Anti-claque-porte

bricolage cale-porte patchwork

L’été est bel et bien là, on a déjà eu un petit épisode un peu chaud-chaud-chaud… Ma spécialité, c’est de vivre dans les courants d’air quand il fait encore un peu frais à l’extérieur, puis de tout calfeutrer en attendant la prochaine accalmie du thermomètre. Mais pendant la période “courants d’air”, ce qui me tape vraiment sur les nerfs, ce sont les portes qui claquent ! Je sais, c’est un corollaire, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre, etc.

Du coup, les garçons qui habitent avec moi calent les portes avec ce qui leur tombe sous la main : un T-shirt sale pour l’un, une vieille basket pour l’autre. On les coince dans le chambranle et hop ! plus de portes qui claquent, et le glamour est assuré 😀

Ça faisait un moment que je réfléchissais à ce petit bricolage un peu moins laisser-aller, et au moment où un certain virus que je ne nommerai pas m’a mise sur le flanc, je n’avais plus l’énergie de faire autre chose que manipuler de tout petits, petits morceaux de tissu, donc… voici mon “anti-claque-porte”. Avec sa petite bride pour le suspendre à la poignée quand on ne s’en sert pas (voui, je pense à tout). Si vous avez envie d’en fabriquer un, je vous ai concocté une petite fiche gratuite que vous retrouverez sur la page “Fiches gratuites et patrons”. Rien ne vous empêche d’agrandir le modèle pour réaliser un coussin de canapé un peu original !

bricolage cale-porte patchwork

Ô sashiko ! Ô boro !

sashiko boro mending broderie japonaise

Entre deux confinements, j’ai eu le plaisir de découvrir le sashiko lors d’un stage à Espace Japon. J’y avais déjà entrevu l’art du soroban (boulier japonais) et de l’ikebana (art floral), et pendant le premier confinement, j’ai même appris (en visioconférence) à cuisiner de délicieux ramens. Bref, on peut dire que j’y ai mes habitudes… Mon Prince m’offre même des bons cadeaux, c’est dire !

Le sashiko me faisait envie depuis un moment, je devinais dans ses lignes géométriques la possibilité d’une activité aussi méditative que mon cher filage… et j’avais parfaitement raison. Vous me direz qu’il n’y a pas besoin de faire un stage pour broder des lignes. Mais j’adore apprendre de nouvelles techniques et la tenue traditionnelle de notre professeur valait à elle seule le déplacement. Et puis il y a quand même deux-trois trucs à savoir, ne serait-ce qu’apprendre à préparer une échevette de fil, car cela ne s’utilise pas comme un fil à broder classique. Et dans ces lignes géométriques, il y a tout un cheminement, figurez-vous. On ne brode pas au hasard. En suivant les lignes, en revenant sur nos pas, on a l’impression de se promener dans un jardin zen.

Bon, ce premier bout de broderie était “facile” car le tissu était préimprimé (il suffit de le laver pour faire disparaître les traces du dessin). Ce motif-là, très connu, s’appelle asanoha (“feuille de chanvre”). Comme je ne voulais pas que ma première œuvre reste sous forme d’échantillon, je l’ai pliée en deux, j’ai ajouté une fermeture à glissière et hop ! Une petite trousse pour ranger mes échevettes et mes aiguilles.

sashiko boro mending broderie japonaise
sashiko boro mending broderie japonaise

Pour acheter du fil supplémentaire, sur le conseil de mon professeur, je suis allée dans une vraie caverne d’Ali Baba : la boutique Sashiko-ya, tenue par Satomi Sakuma et son charmant mari. Et là, j’ai découvert que Satomi ne fait pas que du sashiko : c’est une vraie pro du boro et du boro mending (elle fait d’ailleurs souvent des démonstrations d’upcycling ici et là). Qu’ai-je donc fait ? Vous me voyez venir ? Évidemment, je me suis inscrite à un stage ! 😊

D’abord, pour apprendre le boro, qui est une sorte de patchwork à la japonaise. Nous avions à décorer un rectangle de tissu que nous allions ensuite plier en deux pour en faire un sac. Satomi nous a distribué des petits bouts de tissu que nous avons coupés, disposés sur le rectangle bleu foncé et cousus. Une fois rentrée à la maison, j’ai rehaussé certaines pièces de points de broderie avant d’assembler mon sac, puis j’ai réalisé une cordelette assortie en kumihimo pour le fermer et hop ! Un petit sac pour ranger mes bouts de tissu.

sashiko boro mending broderie japonaise
sashiko boro mending broderie japonaise

En effet, en fouinant dans la boutique, j’avais trouvé des pièces de tissu préimprimées pour réparer les jeans (ou tout ce qu’on veut d’autre)… très pratique ! Surtout pour le boro mending.

