Chapeaux et babioles

chapeau fait main

Ils datent de quelques mois, mais j’ai peu publié ces derniers temps, et je n’avais pas eu l’occasion de vous les montrer !

Parlons d’abord chapeaux. Les femmes ont toujours “refait leurs chapeaux”, du moins celles qui avaient peu de moyens et quelque agilité dans les doigts (comme moi). C’est-à-dire qu’elles gardaient la même “carcasse” et changeaient simplement la déco pour suivre la mode ou parce qu’elles en avaient assez de porter le même chapeau.

Cette base en raphia crocheté (que je n’ai pas faite moi-même), je l’avais depuis au moins vingt ans et j’avoue que je l’avais un peu abandonnée dans un coin, jugeant démodé son aspect emboîtant. Pourtant, l’été, elle protège formidablement bien du soleil ! Quand une commerçante de mon quartier m’a donné cette fleur en organdi rose, je me suis dit que c’était l’occasion de lui refaite une beauté, et j’ai cassé ma tire-lire chez Mokuba, le temple, que dis-je ! l’antre du ruban pour deux mètres de rubans pailletés d’or assortis. Quelques points de couture et hop ! Un nouveau chapeau d’été.

Ensuite, j’ai fait quelques infidélités à la modiste chez laquelle je vais habituellement faire mes chapeaux pour m’essayer aux chapeaux cousus, moins fragiles quand il s’agit de les glisser dans une valise pour une petite échappée… Pour commencer, un chapeau en coton à large bord qui supporte d’être mouillé, pour nager sans prendre le soleil dans la figure (ce n’est pas que je n’aime pas le soleil… c’est plutôt lui qui m’agresse la peau, même quand je suis tartinée de crème solaire !). Et ensuite un petit bob de pluie tout mignon, taillé dans un coton enduit de La Mercerie des créateurs. Les deux patrons proviennent du site Mes Jolis Chapeaux, ce sont des modèles faciles à réaliser et bien expliqués.

Avec le reste du tissu enduit, j’ai confectionné deux accessoires pour le vélo. D’abord, une pochette à accrocher dans mon panier, constituée de deux poches : l’une, avec une fenêtre en plastique, pour glisser mon portable, qui me permet d’écouter de la musique et d’utiliser facilement un GPS (vous n’avez pas idée de la facilité que j’ai à me perdre, parfois même dans mon propre quartier !). L’autre, placée juste derrière, accueille mon trousseau de clés pour que je n’aie pas à fouiller dans mon sac pour ouvrir la porte du local à vélos ou attacher mon antivol. À l’arrière, elle se fixe au panier à l’aide de deux petites bretelles ornées de mousquetons et d’anneaux.

Second accessoire, une housse pour ranger mon chapeau quand je suis sur mon vélo. Chapeau sur le vélo, bof bof ! Il s’envole facilement, et puis je préfère quand même porter un casque (d’autant que le mien comporte un système de clignotants). Mais où mettre mon chapeau pendant que je pédale ? Dans le panier arrière. Mais il risque d’en sauter à chaque fois que je passe sur une bosse. Donc, une housse en tissu enduit (au cas où il pleut), munie d’un petit mousqueton pour l’accrocher au panier, dans laquelle je n’ai plus qu’à glisser mon casque quand je descends de mon fier destrier.

J’avoue que je n’ai trouvé nulle part de patron de housse à chapeau et que j’en ai été réduite à le concevoir moi-même. Il a suffi de dessiner un ovale un peu plus grand que la coiffe de mon plus grand chapeau et de calculer la circonférence pour ajouter une bande de la hauteur dudit chapeau, en plaçant une fermeture à glissière au milieu. Pour la technique du montage, je me suis référée à celle qu’utilise Sewing So pour son organiseur de valise. Je n’ai eu qu’à acheter la fermeture au mètre et les adorables curseurs “Sakura” à La Mercerie des créateurs (car ma chère mercière a dû, hélas, mettre la clé sous la porte, non parce qu’elle faisait de mauvaises affaires mais parce que le propriétaire de l’immeuble l’en a tout simplement chassée – les marchands de sommeil n’aiment pas les commerces !).

