Cette année encore, du 12 au 14 décembre, je vais avoir le grand plaisir de participer au marché de Noël de ma petite ville, intitulé le “Village des Terroirs” de Vanves. Ici, “terroir” a plusieurs sens, à commencer par les nombreux producteurs ruraux de l’association Pari fermier qui viennent des six coins de l’Hexagone pour nous régaler avec leurs merveilles (mon favori… chut ! c’est la productrice de savons au lait de jument… leur mousse est si douce que je lui en prends chaque année de quoi me faire plaisir pour les 365 jours suivants !!!). Mais cela inclut aussi le terroir vanvéen, avec des créatrices et créateurs de chez nous, ainsi que des villes alentour et du reste de la France. Chaque année, on est heureux de revoir les anciens, d’accueillir les nouveaux, j’ai énormément hâte de retrouver cette merveilleuse ambiance.
Pour justifier ma présence 😉, j’ai passé un peu de temps devant mon métier à tisser ! Pas de nouveau marché sans nouveautés tissées ! Voici quelques photos (assez mauvaises, dur dur en ce moment de travailler en lumière naturelle !) des stars qui viendront arpenter le podium… impossible de se rendre compte sur ces pauvres clichés de leur douceur et de leur moelleux : il va falloir venir les tâter par vous-même (et si vous n’êtes pas disponible ce week-end-là, on se verra peut-être à la Fête de la Laine de Malakoff en février prochain – mais j’aurai l’occasion de vous en reparler).
Les créations qui n’auront pas rencontré leur Princesse ou leur Prince charmant·e seront mises en vente dans la boutique en ligne dans les jours suivant le marché.
À bientôt !
Rayures toutes simples aux nuances inspirées des paysages côtiers australiensPetits losanges imbriqués en fil mérinos et soie filé au rouetLe luxe 100% soie sauvage !Des chevrons, encore des chevrons, jamais assez de chevrons <3
Je vous ai déjà montré plusieurs calendriers de l’avent, pas tous les ans car il m’est arrivé de les acheter tout faits quand je manquais de temps (c’est l’époque où je prépare le stock d’écharpes de mon marché de Noël et je suis en général assez occupée ! toujours plus de projets que d’heures pour les mener à bien !). Par exemple, l’année dernière, c’était une découverte de thés… très sympa ! Mais cette année, je suis revenue à mes habitudes créatives après avoir mis les mains dans la teinture à plusieurs reprises pour des raisons diverses. Teinture, donc, cette année !
Le challenge que je me suis lancé : obtenir 24 nouveaux coloris en mélangeant les (nombreux) coloris que je possède déjà de peintures pour soie HDupont. Je vais tout noter, il va peut-être en sortir quelques pépites !
Si vous aimez aussi cette activité, si la grisaille vous donne envie de jouer avec des pinceaux et des fibres, voici tous les détails pour vous permettre de m’imiter.
D’abord, j’ai fouillé dans mes stocks et sélectionné un reste de fibres utilisables. En l’occurrence, de la mèche de BFL (blue faced leicester) blanc bien, bien doux. Il en restait environ 300 g dans le sachet, ce qui me permettait d’envisager de teindre 10-15 g par jour. J’ai prévu de remettre toutes les fibres en jeu dans le calendrier de l’avent de l’année prochaine, qui me donnera l’occasion de les filer, et bien sûr j’envisage déjà leur transformation, donc environ 300 g, pour un ouvrage complet, c’est déjà pas mal.
Après avoir pris ces décisions, il ne me restait qu’à diviser la fibre en 24 mini-mèches de poids à peu près équivalent. Pour ce faire, le plus simple a été de diviser le poids par 3, de peser 3 mèches de même poids et de couper chaque mèche en 8 en la repliant sur elle-même.