Le boro mending, c’est l’ancêtre de la broderie au Japon : c’est en effet en réparant les vêtements abîmés à l’aide de pièces de tissu maintenues par des lignes de couture que l’on a inventé le boro et le sashiko ! Toutes ces techniques sont étroitement liées, et elles collent bien au désir actuel de mieux consommer, de moins jeter, de réparer. “Ending is better than mending” (mieux vaut jeter que réparer), enseignait-on aux enfants du Meilleur des mondes pour les pousser à consommer (meilleur peut-être, mais pas si génial, ce “monde” imaginé par Aldous Huxley – le premier roman que j’aie lu en anglais, si mes souvenirs sont exacts). Je préfère retourner ce dicton et affirmer à mes propres enfants : “Mending is better than ending”.

Lors de ce troisième stage, j’ai donc appris diverses techniques pour masquer un accroc. J’aime bien cet échantillon de petits trous réparés et je ne le laisserai pas dormir au fond d’un tiroir. Vous ne pensez pas qu’il ferait une très chouette poche, sur une veste ample ou un sac en jean ?

sashiko boro mending broderie japonaise

Ensuite, Satomi nous a enseigné le sashiko hitomezashi, basé sur des grilles qui permettent de solidifier la pose d’une pièce de tissu destinée à recouvrir une partie de vêtement usée. Encore plus méditatif que le sashiko traditionnel (qu’on appelle moyozashi). J’adore. Le sashiko hitomezashi a un côté très binaire qui me berce. Je suis partie de chez Satomi avec plus de fils à broder, de belles aiguilles offertes à l’occasion du stage et son joli livre, qu’elle a eu la gentillesse de me dédicacer (en japonais !).

sashiko boro mending broderie japonaise
sashiko boro mending broderie japonaise

Une fois rentrée à la maison, devinez ce qu’il s’est passé… Les jeans usés sont sortis tout seuls de leur placard pour venir s’entasser sur mon bureau ! Si, si, je vous assure ! Voilà pourquoi vous allez maintenant pouvoir admirer une jolie collection de fesses 😀 Pour certains, j’ai utilisé mes pièces préimprimées ; pour d’autres (le noir par exemple) j’ai tracé moi-même les motifs sur des chutes de tissu (avec un porte-mine à mine blanche). C’est là que j’ai été ravie d’avoir une règle à patchwork, trèèèès pratique pour tracer des grilles. Mais si l’on ne veut pas s’embêter à tracer des grilles, il existe des tissus préimprimés avec des points qu’il suffit de relier pour obtenir le motif de son choix.

Mais je n’ai pas oublié le sashiko, puisque j’ai récupéré un vieux bout de drap jaune (rien ne se perd chez moi !) pour faire un sachet à citrons.

Comment, vous n’avez pas de sachet à citrons ? Comme je vous plains ! C’est un indispensable dans toute cuisine… En tout cas si, comme moi, vous aimez mettre une rondelle de citron fraîchement coupée (merveilleuse odeur pour commencer la journée) dans votre thé du matin. Comme on garde la peau, j’achète donc des citrons bio. Mais ils s’abîment vite… Alors que mon cher primeur s’étonnait de me les voir acheter un par un (et revenir souvent), je lui en ai fait la remarque et il m’a expliqué que les citrons, pour rester en pleine forme, ne doivent côtoyer aucun autre fruit ou légume. D’où la nécessité d’un sac à citrons. Voilà, vous savez tout 😉

Comme je travaillais cette fois sur du tissu jaune, j’ai utilisé un feutre Frixion pour tracer le motif shippo (“sept trésors”). Le souci avec les motifs tracés à la mine blanche, c’est qu’ils finissent par s’effacer quand on manipule le tissu et qu’il faut les redessiner de temps en temps, mais je ne vois pas comment faire autrement sur du tissu foncé ; il faut que j’essaie le carbone de brodeuse pour voir si c’est plus stable. Le feutre Frixion est parfait pour les tissus clairs ; une fois qu’on a terminé, il suffit d’un coup de fer à repasser pour effacer les traces. Là encore, sus à mon marudai (tabouret de kumihimo) pour faire les cordelières et hop ! Un sac à citrons. Et, en effet, ils ne s’abîment plus.

