Vanda

filage d'art violet orchidée vanda

De temps en temps, je suggère aux fileurs et fileuses du forum Tricotin de travailler sur une couleur. Comme je suis dans une phase “violet”, j’ai décidé de leur proposer de se joindre à moi durant le mois de juin. Qu’il soit aubergine, mauve, parme, prune, lilas, héliotrope, orchidée ou autre, ils devaient me montrer leur violet préféré.

Pour ce qui me concerne, la réponse est : tous, forcément ! Je me suis donc amusée à piocher dans mes sacs de fibres colorées tout ce que j’avais comme nuances de violet, puis j’ai créé des coloris intermédiaires en les mélangeant avec une paire de peignes. Il ne me restait plus qu’à filer un fil à petits nœuds d’une multitude de nuances de violet, sur un fond mauve tendre. Ma Vanda (c’est le petit nom de cette superbe orchidée violette que je chouchoute depuis des années, et qui me le rend plusieurs fois par an en grappes de fleurs opulentes) l’a tout de suite adopté !

filage d'art violet orchidée vanda filage d'art violet orchidée vanda

“Ma boîte préférée”

filage d'art écheveau de soie

J’ai presque rattrapé mon retard sur ma collection “Ma boîte préférée” ! De la même manière que lorsque j’ai commencé à travailler sur ma collection “Ma tasse de thé”, les personnes qui s’intéressent à mon processus créatif se sont mises à fureter ici et là pour me trouver des sources d’inspiration… Et l’autre jour, ma mère est arrivée avec quelques trésors très vintage, dont la fameuse boîte de poudre Leclerc en aluminium qui a marqué bien des générations. Pour la remplir de fil, il fallait bien de la soie un peu brillante…

L’échange TRIO 5 a trouvé sa conclusion ce week-end…

échange TRIO 2017 sur le forum Tricotin

Pour la cinquième année de l’échange TRIO du forum Tricotin, j’ai encore assisté à une débauche de générosité et de créativité qui me réchauffe le cœur : c’est un bonheur de constater que si Internet peut véhiculer des tonnes d’inepties, il nous permet aussi de créer des liens, à distance, avec des personnes que nous n’aurions peut-être jamais croisées sans lui.

Je dois remercier toutes les participantes à l’échange (pas de garçon cette année !) pour leur implication, et leurs efforts pour respecter les délais impartis – je sais combien ce peut être difficile pour certaines ! 😉

Si vous voulez voir le résultat de leur travail, n’hésitez pas à faire un petit tour dans la galerie de photos dédiée à l’échange.

Voici à quoi ressemble ma propre participation.

À ma première filleule, Geneviève, j’ai envoyé des rolags à ma façon, plus quelques douceurs.

échange TRIO 2017 sur le forum Tricotin

Ma marraine Flora m’a aussi envoyé… des rolags et des douceurs ! Merveilleux ! C’est bête, mais je commercialise et j’offre des rolags, et j’oublie quel plaisir c’est à filer. Merci donc à Flora 🙂

échange TRIO 2017 sur le forum Tricotin

Pour la seconde partie de l’échange, j’ai envoyé à ma filleule Alexandra un écheveau dentelle filé à partir des rolags de Flora, plus quelques bricoles et une mini-rose des vents que je m’étais amusée à carder.

échange TRIO 2017 sur le forum Tricotin échange TRIO 2017 sur le forum Tricotin

En contrepartie, j’ai reçu de ma marraine Dominique un généreux colis contenant plein de petites surprises en plus des deux magnifiques écheveaux qu’elle a filés à partir de la belle nappe cardée que lui avait envoyée Corinne (mention spéciale pour son invention du “timbre laineux” !). Je n’ai pas fini de m’en régaler.

