C’est dans la boîte !

Voilà un moment que je vous parle de mes aventures de modiste apprentie (non, pas “modeste” ! vous me connaissez tout de même ! 😉 )… Bloquée comme tout le monde par le confinement, j’ai travaillé mon look avec des chapeaux de toutes les couleurs, assortis à mes châles ou à mes sacs préférés. Du coup, j’ai beau les empiler – pratique car ils ont tous la même forme : elle me plaît beaucoup – ça finit par ne plus rentrer dans les boîtes. Mais je n’ai pas tellement de place non plus… Pourtant, les boîtes (une pour les feutres, une pour les panamas) sont posées sur des étagères dont l’espacement permettait d’accueillir des boîtes un peu plus grandes. Toutefois, pas facile de trouver des boîtes vraiment sur mesure dans le commerce, et puis je n’allais pas jeter les miennes qui n’ont qu’un an, alors qu’il est si simple de les agrandir un peu !

Si vous avez le même problème, je vous livre mon petit bricolage : il suffit d’ajouter une bordure supplémentaire, ici en carton mince (il doit juste supporter le poids du couvercle) et recouvert de papier kraft blanc. J’ai mesuré le diamètre extérieur de la boîte, j’ai divisé le chiffre par deux et j’ai coupé deux bandes de carton de cette longueur (plus pratiques à manipuler qu’une longue bande !) et de 14 cm de haut (10 cm hors de la boîte, 4 cm à l’intérieur pour le collage). Je les ai recouvertes de papier pour un fini plus propre, puis je les ai légèrement retaillées pour qu’elles correspondent mieux au diamètre intérieur et je les ai collées en place. Après séchage, j’ai recouvert tous les collages de bande gommée blanche (il m’en restait de mes anciens ouvrages d’encadrement…) pour renforcer le tout. Une petite après-midi de bricolage pour un résultat fructueux, maintenant chaque boîte peut contenir 4 ou 5 chapeaux empilés !

J’en profite pour vous présenter mes deux derniers couvre-chefs, toujours réalisés chez Karin Cogen. Cette fois, j’ai commandé moi-même des cônes de feutre que j’ai surteints dans ma petite cocotte, avec mes teintures habituelles (des Landscapes et des Dupont), avant d’aller les mettre en forme à l’atelier. Je suis passée du gris au vert mousse et du bleu roi au bleu canard (ou vert émeraude, ça dépend un peu des éclairages). J’ai travaillé en superposant plusieurs couches de teinture successives, ce qui donne beaucoup de profondeur à la couleur, mais la photo ne le montre pas. Ça ne m’empêche pas d’être ravie du résultat, ces deux-là sont mes petits favoris… pour l’instant !

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Royale au bar

collection d'écheveaux filés mains artyarn cocktails paddy irish coffee

Hey, le saviez-vous ? C’était la Saint-Patrick, avant-hier ! Et c’est la deuxième que, Covid oblige, nous n’avons pas passée au pub à lever nos pintes (je pense bien sûr au Patrick’s qui accueillait depuis des années nos rencontres “pub spinning” avant que le vilain virus s’acharne sur Paris).

Cela ne nous empêche pas, quand on aime la culture irlandaise, de fêter la Saint-Patrick à la maison, en famille, avec un bon repas. Ce ne sont pas les recettes traditionnelles qui manquent : irish stew, colcannon, bœuf à la Guinness… Le choix est large. Et l’office du tourisme irlandais nous a même concocté une soirée de Saint-Patrick covidienne à distance.

Mais quand on n’a pas le temps de préparer un barmbrack ou un crumble pour le dessert, quoi de plus réconfortant, pour fêter la fin de l’hiver toute proche, qu’un délicieux irish coffee réalisé avec un bon whiskey irlandais, j’ai nommé le Paddy ?

Pour ma part, la meilleure façon de le savourer, c’est en digestif, sans rien dedans (il est interdit de mettre des glaçons dans un whiskey irlandais), mais légèrement rafraîchi grâce à un verre à réserve de froid (vous le savez, depuis le temps, que je suis une geek de gadgets culinaires !!).