Maintenant, vous savez pourquoi j’ai été silencieuse ces derniers temps : je tirais l’aiguille… Mais je vous rassure, mon rouet et mon métier à tisser ne sont pas oubliés, loin de là.

sashiko boro mending broderie japonaise
sashiko boro mending broderie japonaise
sashiko boro mending broderie japonaise
sashiko boro mending broderie japonaise

Rendez-vous à la Fête de la Laine

Elle a lieu ce week-end, les 12 et 13 février, à Malakoff, et comme d’habitude, elle réunira un grand nombre d’artistes textiles en rapport avec la laine, dont j’ai l’honneur de faire partie.

Parmi les nouveautés que je présenterai, un bel écheveau 70% mérinos 30% bourrette de soie, dodu et texturé comme je les aime (ah oui, lui je l’aime d’amour, s’il ne se vend pas je prendrai un énorme plaisir à le tisser), d’un poids de 170 grammes pour 310 mètres, une nouvelle collection d’écheveaux “Fractal” et des paquets de rolags à filer !

Retrouvez tous les détails ici.

C’est le retour des marchés de Noël !

L’année dernière, il a fallu faire l’impasse, et cette année, compte tenu du contexte difficile, certains ont encore dû être annulés, mais le marché de Noël de L’Archipel des créateurs, qui se tient en extérieur, sera maintenu ce week-end. De vendredi 10 décembre à dimanche 12 décembre, vous pourrez donc venir voir “en vrai” – et toucher, caresser, palper… – mes créations tissées à Vanves, place de la République.

J’exposerai parmi une trentaine de créateurs et de nombreux producteurs de terroirs de l’association Pari fermier qui viendront nous apporter leurs merveilles des quatre coins de la France. Il y aura également des animations, des concerts, des spectacles de rue… un peu de gaieté dans une époque qui a du mal à renouer avec le plaisir ! Venez nombreux !

Côté tissage, je présenterai pas mal de nouveautés, dont certaines sont encore en finition… ce sera une surprise ! Mais vous découvrirez trois petites nouvelles dans ma collection “Sismogrammes”. Quel plaisir de retrouver mon métier !

écharpe alpaga et soie tissée à la main en fil filé au rouet
écharpe alpaga et soie tissée à la main en fil filé au rouet
écharpe alpaga et soie tissée à la main en fil filé au rouet

Poncho d’automne

poncho tissé main

Peau d’Âne voulait une robe couleur du temps… je me contenterai d’un poncho couleur d’automne. C’est ma saison préférée – les températures fraîchissent et je peux enfin sortir mes châles, pulls, bonnets et écharpes de leurs boîtes et housses protectrices. Quel bonheur de s’emplir les yeux des mille couleurs que prennent les feuilles des arbres en octobre et en novembre !

Au cours des dernières années, j’ai accumulé plusieurs projets de tricot dans ces tons-là et j’ai soigneusement mis de côté tous les restes de pelotes dans un petit sac. C’est bien la raison d’être de ce petit métier que j’adore et qu’Ashford a baptisé “Knitter’s Loom”, autrement dit “métier de l’amateur de tricot” : permettre d’utiliser facilement nos restes de fil pour se faire de belles écharpes assorties à nos bonnets, cols et mitaines.

Cette année, après une longue période éloignée du métier à tisser, j’ai à nouveau pu faire des projets : un nouveau marché de Noël se profile ! Croisons les doigts pour que celui-là ne soit pas annulé… J’ai des milliers d’idées, il faut juste que je me réorganise pour dégager assez de temps. Comme mise en bouche, j’ai décidé que “charité bien ordonnée commence par soi-même” : rien ne me motiverait plus que d’entamer enfin mon cher poncho.

