“Ma tasse de thé”

filage

Voici le quatrième écheveau de ma collection inspirée des arts de la table.

Lorsque j’ai visité l’atelier de poterie et d’émaux de La Boissonnière, dans le Cantal, j’ai craqué sans hésiter sur ce magnifique bol. C’était exactement ce qu’il me fallait pour mon ramen de midi. Ce succulent bouillon de légumes et de viande agrémenté de nouilles, c’est le plat tout-en-un parfait des jours où, au beau milieu d’un projet palpitant, je n’ai aucune envie de m’interrompre dans ce que je fais pour manger. Mais où il faut bien avaler quelque chose sous peine de s’évanouir comme une lady au corset trop serré…

Les couleurs devaient forcément m’inspirer un écheveau tout en douceur, le voici.

Battle de bibis !

bibi rouge feutre plumes paillettes

Il me restait du fil rouge après avoir confectionné le Nid de la Mère des Dragons que je vous ai montré un peu avant Pâques… Le métier circulaire était toujours sur ma table de travail… J’ai eu envie de tester une idée qui me trottait dans la tête depuis que j’ai feutré mon Bibi d’extraterrestre en l’honneur de L’Exoconférence d’Alexandre Astier (ce spectacle est à nouveau en tournée, je vous conseille de ne pas le manquer s’il passe près de chez vous !).

Où en étais-je ? Me voilà troublée par Alexandre ! 😀

Bref, j’avais envie de marier tissage circulaire et petite “galette” feutrée pour un bibi très texturé… C’est chose faite. Naturellement, on ne pouvait pas se passer de plumes, il me restait quelques-unes de ces irrésistibles plumes de marabout rouges… Au fil du tissage, je me suis dit (et mes lectrices de Facebook étaient du même avis !) que, forcément, il fallait une voilette.

bibi rouge feutre plumes paillettes bibi rouge feutre plumes paillettes

Mais j’avais une autre idée, qui impliquait aussi des “piques” feutrées… heureusement il me restait du fil… et donc, un second bibi rouge est né. Chacun a son caractère : mystère d’un regard dérobé derrière une voilette pour l’un, petites cornes coquines pointées vers le ciel pour l’autre. Lequel préférez-vous ?

bibi rouge feutre plumes paillettes bibi rouge feutre plumes paillettes

Sous Sous

tricot sous sous norah gaughan

Je me sentais un peu bête à entendre parler de KAL (knit along) tout le temps sans avoir participé à un seul d’entre eux. Quand j’ai vu par hasard passer une photo du modèle Sous Sous de Norah Gaughan, j’ai eu le coup de foudre et comme un KAL dédié allait justement s’ouvrir, c’était l’occasion ou jamais.

J’ai longtemps hésité sur le fil à utiliser. La qualité conseillée était le mérinos DK de Madeline Tosh qui offre, c’est vrai, des coloris sublimes. J’aurais même eu du mal à choisir. Sauf que je me suis vite rendu compte que chez nombre de revendeurs, il n’y avait que deux ou trois écheveaux disponibles pour les teintes qui me plaisaient le plus, et il en fallait bien plus pour réaliser ce pull très ample (oui, c’est un budget, mais franchement, ce modèle semble fait pour moi et cela faisait si longtemps que je n’avais pas tricoté pour moi-même !). Autre sujet de doute, je n’étais pas certaine que les points choisis gagnent vraiment à être tricotés dans un fil changeant dont je redoute généralement “l’effet rayure” quand je ne connais pas la façon dont il a été teint…

Quand enfin l’une des participantes du KAL a annoncé qu’elle tricoterait le Sous Sous en filé main, j’y ai vu l’occasion de tester les mèches cardées “sur mesure”, un service que propose le site World of Wool. Ces mélanges ne sont pas donnés, surtout si comme moi on ne choisit pas les fibres les moins chères, mais cela restait une économie par rapport aux coût de sept ou huit somptueux écheveaux Madeline Tosh 😉 Une économie financière, bien sûr, pas une économie de temps !

Il m’a en effet fallu une bonne quarantaine d’heures pour filer le fil à deux brins tout simple en mélange alpaga, mérinos et soie (à parts égales) de coloris naturels nécessaire à la confection du pull. Je pensais devoir tâtonner longtemps pour atteindre le bon échantillon mais, non, j’y suis arrivée au deuxième essai, j’avais pile-poil les 10 centimètres en hauteur comme en largeur.

tricot sous sous norah gaughan tricot sous sous norah gaughan

Cela m’a ensuite pris aussi beaucoup de temps pour tricoter le pull lui-même, mais je dois avouer que j’ai été très tête en l’air et que j’ai fait énormément de bêtises 😀 Il me faut absolument un bracelet compte-rangs !

Le jeu en valait la chandelle, je trouve le tombé et le relief du fil superbes, et le pull me va comme un gant. Bon, tout le monde dans la famille se moque de moi car je l’achève juste au moment où il commence à faire trop chaud pour que je puisse le porter… C’est la vie ! Il attendra sagement l’hiver (sous une housse protectrice : je tiens à prévenir tout le monde ici haut et fort, la moindre mite qui essaie de s’en approcher sera éradiquée, ainsi que toute sa famille, ses amis et les habitants de son village, sans blague).

