques variantes, pour les personnes si habituées à la forme triangulaire qu’elles risquaient de s’ennuyer à mourir avec ce premier exercice, et puisqu’il me restait pas mal de fil, j’ai choisi de faire aussi la forme “ailée” car j’en raffole…

Y sont pas crôgnons, mes mini-châles, une fois dûment bloqués ?

5 days 5 shawls handspun
5 days 5 shawls handspun

Chaussettes en filé main

chaussettes tricotées en filé main

Au mois de mars, j’ai proposé une petite “épreuve” technique aux fileuses et fileurs du forum Tricotin.

Une amoureuse des retors comme moi ne pouvait pas passer à côté du fameux fil “câblé”… Dans ma Bible du filage, The Spinner’s Book of Yarn Design, il possède son propre chapitre. Certes, le filage d’un écheveau câblé demande du temps, puisqu’il faut pas moins de quatre brins minimum, au départ. Mais il a un relief très particulier et s’avère plus solide que les autres, c’est pourquoi les fils à chaussettes sont souvent câblés.

Le câblé “basique” implique une procédure assez simple. On commence par filer 4 brins identiques, tous dans la même direction, avec la même quantité de torsion. Sarah Anderson suggère de commencer par filer en S (c’est-à-dire dans le sens antihoraire), mais elle explique que c’est une découverte personnelle, car elle a tendance à ajouter de la torsion au fil dans ce sens-là lorsqu’elle tricote, et pense que c’est le cas de pas mal de tricoteurs. Elle essaie donc de toujours faire son dernier retors en S.

Une fois ces 4 brins obtenus, on peut les retordre ensemble deux à deux, en Z. Enfin, on retordra à nouveau les deux fils obtenus, en S (ou dans l’ordre opposé si on préfère).

Si l’on n’a pas assez de bobines pour effectuer toutes ces opérations, il y a des alternatives ; par exemple, on peut commencer par filer deux brins et les retordre, puis filer deux autres brins et les retordre aussi. Là, trois bobines suffisent. Mais on peut également choisir de filer deux brins, de les mettre en pelote se déroulant de l’intérieur comme de l’extérieur et de les retordre sur eux-mêmes en assemblant le début et la fin (c’est ce que fait Sarah Anderson). Ou de n’en filer qu’un seul et de le retordre sur lui-même deux fois de suite. Enfin, il y a aussi la question de la couleur et de l’effet qu’on cherche à obtenir… bref, il y a quelques décisions à prendre avant de se lancer !

Et, cela, c’est pour le câblé “classique”, par exemple pour faire un fil à chaussettes. Mais rien n’empêche d’utiliser la technique du câblé pour obtenir une texture particulière, en jouant sur la différence de diamètre des divers brins qui le composent.

Pour ma part, pour réaliser cet exercice, j’ai décidé de rester classique et de tester tout simplement un fil à chaussettes… J’ai commencé par teindre une mèche de fibres à chaussettes (80% mérinos, 20% Nylon) que j’ai filée assez fin pour la retordre selon le principe, assez simple lui aussi, de la pelote que l’on dévide par les deux bouts, deux fois de suite. J’ai obtenu un fil assez sec, mais pas rêche, et très rond, agréable à tricoter.

Par ailleurs, j’ai aussi filé et retordu en câblé de la fibre blanche que j’ai teinte après coup avec l’effet tacheté à la mode. Voici les deux écheveaux l’un près de l’autre ; les couleurs du premier, teint avant filage, sont beaucoup plus fondues.

J’ai tricoté le premier écheveau pour obtenir des chaussettes denses et fermes, qui donnent une impression de solidité. On va voir comment elles évoluent ! Les plages de couleurs chinées rendent très bien. J’ai commencé par la pointe pour être sûre d’utiliser tout le fil, avec un talon en rangs raccourcis. Je vous montrerai la paire que j’aurai faite avec le second… eh bien, quand elle sera tricotée !

Filer pour un projet

châle dentelle Wildheart en fil filé au rouet

Comme chaque mois, je devais, en février, proposer un thème de filage aux fileuses et fileurs du forum Tricotin. Cette fois, j’ai choisi de m’intéresser à l’élaboration d’un projet.

Il y a plusieurs façons d’aborder un moment de tissage. Le rouet ou le fuseau est là, avec sa bobine ou sa fusaïole vide. Que va-t-on faire ? Que veut-on faire ? Parfois – c’est en tout cas mon cas – on a besoin de filer juste pour filer, parce que c’est une détente, une méditation. On attrape des fibres dans notre stock, peut-être une jolie mèche teinte qu’on se sera offerte ou dont on nous aura fait cadeau, peut-être une poignée de fibres blanches qu’on teindra plus tard, ou juste notre couleur, notre matière préférée.

Mais parfois, on a un vrai projet. Tout est alors différent : est-ce un projet de tricot ou de crochet ? De tissage ? Un patron, un modèle qu’on a repéré et qu’on voudrait réaliser ? Ou qu’on veut créer de bout en bout ? Comment envisager la chose, choisir les fibres ou le mélange de fibres, la quantité à filer, le nombre de brins, etc. ?

Pour ma part, il y a un moment que je louchais sur le modèle de châle Wildheart, qui me semblait idéal, avec ses motifs ajourés tout simples, pour mettre en valeur un filé main. Quand j’ai proposé cette idée de projet, je n’avais pas encore, moi, de projet tout prêt, en revanche j’avais dans mon tiroir à trésors (bon… soyons honnête… dans un de mes tiroirs à trésors) une magnifique nappe dégradée réalisée et offerte par Midian, que je couvais des yeux depuis longtemps mais qui n’avait pas encore trouvé son projet idéal.