Pas de défi technique à relever : pour ce genre de poncho (qui ressemble un peu à un plaid), il suffit de tisser deux rectangles que l’on attache ensuite l’un à l’autre en nouant les franges (visualisez la technique ici). Les miens font environ 100 × 60 cm, c’est peut-être un peu grand, mais il me protège les mains. Et il me reste plein de fil !

poncho tissé main
Ma belle moisson de restes de pelotes aux couleurs de l’automne…
poncho tissé main
Petit point de finition pour stabiliser le début et la fin du tissage (les franges ne seront nouées qu’au moment de l’assemblage).
poncho tissé main
Pour assembler les deux pièces, on tire quelques fils à travers la lisière avec un crochet puis on réalise le nœud d’escargot habituel.
poncho tissé main
La façon la plus nette, la plus rapide et la plus simple de couper des franges régulières : une règle à patchwork et un cutter rotatif !
poncho tissé main

Comment “inventer” une trousse à outils

diy faire une trousse cuisine japonaise

J’ai profité du confinement pour découvrir la cuisine japonaise. Pour vous, ça sera certainement autre chose, mais on peut avoir envie de réunir dans une (jolie si possible) trousse un certain nombre d’outils qui sont réservés à un certain usage. Aujourd’hui, j’avais envie de partager avec vous ma démarche, que j’ai aussi utilisée pour mon “tablier de marché”. Le principe : au lieu de prendre crayon et papier pour créer un patron, commencer par les poches.

Là, j’avais besoin de ranger une cuiller à riz, un couteau bien aiguisé (pour découper le poisson des sushis), des baguettes, une natte pour les makis, un petit livre de recettes et des moules pour onigiris, sushis et gyozas (des accessoires que j’ai reçus sous la forme d’un kit fourni dans une grosse boîte encombrante, sauf le moule à onigiris que j’ai acheté à part).

diy faire une trousse cuisine japonaise

Donc, comme je vous l’ai expliqué pour mon “tablier de marché”, ma première démarche pour ce genre d’ouvrage n’est pas de créer une sorte de sac et ensuite de trouver un emplacement pour chaque objet. Au contraire, j’ai commencé par réaliser les poches de chaque objet, puis je les ai disposées sur ma surface de travail afin de déterminer à quoi ressemblerait la trousse finale.

Par exemple, pour le couteau, pas question d’utiliser du joli tissu qui risquait de s’user très vite au contact de la lame : j’ai tracé le contour de cette dernière sur un bout de papier, puis j’ai ajouté une marge de couture et j’ai découpé deux morceaux dans une chute de cuir. Astuce : pour avoir un joli résultat, j’ai découpé le premier morceau, j’ai déposé de la colle à cuir sur 1 mm de bordure (sauf en haut bien sûr ! et j’ai laissé 1 cm de bords libres en haut pour pouvoir faire mes surpiqûres confortablement) avec un coton-tige, j’ai collé ce morceau sur un autre bout de cuir et j’ai ensuite coupé le bout du dessous au bord, avec un cutter rotatif. Résultat : impec !

diy faire une trousse cuisine japonaise
diy faire une trousse cuisine japonaise
diy faire une trousse cuisine japonaise

Ensuite, j’ai mesuré les autres objets et réalisé les poches correspondantes dans des restes de tissu japonais. Ah ! oui, je ne vous l’ai pas encore dit : cette trousse ne m’a rien coûté puisque je n’ai employé que des chutes d’ouvrages précédents (notamment une jolie veste façon kimono dont je me suis fait cadeau en début d’année – je ne vous l’ai pas montrée parce que j’ai eu la flemme de poser pour la photo, hi hi). Pour la plupart, des poches plates, plus une à soufflet pour glisser le petit livre de recettes et les moules à sushis et onigiris, que j’ai décidé de réunir.

diy faire une trousse cuisine japonaise
diy faire une trousse cuisine japonaise
diy faire une trousse cuisine japonaise

Restait à concevoir le corps de la trousse et la fermeture.