Note : aucun des liens que je vous donne n’est sponsorisé. Je partage juste mes bonnes adresses personnelles. N’hésitez pas à visiter la boutique de Will Argunas !

On n’a jamais assez de sacs à ouvrage…

couture d'un sac à tricot carré magique
Ceux-là sont conçus pour les petits ouvrages genre chaussettes ou mini-châle. Je glisse le plus petit (à l’arrière-plan) dans mon grand sac à main. Ma Princesse emporte l’autre (au premier plan) un peu partout dans son sac à dos.

Elle est à la mode, cette « trousse magique » ou « trousse carrée » comme on l’appelle sur les réseaux. Qu’est-ce qu’on la voit ! Son intérêt ? Une fois ouverte, elle forme un petit panier carré où l’on trouve très facilement ce que l’on cherche. Parfait pour dénicher le bon crayon en version trousse. En version plus grande, c’est un petit sac qui se transforme en corbeille à ouvrage nomade. Stephen West ne s’y est pas trompé : il en vend de très belles versions en cuir sur son site « Stephen & Penelope ».

J’ai fait un petit sac pour moi, taillé dans le joli tissu d’une vieille blouse, en suivant les conseils d’une vidéo YouTube. Elle est plutôt bien faite et je n’ai pas rencontré de soucis particuliers. Contrairement à la vidéo, j’ai toutefois quilté le tissu à la main façon sashiko, avec une épaisseur de molleton et une chute de lin vert foncé. En rajoutant un peu de relief sur les fleurs…

couture d'un sac à tricot carré magique
couture d'un sac à tricot carré magique

Ensuite, j’ai bien repassé mon rectangle de tissu (le fer à repasser s’invite souvent sur mes photos, c’est normal, c’est le meilleur ami de la couturière !) et je l’ai retaillé aux dimensions et à la forme requise, en conservant les restes pour faire, notamment, la poignée.

Comme on voyait pas mal les fils sur la doublure du quilt, au niveau des fleurs, j’ai décidé de les cacher avec des petits ronds de tissu, cousus à la main. J’ai aussi fait à la main les diverses surpiqûres avec lesquelles j’ai décidé de bien marquer les plis extérieurs.

couture d'un sac à tricot carré magique
couture d'un sac à tricot carré magique
La trousse terminée… Je l’adore, elle est moelleuse comme un doudou !
couture d'un sac à tricot carré magique
Le sac ouvert façon “corbeille à ouvrage”…
couture d'un sac à tricot carré magique
Avec mon encours du moment (si vous êtes curieux, c’est la Flying Fish Scarf de Nancy Marchant).

Après avoir testé ce tuto, je me suis aperçue qu’une couturière dont j’adore les tutos avait fait sa propre interprétation de cette trousse, avec des finitions plus ambitieuses (un peu moins de couture à la main, notamment). Il y avait même une vidéo supplémentaire pour tracer son propre patron aux dimensions souhaitées. Du coup, j’ai décidé de faire un second sac à ouvrage pour ma Princesse, qui a elle aussi chopé le virus du tricot !

Pour elle, il fallait rester dans la sobriété, alors une chute de lin bleu pétrole et un motif sashiko noir. Puis c’étaient à peu de choses près les mêmes étapes, sauf que là j’ai mis une doublure noire, c’est plus chic !

couture d'un sac à tricot carré magique
Et hop, bon anniversaire ma Princesse !

Envie de plage !

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Je vous ai parlé de crazy patchwork il y a un peu plus d’un an. Je m’en étais alors servie pour apporter une touche d’élégance nipponne à mon rituel du thé matinal. Mais ce que j’ai constaté quand on pratique ce genre de technique, c’est qu’on s’imagine finir ses chutes de jolis tissus japonais alors qu’en réalité, le stock ne baisse pas du tout – mais alors pas du tout ! En effet, pour le crazy patchwork, on a tendance à rogner les bouts pas droits des morceaux de tissu, et au final, on a l’impression qu’il en reste toujours autant.

