Cette année encore, du 12 au 14 décembre, je vais avoir le grand plaisir de participer au marché de Noël de ma petite ville, intitulé le “Village des Terroirs” de Vanves. Ici, “terroir” a plusieurs sens, à commencer par les nombreux producteurs ruraux de l’association Pari fermier qui viennent des six coins de l’Hexagone pour nous régaler avec leurs merveilles (mon favori… chut ! c’est la productrice de savons au lait de jument… leur mousse est si douce que je lui en prends chaque année de quoi me faire plaisir pour les 365 jours suivants !!!). Mais cela inclut aussi le terroir vanvéen, avec des créatrices et créateurs de chez nous, ainsi que des villes alentour et du reste de la France. Chaque année, on est heureux de revoir les anciens, d’accueillir les nouveaux, j’ai énormément hâte de retrouver cette merveilleuse ambiance.
Pour justifier ma présence 😉, j’ai passé un peu de temps devant mon métier à tisser ! Pas de nouveau marché sans nouveautés tissées ! Voici quelques photos (assez mauvaises, dur dur en ce moment de travailler en lumière naturelle !) des stars qui viendront arpenter le podium… impossible de se rendre compte sur ces pauvres clichés de leur douceur et de leur moelleux : il va falloir venir les tâter par vous-même (et si vous n’êtes pas disponible ce week-end-là, on se verra peut-être à la Fête de la Laine de Malakoff en février prochain – mais j’aurai l’occasion de vous en reparler).
Les créations qui n’auront pas rencontré leur Princesse ou leur Prince charmant·e seront mises en vente dans la boutique en ligne dans les jours suivant le marché.
À bientôt !
Rayures toutes simples aux nuances inspirées des paysages côtiers australiensPetits losanges imbriqués en fil mérinos et soie filé au rouetLe luxe 100% soie sauvage !Des chevrons, encore des chevrons, jamais assez de chevrons <3
Je sais qu’il y a des tas de clichés sur Noël, et je sais que beaucoup de gens détestent cette période, apparemment synonyme de dépenses non bienvenues, de stress au sujet des cadeaux et de l’organisation du repas, et aussi, paraît-il, de disputes familiales.
Personnellement, j’ai une autre expérience. Ce n’est pas la valeur des cadeaux qui compte, c’est d’avoir pensé à la personne qu’on aime et qu’on a envie de gâter, d’avoir essayé de deviner ce qui lui fera plaisir. Pas de stress en ce qui me concerne car j’y pense un peu tout au long de l’année (“Oh tiens, ça serait sympa, ça, pour Maman !”) et je les achète ou je les fabrique souvent bien avant décembre. Pour le dîner, c’est pas tout le temps chez moi mais le menu est généralement simple : on mange ce qu’on aime et on s’organise pour que chacun apporte quelque chose ou donne un coup de main pour ceci ou cela. On est ravis de se retrouver tous ensemble, ce qui n’arrive pas si souvent, parce qu’on n’habite pas tous au même endroit. C’est toujours une chouette soirée.
Bref j’adore Noël et je savoure ses préparatifs pendant tout le mois de décembre, ce qui me permet d’oublier un peu le climat généralement tristounet.
Et parmi mes préparatifs, le marché de Noël de ma ville, bien sûr. Voilà quelques années que j’y suis non seulement exposante mais aussi organisatrice, autant vous dire que je commence à y penser et à y travailler dès l’été… et là ça se précise, ça y est, les créatrices et les créateurs sont au taquet, demain ils débarquent, on claque des grosses bises aux habitués et on accueille chaleureusement les nouveaux avant d’investir nos tentes. En ce qui me concerne, je vais la remplir de douceur et de couleurs. Voici un petit aperçu des écharpes en mérinos et soie tombées du métier au cours des dernières semaines…
Cette année, vraiment, il m’en fallait, de la couleur, que dis-je ! DES couleurs. TOUTES les couleurs.
Les avalanches de mauvaises nouvelles, cette persistance guerrière incroyable (pas dans le sens où incroyable = extraordinaire = génial, hein ? dans le sens où incroyable = j’ai du mal à croire que cela soit encore possible) en de multiples points de la planète, une angoisse croissante sur notre capacité à nous assurer le minimum vital au moment où la politique et l’écologie craquent de toutes parts : je ne sais pas comment cette année a débuté pour vous, mais pour ma part, je subis des tonnes d’angoisses anxiogènes dès que je glisse un œil hors de chez moi au propre comme au figuré – en fait surtout au figuré car, au propre, mes horaires de vie bizarres font que je croise peu de monde. Je sais, depuis 2020, ne croiser personne quand on sort, c’est aussi très inquiétant.