Pourtant, le côté sucré et onctueux, parfaitement régressif (si des parents excédés avaient l’habitude de vous mettre une dose de gnôle dans le biberon pour vous faire – enfin – dormir…) de l’irish coffee peut être de mise en ces jours de frustrations. Je l’invite donc avec plaisir dans ma collection de fils d’art “Royale au bar”.

Voici donc une des recettes de l’irish coffee, telle que je l’ai trouvée sur la chaîne YouTube de Jamie Oliver dédiée aux cocktails.

L’Irish Coffee

Réchauffez, avec de l’eau bien chaude, un verre supportant les écarts de température. Traditionnellement, l’irish coffee est servi dans un verre à pied en cristal doté d’une anse… mais je ne bois pas assez d’irish coffee pour en avoir besoin, j’ai donc juste utilisé un verre bien costaud ! French touch !

Placez dans le verre 2 cuillerées à café de sucre brun bien parfumé. Ajoutez 15 cl de café chaud et mélangez. Versez ensuite dans le verre 5 cl de Paddy.

Touche finale, fouettez un peu de crème entière bien froide et nappez-en le dessus du breuvage en la faisant couler sur le dos d’une cuillère à soupe pour éviter qu’elle tombe au fond (je n’y arrive pas et j’utilise un siphon pour fouetter ma crème, chut !).

Ceci fait, mettez votre morceau préféré des Pogues (en ce qui me concerne, ce sera bien évidemment Fairytale of New York, où vous aurez le plaisir de redécouvrir un très jeune Matt Dillon) et dégustez !

Le fil

Facile, Émile : il nous faut du café… et de la crème bien mousseuse ! Pour le café, du mérinos marron très foncé, et pour la crème, de la bourrette de soie. J’ai cardé les deux très rapidement pour que la bourrette forme des petits grumeaux (le mieux est de l’accrocher directement sur le rouleau extérieur, sans la passer à l’intérieur de la cardeuse) et j’ai filé un “single” pas trop fin, que j’ai feutré lors du blocage pour éviter qu’il se délite ou qu’il bouloche une fois qu’il sera tricoté ou tissé.

Non, cette fois-ci, je ne me suis pas inspirée de la bouteille ni de l’étiquette, mais simplement du cocktail. Souvent femme varie…

Le blocage-feutrage

En ce qui concerne la technique du feutrage, commencez par filer plus fin que ce que vous souhaitez obtenir : le fil va “gonfler” lors de l’opération.

Autre chose : inutile de le mesurer maintenant, car il va rétrécir pendant le feutrage. Vous le mesurerez après séchage.

Faites votre écheveau et attachez-le très soigneusement pour éviter qu’il s’emmêle ; pour ma part, je l’attache avec des chutes de fil de couleur contrastante à six endroits différents.

Ensuite, je prépare une petite bassine d’eau très chaude et une autre d’eau bien froide. J’immerge l’écheveau dans l’eau chaude (avec des gants épais), puis je l’en sors et je le laisse tomber une demi-douzaine de fois au fond de ma baignoire, d’environ 1 mètre de haut. Je l’essore et je le plonge dans l’eau froide. Je l’agite bien puis je le laisse à nouveau tomber avant de le passer dans l’eau chaude.

Je répète ces opérations jusqu’à ce que les fils commence à se coller entre eux : ils font un petit “frrrrrrrrrr” quand on les sépare. Ensuite, j’essore le fil et je le mets à sécher. Voilà comment on apporte de la solidité à un “single” !

collection d'écheveaux filés mains artyarn cocktails paddy irish coffee

Royale au bar

collection d'écheveaux filés mains artyarn cocktails menthe-pastille

Le temps file à une allure ! Je ne dois pas oublier de vous présenter le deuxième épisode de ma nouvelle “saga” annuelle Royale au bar.

Comme le mois dernier, j’ai laissé mon cœur pencher du côté du rétro, du “c’était mieux avant”… 😉

J’adore les goûts mentholés, pas vous ? Le côté froid dans la bouche, comme si on croquait dans une boule de neige… Il y a bien le Get27, ou le Get31, me direz-vous, mais je le trouve – bien que la recette en soit très ancienne – so années 80 ! En tout cas la bouteille me séduit beaucoup moins que celle de la Menthe-Pastille, créée par un pharmacien à la fin du XIXe siècle. J’en ai donc commandé une sur un site d’épicerie fine et… j’ai reçu une bouteille collector qui n’avait pas du tout la même étiquette !