échange TRIO 2017 sur le forum Tricotin échange TRIO 2017 sur le forum Tricotin

Corinne, Dominique, Alexandra, Flora, Geneviève et moi, ainsi que toutes les autres participantes à TRIO 5, nous sommes donc toutes unies, durant quatre mois, dans un engagement ouvert, créatif et généreux qui a été une très belle aventure. Merci à vous, les filles, et à très bientôt j’espère…

“Ma boîte préférée”

fil d'art dans une boîte

J’essaie de rattraper mon retard sur ma collection “Ma boîte préférée”, mais ce ne fut pas chose facile pour celle du mois de mai ! Si je vous dis que j’ai passé quasiment autant de temps à dénicher les bonnes breloques qu’à filer le fil, vous ne me croirez pas… et pourtant, j’exagère à peine.

Il fallait bien un rouet sans peur et sans reproche comme l’Aura pour faire passer à travers l’orifice les 15 breloques en forme de tour Eiffel… merci Majacraft !

“Ma boîte préférée”

fil d'art dans une boîte

“Je suis en retard ! Je suis en retard !”

C’est ce que gémit le Lapin à longueur de pages dans Alice au pays des merveilles… Un lointain cousin à moi ! Je parie que, lui aussi, il dépense son temps sans compter dans des dizaines de projets, et puis tire sa montre pour constater avec horreur que les jours, semaines et mois ont passé sans qu’il s’en aperçoive.

Bref, on est en juin – bientôt juillet – et je vous montre enfin le fil que j’ai filé en… avril… pour ma collection “Ma boîte préférée”.

Une poignée de boucles

fil artisanal boulé mohair

Il y a peu, le magazine PLY a consacré tout un numéro aux fils bouclés, et j’avoue qu’en tant que tisseuse, j’ai pour eux une tendresse particulière. Je ne sais pas si celles et ceux parmi vous qui taquinent le rouet en faites souvent, et si vous aimez les tricoter, mais pour ma part, je suis tout à fait séduite par leur texture qui semble “sauter” hors du tissu ou du tricot en criant : “Touchez-moi, touchez-moi !” J’apprécie leur relief grenu et la façon dont ils accrochent la lumière. Pour le mois de mai, j’ai donc proposé ce thème de réflexion aux fileuses et fileurs du forum Tricotin.

Pour ma part, je me suis plongée dans mon PLY et j’ai épluché le premier article sur le bouclé, une “recette” de bouclé “classique” rédigée par la fabuleuse Jacey Boggs.

Pour commencer, j’ai teint du mohair (pour les boucles) et de la soie (pour les deux fils fins destinés à les “piéger”). Eh oui, j’ai parfois tâté du bouclé, ici et là, et pourtant je ne m’étais encore jamais décidée à utiliser du mohair, alors qu’on m’a souvent dit que les qualités intrinsèques du mohair en faisaient la meilleure fibre possible pour obtenir des boucles bien rondes ! Il était temps de combler cette lacune.

fil artisanal boulé mohair

En suivant les conseils distillés dans l’article, j’ai filé la soie assez fin pour réaliser le premier fil du retors (le core), autour duquel le fil de mohair devait venir s’enrouler. Jacey Boggs conseille de le filer en S (dans le sens antihoraire), avec très peu de torsion, car on va venir en rajouter en réalisant le premier retors, également en S. Il faut prendre son temps pour peaufiner le réglage du rouet afin d’obtenir un fil fin, peu tordu mais tout de même solide.

Ensuite, j’ai filé le mohair en Z (dans le sens horaire), un peu plus gros mais pas trop, et moyennement tordu (c’est ce qu’on appelle le wrap).

Pour le premier retors, j’ai laissé le fil de mohair s’enrouler autour du fil de soie dans le sens antihoraire (en S) en le maintenant à 90°, et en le repoussant vers le haut entre le pouce et l’index à intervalles réguliers pour former de jolies boucles bien rondes. Pas évident, c’est un geste à saisir, mais c’est amusant. En revanche, mieux vaut ne pas trop s’attacher à ces jolis ronds, ils sont pas mal chahutés en passant par les anneaux du rouet avant de s’enrouler sur la bobine…

fil artisanal boulé mohair

Ensuite, j’ai repris le fil de soie qui me restait et je l’ai repassé rapidement dans le rouet (en S) pour lui ajouter un peu de torsion, afin qu’il en contienne à peu près autant que celui de départ, une fois retordu (cela devient le binder). Vous me suivez toujours ?