Bref, une fois que j’ai reçu la confirmation que ma participation à la Fête de la Laine de Malakoff – où j’ai passé de si bons moments au cours des années passées – était acceptée, mon cerveau a commencé à tourner non pas en rond, mais en multiples spirales imbriquées les unes dans les autres, quelque chose de dingue. Je suis une femme de spirale, vous l’ai-je déjà dit ? D’où ma fascination pour le travail du fil, qui est une spirale infinie, un ressenti que j’ai découvert par le passé avec le tournage.
Cette année, les organisateurs de la Fête de la Laine ont spécifiquement demandé que les exposants s’engagent pour la planète. En résumé, il fallait surtout s’assurer que notre laine vienne d’élevages respectant le bien-être animal (dans le cas de la laine, surtout, ne pratiquant pas le mulesing) et, en matière de teinture, s’engager à ne pas utiliser de produits contenant des métaux lourds.
Pour ma part, j’avais déjà fait la démarche sur le bien-être animal à la demande de certains de mes clients, et c’était le moment de s’intéresser plus précisément à la planète. Cela n’a pas été si simple que cela. Concernant les sites sur lesquels j’achète ma laine déjà teinte, ouf ! ils étaient déjà fiers de communiquer sur le fait que leurs teintures étaient labellisées Oeko-Tex (DHG et Wolllust).
Pour les teintures, en revanche, cela n’a pas été si facile. Pour celles que j’utilise le plus souvent, notamment – mes chères Dupont –, j’ai déjà eu du mal à tout simplement trouver le fabricant ! qui était en Belgique… à le joindre et obtenir sa réponse… et je le remercie de sa transparence, puisqu’il m’a fait parvenir des documents que j’ai pu soumettre à ma chimiste de service. Bilan : pas de métaux lourds. Quel poids soulevé de ma poitrine ! (Bien qu’il reste une petite culpabilité car, il ne fallait pas me voiler la face, j’aurais en fait dû m’occuper de cela bien plus tôt.)
Bref, quand j’ai reçu cette bonne nouvelle, je me suis précipitée dans ma cuisine (eh oui, on n’a pas tous l’espace disponible pour un atelier teinture), pleine d’envies de couleurs… d’arcs-en-ciel… et voilà ! J’ai encore, cette année, une belle collection d’écheveaux “Fractals” à présenter à la Fête de la Laine. Si vous ne pouvez pas nous rejoindre ce week-end à Malakoff, retrouvez-les en boutique !
Cette année, le marché de Noël de Vanves se tiendra du vendredi 9 décembre à 15 h au dimanche 11 décembre à 18 h. Vous y trouverez des producteurs de terroir venus des quatre coins de France, ainsi que les exposants de L’Archipel des créateurs, dont j’aurai encore une fois le plaisir et l’honneur de faire partie. Rendez-vous donc ce week-end sur la jolie place de la République de Vanves !
L’année dernière, il a fallu faire l’impasse, et cette année, compte tenu du contexte difficile, certains ont encore dû être annulés, mais le marché de Noël de L’Archipel des créateurs, qui se tient en extérieur, sera maintenu ce week-end. De vendredi 10 décembre à dimanche 12 décembre, vous pourrez donc venir voir “en vrai” – et toucher, caresser, palper… – mes créations tissées à Vanves, place de la République.
Côté tissage, je présenterai pas mal de nouveautés, dont certaines sont encore en finition… ce sera une surprise ! Mais vous découvrirez trois petites nouvelles dans ma collection “Sismogrammes”. Quel plaisir de retrouver mon métier !
Cela faisait un moment que je n’avais pas pu jouer du pinceau et de la palette : en général, les mois d’automne se passent surtout devant mon métier à tisser, à concocter de nouvelles créations pour Noël. En plus, cette année, de nombreuses personnes ont décidé d’offrir à des proches un stage de tissage chez Rue de la Laine, ce qui a été l’occasion de précieuses et plaisantes rencontres.