Cela dit, les coloris m’ont séduite et je n’ai pas fait la fine bouche. Et puis, on conservait le joli bleu-vert tendre de l’étiquette originelle.

La meilleure façon de déguster cette liqueur, à mon sens, c’est en digestif, bien frappée. Mais la marque propose diverses recettes de cocktails et j’ai testé le Parisian Mojito. Mélanger du jus de pomme et de la menthe, quelle idée ! Comme dirait l’autre : “Bizarre, vous avez dit bizarre ? comme c’est bizarre !” On dirait un peu les cocktails extravagants imaginés par ma chère Juliette !

Certes, le goût est surprenant, mais pas désagréable du tout, et d’une grande fraîcheur. Un peu comme de mordre dans une pomme glacée…

Le Parisian Mojito

Choisir un joli petit verre comme ces adorables gobelets que mon homme m’a offerts pour Noël, en “verre marin glaz” créé par Lucile Viaud, une spécialiste en géoverrerie. Il a découvert son verre “glaz” à base de coquilles d’huîtres à l’atelier de notre cher Thomas, chez qui nous avons expérimenté le soufflage du verre. Mais un verre à cocktail conique fera aussi l’affaire.

Verser dans un shaker 40 ml de Menthe-Pastille, 30 ml de jus de pomme et 20 ml de jus de citron jaune.

Remplir le shaker de glaçons aux deux tiers et agiter énergiquement pendant 7 à 10 secondes.

Filtrer dans un verre sans glace mais préalablement rafraîchi, garnir de feuilles de menthe, et déguster.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Le fil

J’ai eu envie d’approcher les coloris de l’étiquette par la teinture, cette fois, et je me suis aperçue très vite que parmi la soixantaine de teintures liquides Dupont que j’ai l’habitude d’utiliser, ne n’avais aucun des quatre coloris (bleu-vert tendre, rouille, moutarde, bleu nuit) nécessaires. Je me suis donc installée tranquillement avec un pinceau, du papier, un compte-gouttes et plein de petits pots pour essayer de les obtenir patiemment, en rajoutant une goutte de ci, une goutte de ça… C’est un peu de l’alchimie ! 😊 Mais c’est une activité très agréable qui me relaxe totalement.

Je m’en suis servie pour teindre une mèche mérinos et soie, en conservant un peu de blanc ici et là. Filage simple, retors deux brins… mais le résultat ne m’a pas convaincue : je trouvais les couleurs délavées. J’ai donc recommencé l’opération (heureusement, j’avais noté mes “recettes”) en teignant quatre fois 10 grammes de fibres séparément. J’ai ajouté 10 g de fibres blanches, j’ai déchiré tout cela en petits morceaux que j’ai filés les uns après les autres avant de retordre le fil sur lui-même. Quand on compare les deux écheveaux, la différence ne saute pas aux yeux, mais le second me plaît bien davantage.

collection d'écheveaux filés mains artyarn cocktails menthe-pastille
Notez comme la soie, dans ce mélange, prend la teinture de manière beaucoup plus éclatante que la laine !
collection d'écheveaux filés mains artyarn cocktails menthe-pastille
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À gauche, le premier écheveau dont la mèche a été teinte en une fois. À droite, le second, réalisé avec plusieurs mèches teintes séparément.
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Wuthering Heights

pull wuthering heights tricoteurs volant lore

Je ne montre plus très souvent mes ouvrages tricotés sur ce blog (il y a Ravelry pour ça), mais celui-ci, je l’ai vraiment adoré.