J’ai repris la technique l’été dernier (étonnant que je ne vous aie toujours pas montré le résultat, reportez-vous à mon dernier article si vous voulez savoir pourquoi) à l’occasion d’un défi de couture lancé par Véro Pinson, la créatrice des patrons Sacôtin. Je n’ai pas moi-même participé au défi puisque je n’utilisais que des restes de tissus de mon généreux stock, mais c’était l’occasion de faire connaissance avec le modèle Samba qui a l’intérêt de posséder une poche intérieure “cachée” : parfait pour un sac de plage qu’on quitte souvent des yeux ! Pleine d’envies de vacances, je lui ai adjoint une petite trousse de toilette Fringante, que j’avais déjà réalisée pour ma fille et que j’avais adoré faire.

Commençons par le plus long : étant amatrice de tissage et l’heureuse propriétaire d’un inkle loom Ashford, je ne vais quand même pas acheter de bêtes sangles pour faire des anses de sac ! Mieux vaut craquer pour trois écheveaux de chanvre Pernelle chez Les Tricoteurs volants… J’ai découvert avec plaisir la marque française de fils végétaux Natisséa que j’aime beaucoup tricoter et tisser. Les fils ne sont pas très tordus, ce qui peut me poser des difficultés en tricot, mais les couleurs sont superbes. J’ai choisi le blanc et le bleu pour aller avec mes tissus japonais, et j’ai ajouté le jaune pour contraster parce que j’avais des envies de soleil (et que je ne pouvais vraiment pas résister à ce magnifique jaune).

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Si je ne me trompe pas, c’était là ma première tentative de tissage pick-up dont je vous parlais dans mon dernier article. J’y ai pris un plaisir infini. C’est vrai que c’est très long, mais c’est si gratifiant que l’on ne voit pas le temps passer : le résultat en vaut vraiment le coup. Comme je vous le disais le mois dernier, le plus difficile est généralement de choisir la face du tissage que l’on va utiliser, mais peu importe pour des anses de sac !

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom
sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Une fois ma sangle tissée, je me suis amusée avec le crazy patchwork de la trousse. La réalisation de cette dernière m’a demandé un peu d’adaptation quand je me suis aperçu que j’avais coupé mes pièces légèrement trop vite… Eh oui, la seule fois où j’ai oublié de mesurer le “carré témoin” du patron que je venais d’imprimer, il fallait que ce soit la fois où mon imprimante a décidé d’imprimer le document 10 % plus petit ! Grrrrr ! Mais bon, avec un peu de concentration et un coup de ciseau dans les fermetures à glissière, on y parvient et on obtient juste une trousse un poil plus petite. Dont la taille me convient très bien puisque je n’y mets que le strict nécessaire.

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom
sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom
sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Pour le sac, j’ai alterné de grandes bandes de tissu assez régulières évoquant le ciel et la mer, avec quelques points de sashiko jaune comme des rayons de soleil. Et pour l’intérieur où je mets ma serviette humide et la base qui repose sur le sol, j’ai choisi un lin enduit beige évoquant le sable. Ces deux créations m’ont accompagnée au bord des vagues l’été dernier et m’y accompagneront à nouveau très bientôt, j’espère !

sacs sacotin tissu japonais sangle tressée inkle loom

Réparer un bagage

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Chères lectrices, chers lecteurs, j’ai une bonne nouvelle pour vous : non, le blog n’est pas mort !

Plus de six mois sans écrire ! Je n’ai pas vu le temps passer, on dirait ! C’est clairement la plus longue pause que j’aie jamais faite. Quand j’ai ouvert la page et vu la date du dernier billet, j’ai été très choquée, croyez-moi sur parole.