Du coup, j’ai retrouvé ma cuisine-laboratoire avec un œil neuf, un appétit accru et des envies de mélanges de couleurs plus originaux. Je me suis régalée !
N’hésitez pas à passer les découvrir sur mon stand à la Fête de la Laine, demain et dimanche, à partir de 10 h, à la salle des fêtes Jean-Jaurès de Malakoff. C’est une belle salle spacieuse et claire où j’ai eu grand plaisir à exposer l’année dernière… et mon plaisir est particulièrement intense quand mes élèves passent me voir pour me montrer les merveilles qu’ils ont réalisées après leur stage. Surtout, ne soyez pas timides ! À bientôt !
J’avais oublié de vous en parler, de ceux-là ! Vous vous souvenez peut-être du challenge “5 days, 5 shawls” auquel j’ai participé en janvier dernier ; vous y avez peut-être d’ailleurs participé vous-même.
Eh bien, la designeuse Ahora Knits en a proposé une nouvelle
tournée. Je m’étais bien amusée à tricoter tous ces petits échantillons qui
m’ont permis de mieux comprendre les diverses formes de châles et je suis
tombée amoureuse du châle asymétrique ainsi que de sa variante en pointe de
flèche…
Ce
genre de petit challenge est très ludique car il demande peu de temps chaque
jour. Et encore, moi, je m’amuse en plus à filer le fil ! Une nouvelle
fois, j’ai cardé du mérinos coloré pour établir un petit dégradé, et j’ai obtenu
cinq mini-pelotes à croquer.
Ensuite je n’ai plus eu qu’à tricoter chaque jour la forme
proposée… pas de chance, il n’y avait qu’un nouveau modèle, j’avais déjà fait
les quatre autres lors de la précédente édition du challenge. Pas grave, j’en
ai profité pour tester mes propres variantes.
Pour le premier, le châle triangulaire, j’ai décidé d’insérer une torsade entre les mailles d’augmentation.
Pour le deuxième, le châle triangulaire en “aile”, je me suis contentée de modifier la façon de faire les augmentations, mais cela n’est pas très visible.
Pour le troisième, le châle asymétrique, une de mes formes préférées, j’avais déjà tenté comme variante la forme en flèche l’année dernière, donc je me suis juste exercée à faire les augmentations/diminutions dans l’autre sens. Sur un modèle aussi simple par ailleurs, cela n’a pas d’intérêt évident.
Pour le quatrième, le châle trois quarts, qui ne comptera décidément jamais parmi mes favoris, j’ai aussi changé le look des augmentations…
Pour le cinquième, surprise ! Une nouvelle forme à
tester ! Et je l’ai beaucoup aimée : le châle semi-circulaire.
Celui-ci me plaît beaucoup. Mon goût me portera toujours davantage vers les
formes asymétriques, mais celui-ci me va aussi. Il faut dire que j’aime les
châles allongés car je les porte généralement plus ou moins comme des écharpes.
Tout ça m’a donné envie de m’inventer un modèle ! Mais
je me connais, je n’aurai jamais le temps…
Je ne pouvais pas faire l’impasse sur une manifestation aussi proche de moi, à la fois sur le plan géographique et sur le plan créatif, que la Fête de la Laine organisée ce week-end à Malakoff, en proche banlieue parisienne. Des exposants talentueux, des ateliers passionnants, un défilé de mode, des petits jeux-concours avec des lots laineux à gagner (comme le ballon que je vous ai montré hier)… Ne résistez pas : si vous êtes dans le coin ce week-end, venez y faire un tour.
Ludique, c’est le thème que j’ai proposé en février aux fileuses et fileurs du forum Tricotin (eh oui, en ce début d’année je livre les thèmes dans le désordre !). Filer, papouiller leurs fibres préférées, ils kiffent, je le sais, c’est bien pour ça qu’ils viennent régulièrement traîner leurs guêtres sur ce forum. Filer nous détend, terminer un écheveau et l’admirer enfin est un délice, plonger les bras dans un sac de fibres est un plaisir sensuel… Mais qu’est-ce qui nous amuse vraiment ? À quel moment, dans la pratique du filage, est-ce que nous avons le plus l’impression de “jouer” ?