Wuthering HeightsLes Hauts de Hurlevent en français – j’ai adoré le livre, j’ai adoré le livre, j’ai adoré la chanson… et j’ai adoré tricoter ce pull signé Les Tricoteurs volants. Le motif de torsades est super sympa et pas trop difficile, juste ce qu’il faut pour ne pas s’ennuyer. La construction du pull est originale, avec un minimum de couture (pas du tout d’assemblage, même, si je me souviens bien !). Il y a aussi un petit motif sur et sous les bras. Il est bien adapté à la morphologie de mon cher et tendre, même, si sur la photo, il a l’air un peu boudiné : sous prétexte qu’il avait neigé et qu’une bise aigre soufflait, il a mis un autre pull dessous ! Quelle petite nature ! 😀

J’ai aussi beaucoup aimé le fil – non, ce n’est pas du filé main – de chez Fibre and Co, facile à tricoter, et offrant une palette de coloris très doux (pour que les torsades se voient bien, je suggère de ne pas prendre un ton trop foncé). Voilà, c’était mon coup de cœur tricot de l’année dernière, que je viens de finir, juste à temps pour la neige…

pull wuthering heights tricoteurs volant lore
pull wuthering heights tricoteurs volant lore

Octaédrier : la fin de l’aventure

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

C’est un long projet, non ? Trois ans ! Comme je vous l’ai déjà dit en décembre dernier, je l’ai commencé en 2018… Je l’ai abandonné, oublié, repris… et finalement, en décembre 2020, j’ai pris le temps de retordre chaque jour une ou deux petites “tortues” de fil coloré. Au final, j’ai obtenu plus de 1 000 mètres de fil, mine de rien ! Et 26 coloris différents…

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

Quand j’ai commencé à mettre mes fibres de côté, je l’ai fait complètement au hasard : je n’avais pas d’idée précise en tête. Mais quand j’ai vu s’accumuler mes bébés pelotes, j’ai senti qu’il était impossible de les séparer… trop mignonnes ! Comment les réunir en un seul et même ouvrage ? J’ai pensé tricot, mais le fil était toujours assez fin (je ne sais pas filer gros au fuseau) et je me suis dit que, là encore, ça allait prendre des années, et que je risquais de le laisser de côté souvent. Donc j’ai pensé tissage. En trois jours, c’était plié.

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

Ce qui m’a fait le plus réfléchir était la manière d’organiser mes 26 coloris. Ce tissage allait être bien bariolé ! Mais je ne voulais pas gâcher de fil, il fallait donc bien en utiliser la moitié pour monter la chaîne. Comme les fils n’avaient pas tout à fait la même grosseur, je me suis dit que prendre la moitié des coloris pour la chaîne et l’autre moitié pour la trame était peut-être un peu risqué. Le plus prudent était d’utiliser la moitié de chaque coloris pour la chaîne, et le reste pour la trame. Pour cela, je me suis tout simplement munie d’une balance de précision (la plupart des mini-pelotes ne pesaient pas 10 g).

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

En plus, je préférais que chaque coloris se trouve à la fois en chaîne et en trame pour qu’ils se croisent : cela permettait de voir chaque coloris “pur” en carré individuel, ici et là, tandis que des centaines d’autres coloris (je vous laisse faire le calcul) allaient naître des croisements de fils de coloris différents. Vous me suivez toujours ? 😉

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

Bon, mais l’ordre des coloris ? Là, je n’ai pas eu trop envie de me casser la tête. Je ne voulais pas un arc-en-ciel fondu, mais bien des contrastes francs. J’ai donc commencé par classer mes pelotes… en arc-en-ciel. Vous le savez, que j’ai l’esprit de contradiction !

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

Ensuite, j’ai placé le noir au milieu et j’ai échangé les places d’une pelote sur deux : une verte contre une rose, etc. Il n’y avait plus qu’à monter la chaîne. J’ai commencé par le milieu pour pouvoir m’autoriser à faire d’autres échanges si l’ouvrage n’était pas bien centré sur le peigne, mais au final, je n’en ai pas eu besoin. Le processus était long mais simple : je plaçais la pelote sur la balance et je tirais mes longues boucles de fil, je coupais le fil et l’attachais à la baguette d’ensouple arrière quand j’approchais de la moitié du poids.

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

J’enroulais ensuite le reste du fil sur une navette – heureusement que j’en ai beaucoup ! Mais je n’en possède tout de même pas 26 et j’ai dû mettre deux coloris sur chaque navette, ce qui est parfois un peu casse-pieds au moment du tissage. Et bien sûr, j’ai rangé les navettes dans le bon ordre pour reproduire, sur la trame, les rayures de couleur de la chaîne. Un exercice méditatif très agréable.