Pourquoi une si longue pause ? “Elle ne va sans doute pas bien”, avez-vous peut-être pensé (pour peu que vous vous soyez posé des questions, je me doute que vous avez autre chose à faire). Eh bien, si c’est le cas, vous vous êtes trompé. Si j’ai beaucoup moins écrit ces derniers temps, c’est que je vais mieux, au contraire. Je ne vais pas vous raconter ma vie mais, pour faire simple, j’ai retrouvé le sommeil après des années d’insomnies. Eh oui… je le lisais souvent en commentaire : “Mais quand trouves-tu le temps de dormir ?” Justement, je dormais très peu, je me couchais très tard, ce qui n’est plus le cas. Du coup, j’ai beaucoup moins de loisirs et je préfère les occuper à bricoler qu’à écrire. Mais je le regrette alors, vous le voyez, j’ai retrouvé le chemin de mon clavier.

Je vous montre aujourd’hui ma dernière réalisation, mais je vous présenterai plus tard quelques bricolages plus anciens qui me tiennent quand même un peu à cœur.

L’heure des vacances a sonné et j’ai mis la dernière main à une réparation qui attendait depuis longtemps. Je préfère toujours réparer plutôt que remplacer (pensons à la planète !), mais j’avoue que, parfois, cela me rebute un peu, et donc il arrive que je fasse traîner longtemps les choses. En l’occurrence, la poignée de cette petite valise s’est déchirée il y a des années, et la dernière fois que je m’en suis servie j’ai trouvé ça vraiment casse-pieds ! J’ai donc décidé de la réparer mais pour me motiver, il a fallu que je fasse quelque chose d’un peu élaboré, il fallait que cette valise soit au final bien plus jolie qu’avant, et c’est pourquoi j’ai décidé de tisser une sangle pour remplacer la poignée, avec mon inkle loom et une technique que j’ai découverte l’année dernière, qui permet de faire de bien jolis motifs. Si cela vous intéresse, je vous informe que j’ai appris à la maîtriser grâce au livre Complementary-Warp Pick-Up de Laverne Waddington.

Ce tissage pick-up est très long, je ne vais pas vous le cacher, mais je trouve ça carrément addictif. J’adore.

En cadeau de mariage, mes parents (qui ne se doutaient pas que nous ne partirions jamais en voyage de noces !) nous ont offert une ligne de bagages de très bonne qualité – ne vous arrêtez pas à cette poignée arrachée, tout le reste est d’excellente facture, nous les trimballons depuis assez longtemps pour l’affirmer (pour info, nous fêtons cette année nos noces d’argent !). Le tissu et les fermetures sont restés impeccables mais, bizarrement, les sangles utilisées pour les lanières et autres poignées ont mal vieilli : elles se déchirent comme du papier. La poignée a donc cédé, et j’ai facilement enlevé les morceaux qui restaient, sans défaire les coutures car elles maintiennent aussi en place, derrière le tissu, un renfort pour éviter qu’il se déchire.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

J’ai commencé par déterminer combien de fils il me fallait pour tisser une bande de 4 cm de large et je suis assez fière de moi car je suis arrivée à 3,8 cm, ce qui n’est pas mal du tout vu que j’ai tendance à y aller à vue de nez. J’ai sélectionné un joli motif que l’on fait normalement sur 16 fils, et je l’ai doublé, donc j’ai un motif de 32 fils avec 4 fils rouges de part et d’autre pour le border. J’ai utilisé du coton Cheope de la marque Adriafil, je trouve qu’il a la bonne grosseur pour ce genre de travail (il se tricote avec des aiguilles de 4 mm) et il y a un grand choix de couleurs.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Je n’avais besoin que d’une soixantaine de centimètres de sangle mais on ne peut pas monter une chaîne si courte sur mon inkle loom, donc j’ai tissé une sangle plus longue et j’ai gardé environ la moitié pour une future réparation.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ce qui m’a fait réfléchir un moment, ç’a été de choisir la face de la sangle que je préférais, car cette technique de tissage est à double face. Finalement, j’ai opté pour le motif rouge sur fond noir, alors que j’avais tissé le noir sur fond rouge.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Un zigzag à la machine pour empêcher que ça se défasse et hop, j’ai coupé mes 60 cm, j’ai plié le bout de sangle en deux et j’ai fait une piqûre à la machine.

Dans une chute de cuir, j’ai découpé un rectangle à glisser à l’intérieur de ma poignée pour qu’elle ait plus de tenue et de solidité.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes
réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ensuite, une piqûre à la machine tout autour et voilà, une belle poignée souple, douce et très mignonne !