Après cela, comment emballer mes mèches ? Je m’amuse souvent avec la technique de l’origami en ce moment ; c’est rapide et apaisant et il y a des milliers de vidéos très bien faites sur YouTube. J’ai choisi celle-ci qui permet de réaliser un joli petit sachet en papier en un rien de temps. J’ai utilisé des vieux journaux et ça ne m’a rien coûté ! Dans un exemplaire du Canard enchaîné plié en deux, on peut couper en une seule fois 8 carrés de papier de 27 cm de côté, très pratique ! Il ne m’en a fallu que trois numéros pour avoir tout ce dont j’avais besoin, et même pas deux heures de pliage à un rythme très tranquille pour obtenir mes 24 sachets. J’ai utilisé ma découpeuse Silhouette Portrait pour découper vite fait les 24 étiquettes rouges. Si vous en avez une et souhaitez réutiliser le fichier, n’hésitez pas à me le demander. Il faut d’abord l’imprimer sur une imprimante normale, avec les repères d’alignement, puis la machine se charge de découper les 24 pastilles. J’avais au préalable enduit l’arrière de ma feuille de papier d’une petite couche de colle repositionnable en bombe, histoire de pouvoir coller les étiquettes plus rapidement.
Il ne me restait plus qu’à suspendre mes petits paquets à mon cadre de tapisserie pour les mettre au mur comme je l’ai fait pour mes autres calendriers de l’avant. Très pratique !
Pour le reste, j’ai préparé une feuille pour mon classeur créatif où je garderai une trace de mes mélanges, la couleur sur le recto de la feuille et la recette au verso. Je ferai quelques ajouts à cette publication sous forme de photos légendées pour vous laisser découvrir l’avancée de mon travail.
Allez-vous vous joindre à moi ?
Sur ce, je file confectionner un gâteau au chocolat… pour me faire pardonner d’avoir pioché dans la collection de Canard de mon cher et tendre 😉
Une feuille pour noter mes recettes et mes couleurs, et un matériel minimal : pipettes pour mesurer la peinture, godet pour le mélange, plus une vieille boîte en plastique pour faire tremper la laine et la faire chauffer au micro-ondes dans son bain de teinture… La cuillère blanche sert à savoir si l’eau du bain de teinture est devenue transparente !
Edit 1 : vous la croyez, celle-là ? Cher et Tendre a lu le blog dans l’après-midi, et il est rentré en réclamant son gâteau au chocolat !!!
Edit 2 : le calendrier est terminé, voici quelques photos pour vous montrer les résultats… J’ai soigneusement mis ma laine de côté, rendez-vous au calendrier de l’avent suivant, en décembre, pour le filage !
J’ai décidé d’assembler certains coloris deux par deux pour obtenir une palette de couleurs chaudes.Au recto, les couleursAu verso, les recettesRésultat, un beau panier de pelotons chatoyants ! Miam !
Ceux-là sont conçus pour les petits ouvrages genre chaussettes ou mini-châle. Je glisse le plus petit (à l’arrière-plan) dans mon grand sac à main. Ma Princesse emporte l’autre (au premier plan) un peu partout dans son sac à dos.
Elle est à la mode, cette « trousse magique » ou « trousse carrée » comme on l’appelle sur les réseaux. Qu’est-ce qu’on la voit ! Son intérêt ? Une fois ouverte, elle forme un petit panier carré où l’on trouve très facilement ce que l’on cherche. Parfait pour dénicher le bon crayon en version trousse. En version plus grande, c’est un petit sac qui se transforme en corbeille à ouvrage nomade. Stephen West ne s’y est pas trompé : il en vend de très belles versions en cuir sur son site « Stephen & Penelope ».
J’ai fait un petit sac pour moi, taillé dans le joli tissu d’une vieille blouse, en suivant les conseils d’une vidéo YouTube. Elle est plutôt bien faite et je n’ai pas rencontré de soucis particuliers. Contrairement à la vidéo, j’ai toutefois quilté le tissu à la main façon sashiko, avec une épaisseur de molleton et une chute de lin vert foncé. En rajoutant un peu de relief sur les fleurs…
Ensuite, j’ai bien repassé mon rectangle de tissu (le fer à repasser s’invite souvent sur mes photos, c’est normal, c’est le meilleur ami de la couturière !) et je l’ai retaillé aux dimensions et à la forme requise, en conservant les restes pour faire, notamment, la poignée.