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

La neige est arrivée, le froid aussi, j’ai donc pu porter mon écharpe sitôt après le blocage ! Je l’ai même un peu prêtée… hum, juste pour la photographier. J’y tiens jalousement ! Car, comme vous pouvez vous en douter, elle va avec absolument TOUS mes vêtements et mes chapeaux ! 😊

Edit : Pour répondre aux questions que l’on m’a posées ici et là, l’écharpe mesure 2 mètres de long (sans les franges) et 50 centimètres de large. Il me reste 34 grammes de fil. Je peux être satisfaite de mes calculs visant à optimiser au maximum ma matière première !

écharpe tissée main fils fuseau octaédrier

Je cartonne toujours !

Carnet à reliure button hole

La semaine dernière, j’ai participé à Créativ’Alchimie, un événement en ligne permettant d’assister gratuitement à un grand nombre d’ateliers et de démonstrations sur le thème des carnets créatifs.

C’est là que j’ai découvert (entre autres artistes intéressantes et passionnées) Cécile, de L’Atelier 2C, venue montrer comment réaliser un carnet avec la technique de la reliure japonaise. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu vous parler, avant-hier, du carnet à reliure japonaise que j’ai fait il y a quelque temps. Cécile montrait une façon différente de procéder, et une couture différente, j’ai donc regardé son atelier avec plaisir. Atelier au cours duquel elle a présenté un stage virtuel pour un autre type de reliure, qu’elle appelle “button hole” et qui permet d’ouvrir le cahier complètement à plat. L’idéal pour un journal créatif.

J’ai eu très envie de suivre ce nouvel atelier, j’ai même commandé un kit avec toutes les fournitures nécessaires. Elles ne sont pas nombreuses, mais l’avantage du kit, entre autres… est que les cartons et les papiers sont déjà découpés à la bonne taille, hi hi ! Pratique pour découvrir la technique rapidement avant d’échafauder un projet plus personnel, pour faire un vrai grand journal créatif, avec des pages en papier mixed media (pour la couverture je m’en tiendrai sûrement au papier japonais qu’affectionne Céline, il y en a de si beaux ! la plus grande difficulté est de choisir !!).

Toutes les étapes sont bien expliquées et j’ai eu grand plaisir à apprendre cette nouvelle technique de couture. Au départ, on se sent un peu maladroit, mais on attrape vite le coup de main et elle permet de vraiment bien serrer les différents cahiers composant le carnet. J’ai beaucoup aimé ! J’ai hâte de suivre mon prochain stage… de haikus. Eh oui, le ciel est gris, la conjoncture est morose mais, moi, je voyage et je n’arrête jamais de créer ! 😊 et… je vous conseille d’en faire autant 😉

Carnet à reliure button hole
Carnet à reliure button hole
Carnet à reliure button hole
Carnet à reliure button hole

Un carnet relié à la japonaise

carnet reliure japonaise

J’ai participé le week-end dernier à un rassemblement virtuel très intéressant nommé Créativ’Alchimie, qui tournait autour du papier et des journaux créatifs. Non ! Il n’y a pas que la laine dans la (ma) vie ! J’aime aussi crayonner, calligraphier, cartonner… et j’ai eu l’occasion de regarder une vidéo sur la reliure japonaise qui m’a rappelée un stage que j’ai suivi il y a environ un an et demi, non loin de chez moi. Je suis venue feuilleter le blog pour retrouver les photos et… rien ! J’avais oublié de vous en parler, allez savoir pourquoi !

Comme je vais bientôt vous reparler de reliure, j’ai voulu faire les choses dans l’ordre et réparer cet oubli.

C’est donc un stage que j’ai suivi non loin de chez moi, pour une fois, car il était organisé par une association vanvéenne baptisée “Les Ateliers d’Expression”. Il était organisé par la relieuse d’art Hélène Potin qui nous a montré comment constituer les couvertures d’un carnet et les articuler avec quelques points de couture.