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Le plus dur a été de la coudre solidement en place. J’ai utilisé une alène automatique, qui est un petit outil bien pratique quand on doit traverser plusieurs épaisseurs : souvenez-vous que je devais percer deux épaisseurs de tissage, une épaisseur de cuir, une épaisseur de tissu et de doublure, plus le renfort qui était derrière le tissu ! Mais ce qui est compliqué, c’est qu’avec ce genre d’alène, il faut accéder à l’arrière du travail pour glisser le fil dans sa boucle, et l’envers du travail, là, c’était l’intérieur d’une petite poche… Bref, chaque point de couture a pris plusieurs minutes, alors je ne les ai pas faits très courts. Mais cela ne se voit pas trop, car ils entrent à l’intérieur du tissage.

réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes
réparer un bagage abîmé avec un tissage artisanal sur métier à bandes

Ce n’est pas pour m’envoyer des fleurs mais je suis absolument ravie du résultat, et très fière de moi ! Il faut absolument que je parte en week-end pour étrenner ma petite valise (presque) toute neuve !

Une touche de Japon pour le petit déjeuner

cache-théière en tissu japonais et broderie sashiko

Un vieux reste de la période où j’étais passionnée par le bleu – depuis que je travaille la laine, toutes les couleurs me passionnent, mais avant cela il y a bien eu une ou deux décennies où seul le bleu a trouvé grâce à mes yeux – je ne peux pas résister à un beau tissu japonais teint à l’indigo ou imitant simplement cette palette de couleurs, imprimé ou non. J’ai un peu tendance à les collectionner, et pour ne pas m’encombrer trop, j’achète des petits coupons alors que, vous le savez si vous avez l’habitude de me lire, je ne fais pas de patchwork (en couture, c’est ma limite : pas assez soigneuse pour que mes coutures soient parfaitement alignées). Je m’en sers généralement pour réparer des vêtements façon “boro”, ce qui est peut-être bien un ancêtre ou un lointain cousin du patchwork.

Autre petit péché mignon, bien que je ne passe pas énormément de temps sur les réseaux, j’avoue que j’adore regarder des vidéos de couture. Surtout pour coudre des sacs, mais vous savez, dans la petite colonne de droite, là, celle qui finit toujours par vous tenter façon “allez, j’en regarde une dernière et je me remets au boulot” ? Oui, c’est là que je suis tombée sur un tuto crazy patchwork du Fil d’Emma qui vous met l’eau à la bouche, notamment quand vous avez la manie de ne rien jeter, pas même de tout petits morceaux de tissu un peu biscornus.

Cela faisait un moment que je voulais “rhabiller” notre plateau de petit déjeuner et je me disais que le tissu bleu se marierait très bien avec le brun chocolat de ma théière traditionnelle anglaise brown betty. Il me fallait un napperon et un cache-théière.

cache-théière en tissu japonais et broderie sashiko

J’ai commencé par le napperon en utilisant la technique de crazy patch dont je viens de vous parler. C’est super facile et super amusant, j’ai adoré ! Le fait de travailler sur un support (pour moi du vieux drap trop usé même pour faire des mouchoirs) facilite grandement les choses. Une fois que j’ai couvert tout le rectangle correspondant au fond du plateau (avec une petite marge de couture), j’ai ajouté quelques points de sashiko décoratifs et ensuite j’ai posé une doublure.

cache-théière en tissu japonais et broderie sashiko

cache-théière en tissu japonais et broderie sashiko

Pour le cache-théière, il fallait inventer un patron, et je me suis inspirée de la forme d’une courge avec ses côtes. J’ai choisi de faire 8 “côtes” que j’ai dessinées sur un bout de papier après avoir mesuré la circonférence de la théière à 3 ou 4 endroits différents ainsi que la hauteur. Je les ai découpées dans différents tissus puis assemblées en laissant des fentes sur les côtés pour laisser émerger le bec et l’anse de la théière. J’ai fait la même chose dans du tissu uni pour la doublure. J’ai matelassé le tout pour garder le thé au chaud et voilà !

créer un patron de cache-théière

cache-théière en tissu japonais et broderie sashiko

cache-théière en tissu japonais et broderie sashiko
Détail amusant, j’ai cousu de petits aimants très puissants dans les coins des ouvertures du cache-théière, qui permettent de le refermer autour de la brown betty pour garder le thé chaud quelques heures (elle contient quand même 1,7 litres de thé !).