Une fois n’est pas coutume, j’ai le plaisir d’annoncer aux membres de la communauté Ravelry que j’ai studieusement rempli une page de projet pour ce modèle.

tricot sous sous norah gaughan tricot sous sous norah gaughan

Nids de Pâques

tissage nid

Si vous ne savez pas où ranger vos œufs de Pâques, n’hésitez pas à venir squatter le nid d’une Mère des Dragons, d’une Fée des Bois ou des Jardins… Vous pouvez le disposer en hauteur pour compliquer la tâche des chasseurs d’œufs en chocolat, le placer au centre de la table familiale pour le dîner pascal, ou encore vous en servir pour ranger vos œufs de poule dans votre cuisine ! Dans ces nids moelleux tissés à la main en fil artisanal, aucune chance qu’ils se fendillent 😉

Je suis descendue dans notre parc municipal histoire de profiter d’un rayon de soleil pour photographier mes nids et cela a beaucoup intrigué les passants. Beaucoup d’enfants se sont enthousiasmés en prenant le nid brun pour une véritable nursery aviaire : “Regarde, maman, un oiseau qui a pondu !” (miraculeusement à leur hauteur !). Hélas, j’ai dû les détromper… et les décevoir.

tissage nid tissage nid tissage nid

“Ma tasse de thé”

filage

Voici le troisième écheveau de ma collection inspirée des arts de la table. Cette fois-ci, je me suis plongée dans les délicates nuances d’un ensemble en porcelaine russe chiné par ma mère dans une brocante. Je l’aime tant que je ne m’en sers que très rarement, ce qui est idiot, vous en conviendrez.

Il m’a fallu deux écheveaux seulement 😉 pour rendre les différents tons de bleu avec la petite touche d’or. Le relief évoque la rondeur des motifs et les pétales des fleurettes.

Alien contre Predator… mais en douceur

 

Mars, Martien… d’accord, je n’ai pas été chercher très loin pour proposer aux fileurs et fileuses du forum Tricotin leur thème du mois ! Au moins les diverses photos de films que j’avais dénichées ont fait sourire (même si elles ont terrifié Gaskell, désolée !).

Voici mon interprétation de la chose, un Alien très vert, avec plein de rebiquettes et boucles bizarres ici et là… 🙂

Fleurs de printemps

broche fleur

Je ne sais pas si c’est le redoux qui m’inspire, les bourgeons sur le point d’éclore du magnolia du parc ou simplement le retour du soleil, mais j’ai eu envie de mettre des fleurs dans mes cheveux. Et, en m’inspirant de ces photos, j’en ai créé pour ma boutique. Sur une corolle de feutre s’épanouissent de délicats pétales en soie cousus et peints à la main. Les pistils sont en laine filée assez fin. Quelques perles transparentes viennent jouer les gouttes de rosée. Mais j’aurai beau m’escrimer avec mon pinceau et mes ciseaux, je n’atteindrai jamais la délicatesse et la fragilité que la Nature sait mettre dans ses créations…

broche fleur broche fleur broche fleur broche fleur

Une “vraie” chemise d’homme

couture chemise

Cela fait partie des ouvrages dans lesquels on n’ose pas se lancer quand on est couturière débutante, et puis un jour, on tente le coup. J’avais commencé avec un patron simple, puis j’avais fait une chemise de pirate un peu plus évoluée, là je me suis décidée à essayer la chemise d’homme façon tailleur.

La faute à ce livre : Les Chemises, de Ryuichiro Shimazaki. Il explique comment on coupe et assemble une chemise de manière professionnelle (avec des coutures rabattues, qu’il apprend à faire au fer à repasser, dix fois plus rapidement que le geste que ma mère m’avait enseigné…) et passe en revue toutes les différentes parties de la chemise (col, poignets, poches, boutonnage, etc.). Après cela, soit on réalise un des modèles proposés, soit on choisit ses éléments et on compose sa chemise comme un grand.

Par exemple, cette chemise en voile de coton bleu, c’est le modèle 18 mais sans les poches et avec le col du modèle 14 – c’est tout simple !

Admirez au passage les beaux boutons en noix de coco émaillée de La Mercerie parisienne (site de la boutique Entrée des fournisseurs) : ils sont tout légers et existent en une multitude de couleurs tout aussi adorables les unes que les autres !

“Ma tasse de thé”

filage

Voici le deuxième écheveau de ma collection inspirée des arts de la table : je l’ai filé pour le thème de filage du mois de février de Tricotin. Il s’agissait de s’inspirer d’une matière. C’est un sujet qui m’est cher. Quand je tombe amoureuse d’un bel objet, c’est souvent sa matière qui me séduit en premier. J’aime le bois, le métal, la pierre… et bien sûr les fibres, ça vous le savez 😉

Je crois à l’entrecroisement des belles choses qui influencent notre vie et je pense que de nombreuses matières peuvent venir inspirer notre filage. Par exemple, si je m’inspirais du bois, je pourrais essayer de reproduire les couleurs d’une branche, d’une souche desséchée, d’un morceau de bois flotté, d’une latte de plancher soigneusement polie ; je pourrais réfléchir à sa texture – douce ? rugueuse ? satinée ? – pour modeler mon fil ; je pourrais carrément insérer des morceaux de bois dans mon écheveau… ou choisir de filer du tencel, une fibre fabriquée à partir de pulpe de bois !

En l’occurrence, j’ai voulu m’attacher à un objet que j’aime beaucoup et qui rythme mes journées, ma théière préférée. Elle est en fonte et c’est sa texture légèrement grenue qui m’a le plus inspirée, même si ce fut aussi un point important d’essayer de rendre son aspect légèrement satiné. Figurez-vous que j’ai dû m’y prendre à trois fois ! Le premier écheveau évoquait plutôt l’astrakan ; le deuxième… eh bien le deuxième était moche, tout simplement. Le troisième me plaît enfin.