Une fois rentrée à la maison, j’ai refait la couture avec un fil réalisé pour l’occasion – avec un petit fuseau, il n’y a rien de plus rapide que de filer quelques mètres d’une soie assortie au papier que j’avais choisi pour recouvrir mon carnet. Et voilà, un petit carnet pour noter tous les détails de mes cordons et lacets réalisés avec la technique du kumihimo. Là aussi, je vois qu’il y a bien des choses que je n’ai pas encore pris le temps de photographier… patience, ça vient 😉

carnet reliure japonaise
carnet reliure japonaise

Royale au bar

collection d'écheveaux filés mains artyarn cocktails spritz st-germain

L’année dernière, j’ai dû abandonner bon nombre de projets créatifs ; ç’a été une année difficile pour bon nombre d’entre nous, et en ce qui me concerne, ce sont les loisirs qui ont “souffert”.

Je ne suis pas certaine que 2021 sera meilleure, mais je ne me sens pas capable de renoncer encore une fois à explorer le filage sous toutes ses formes : j’en ai besoin, tout simplement ! J’ai donc décidé de commencer une nouvelle “collection”.

En 2020, de nombreux Français coincés chez eux par le confinement ont découvert le plaisir de faire du pain. Comme j’avais déjà exploré ce chemin, je me suis amusée avec d’autres découvertes culinaires, et pourquoi pas la mixologie ? Des cocktails bien frais et légers pour les fameux apéros du week-end avec ou sans copains en vidéoconférence, avec ou sans applaudissements… mais souvent avec des bulles 😉

C’est très facile, pour un commerçant alimentaire, de me pousser à glisser une nouvelle liqueur parfumée dans mon Caddie : il suffit de faire une jolie étiquette, un beau flacon, et hop ! Je ne peux pas résister. Quand j’ai vu ce coffret de liqueur St-Germain, avec ses deux superbes verres, je n’ai pas pu résister. Je savais que ma tribu allait se moquer de moi, ils me connaissent comme s’ils m’avaient tricotée et je me fais souvent traiter de “tête de gondole”.

Bon, mais une fois achetée, il fallait la goûter, cette liqueur aux fleurs de sureau. Heureusement, la marque propose toutes sortes de recettes de cocktails sur son site, la plus emblématique étant le spritz.

Bizarrement, le site de cette marque française mélange textes en anglais et en français, et je n’ai trouvé nulle part de bouton pour choisir sa langue. Peut-être un défaut d’affichage sur mon navigateur ?

Je vous ai en tout cas traduit la recette ci-dessous.

Le St-Germain Spritz

Remplir de glaçons un verre highball (aussi nommé tumbler ou long drink).

Ajouter 40 cl de liqueur St-Germain, 60 cl de blanc pétillant (type prosecco, saumur, ou pourquoi pas du champagne) et 60 cl d’eau gazeuse.

Bonne dégustation !

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Le fil

Bon, quittons le comptoir (virtuel) et intéressons-nous un peu à cette nouvelle collection exploratoire : “Royale au bar”. Elle consiste à s’inspirer de la bouteille, de son contenu, du cocktail réalisé, ou bien des trois à la fois. Ici, j’ai voulu copier la couleur de la liqueur elle-même, en ajoutant une touche de doré évoquant l’encadrement de l’étiquette, et travailler sur la structure du fil pour obtenir un effet de bulles.

Question couleur, j’ai eu la flemme de sortir mon matériel de teinture (elle commence bien, cette reprise… 😀 ), et je me suis dit que ce serait sympa de mélanger plusieurs coloris de mérinos déjà teint par cardage. Cela donne un fil chiné et j’adore tout ce qui est chiné, pas vous ?

Avant de passer un mélange en cardeuse, si je cherche à obtenir une couleur particulière, je fais de tous petits échantillons pour savoir quels coloris mélanger, et dans quelles proportions. Pour cela, l’idéal est une paire de peignes. Là, j’ai dû faire cinq essais avant d’arriver à un coloris qui me convienne, et j’ai utilisé quatre coloris différents, deux en grande quantité, et deux en petite touche. Car, dans cette liqueur dorée, il y a une pointe de vert…

Pour rendre les “bulles”, j’ai décidé de faire un fil câblé et “coilé”. Ces fils sont souvent assez gros, mais rien n’empêche de les faire plus fins, il faut pour cela que le premier filage soit bien fin. Il faut aussi que le fil “d’âme” des coils soit fin, mais résistant aussi. J’ai utilisé un fil métallisé Gunold, qui s’est super bien prêté à l’exercice des coils.

