Printemps japonais

fil fantaisie fleurs

J’avais commencé à préparer cet écheveau pour le thème du mois de mars du forum Tricotin, “Tiens voilà l’printemps !” mais, compte tenu de l’encombrement des fleurs (une partie crochetées, les autres feutrées), j’attendais de recevoir la fameuse bobine surdimensionnée “Overdrive” que Majacraft a conçue pour mon Aura afin d’assembler toutes les composantes du fil. Avec ce nouveau matériel, les gros fils fantaisie se font comme un charme… Je ne regrette pas mon investissement 😉

En explorant les bouclés…

filage bouclé

Tout a commencé par ma résolution du premier de l’An : nettoyer toutes mes toisons sales. D’habitude, je n’en achète pas, de toisons sales, mais je peux faire ici et là quelques exceptions pour les très belles fibres… et là, c’est du très beau kid mohair. Mais bien sale 😉 Donc je me suis armée de cristaux de soude, de liquide vaisselle, d’eau chaude et d’une bassine et j’ai passé quelques jours les fesses en l’air au-dessus de ma baignoire ! Le plus long n’est pas cette étape, encore moins celle du séchage (grâce à l’aide providentielle de ma merveilleuse essoreuse) ; c’est d’ouvrir chaque mèche avec les doigts, délicatement, pour enlever les débris de feuilles. Après ça, on a ENFIN le droit de teindre… et pour filer sans carder (ce qui mélangerait les couleurs), il “suffit” de passer les mèches une à une sur un petit tapis d’aiguilles afin d’en démêler la base.

filage bouclé

Ces diverses opérations faites, on a enfin le droit de filer… Pour faire un bouclé, on commence par filer un premier brin, pas mal surtordu, mettons en Z. Puis, il faut le retordre en S en l’enroulant autour d’une âme (core), pas nécessairement filée main (j’ai utilisé du bête fil à coudre dans un coloris assorti). Le brin filé en première étape doit s’enrouler souplement autour de l’âme, et on n’hésitera pas à souvent le pousser vers le haut, comme si on souhaitait faire des “vers de terre” (coils). C’est le premier retors. Le second consiste à reprendre ce fil et, en Z à nouveau, à le retordre avec un autre fil fin (j’ai gardé mon fil à coudre) qui aura pour mission de fixer les boucles en place. Je prends mon temps pour cette étape, au cours de laquelle j’ai vraiment la sensation d’être en train de sculpter le relief du fil.

Le résultat, une boule de bouclettes trèèès douces ! Miam !

filage bouclé filage bouclé

Après ce premier écheveau dans des tons mauves, je me suis dit que tout ça ressemblait furieusement à une chevelure frisée et j’ai irrésistiblement pensé aux tifs emmêlés et flottant au vent de Treat Williams dans la comédie filmée Hair

http://www.youtube.com/watch?v=7dyl0j3WU6Y#

Nostalgie, quand tu nous tiens ! Chevelures débridées, flower power, j’ai eu l’idée de recommencer mon bouclé de mohair en y intégrant des fleurettes. Pour réaliser celles-ci, j’ai fait quelques rolags (avec du kibriiille !) que j’ai filés et retordus à deux brins. Un petit appareil signé Clover permet de fabriquer des fleurs en fil en quelques minutes à peine. J’ai trouvé cela curieusement hypnotique ; une fois que j’ai commencé, j’ai eu du mal à m’arrêter. J’en ai fait quatre-vingts ! Plus quelques-unes qui, enfilées sur une épingle à cheveux, égayent super bien un chignon. Il faut que j’en fasse dans d’autres couleurs pour les assortir à mes tenues 😉

fleur en laine fleur en laine fleur en laine fleur en laine

Revenons à nos moutons… pardon, à nos chèvres. J’ai teint encore un peu de mohair dans des tons blond-roux (maintenant que j’y pense, j’aurais pu le faire carrément avec de la teinture à cheveux !!) et j’ai ouvert ces boucles avec ce mini-tapis qu’on appelle un teasing tool. Il était livré avec ma cardeuse mais je ne m’en étais jamais servi. Je l’avais mis de côté et là, j’ai été ravie de le retrouver, car c’est l’idéal pour ouvrir le bout emmêlé des mèches qui risque de faire des nœuds au filage si on le laisse en l’état.