Comme on voyait pas mal les fils sur la doublure du quilt, au niveau des fleurs, j’ai décidé de les cacher avec des petits ronds de tissu, cousus à la main. J’ai aussi fait à la main les diverses surpiqûres avec lesquelles j’ai décidé de bien marquer les plis extérieurs.
La trousse terminée… Je l’adore, elle est moelleuse comme un doudou !Le sac ouvert façon “corbeille à ouvrage”…Avec mon encours du moment (si vous êtes curieux, c’est la Flying Fish Scarf de Nancy Marchant).
Pour elle, il fallait rester dans la sobriété, alors une chute de lin bleu pétrole et un motif sashiko noir. Puis c’étaient à peu de choses près les mêmes étapes, sauf que là j’ai mis une doublure noire, c’est plus chic !
J’y suis abonnée, je me tache… comme l’a très bien chanté Juliette. Et, à l’instar de sa fidèle habilleuse, j’ai tout un arsenal de petits flacons de détachants divers et variés… Hélas, ça ne marche pas toujours.
Pourtant, un vêtement taché, ce n’est pas forcément bon pour la poubelle ! Je vous passe le couplet sur la part du textile dans la pollution de la planète… Je vous fais confiance pour prendre vos responsabilités en la matière… Mais outre le côté écolo, sachant que je réalise quasiment tous mes vêtements moi-même, quand l’un d’eux est abîmé ou taché, je commence par recoudre, ravauder ou détacher, même quand ça semble perdu d’avance.
Je vais même vous donner deux astuces anti-tache : pour tout ce qui est taches de gras genre vinaigrette ou sauces diverses, j’imbibe bien la tache de… devinez… ? ce qui enlève très bien le gras dans les pubs télé ? du liquide vaisselle, bien sûr ! Le mien est sans colorants puisque je le fais moi-même, donc aucun danger de ce côté-là. Je laisse patienter une bonne demi-heure et hop, en machine. Vous me direz si ça a fonctionné pour vous ; en ce qui me concerne, je n’ai jamais été déçue. Seconde astuce : j’ai réussi à enlever d’énormes taches de rouille (je m’étais frottée à une vieille barrière…) qui n’étaient pas parties à la première machine en faisant tremper la partie du vêtement souillée dans du jus de citron fraîchement pressé. Le résultat fut miraculeux.
Hélas, ces deux taches d’encre (d’habitude je fais très attention en remplissant mon stylo mais là, je ne sais vraiment pas ce qu’il s’est passé !), le détergent spécialisé a pu les atténuer mais pas les effacer. Vous allez voir sur les photos ci-dessous qu’on ne les voit pas beaucoup, mais quand même trop pour porter ce top en lin avec le… détachement habituel. J’avais déjà eu un problème de ce type il y a quelques années et je m’étais résolue à sortir un feutre textile pour improviser une petite déco de masquage… du coup, cette fois-ci, j’ai suivi le même modus operandi, que je vous détaille en photos.
Voici les deux taches, bien atténuées mais attirant tout de même l’œil.
J’ai commencé par utiliser un stylo noir effaçable Frixion pour esquisser mon dessin. Je ne sais pas vraiment dessiner alors j’ai choisi quelque chose de facile : des plumes stylisées. Attention, avant d’utiliser ce stylo, faites un test sur une partie cachée (l’intérieur de l’ourlet par exemple) et passez un coup de fer pour vous assurer qu’il s’efface bien. Sur certains tissus, j’ai eu de mauvaises surprises !
Bien penser à recouvrir les taches…
Ensuite, j’ai choisi un feutre textile émeraude pour tracer chaque plume : un trait un peu sinueux au milieu, plus épais en bas, pour le rachis et le calamus ; des traits de taille variable de chaque côté pour les barbes du vexille (vous avez appris un mot et moi aussi !) ; une petite touffe en bas pour les barbes souples.