Si vous ne savez pas faire des coils, c’est assez simple : on retord le fil de mérinos et le fil métallisé en tenant le premier à 90° du second pour qu’il s’enroule autour en spirale bien serrée. Ensuite, nouveau retors (je vous ai dit que ce serait un câblé !) : j’ai mis le fil en pelote à l’aide de ma pelotonneuse, j’ai attrapé les deux extrémités et je l’ai tout simplement retordu sur lui-même. Les coils se sont imbriqués les uns dans les autres en produisant l’effet de bulles recherché.

Ah, je ne vous ai pas dit si le St-Germain Spritz était bon : oui, c’est très agréable, sucré comme un bonbon, léger en alcool car il y a beaucoup d’eau et de glaçons.

collection d'écheveaux filés mains artyarn cocktails spritz st-germain
collection d'écheveaux filés mains artyarn cocktails spritz st-germain

Octaédrier… je persiste et signe !

calendrier de l'avent octaédrier filage artisanal

Même si je me laisse parfois déborder, je ne suis pas du genre à lâcher le morceau (surtout quand il est appétissant). Au cours de ce mois de décembre, j’ai donc encore travaillé sur mon “octaédrier”, commencé en 2018 (pour mettre les fibres de côté), continué en 2019 (pour les filer au fuseau) et terminé ou presque en 2020 (pour les retordre). Pas tout à fait terminé, car il me reste à en faire quelque chose, de ces petites “tortues” enfin retordues !

Voici le résultat : un bel écheveau de plus de 1 000 mètres pour environ 255 grammes. J’ai attaché tous les fils ensemble pour les bloquer, puis je les ai séparés pour obtenir une pleine corbeille de petites pelotes prêtes à être utilisées. Je pense les tisser toutes ensemble ; je m’attends à une écharpe très bariolée, mais sera-t-elle à mon goût, moi qui hésite toujours à mélanger trop de couleurs ? L’avenir me le dira. En tout cas, si elle me plaît, nul doute que je pourrai la porter tous les jours, car elle devrait s’assortir d’une manière ou d’une autre à tous mes vêtements (et mes chapeaux) ! 😀

calendrier de l'avent octaédrier filage artisanal

J’ai hâte de pouvoir sortir mon métier à tisser et vous montrer le résultat. Après avoir été privée de tissage pendant si longtemps, j’espère vraiment m’y mettre le plus tôt possible (appel aux bonnes volontés familiales… car je vais devoir mobiliser la grande table pendant quelques heures, le montage de la chaîne ne va pas être simple).

J’ai longtemps réfléchi à ce projet, même – et surtout ! – quand je ne pouvais pas y consacrer de temps. Tisser tous ces fils, les marier dans un seul et même projet me paraît indispensable. Je n’ai pas le cœur à achever ce projet en fourrant ces adorables petites pelotes dans un sac ou un panier avec l’idée d’y recourir quand j’aurai besoin de telle ou telle couleur pour une autre création : comment pourrais-je les séparer ? Du fond de leur corbeille (faite main !), on dirait une couvée de poussins multicolores… et on ne sépare pas une fratrie.

Mais je ne vais pas oublier mon fiasco de 2019 : je n’ai pas réussi à filer tous les octaèdres de fibres en temps et en heure. Pas étonnant, car je filais au fuseau et surtout, je filais beaucoup trop fin (au fuseau, je ne peux pas m’en empêcher). Et surtout, j’ajoutais cela à toutes sortes d’autres projets, et en période de fêtes et de marché de Noël, c’est justement là que j’ai le moins de temps libre.

Pas question de renoncer à ce calendrier de l’avent qui me plaît beaucoup pour autant. Simplement, j’ai tiré les leçons de ce retard. Si je veux réussir mon octaédrier 2021, il faut que je mette toutes les chances de mon côté : il faut que le projet soit réaliste, et il faut que j’aie, cette fois, un vrai projet en tête, pas juste un plaisir gourmand lancé en l’air. Et il ne faut pas que je travaille à quoi que ce soit d’autre pendant cette période, en tout cas en matière de fibres.