Rhabillage de fruits

coupe protège fruits en tulle

Certains voient arriver l’été avec délices pour lézarder au soleil… ce n’est certainement pas mon cas ! Comme je souffre facilement de la chaleur, je crains beaucoup les poussées de température qui m’empêchent de dormir ou de m’activer dans mon atelier !

Mais j’adore l’été pour ses fruits. J’en mange des kilos. Non seulement je les savoure des lèvres et des dents, mais je les dévore aussi des yeux ! Pour moi, il n’est (presque) rien de plus sexy qu’une belle coupe de fruits colorés et très variés qui traîne sur la table familiale en chuchotant : “Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi…”

Oui, mais il y a un corollaire à cela qui ne me plaît pas du tout : les moucherons, autres grands amateurs de fruits. Grrrr ! Rien ne m’énerve plus que d’en voir une nuée sur mon plafond. Ou, pire encore, sur mes fruits.

J’ai donc fini par acheter un de ces paniers à fruits et légumes asiatiques, sorte de petit garde-manger où un tulle protège les produits alimentaires précieux et fragiles que la fraîcheur du réfrigérateur abîmerait. Cela ne coûte pas très cher et on peut replier le tulle protecteur pour le ranger à plat, si besoin.

En revanche, ce n’est pas forcément très solide. Je m’attendais à voir casser une des fines éclisses de bambou mais non, bizarrement, un trou est apparu dans le tulle. Je n’ai aucune idée de la façon dont ce tulle a pu se déchirer, et je n’ose imaginer une armée de moucherons équipés de petits rasoirs qui arpenteraient mon salon en pleine nuit… Arrgh !

coupe protège fruits en tulle

Mais bon, j’avais une chute de tulle gris moucheté, très chic, alors je me suis décidée à démonter et remonter la “voilette” du panier pour la remplacer. Ce faisant, je tremblais à l’idée que l’armature parte en morceaux et c’est plus ou moins ce qu’elle a essayé de faire, mais peu de choses sont impossibles à une fille entêtée armée d’une forte aiguille et de quelques mètres de fil 😉

Tant qu’à faire, j’ai même rajouté un bout de ruban pour lui faire une jolie “poignée”.

Je suis ravie de mon nouveau panier à fruits chiquissime ! Et vous, qu’en pensez-vous ?

coupe protège fruits en tulle

Un p’tit tour dans ma cuisine ?

Voilà un long moment que je ne vous ai pas raconté mes aventures créatives ! Il faut dire que j’ai beaucoup travaillé, beaucoup cuisiné, beaucoup un tas de choses, et puis j’ai fait plein de petites bidouilles de couture, notamment pour ma cuisine. Parfois, je suis pleine d’inspiration pour inventer des aménagements pratiques. Alors, pour ne pas vous laisser croire (avec horreur !) que ce blog est en sommeil et que j’ai perdu tous mes doigts, je vous les montre… mes bidouilles de couture, bien sûr, pas mes doigts.

Deux petits berlingots en sashiko

Ils sont en jean (récup’, bien sûr), ornés de motifs sashiko (sinon on s’embête) tout simples (ça va plus vite), et garnis de gravier. À quoi servent-ils ? À entrebâiller des appareils électroménagers pour éviter les mauvaises odeurs !

berlingot entrebâilleur pour mijoteuse
Le poids de ce berlingot a été calculé au plus juste pour maintenir la mijoteuse entrouverte, mais attention – c’est très technique ! – elle sera plus ou moins ouverte selon l’endroit où on dispose le berlingot…
berlingot entrebâilleur pour lave-vaisselle
Un petit coussin tout simple pour que le lave-vaisselle reste entrebâillé.