Pour ce genre de chose, avec des objets disparates à ranger, je vais au plus simple : tout disposer sur une surface plate qui sera enroulée, comme pour les pochettes à embouts d’aiguilles circulaires que j’ai déjà créées par le passé. Il m’est aussi arrivé d’en créer une pour un passionné de photo qui souhaitait ranger des accessoires (genre filtres) dans une housse bien moelleuse.

diy faire une trousse cuisine japonaise

Après avoir réalisé les patrons des poches, puis les poches elles-mêmes, je les ai alignées sur mon plan de coupe avec l’espacement que je souhaitais et j’ai déterminé la taille du fond, que j’ai coupé avec quelques centimètres de marge. J’ai ajouté un rabat en haut pour être sûre que rien ne tomberait quand je transporterais la trousse.

diy faire une trousse cuisine japonaise

Pour la partie extérieure, plus visible, j’ai eu envie d’être un peu plus décorative, mais il ne me restait plus grand-chose comme chutes de tissu. Je ne suis pas une fana de patchwork, mais j’aime bien assembler des bandes de tissu en “log cabin”, ça permet vraiment d’aller jusqu’au bout de tous les restes… Par contre, c’est super géométrique… peut-être un peu trop pour moi… alors, en surfant un peu sur la Toile, j’ai découvert le crazy log cabin, et ça, ça m’a bien plu. J’ai donc assemblé un certain nombre de bouts de rien du tout que j’aurais sans doute jetés dans d’autres circonstances, j’ai retaillé le résultat à la mesure de mon rectangle de base, et j’ai assemblé le tout (avec un molleton entre les deux pour donner du corps à la trousse).

Pour la fermeture, vous vous étonnerez sans doute que je ne m’y sois pas prise plus en amont. Cela m’aurait permis de prévoir des boutonnières ou des fixations magnétiques. Mais je n’avais pas envie de quelque chose d’aussi précis, parce qu’avec ce genre de trousse, on peut avoir envie de rajouter un nouvel outil ou accessoire, et du coup cela ne fermera plus. Pour rester dans la “japonaiserie”, j’ai donc décidé de tisser un galon rond au kumihimo, et il ne m’a fallu ensuite que quelques minutes pour broder des passants avec le même fil (dédoublé) pour le maintenir en place, en haut et en bas de la trousse, à environ un tiers de la hauteur. Allons vers la facilité et l’improvisation ! 😊

diy faire une trousse cuisine japonaise

Et voilà ! Toutes mes petites affaires ont trouvé leur place, et je ne vais plus me demander dans quel tiroir les gentilles personnes qui vident le lave-vaisselle les ont glissées (est-ce que je ne vis pas dans le luxe le plus total ? eh oui, chez moi il y a plein de petits lutins magiques qui ont la gentillesse de ranger la vaisselle propre ! “Femme comblée, je suis !” aurait pu dire Yoda s’il avait eu deux chromosomes X – mais après tout, c’est peut-être le cas, il me semble bien que les créateurs de Star Wars ne se sont pas encore penchés sur sa formule ADN).

Et maintenant, que vous proposer si vous avez envie de vous lancer dans la cuisine japonaise ? Découvrir les mangas et la série de La Cantine de minuit, bien sûr (en anglais : Midnight Diner: Tokyo Stories), et le livre de recettes qui va avec !

diy faire une trousse cuisine japonaise

Hello Moosie !

filage artisanal fuseau moosie bosworth

Pendant les confinements, et après, les événements et diverses obligations m’ont un peu éloignée du monde du filage, et ce n’est qu’en reprenant le fuseau que j’ai compris à quel point cela m’avait manqué…

Quelle surprise donc de recevoir un message de Sheila Bosworth pour me dire qu’après des années passées sur la liste d’attente, elle avait enfin un Moosie à me proposer ! Vu le temps écoulé, j’avais eu le temps de faire des économies, alors je n’ai pas hésité une seule seconde à dire oui. Et quelque temps plus tard, il arrivait, soigneusement emballé… un très beau petit fuseau, très bien équilibré, taillé dans une corne d’élan. Soigneusement poli, il luit comme de l’ivoire, et il est aussi doux sous les doigts qu’à l’œil.