Mon projet pour 2021 et 2022 est de réaliser quelque chose de plus ambitieux. Si je peux m’attendre à au moins 24 coloris différents, pourquoi pas un plaid au crochet ? C’est un exercice que j’aime beaucoup, je me suis régalée en réalisant le plaid “Nuts About Squares”. Je suis tentée par le Mystical Lanterns Blanket de Jane Crowfoot, mais je me doute que d’ici deux ans, je risque d’être alléchée par bien d’autres choses… par exemple, je pourrais avoir envie de m’attaquer à un travail de tricot type entrelacs. Pourquoi pas.

En tout cas, il me faudra plus de fil, sans doute d’un plus gros calibre. Et si je veux plus de fil, il faut que je file au rouet, sinon je n’y arriverai jamais. J’ai déjà évalué que j’avais passé plus de cent heures à filer cet octaédrier au fuseau ! Il faudra aussi que je travaille avec un échantillon de base pour que la grosseur des fils soit homogène.

J’adore les coloris chinés et j’ai été trop longtemps éloignée de ma chère cardeuse, bien que j’aie pu filer au moins une “Rose des vents” cette année. Peut-être que ce serait l’occasion de me régaler de mélange chinés… Si tout va bien, je pourrais donc passer mon mois de janvier à créer des couleurs inédites – au moins 50 grammes chacune, si je veux avoir de quoi obtenir un plaid assez grand pour bouquiner au chaud un soir d’hiver ! – et à les stocker pour Noël 2021. Et vous, vous n’êtes pas tenté(e) par l’aventure ?

Je jette avec grâce mon feutre…

chapeau feutre sur mesure karin cogen wecandoo

… Je fais lentement l’abandon
Du grand manteau qui me calfeutre,
Et je tire mon espadon ;
Élégant comme Céladon,
Agile comme Scaramouche,
Je vous préviens, cher Mirmydon,
Qu’à la fin de l’envoi, je touche  !

Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand, 1897

En véritable passionnée de Cyrano, je n’allais quand même pas vous laisser échapper à cette petite citation alors que je prévoyais de vous parler d’un chapeau de feutre… mais j’avoue que je n’en suis pas encore au point de réaliser un chapeau à large bord digne de notre cher bretteur (déjà, il faudrait que je me trouve un troupeau d’autruches ou autres volatiles pour les plumes  !).

Pour en revenir à mes bricolages de l’année, je vous ai parlé des chapeaux de paille réalisés cet été dans l’atelier de Karin Cogen, en voici la suite logique… et hivernale. Ou plutôt, automnale, en ce qui concerne celui-ci, puisque je l’ai porté tout l’automne.

Alors, je sais, des chapeaux en feutre, j’en ai déjà fait. Mais c’était avec la technique du feutrier, et non celle du chapelier. Et j’avais très envie d’explorer cette dernière, d’abord pour mon propre usage, et ensuite parce qu’elle devait nécessairement m’aider à améliorer mon travail de feutrière.

Karine m’a donc appris à partir d’un cône de laine tout prêt pour mettre en forme un chapeau sur le même modèle que ceux que j’ai faits en paille cet été, et qui me va plutôt bien. Le travail du cône de feutre est très différent de celui de la paille, mais très plaisant aussi, et le résultat m’a tellement séduite que j’ai eu envie d’autres chapeaux. Vous me connaissez, j’aime la couleur : j’avais commencé par un feutre marron parce que c’est facile à assortir (et parce qu’il va très bien avec le sac en cuir réalisé chez Sofia), mais j’ai vite pensé aux vestes et manteaux que je porte l’hiver, à mes écharpes, cols et châles préférés, et il m’en a fallu plus.

Mais j’avais envie de personnaliser cela, en commençant par la couleur. J’en arriverai peut-être à feutrer mes propres cônes, mais pour commencer simplement, je me suis dit que je pourrais déjà jouer avec mes flacons de teinture… Patience  ! Je vous en parlerai bientôt  !