Un sac à suspendre

Là encore réalisé dans des chutes de tissu (j’en ai tellement !), un sac suspendu au frigo (à l’aide d’un crochet aimanté) pour ranger les capsules de lave-vaisselle (pas de panique, il n’y a pas d’enfants à la maison, et il est suspendu relativement haut). C’est un patron signé Swan Family.

sac suspendu
Première tentative : décidément, ça bâille trop…
sac suspendu
Après avoir passé et resserré un fil de sashiko (ils sont robustes et j’avais juste la bonne couleur !) le long de l’ouverture – une affaire de dix minutes – c’est bien plus joli !

Une housse à germoir

Oh que je les aime, les pousses de soja ! Mais mon maraîcher n’en vend jamais, car cela se garde mal. Du coup… Oh que je l’aime, mon petit germoir en céramique !

housse pour germoir en céramique
Il a juste la bonne taille pour faire germer ma dose de pousses…
housse pour germoir en céramique
Mais il est conseillé de les faire germer dans l’obscurité pour qu’elles ne développent pas un goût amer. Du coup, une housse vite faite ! Mais quand même brodée d’un kamon (blason) japonais chipé sur le Web.
housse pour germoir en céramique
Non seulement il est joli mais, quand on ne s’en sert pas, il se transforme en étagère à épices !

Et une trousse qui va bien !

trousse de toilette sacotin modèle fringante

Au réveillon de Noël, ma fille a admiré la pochette “Complice” que j’avais réalisée pour ma nièce, et ce fut l’occasion pour moi de m’extasier sur ma découverte des modèles Sacôtin… Ni une, ni deux, elle m’a demandé une trousse de toilette, et elle ne pouvait pas me faire plus plaisir !! J’ai choisi la “Fringante” et j’ai beaucoup apprécié la construction originale permettant de la retourner facilement tout en réalisant des finitions intérieures impeccables. Encore une fois, je me suis régalée avec les explications claires comme de l’eau de roche de Véro Pinson, et ma fille est ravie du résultat.

trousse de toilette sacotin modèle fringante
J’ai utilisé un coupon japonais avec de beaux tigres, ce qui convient très bien au caractère de mon aînée ;-)… et pour le reste, des chutes tirées de mes tiroirs. J’ai imperméabilisé le tout avec de l’Odicoat. Le résultat n’est pas top sur le lin qui n’est pas fait pour ça (ça laisse des traces) mais sur le coton, c’est impeccable.
trousse de toilette sacotin modèle fringante
Mes premières poches en “plastique” (le “Cristal” inclus dans le kit pour la Fringante fourni par la Mercerie des créateurs). Pratique pour repérer facilement les petits objets genre pince à épiler…
trousse de toilette sacotin modèle fringante
Début du montage…

trousse de toilette sacotin modèle fringante
Plutôt que d’utiliser de la sangle, j’ai réalisé l’anse avec des chutes de tissu.
trousse de toilette sacotin modèle fringante
Cette trousse ne manque vraiment pas de poches !
trousse de toilette sacotin modèle fringante
L’intérieur

Housses de coussin en sashiko

coussins en lin et sashiko

Plus ça va, moins j’achète de produits tout faits. Je suis trop déçue par leur tenue dans le temps, et je ne suis pas du genre à changer ma déco tous les six mois. Il y a quelques années, j’ai craqué pour des housses de coussin en lin dans un magasin parisien genre concept-store, une mine de belles choses et de tentations, parce que j’avais adoré les couleurs. Voici le résultat aujourd’hui : elles ont été fabriquées avec un lin si fin qu’il n’a tout simplement pas supporté que nous nous y adossions ! Un comble ! Voici des mois qu’elles partent en lambeaux.

coussins en lin et sashiko
Des housses payées cher mais vite parties en lambeaux… on ne m’y reprendra plus !

J’ai décidé de les remplacer et de les faire moi-même, cette fois-ci, car mes tiroirs regorgent de chutes de lin d’excellente qualité, bien épais (que j’achète sur le site Linoulautre), avec lequel je fais mes vêtements et je refais, petit à petit, tout mon linge de maison. Les quatre coloris que j’ai choisis sont respectivement des chutes d’un pantalon, d’une veste, de sets de table et de serviettes de table.