Là, il ne restait plus qu’une étape : le second retors. Il se fait en Z, et le second fil de soie doit venir piéger les boucles pour qu’elles ne glissent plus le long du premier fil de soie. Il faut en profiter pour remettre en place celles qui ont été télescopées par les anneaux du rouet. On apprécierait d’avoir une main supplémentaire pour le faire, mais bon, on y arrive.

Un petit shampoing dans l’eau chaude pour le blocage, et voilà, c’est terminé !

Il me restait un peu de fil de soie, je l’ai retordu en navajo, il n’y a pas beaucoup de métrage mais il pourra toujours trouver une place dans un tissage fantaisie…

fil artisanal boulé mohair fil artisanal boulé mohair

“Ma boîte préférée”

filage d'art nicolas buffe

Je continue à remplir des boîtes de fil pour ma collection “Ma boîte préférée”, toujours avec le même plaisir. Comme pour ma collection “Ma tasse de thé”, mon entourage soucieux d’abreuver mes sources d’inspiration m’apporte même de jolies boîtes supplémentaires, si bien que je commence à avoir plus que l’embarras du choix !

Pour le mois de mars, j’ai choisi cette boîte de chocolats Pierre Hermé, avec un dessin signé Nicolas Buffe, évoquant une mystérieuse “Roxane”… Une passionnée de Cyrano comme moi ne pouvait y résister… C’est elle qui m’a résisté ! Le premier écheveau ne m’a pas satisfaite du tout. J’avais bêtement cardé du rouge, du noir et du blanc, restant dans ma zone de confort, et j’en ai été punie par la muse de l’inspiration qui m’a lancé une petite claque d’avertissement. Il était très beau, ce fil chiné, mais je n’y retrouvais pas le dessin tranché de Nicolas Buffe. J’aurais pu succomber à la faiblesse et la flemmardise en restant dessus – il allait tout de même bien avec la boîte – mais, seconde petite claque pour me convaincre, il était trop petit ! Or le challenge est de remplir la boîte…

J’ai donc remis l’ouvrage sur le métier et séparé mes trois couleurs pour les filer l’une après l’autre, puis je les ai mariées dans un retors que l’on appelle crepe outre-Atlantique – et dont je ne connais pas le nom français, s’il existe.

Trois p’tits coquelicots

Pointillisme ou tachisme, que préférez-vous ? Quand je parle à des fileuses ou des fileurs, je sais que je parle généralement à des passionné(e)s de couleur… c’est pourquoi j’ai embêté les artistes en fibres du forum Tricotin, le mois dernier, au sujet de la difficulté que l’on peut avoir à réaliser des fils présentant des plages de couleurs très réduites (j’avais fait un essai à ce sujet dans les thèmes des mois de mars 2016 et d’août 2016), ou bien des fils tweedés ou mouchetés.

Mes écheveaux étaient prêts fin mars mais il y a eu par ici comme un bizarre petit tourbillon spatio-temporel qui s’appelle les “vacances”… (des autres !) et impossible de trouver un moment calme pour les photographier et prendre le temps de venir vous écrire une ligne. Enfin, me revoilà.

Comme beaucoup, j’ai voulu travailler sur ce côté tweedé sur lequel nous sommes si nombreux à achopper dans le domaine du filage.

En s’inspirant de ce thème, Midian a filé un beau fil en suivant la méthode de Grace Shalom Hopkins (dans son ouvrage Blend, page 100) pour réaliser des rolags tweedés. Je l’avais aussi en ligne de mire (normal, on a les mêmes lectures ;-). J’envisageais également d’obtenir ce genre de résultat en cardant fibres longues et fibres courtes avec ma cardeuse, je n’arrive pas à me souvenir de l’endroit où j’avais repéré ce conseil.

Et enfin, Tine a partagé il y a peu sur son blog une vidéo proposant une autre façon de faire qui m’a tentée.