Je rassure ici tout de suite les vegans : de même qu’on ne tue pas les moutons pour obtenir leur laine, on n’assassine pas les élans pour avoir leurs bois. Ils tombent tout simplement chaque année, après la saison des amours, quand ils n’en ont plus besoin pour frimer 😉 Et il n’y a plus qu’à se promener en forêt pour les ramasser !

filage artisanal fuseau moosie bosworth
filage artisanal fuseau moosie bosworth
filage artisanal fuseau moosie bosworth

J’ai cardé un petit mélange de soie, bluefaced leicester et bébé chameau, léger comme un nuage, que j’ai filé en deux fois pour obtenir un fil à deux brins (ce que je suis classique comme fille ! mais c’est l’idéal pour le tissage que j’ai en tête…). J’ai réalisé le retors avec mon gros fuseau Golding qui est spécialement conçu pour ça et qui fait magnifiquement le job. C’est simple, même avec du fil relativement fin (au final j’ai environ 400 mètres pour 100 grammes), c’est le genre de fuseau qu’on est obligé d’arrêter…

Pas sûre de pouvoir trouver le temps de le tisser cette année, mais j’espère bien pouvoir vous montrer le résultat début 2022. Les bonnes choses savent se faire attendre…

filage artisanal fuseau moosie bosworth
filage artisanal fuseau moosie bosworth
filage artisanal fuseau moosie bosworth

C’est la saison des sacs… je transporte aussi mon “marudai” !

sac marudai kumihimo cordons japonais

Il y a quelque temps que j’ai commencé à réaliser des cordons et des lacets en kumihimo.

C’est un art japonais trrrès ancien qui consistait (et consiste toujours) à tresser des lanières et cordons de toute sorte pour fermer les vêtements avant l’invention du très récent bouton mais pour aussi orner des armures ou des épées, entre autres. Moi qui aime bien réaliser les choses d’un bout à l’autre, cela me convenait tout à fait pour fabriquer des coulisses de petits sacs, de pantalon, etc.

J’ai commencé avec une banale rondelle de mousse, mais je n’arrivais pas à faire des cordons réguliers et j’ai vite compris (grâce à mon expérience en tissage) que c’était une question de tension. Après avoir un peu économisé, je me suis donc offert un marudai (le “tabouret” de tissage) et des tamas (les poids), ainsi que deux livres très bien faits.

Il ne me restait plus qu’à confectionner quelques sachets en chutes de tissu pour ranger les tamas, pour réaliser le contrepoids que l’on accroche au cordon en cours de tressage (lesté avec une poignée de billes que mon fils m’a gentiment cédées : il suffit d’en ôter ou d’en rajouter pour l’équilibrer selon le nombre de tamas utilisés)… Et aussi, bien sûr, un sac plus grand pour ranger le marudai (le modèle que je possède est démontable : le socle, la partie supérieure que l’on appelle “miroir” et les quatre pieds se dévissent, ce qui le rend tout à fait transportable bien qu’il soit assez lourd) ainsi que les livres.

sac marudai kumihimo cordons japonais
Un ouvrage de huit fils (donc huit “tamas”) presque terminé sur le “marudai”.
sac marudai kumihimo cordons japonais
Le contrepoids.
sac marudai kumihimo cordons japonais
Les sachets de rangement.

J’ai complété le tout avec une anse dans des coloris assortis, tissée à l’aide de mon inkle loom.

Bien sûr, les cordonnets fermant les sachets et celui qui clôt le sac lui-même, cousu à la façon d’un brandebourg, ont tous été réalisés à l’aide du marudai. J’avoue que, même si le disque en mousse a trouvé sa place dans une des poches du sac, le marudai est beaucoup plus confortable et efficace (et j’adore la petite musique des tamas qui se heurtent légèrement lorsqu’on alterne leurs positions). Je le garde donc, mais seulement au cas où mon fils déciderait de se mettre un jour aux bracelets brésiliens !

sac marudai kumihimo cordons japonais
sac marudai kumihimo cordons japonais
Un brandebourg à ma façon…

Un sac de transport pour inkle loom

tissage inkle loom
tissage inkle loom

Vous me connaissez, j’adore fabriquer des sacs et pochettes adaptés au rangement de ci ou ça.

Par exemple, quand j’ai acheté mon Knitter’s Loom, il n’était pas encore à l’époque vendu avec son sac de transport, et j’en ai fait un sur mesure, avec de belles anses en tissage aux cartes, et toutes les petites poches nécessaires pour ranger le matériel, navettes et autres.