Et de trois ! Je remplis soigneusement de hachures la zone tracée au stylo noir, sans appuyer, en “griffant” légèrement le tissu.
Hop, un bon coup de fer sur l’envers pour fixer le dessin ! On efface le stylo noir dans la foulée : d’une pierre deux coups !
Mon dessin me semblait un peu “plat” et il me restait plein de feutres à utiliser. Mais je ne voulais pas non plus un résultat bariolé. J’ai dormi sur mon projet pour laisser décanter tout ça…
… et le lendemain, je me suis contentée de quelques hachures grises, comme un ombrage, pour donner un peu de volume. Re-coup de fer, et voilà une jolie tenue colorée, parfaite pour célébrer l’été indien !
Je vous ai parlé de crazy patchwork il y a un peu plus d’un an. Je m’en étais alors servie pour apporter une touche d’élégance nipponne à mon rituel du thé matinal. Mais ce que j’ai constaté quand on pratique ce genre de technique, c’est qu’on s’imagine finir ses chutes de jolis tissus japonais alors qu’en réalité, le stock ne baisse pas du tout – mais alors pas du tout ! En effet, pour le crazy patchwork, on a tendance à rogner les bouts pas droits des morceaux de tissu, et au final, on a l’impression qu’il en reste toujours autant.
J’ai repris la technique l’été dernier (étonnant que je ne vous aie toujours pas montré le résultat, reportez-vous à mon dernier article si vous voulez savoir pourquoi) à l’occasion d’un défi de couture lancé par Véro Pinson, la créatrice des patrons Sacôtin. Je n’ai pas moi-même participé au défi puisque je n’utilisais que des restes de tissus de mon généreux stock, mais c’était l’occasion de faire connaissance avec le modèle Samba qui a l’intérêt de posséder une poche intérieure “cachée” : parfait pour un sac de plage qu’on quitte souvent des yeux ! Pleine d’envies de vacances, je lui ai adjoint une petite trousse de toilette Fringante, que j’avais déjà réalisée pour ma fille et que j’avais adoré faire.
Commençons par le plus long : étant amatrice de tissage et l’heureuse propriétaire d’un inkle loom Ashford, je ne vais quand même pas acheter de bêtes sangles pour faire des anses de sac ! Mieux vaut craquer pour trois écheveaux de chanvre Pernelle chez Les Tricoteurs volants… J’ai découvert avec plaisir la marque française de fils végétaux Natisséa que j’aime beaucoup tricoter et tisser. Les fils ne sont pas très tordus, ce qui peut me poser des difficultés en tricot, mais les couleurs sont superbes. J’ai choisi le blanc et le bleu pour aller avec mes tissus japonais, et j’ai ajouté le jaune pour contraster parce que j’avais des envies de soleil (et que je ne pouvais vraiment pas résister à ce magnifique jaune).
Si je ne me trompe pas, c’était là ma première tentative de tissage pick-up dont je vous parlais dans mon dernier article. J’y ai pris un plaisir infini. C’est vrai que c’est très long, mais c’est si gratifiant que l’on ne voit pas le temps passer : le résultat en vaut vraiment le coup. Comme je vous le disais le mois dernier, le plus difficile est généralement de choisir la face du tissage que l’on va utiliser, mais peu importe pour des anses de sac !
Une fois ma sangle tissée, je me suis amusée avec le crazy patchwork de la trousse. La réalisation de cette dernière m’a demandé un peu d’adaptation quand je me suis aperçu que j’avais coupé mes pièces légèrement trop vite… Eh oui, la seule fois où j’ai oublié de mesurer le “carré témoin” du patron que je venais d’imprimer, il fallait que ce soit la fois où mon imprimante a décidé d’imprimer le document 10 % plus petit ! Grrrrr ! Mais bon, avec un peu de concentration et un coup de ciseau dans les fermetures à glissière, on y parvient et on obtient juste une trousse un poil plus petite. Dont la taille me convient très bien puisque je n’y mets que le strict nécessaire.