J’ai filé le mohair blond de la même manière que le mauve, sauf que j’y ai intégré les fleurs lors du premier passage. J’avais laissé dépasser les “queues” de fil coupées à environ 6 cm sans les rentrer, cela s’est avéré très pratique pour bien les fixer à la fibre. Il ne me reste plus qu’à tricoter ces cheveux de hippie !

Journey to the Golden Fleece : je pars en voyage !

journey to the golden fleece

Nous sommes quelques centaines de fileuses (il y a peut-être aussi des fileurs, je n’ai pas fait la connaissance de tous les participants, mais avouons que pour l’instant l’activité est en majorité féminine) dans le monde entier à avoir adhéré à ce curieux “stage” de filage qui se déroule en huit étapes, sur une durée d’un an à peu près. Je n’entrerai pas dans les détails mais vous pouvez en découvrir le principal sur le site FiberyGoodness. Ce stage est conçu et étroitement parrainé par deux grandes artistes : WoolWench et SpinArtiste.

Voici le fil réalisé au cours de ma première étape du voyage. Là non plus, je ne peux pas m’étendre sur la totalité de mon cheminement, mais je peux vous dire que j’ai tenté de traduire en couleurs et en textures ce que je faisais avant de découvrir le monde de la fibre : le filage, la teinture, le tissage, le tricot dentelle… Je lisais beaucoup et je corrigeais des textes dans un magazine. Je n’ai pas vraiment changé d’orientation professionnelle mais disons que je pratique différemment mon métier, et que je dispose maintenant d’un (petit) espace me permettant de faire la folle au milieu d’un joyeux bordel désordre.

J’ai cardé du coton pour rendre la texture du papier (même si rares sont aujourd’hui les papiers à être fabriqués à bases de fibres de coton), de la soie rouge et noire pour l’encre, de la laine, et de minces bandes de papier journal. Ma Finest a un peu regimbé pour ces dernières mais avec de la patience et de la douceur, j’y suis arrivée ! Le premier brin est filé avec un “autowrap” en coton blanc et retordu avec un fil de lurex noir.

J’ai bien mis les six semaines allouées pour compléter cette étape, qui m’a demandé pas mal de réflexion et la reprise d’un journal. Une fois l’écheveau terminé et bloqué (attention, un écheveau contenant des morceaux de papier ne doit pas séjourner trop longtemps dans l’eau…), je me suis offert le plaisir de redécouvrir les joies du coloriage (eh oui, un cahier de coloriages – un pour chaque module – est offert au début du voyage !), en récompense. J’avais laissé de côté pinceaux, crayons et feutres depuis longtemps et j’avais oublié à quel point colorier peut être relaxant. J’y ai passé des heures ! 🙂

J’ai hâte de commencer la deuxième étape, moi…

journey to the golden fleece journey to the golden fleece journey to the golden fleece

Couverture de naissance

couverture tissée

Pour un petit Basile récemment parachuté sur la planète Bleue, j’ai eu envie de reprendre une tradition chère au pays qui m’a vue naître : tisser une couverture de bébé en cadeau de naissance. De jolis yeux bleus étant au programme, je me suis laissée porter par cette couleur super banale pour un cadeau de garçon ; il faut dire qu’entendant régulièrement des remarques du style “joli mais trop bleu à mon goût” ou “dommage que ce soit si bleu”, j’ose à peine travailler cette couleur, n’est-ce pas les filles ? 😉

Bleu donc ce fut. J’ai filé et/ou surteint quelques écheveaux pour la circonstance, je me suis amusée avec du mohair, je n’ai pas oublié mes chers rubans de soie et roule ma poule ! Ou plutôt, bienvenue à toi, Basile 🙂