Au bout du compte, trois méthodes ! Vous me connaissez, ce n’est pas mon genre de réfléchir pour choisir la meilleure : en filage comme dans bien d’autres domaines, rien ne vaut l’expérimentation, donc je n’aime rien tant que multiplier les exercices et comparer le résultat.

Ainsi, ma démarche a été de séparer mes fibres (mérinos long en mèche dans des tons de verts, mérinos court rouge et orangé pour feutrage en nappe : je voulais reproduire un champ de coquelicots, un thème souvent traité en peinture) en trois parties afin de tester les trois méthodes.

Voici dans l’ordre les rolags, la nappe contenant des fibres longues et courtes, et la nappe ne contenant que des fibres longues, avec à côté les courtes que je voulais insérer dedans en utilisant la méthode partagée par Tine.

cardage fil tweed artisanal

Et voici, toujours dans l’ordre, les écheveaux qui en résultent.

cardage fil tweed artisanal

J’ai beau les retourner dans tous les sens, j’ai du mal à trouver une différence entre les deux premiers – celui réalisé avec les rolags et celui fait avec la nappe cardée.

En revanche, le troisième est nettement différent (et pas seulement parce qu’il est plus fin). Je trouve que les taches de couleur se rapprochent beaucoup plus de l’effet tweedé. Mais pas toutes : certaines sont clairement trop grosses. Ceci vient du fait que la technique n’est pas simple à maîtriser, elle demande de la concentration et de l’application, et pour tout dire je l’ai trouvée passablement épuisante (mais j’avais peut-être filé de longues heures ce jour-là)… donc si vous voulez l’essayer, commencez avec un petit écheveau et avec un fil pas trop fin. Cependant, je crois qu’avec l’habitude, on peut maîtriser ses effets comme si on posait des taches de couleur sur une toile, et là je me suis sentie en plein dans le thème 🙂

cardage fil tweed artisanal

Le gris du ciel

filage d'art

Je ne sais pas comment c’était chez vous, mais moi, je n’ai pas beaucoup vu le soleil en janvier ! C’est pourquoi, en février, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de s’inspirer du gris, soit en teinture, soit en piochant dans des toisons gris naturel, soit par mélanges de fibres, pour évoquer les moments où “le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle”…

Moi j’ai fait tout simple, j’ai cardé des fibres naturelles, du gotland pour sa merveilleuse couleur d’orage, de la soie, un peu de mérinos et pas mal de lapin angora, là encore dans des coloris “nature”. J’ai très peu tordu, je voulais un résultat très aéré, aérien… Cela ne se voit sans doute pas à l’image, mais c’est un fil moelleux comme un nuage.

Un grand merci, bien sûr, à Fiston qui m’a créé tout un petit troupeau de moutons en papier – il compatit à ma frustration de ne pas en avoir un pour de vrai !

filage d'art filage d'art

“Ma boîte préférée”

écheveau d'art dans une boîte

En décembre dernier, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de s’inspirer d’une boîte pour créer un petit écheveau qui s’insérerait parfaitement dedans. Comme, avec la ronde des marchés de Noël et des fêtes de fin d’année, j’étais (une fois de plus) un peu surchargée, j’avais choisi une boîte minuscule pour aller plus vite ! Oubliant d’ailleurs que cela peut davantage être un challenge de remplir une très petite boîte qu’une moyenne… Mais on va dire que la bonne fée des fileuses veillait sur moi, car j’ai eu de la chance et mon écheveau tenait pile dans la boîte.

En tout cas, l’exercice m’a tellement plu que j’ai décidé de le refaire, et même une fois par mois : j’avais trouvé le thème de ma collection d’écheveaux pour 2017 ! Pour le mois de février, j’ai craqué pour l’emballage (un peu plus gros) de mon parfum “Moment volé” signé Fragonard, une fragrance discrète et poudrée que j’aime beaucoup. J’aimais aussi les couleurs de la boîte, donc j’ai réalisé ce petit écheveau en mérinos et soie doux et mousseux, retordu avec un fil de lurex doré.