Pour le sac, j’ai alterné de grandes bandes de tissu assez régulières évoquant le ciel et la mer, avec quelques points de sashiko jaune comme des rayons de soleil. Et pour l’intérieur où je mets ma serviette humide et la base qui repose sur le sol, j’ai choisi un lin enduit beige évoquant le sable. Ces deux créations m’ont accompagnée au bord des vagues l’été dernier et m’y accompagneront à nouveau très bientôt, j’espère !
Chères lectrices, chers lecteurs, j’ai une bonne nouvelle pour vous : non, le blog n’est pas mort !
Plus de six mois sans écrire ! Je n’ai pas vu le temps passer, on dirait ! C’est clairement la plus longue pause que j’aie jamais faite. Quand j’ai ouvert la page et vu la date du dernier billet, j’ai été très choquée, croyez-moi sur parole.
Pourquoi une si longue pause ? “Elle ne va sans doute pas bien”, avez-vous peut-être pensé (pour peu que vous vous soyez posé des questions, je me doute que vous avez autre chose à faire). Eh bien, si c’est le cas, vous vous êtes trompé. Si j’ai beaucoup moins écrit ces derniers temps, c’est que je vais mieux, au contraire. Je ne vais pas vous raconter ma vie mais, pour faire simple, j’ai retrouvé le sommeil après des années d’insomnies. Eh oui… je le lisais souvent en commentaire : “Mais quand trouves-tu le temps de dormir ?” Justement, je dormais très peu, je me couchais très tard, ce qui n’est plus le cas. Du coup, j’ai beaucoup moins de loisirs et je préfère les occuper à bricoler qu’à écrire. Mais je le regrette alors, vous le voyez, j’ai retrouvé le chemin de mon clavier.
Je vous montre aujourd’hui ma dernière réalisation, mais je vous présenterai plus tard quelques bricolages plus anciens qui me tiennent quand même un peu à cœur.
L’heure des vacances a sonné et j’ai mis la dernière main à une réparation qui attendait depuis longtemps. Je préfère toujours réparer plutôt que remplacer (pensons à la planète !), mais j’avoue que, parfois, cela me rebute un peu, et donc il arrive que je fasse traîner longtemps les choses. En l’occurrence, la poignée de cette petite valise s’est déchirée il y a des années, et la dernière fois que je m’en suis servie j’ai trouvé ça vraiment casse-pieds ! J’ai donc décidé de la réparer mais pour me motiver, il a fallu que je fasse quelque chose d’un peu élaboré, il fallait que cette valise soit au final bien plus jolie qu’avant, et c’est pourquoi j’ai décidé de tisser une sangle pour remplacer la poignée, avec mon inkle loom et une technique que j’ai découverte l’année dernière, qui permet de faire de bien jolis motifs. Si cela vous intéresse, je vous informe que j’ai appris à la maîtriser grâce au livre Complementary-Warp Pick-Up de Laverne Waddington.
Ce tissage pick-up est très long, je ne vais pas vous le cacher, mais je trouve ça carrément addictif. J’adore.
En cadeau de mariage, mes parents (qui ne se doutaient pas que nous ne partirions jamais en voyage de noces !) nous ont offert une ligne de bagages de très bonne qualité – ne vous arrêtez pas à cette poignée arrachée, tout le reste est d’excellente facture, nous les trimballons depuis assez longtemps pour l’affirmer (pour info, nous fêtons cette année nos noces d’argent !). Le tissu et les fermetures sont restés impeccables mais, bizarrement, les sangles utilisées pour les lanières et autres poignées ont mal vieilli : elles se déchirent comme du papier. La poignée a donc cédé, et j’ai facilement enlevé les morceaux qui restaient, sans défaire les coutures car elles maintiennent aussi en place, derrière le tissu, un renfort pour éviter qu’il se déchire.