Quand j’ai abandonné mon inklette pour le modèle plus grand (et un peu plus encombrant), j’ai eu envie d’en faire autant. J’ai tellement de chutes de tissu que c’est typiquement le genre de projet que je peux lancer quand il me passe par la tête, sans attendre !

D’abord, j’ai bricolé une sorte de couverture de carnet pour ranger mes lisses. C’est un truc tout simple mais j’en suis très fière, c’est tellement pratique ! Bien sûr, on peut les mettre dans un sachet en plastique, mais elles ont tendance à s’emmêler. Là, j’ai cousu vite fait une pochette rectangulaire, puis j’ai coupé deux morceaux de carton dans lesquels j’avais pratiqué un trou rond (oublié de photographier cette étape ! désolée !), à 1 cm du bord, au milieu du bord long. Dans ces trous, j’ai inséré deux aimants. J’ai glissé le premier morceau de carton au fond de ma pochette (avec l’aimant à gauche), je l’ai maintenu en place par une piqûre et j’ai glissé le second à la suite (avec l’aimant à droite). Il ne restait qu’à replier le tissu vers l’intérieur et refermer le tout avec une couture invisible. Quand on plie en deux cette sorte de carnet sans pages, les aimants le maintiennent fermé. Je range mes lisses à l’intérieur et elles se tiennent bien sages. Il faut dire que de mignons petits moutons roses et bleus les surveillent 😉

tissage inkle loom
tissage inkle loom

Le sac en lui-même est tout simple, rectangulaire, avec des coins rabattus à l’intérieur (de la largeur de l’inkle loom). J’ai cousu à l’avant des petites poches pour ranger mon “carnet” à lisses, ma navette et mes cartes. Il ne restait plus qu’à tisser un beau galon, avec un motif tout simple (pas besoin de recourir aux cartes) – là, j’ai quand même cardé un peu de laine colorée pour obtenir des teintes les plus proches possibles des moutons imprimés sur mon tissu et j’ai filé juste ce qu’il me fallait pour tisser ce galon. Une fois coupé en deux, hop hop, deux jolies anses bien douces et assez larges pour ne pas blesser l’épaule quand on transporte l’inkle loom. Dans le sac, je range aussi mon livre de motifs, The Weaver’s Inkle Pattern Directory d’Anne Dixon…

tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom
tissage inkle loom

Ceinture tissée

ceinture tissée sur inkle loom

Dans un de mes magasins de tissu préférés, chez Jhin (quelle caverne d’Ali Baba ! que de tentations !), j’ai trouvé un superbe patron de yukata (peignoir d’été japonais), et j’en avais justement promis un à mon petit Prince. Il a choisi un beau tissu bleu à vagues pointillées, qui s’est avéré très agréable à travailler. Le patron était entièrement en japonais mais, avec un peu d’application, j’ai réussi à tout comprendre (je n’en suis pas peu fière). De toute manière, quand je l’ai acheté, la vendeuse m’a affirmé que si je ne comprenais pas quelque chose, je n’avais qu’à repasser la voir pour me le faire expliquer.

Une fois le vêtement fait, il lui fallait une ceinture, pas un vrai obi mais une ceinture plus étroite pour le fermer. Il faut dire que mon petit Prince avait pris l’habitude de le fermer avec sa ceinture d’aikido, d’un jaune qui me piquait carrément les yeux ! Ouille, ouille ! J’ai donc sorti mon inkle loom et quelques mètres de coton plus loin, tadam ! Une jolie ceinture… Le motif qu’il a choisi est très simple, et sort du livre The Weaver’s Inkle Pattern Directory d’Anne Dixon.

ceinture tissée sur inkle loom
ceinture tissée sur inkle loom
ceinture tissée sur inkle loom

Plutôt que de faire une finition à franges, j’ai utilisé les derniers centimètres de tissu qui me restaient pour réaliser une bordure cousue. Il suffit de sécuriser le tissage avec un ou deux zigzags à la machine et de l’enfermer dans une bande de tissu pliée en deux, et hop, le tour est joué ! (Je précise que cela va plus vite et que le résultat est plus joli si on fait les finitions à la main…)

ceinture tissée sur inkle loom