Mariée d’hiver, mariée d’été

filage

Faute de neige, j’ai décidé de travailler le blanc en ce début d’année, avec ces deux écheveaux fantaisie. Le premier joue sur les fibres animales (alpaga, soie, mohair, angora), le second sur les végétales (coton, tencel, bambou, bananier, une pincée d’angelina). J’ai l’intention de les inclure dans deux projets de tissage : des vestes blanches pour réchauffer les épaules des mariées dans les églises un peu humides ! D’où leur nom… J’espère pouvoir bientôt vous montrer les vestes en question 😉

filage filage

Petite crise de rolags

filage rolags

Par ici, le temps était ronchon ce week-end. Et puis, j’allais voir mes copines au pub spinning. Alors je me suis dit : quoi de mieux que de commencer l’année en filant des rolags ? J’ai donc sorti ma palette à fibres (en anglais blending board) et hop ! J’ai fait quelques fournées de rolags… Cela m’amuse toujours autant, d’autant que j’ai bien pris le coup pour les enrouler, maintenant 🙂

filage rolags

filage rolags

filage rolags

Harmonie subtile : violet, orange, bleu turquoise ou canard

filage

J’ai beaucoup travaillé ces derniers mois au stock de ma boutique et de mon marché de Noël. À présent, c’est moi que je chouchoute (pour une fois) !

À la dernière rencontre du Forum du filage, cette année, Kty s’est particulièrement battue pour n’avoir que des fibres douces dans le “sandwich”. Jusqu’à présent, comme je n’opérais pas de tri dans les fibres reçues lors de ce partage amical (ce n’est pas vraiment l’esprit…), je ne pouvais pas envisager, à cause de certaines fibres qui grattaient un peu, de porter les fils réalisés sur la peau, donc j’en ai fait des coussins pour mon canapé.

Cette année pourtant, c’est différent, merci Kty ! Comme je venais de succomber à la folie de la blending board (et je sens bien que ce n’est pas fini, même si j’ai dû la délaisser un peu ces temps-ci pour cause de rangements et tris divers et variés…), j’ai fait des rolags qui me régalaient l’œil avec les magnifiques couleurs choisies cette année par Dandelion, qui ne s’y connaît pas peu question teinture. Bon, j’avoue que j’ai un peu contrevenu aux règles du sandwich en ajoutant quelque chose de mon cru : du Nylon doré (ce que mon fils appelle “poil de poisson”…). Quand je fais des rolags, je ne peux pas m’empêcher de mettre du “kibrille” (et il me semble bien que je ne suis pas la seule ;-).

Ce fut un régal de filer les rolags, comme d’habitude, et cette fois je n’ai pas fait un fil fantaisie car j’avais une petite idée derrière la tête… J’avais très envie d’un chauffe-épaules ou d’une veste crochetée en carrés granny. Une vieille mode qui revient ! Et qui me rappelle mes tout premiers ouvrages de petite fille. Bref, je vous montre le fil et les grannys, à bientôt pour le vêtement complet ! J’ai déjà trouvé chez les Tricoteurs volants deux fils assortis pour aller avec, car je n’ai pas assez de carrés avec le seul fil du “sandwich”.

filage rolags filage

Fil dégradé

teinture laine

Je n’avais pas eu l’occasion, avec les péripéties qu’entraînent toujours les fêtes de fin d’année, de vous montrer ce fil dégradé, conçu pour participer à une loterie d’écheveaux. Destiné à être tricoté d’une pièce, pour faire un châle ou une écharpe, par exemple, il commence par un rose vif et s’achève sur un vert pomme, en passant par le violet, le brun et le vert foncé. C’est Pascale qui l’a remporté : j’espère avoir un jour l’occasion de voir ce qu’elle en fera ! Pour ma part, j’ai gagné en échange un très bel écheveau de la nouvelle collection de Midian Créations. Vous ne pouvez pas le voir tout de suite car il est au coffre ! ;-D Mais je le photographierai très bientôt, dès que je l’en sortirai pour le tricoter. J’ai déjà choisi mon modèle de châle…

Pour réaliser ce long dégradé, j’ai commencé par choisir mes couleurs que j’ai “posées” sur un morceau de papier absorbant pour qu’on puisse le voir une fois le fil en écheveau. Puis j’ai teint ma mèche de laine en faisant se chevaucher les couleurs. Pas facile d’obtenir un résultat identique à celui tracé au pinceau car, même dans une même marque, les pigments ne se comportent pas rigoureusement de la même façon – mais on s’en rapproche !

Ensuite, j’ai divisé ma mèche en deux dans le sens de la largeur, j’ai filé séparément les deux sections et je les ai retordues ensemble. Et voilà ! Vous n’avez plus qu’à essayer 🙂