J’ai commencé par déterminer combien de fils il me fallait pour tisser une bande de 4 cm de large et je suis assez fière de moi car je suis arrivée à 3,8 cm, ce qui n’est pas mal du tout vu que j’ai tendance à y aller à vue de nez. J’ai sélectionné un joli motif que l’on fait normalement sur 16 fils, et je l’ai doublé, donc j’ai un motif de 32 fils avec 4 fils rouges de part et d’autre pour le border. J’ai utilisé du coton Cheope de la marque Adriafil, je trouve qu’il a la bonne grosseur pour ce genre de travail (il se tricote avec des aiguilles de 4 mm) et il y a un grand choix de couleurs.
Je n’avais besoin que d’une soixantaine de centimètres de sangle mais on ne peut pas monter une chaîne si courte sur mon inkle loom, donc j’ai tissé une sangle plus longue et j’ai gardé environ la moitié pour une future réparation.
Ce qui m’a fait réfléchir un moment, ç’a été de choisir la face de la sangle que je préférais, car cette technique de tissage est à double face. Finalement, j’ai opté pour le motif rouge sur fond noir, alors que j’avais tissé le noir sur fond rouge.
Un zigzag à la machine pour empêcher que ça se défasse et hop, j’ai coupé mes 60 cm, j’ai plié le bout de sangle en deux et j’ai fait une piqûre à la machine.
Dans une chute de cuir, j’ai découpé un rectangle à glisser à l’intérieur de ma poignée pour qu’elle ait plus de tenue et de solidité.
Ensuite, une piqûre à la machine tout autour et voilà, une belle poignée souple, douce et très mignonne !
Le plus dur a été de la coudre solidement en place. J’ai utilisé une alène automatique, qui est un petit outil bien pratique quand on doit traverser plusieurs épaisseurs : souvenez-vous que je devais percer deux épaisseurs de tissage, une épaisseur de cuir, une épaisseur de tissu et de doublure, plus le renfort qui était derrière le tissu ! Mais ce qui est compliqué, c’est qu’avec ce genre d’alène, il faut accéder à l’arrière du travail pour glisser le fil dans sa boucle, et l’envers du travail, là, c’était l’intérieur d’une petite poche… Bref, chaque point de couture a pris plusieurs minutes, alors je ne les ai pas faits très courts. Mais cela ne se voit pas trop, car ils entrent à l’intérieur du tissage.
Ce n’est pas pour m’envoyer des fleurs mais je suis absolument ravie du résultat, et très fière de moi ! Il faut absolument que je parte en week-end pour étrenner ma petite valise (presque) toute neuve !
Je sais qu’il y a des tas de clichés sur Noël, et je sais que beaucoup de gens détestent cette période, apparemment synonyme de dépenses non bienvenues, de stress au sujet des cadeaux et de l’organisation du repas, et aussi, paraît-il, de disputes familiales.
Personnellement, j’ai une autre expérience. Ce n’est pas la valeur des cadeaux qui compte, c’est d’avoir pensé à la personne qu’on aime et qu’on a envie de gâter, d’avoir essayé de deviner ce qui lui fera plaisir. Pas de stress en ce qui me concerne car j’y pense un peu tout au long de l’année (“Oh tiens, ça serait sympa, ça, pour Maman !”) et je les achète ou je les fabrique souvent bien avant décembre. Pour le dîner, c’est pas tout le temps chez moi mais le menu est généralement simple : on mange ce qu’on aime et on s’organise pour que chacun apporte quelque chose ou donne un coup de main pour ceci ou cela. On est ravis de se retrouver tous ensemble, ce qui n’arrive pas si souvent, parce qu’on n’habite pas tous au même endroit. C’est toujours une chouette soirée.
Bref j’adore Noël et je savoure ses préparatifs pendant tout le mois de décembre, ce qui me permet d’oublier un peu le climat généralement tristounet.