Je les ai agrémentées de broderies sashiko (matériel et modèles proviennent de ma chère boutique Sahiko-ya, où j’ai appris les techniques du sashiko et du boro). J’ai peiné sur le poisson (d’autant que le motif, tracé avec du carbone de brodeuse blanc, avait tendance à s’effacer au fur et à mesure des manipulation), vraiment, je préfère les motifs géométriques.

coussins en lin et sashiko
Le motif asanoha (feuille de chanvre) est long à tracer…
coussins en lin et sashiko
… mais agréable à broder, et il rend tellement bien !
coussins en lin et sashiko
Pour le poisson, ce fut une autre paire de manches, mais le résultat n’est pas mal au final.

Puisque j’étais partie sur du durable, j’ai décidé de les fermer avec une fermeture à glissière et non un simple rabat façon oreiller comme les housses que j’avais achetées (là encore, le fabricant est allé au moins cher, et pourtant je les avais payées un bon prix, ces housses ! quelle arnaque !). Pour que la tirette ne vienne pas égratigner encore davantage notre canapé en cuir qui a bien vécu (merci les chats), j’ai posé une fermeture protégée par un rabat. J’ai trouvé les explications sur le blog “Les lubies de Louise”. Ce n’est pas compliqué !

coussins en lin et sashiko
La fermeture à glissière est cachée sous un rabat.

Les coussins de garnissage, je les ai choisis il y a des années munis d’une fermeture à glissière, eux aussi, donc j’ai profité de ce rafraîchissement pour rajouter un peu de rembourrage dedans. Maintenant qu’ils sont bien gonflés et que les housses sont maintenues bien tendues par les fermetures, ils sont aussi confortables que pimpants. Et je n’ai plus honte quand j’ai un invité ou une stagiaire (avant, je les cachais, pour tout vous avouer, mais quoi de plus triste qu’un canapé tout nu !)…

coussins en lin et sashiko
Le motif shippo (sept trésors) est un des plus faciles à broder et à dessiner.
coussins en lin et sashiko
Pour le motif de libellules, j’ai fait confiance à mon inspiration mais c’est un peu vide. Je ne m’interdis pas d’intervenir à nouveau.

Pochette offerte…

Pochette Complice Sacôtin tissu japonais

Noël est passé, on peut montrer nos créations sans risquer de ruiner la surprise !

Ma nièce a apprécié la pochette que je lui ai offerte, mais j’ai moi-même pris un plaisir infini à la réaliser. Il faut dire que depuis que j’ai cousu la sacoche “50 nuances de bronze” pour mon petit mari, je suis littéralement amoureuse des modèles Sacôtin. En plus j’adore faire des sacs… Et comme j’avais très envie de tester la pochette “Complice”, eh bien… ma nièce s’est retrouvée avec une pochette pour Noël, la pauvre 😉

Les deux tissus bleus que j’ai utilisés viennent de chez Jinh, qui est ma caverne d’Ali Baba en matière de tissus japonais, et pour les accessoires type entoilage, Velcro, bouclerie et fermeture, je ne me suis pas fatiguée, j’ai acheté le kit tout prêt de la Mercerie des créateurs. Et j’ai trouvé un joli ruban scintillant chez ma mercière pour l’anse qui transforme ce portefeuille en sac minimaliste. Comme d’habitude, tout était très, très bien expliqué, merci Véro ! Et j’aime travailler ce genre de petite choses avec plein de pièces et de détails. En plus, pour bien réussir les porte-cartes, il y avait carrément des tutos en vidéo. J’ai enfin eu l’occasion de me servir du pied n5 de ma machine pour autre chose que les ourlets invisibles : il est parfait pour faire des surpiqûres bien nettes. Je ne pourrais plus m’en passer !

Pochette Complice Sacôtin tissu japonais
Pochette Complice Sacôtin tissu japonais
Pochette Complice Sacôtin tissu japonais