Pour ma part, ce qui m’amuse toujours en matière de filage,
c’est la découverte d’une nappe fantaisie très texturée et très colorée. Ce qui
me passe sous les doigts change tout le temps, les matières différentes me
lancent des petits défis qu’il faut relever immédiatement. Ici, par exemple, je
vois arriver un beau grumeau de laine feutrée ou rustique, vite, je me
débrouille pour qu’il fasse une grosse bulle ; là, une bouclette, il faut
qu’on en voie bien la spirale et qu’elle ait l’air emmêlé… Je prends mon temps,
je change la position de mes doigts, c’est tout le contraire de la routine
(routine que j’aime par ailleurs quand je file fin et régulier, et que mes
pensées s’envolent dans une rêvasserie qui peut durer des heures).
J’ai donc puisé dans ma caisse d’“agents de texture” – qui
contient toutes sortes de petits bouts de ci et de ça, morceaux de laine gros
comme le pouce volontairement feutrés pendant la teinture, bouclettes de
mohair, etc. – et j’en ai passé un maximum à la cardeuse, avec quelques fines
couches de corriedale ici et là pour donner du corps et lier le tout.
Ensuite, j’ai filé cette nappe en core-spun, autour d’une “âme” en laine qui accroche un peu (idéale
pour cette technique). Le core-spun
permet en effet d’obtenir toutes sortes de reliefs différents selon le type de
fibre qui se présente. Et avec l’Aura, on peut travailler très lentement tout
en lui demandant d’avaler le fil relativement vite, afin que le résultat ne
soit pas trop tordu, voilà pourquoi c’est mon rouet de prédilection pour le core-spun comme pour le long draw.
Pour continuer sur le thème “ludique”, j’ai décidé de
transformer cet écheveau en jouet en le tricotant autour d’un ballon. J’ai
commencé par faire une sorte de chaussette arrondie, avec deux aiguilles
circulaires, ce qui est à mon goût la meilleure manière de travailler quand on
veut tricoter en rond sur des diamètres de ce genre (ce serait vraiment trop
inconfortable avec des doubles pointes). Et, avant qu’il soit temps d’insérer
le ballon dedans pour terminer le tricot tout autour, j’ai considéré mon
ouvrage sous ses deux faces : jersey endroit ou jersey envers ?
Il se trouve que lorsque je vends un fil très fantaisie, je conseille généralement de le tricoter en jersey envers, surtout s’il comporte des inclusions de perles ou de breloques comme mon fil “Robert d’Artois”. En effet, quand on tricote en jersey, les ajouts ou les parties plus grosses restent généralement sur l’envers, et qui achèterait un fil coûteux pour voir disparaître la moitié des éléments pour lesquels on l’a acheté ? (Moi ! Arrgh ! mais je vous raconterai cela un autre jour…)
J’ai sans hésiter choisi la face envers du jersey, avec toutes ses petites bouboules et frisettes qui illustraient clairement l’aspect ludique de mon fil. Et voici un joli ballon laineux… qui le veut ? S’il vous fait de l’œil, sachez que c’est un des lots mis en jeu lors de la prochaine Fête de la Laine. Venez y faire un tour, répondez juste aux questions et tentez votre chance ! 🙂
Pour la dernière étape du défi des 5 châles en
5 jours, nous avons étudié un châle carré.
Je serais tentée de dire : beurk, car au départ je n’aime déjà pas trop les châles carrés (trop compliqués à porter pour mon goût, ou alors il en faudrait un très, très fin à porter comme un foulard… et j’avoue que je ne mets jamais de foulards), et en plus il s’agissait de le tricoter avec 5 aiguilles doubles pointes, en mettant 2 mailles sur chaque aiguille “porteuse”.
Eh bien j’ai dû m’y reprendre à Dieu sait combien de fois ! Je ne suis déjà pas équipée d’assez de mains pour tricoter en rond avec autant d’aiguilles, si en plus elles pivotent dans tous les sens parce qu’il y a trop peu de mailles dessus pour qu’elles tiennent un minimum… Soupir… Mais, voyez, je suis encore vivante, et le carré est là, bien que pas très rigoureux. À celles et ceux qui souhaiteraient s’y essayer malgré mes remarques négatives, je tiens tout de même à préciser que plus on a de mailles – au fil des augmentations – plus l’ensemble est facile à manipuler, cela vaut donc le coup d’insister.