Et parmi mes préparatifs, le marché de Noël de ma ville, bien sûr. Voilà quelques années que j’y suis non seulement exposante mais aussi organisatrice, autant vous dire que je commence à y penser et à y travailler dès l’été… et là ça se précise, ça y est, les créatrices et les créateurs sont au taquet, demain ils débarquent, on claque des grosses bises aux habitués et on accueille chaleureusement les nouveaux avant d’investir nos tentes. En ce qui me concerne, je vais la remplir de douceur et de couleurs. Voici un petit aperçu des écharpes en mérinos et soie tombées du métier au cours des dernières semaines…
Un vieux reste de la période où j’étais passionnée par le bleu – depuis que je travaille la laine, toutes les couleurs me passionnent, mais avant cela il y a bien eu une ou deux décennies où seul le bleu a trouvé grâce à mes yeux – je ne peux pas résister à un beau tissu japonais teint à l’indigo ou imitant simplement cette palette de couleurs, imprimé ou non. J’ai un peu tendance à les collectionner, et pour ne pas m’encombrer trop, j’achète des petits coupons alors que, vous le savez si vous avez l’habitude de me lire, je ne fais pas de patchwork (en couture, c’est ma limite : pas assez soigneuse pour que mes coutures soient parfaitement alignées). Je m’en sers généralement pour réparer des vêtements façon “boro”, ce qui est peut-être bien un ancêtre ou un lointain cousin du patchwork.
Autre petit péché mignon, bien que je ne passe pas énormément de temps sur les réseaux, j’avoue que j’adore regarder des vidéos de couture. Surtout pour coudre des sacs, mais vous savez, dans la petite colonne de droite, là, celle qui finit toujours par vous tenter façon “allez, j’en regarde une dernière et je me remets au boulot” ? Oui, c’est là que je suis tombée sur un tuto crazy patchwork du Fil d’Emma qui vous met l’eau à la bouche, notamment quand vous avez la manie de ne rien jeter, pas même de tout petits morceaux de tissu un peu biscornus.
Cela faisait un moment que je voulais “rhabiller” notre plateau de petit déjeuner et je me disais que le tissu bleu se marierait très bien avec le brun chocolat de ma théière traditionnelle anglaise brown betty. Il me fallait un napperon et un cache-théière.
J’ai commencé par le napperon en utilisant la technique de crazy patch dont je viens de vous parler. C’est super facile et super amusant, j’ai adoré ! Le fait de travailler sur un support (pour moi du vieux drap trop usé même pour faire des mouchoirs) facilite grandement les choses. Une fois que j’ai couvert tout le rectangle correspondant au fond du plateau (avec une petite marge de couture), j’ai ajouté quelques points de sashiko décoratifs et ensuite j’ai posé une doublure.
Pour le cache-théière, il fallait inventer un patron, et je me suis inspirée de la forme d’une courge avec ses côtes. J’ai choisi de faire 8 “côtes” que j’ai dessinées sur un bout de papier après avoir mesuré la circonférence de la théière à 3 ou 4 endroits différents ainsi que la hauteur. Je les ai découpées dans différents tissus puis assemblées en laissant des fentes sur les côtés pour laisser émerger le bec et l’anse de la théière. J’ai fait la même chose dans du tissu uni pour la doublure. J’ai matelassé le tout pour garder le thé au chaud et voilà !
Détail amusant, j’ai cousu de petits aimants très puissants dans les coins des ouvertures du cache-théière, qui permettent de le refermer autour de la brown betty pour garder le thé chaud quelques heures (elle contient quand même 1,7 litres de thé !).
Certains voient arriver l’été avec délices pour lézarder au soleil… ce n’est certainement pas mon cas ! Comme je souffre facilement de la chaleur, je crains beaucoup les poussées de température qui m’empêchent de dormir ou de m’activer dans mon atelier !
Mais j’adore l’été pour ses fruits. J’en mange des kilos. Non seulement je les savoure des lèvres et des dents, mais je les dévore aussi des yeux ! Pour moi, il n’est (presque) rien de plus sexy qu’une belle coupe de fruits colorés et très variés qui traîne sur la table familiale en chuchotant : “Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi…”
Oui, mais il y a un corollaire à cela qui ne me plaît pas du tout : les moucherons, autres grands amateurs de fruits. Grrrr ! Rien ne m’énerve plus que d’en voir une nuée sur mon plafond. Ou, pire encore, sur mes fruits.