J’ai filé assez fin car je voulais retordre en navajo pour conserver le dégradé. Certes, j’aurais pu faire un single, mais bon, j’adore le navajo et je ne suis pas du genre à me priver d’un plaisir en matière de filage… Au final j’avais quand même un fil assez gros (440 mètres pour 150 grammes), mais qui semblait suffisant pour terminer le châle. De toute manière, l’auteur du châle Wildheart indique comment procéder si on a trop de fil ou pas assez, et ça, c’était un plus, car avec un écheveau dégradé, c’est idéal de pouvoir utiliser la totalité du fil.

J’ai eu beaucoup de plaisir à le tricoter, le relief du fil navajo était agréable sous les doigts et c’était un modèle facile. Pourtant, une maille est tombée, impossible à rattraper correctement, et après quelques tentatives j’ai dû défaire et refaire plusieurs rangs pour éviter une erreur assez visible… Mais je suis ravie de l’avoir fait, j’aurais moins aimé le châle si j’avais su qu’il y avait un trou plus gros quelque part, il m’aurait sauté aux yeux tout le temps.

Je vous disais avoir choisi ce châle car l’auteur expliquait comment procéder si on avait moins ou plus de fil que prévu ; j’étais finalement dans le second cas, puisque j’ai pu rajouter une douzaine de rangs au châle. Au final, il ne me reste que 3 mètres de fil, si bien que mon dégradé est intact !

châle dentelle Wildheart en fil filé au rouet châle dentelle Wildheart en fil filé au rouet châle dentelle Wildheart en fil filé au rouet

Nuts About Squares

couverture crochetée en coton Nuts about squares

C’est le nom d’un projet de crochet dans lequel je me suis laissé entraîner au printemps ! Facebook est une horreur pour cela : comme si j’avais le temps de me lancer dans de nouvelles choses, alors que j’en ai déjà tant en cours ! De mémoire, c’est Marthe Lecaplain, la fondatrice de NaturalWoolPlace, qui a montré cette photo à laquelle je n’ai pas pu résister.

Le patron était donné sur le blog It’s All In A Nutshell, à raison d’un modèle de carré par semaine. J’ai pour une fois laissé toute créativité de côté et je me suis contentée d’un des trois kits de couleurs proposés (comme l’été arrivait, j’ai choisi le coton, faisant une exception à ma passion pour la laine, et il était très agréable à travailler). C’était un plaisir de se laisser prendre par la main et guider de A jusqu’à Z, pour changer. Chaque carré avait droit à une vidéo explicative sur YouTube : impossible de se tromper ! Et j’ai appris plein de choses en matière de motifs en relief. Au final, j’adore le résultat, et je ne manquerai sûrement pas de me laisser tenter à nouveau… Je me connais 😉

Si vous avez envie de découvrir chaque carré individuellement, les photos sont dans mon espace Ravelry.

couverture crochetée en coton Nuts about squares

An Bhratach Náisiúnta

drapeau irlandais tricot torsades

Non, ce n’est pas un plat exotique, c’est le petit nom du drapeau irlandais ! Il date de 1830 et s’inspire du drapeau tricolore français ; le vert incarne les natifs d’Irlande (que l’on appelle l’Île d’émeraude, The Emerald Isle, et si vous y avez déjà été, vous savez pourquoi ;-), l’orange renvoie à la victoire de l’Anglais Guillaume II d’Orange sur les partisans catholiques du roi Jacques II et représente donc les protestants irlandais, et le blanc entre les deux symbolise la paix désirée entre ces deux communautés.

Le pub Patrick’s, rue de Montreuil, accueille depuis des années la rencontre de fileuses/fileurs et tricoteuses/tricoteurs que j’aide à animer chaque mois à Paris, et cette famille d’Irlandais adorables nous reçoit depuis le début avec une gentillesse renouvelée (sans compter les bières délicieuses et la cuisine savoureuse, mention spéciale au fabuleux fish’n’chips). Il était temps qu’on les en remercie dignement…

Nous avons été sept à vouloir leur faire un petit cadeau pour la Saint-Patrick : Zouzou, Sabine, Élodie, Enrico, Regina, Chantal et l’auteur de ces lignes. C’était l’occasion de s’amuser avec les points de tricot irlandais sans pour autant se lancer dans un gros pull ! Chacun d’entre nous a donc réalisé un rectangle et je les ai assemblés, puis j’ai doublé le drapeau pour qu’il puisse être suspendu sans dommage.

Je tenais à ce que nous utilisions de la laine irlandaise et cela m’a fait découvrir les beaux fils Aran du Studio Donegal, une filature irlandaise située dans une belle région où l’on file et tisse la laine depuis toujours. Cette entreprise fait tout pour garder vivant l’art du travail de la laine, depuis le cardage jusqu’au tissage, malgré la crise de l’industrie textile européenne, et elle mérite d’être mieux connue qu’elle ne l’est. Ils commercialisent aussi des vêtements en prêt-à-porter, admirez cette superbe chemise !

J’ai hâte de dénicher le patron de tricot irlandais idéal pour leur commander un gros cône, même si je sais déjà que je mettrai des heures à choisir un coloris parmi toutes leurs merveilles. Tricoter leur fil a été un plaisir, j’ai trouvé qu’il ressemblait pas mal, en matière de texture, à un filé main, et j’ai beaucoup aimé son relief et son caractère.