J’ai donc fini par acheter un de ces paniers à fruits et légumes asiatiques, sorte de petit garde-manger où un tulle protège les produits alimentaires précieux et fragiles que la fraîcheur du réfrigérateur abîmerait. Cela ne coûte pas très cher et on peut replier le tulle protecteur pour le ranger à plat, si besoin.
En revanche, ce n’est pas forcément très solide. Je m’attendais à voir casser une des fines éclisses de bambou mais non, bizarrement, un trou est apparu dans le tulle. Je n’ai aucune idée de la façon dont ce tulle a pu se déchirer, et je n’ose imaginer une armée de moucherons équipés de petits rasoirs qui arpenteraient mon salon en pleine nuit… Arrgh !
Mais bon, j’avais une chute de tulle gris moucheté, très chic, alors je me suis décidée à démonter et remonter la “voilette” du panier pour la remplacer. Ce faisant, je tremblais à l’idée que l’armature parte en morceaux et c’est plus ou moins ce qu’elle a essayé de faire, mais peu de choses sont impossibles à une fille entêtée armée d’une forte aiguille et de quelques mètres de fil 😉
Tant qu’à faire, j’ai même rajouté un bout de ruban pour lui faire une jolie “poignée”.
Je suis ravie de mon nouveau panier à fruits chiquissime ! Et vous, qu’en pensez-vous ?
Il suffit d’une averse pour ruiner votre chapeau préféré… et votre journée ! Non seulement j’ai repéré une décoloration sur mes beaux rubans, mais en plus, il me semble qu’ils ont légèrement rétréci, causant une sorte de “gondolage” sur la coiffe.
Ce chapeau-là est un de mes préférés, je l’ai réalisé à partir d’un cône de laine surteint qui lui donne une nuance profonde que j’adore. De tous les chapeaux que j’ai faits, les “surteints” sont mes préférés. La superposition de plusieurs couches de teinture est la meilleure technique pour obtenir des couleurs profondes et moirées. Hélas, elle n’est pas facile à réaliser dans ma minuscule cocotte, il m’arrive d’avoir des traces qui rendent le cône inutilisable ☹
Bref, je tiens beaucoup à ce chapeau-là, alors malgré un petit lumbago des familles qui me donne plutôt envie de me lover dans un fauteuil avec un bon bouquin (oui, je sais, très mauvaise idée en cas de lumbago), je suis allée à petits pas de vieille chez Mokuba m’offrir quelques merveilles. Pour me consoler. Vous me comprenez, j’en suis certaine…
Mais pourquoi m’occuper d’un feutre d’hiver en plein mois de juillet, me demanderez-vous ? Eh bien, j’ai aussi quelques autres projets à venir chez Karin Cogen (amatrice de chapeaux, j’y fais tous les miens avec son aide bienveillante !) et j’ai donc cassé ma tirelire (chez Mokuba, tout est très beau mais… très cher…) pour porter trois belles coiffures dans les prochains mois.
Première chose à faire, découdre les rubans décolorés… et mettre de côté la partie qui n’est pas abîmée. Ça peut toujours servir ! Oui, je suis la digne fille de ma mère et de ma grand-mère : on ne jette rien.Ensuite, un petit coup de fer (avec une pattemouille aspergée d’eau, bien sûr) pour remettre les bords de la coiffe bien droits…Et il n’y a plus qu’à recoudre les rubans. Aïe, en positionnant la première pièce, qu’est-ce que je vois ? Oui, vous l’avez deviné : une tache de sang. Très maladroite, je me pique souvent quand je couds à la main. Mais là, je n’avais pas vu que ça saignait un peu… Heureusement que c’était un tout petit morceau de ruban et que j’avais prévu large ! Parce que sur ce genre de support, il ne faut pas rêver, ça ne part pas.