Coupe en feutre “sculpté”

feutre

À l’occasion de la dernière Fête de la laine à la Bergerie nationale de Rambouillet, j’ai vu à l’expo des laines du monde une magnifique coupe en feutre sculpté que, bien sûr, toute à mon admiration, je n’ai pas pensé à prendre en photo. Elle était d’une beauté !!! Bleu profond, et les sculptures très fines laissaient apercevoir les couches multicolores cachées sous le bleu.

J’ai voulu créer cette coupe en m’inspirant de ce modèle… Elle me semble terriblement grossière à côté de l’autre ! Mais je l’aime bien. J’ai fabriqué la coupe en feutrant en machine à laver sept couches de laine grossièrement enroulées autour d’un ballon (déjà, elle aurait pu faire quelques cycles de plus pour être plus fine et plus rigide).

Les sculptures en revanche m’ont donné du fil à retordre : ni le cutter, ni le scalpel n’ont pu entamer la laine ! Il a fallu que j’y aille avec la pointe de mes ciseaux à couture tout neufs (les seuls de la maison à avoir la pointe assez aiguisée pour daigner couper la laine…), c’était peu précis et épuisant ! Peut mieux faire (mais comment ?).

Étole nuno et shibori

étole feutre nuno

Il suffit de feuilleter Shibori Designs & Techniques pour avoir envie de se jeter à corps perdu dans la technique à fils noués. Il y faut surtout de la patience ; personnellement, je n’en ai pas beaucoup, mais je compense avec un entêtement de vieille bique (si si ;-).

Pour réaliser cette étole, j’ai commencé par teindre en rouge un bout de soie et quelques grammes de laine.

étole feutre nuno étole feutre nuno

Une fois ma soie sèche, j’ai fait des petits nœuds selon la technique dite “kumo”. J’étais jusqu’à présent très bête : quand je faisais du tie and dye, je coupais le fil après chaque nœud ! En sautant cette étape, on va bien plus vite… et je me suis beaucoup amusée à faire ces nœuds façon spiderweb ; le résultat est si amusant, avec toutes ces petites cornes, qu’on a bien envie de le laisser comme ça !

étole feutre nuno

Après ça, hop, passage à la teinture noire, en même temps qu’un peu de fibres de laine et de soie (ma cocotte est bien assez grande).

étole feutre nuno

Pas la patience d’attendre que ça sèche : je défais les nœuds pour découvrir les petits dessins façon toile d’araignée… ceux-ci sont plutôt carrés que rond, cela doit dépendre de la façon dont je plie mon tissu avant de nouer.

étole feutre nuno

J’aime bien le résultat, mais ce n’est pas fini !

étole feutre nuno

Bon, je sors ma super cardeuse (fais plus rien sans elle) pour mettre un peu de soie noire dans ma laine rouge…

étole feutre nuno

Puis j’envahis la table du salon et je pose mes fibres : un peu de noir sur le morceau de soie teinte, et de larges bordures de mélange laine rouge/soie noire.

étole feutre nuno

Allez, on roule ! Cette soie est très fine et la laine passe à travers sans problème en la gaufrant juste comme j’aime…

étole feutre nuno

Rinçage, et voilà le travail !

étole feutre nuno

“Dreadlaines”

dreads

En surfant par hasard sur YouTube, j’ai appris avec excitation que certaines portent des dreads en laine. Ni une, ni deux, je me suis fait ce postiche-chouchou avec un reste de blue faced leicester. Bien m’en a pris : une fois feutrée, lorsqu’on la brutalise un peu, cette laine frisotte, ce qui a donné à mes “dreadlaines” (on les appelle aussi wools) une texture très sympa. C’est à la rencontre de filage de septembre, dont je vous ai déjà parlé, que plusieurs d’entre vous ont remarqué cette coiffure avec enthousiasme, au point de presque me l’arracher de la tête, n’est-ce pas Midian ;-D ? J’ai dû promettre d’en faire… et d’en faire un tuto… Le voici donc, à télécharger à votre convenance dans la page des fiches gratuites.

Midian a finalement reçu les mèches promises (photos ci-dessous) et m’a gentiment fait parvenir des adresses de sites suggérant des modèles de coiffure en “dreadlaines” : si l’idée vous plaît, vous pouvez donc aller surfer sur Fabriquer vos dreads.

dreads dreads

Meet Lady Marianne !

déguisement Marianne

Fallait pas lui montrer Robin Hood… elle a voulu, pour sa fête d’anniversaire déguisée, un costume de Lady Marianne… Les photos sont positivement affreuses, j’ai honte.

La robe est en lin teint en machine avec du Dylon “Tulip Red”. On ne voit pas bien la forme des manches, c’est dommage !

Elle a feutré elle-même la petite pochette de ceinture. La ceinture, pour sa part, est tissée (pas aux cartes, j’ai pas eu le temps d’apprendre !). Tous les lacets sont faits à la lucette en laine et teints en rouge par la suite.

Les chaussons, c’est moi qui les ai feutrés directement sur ses pieds, sur mesure, comme je l’avais promis il y a peu ! Elle ne veut plus les quitter tant ils sont doux et chauds, dit-elle. Mais le feutre a tendance à s’effilocher un peu sur le dessus, j’ai dû aller trop vite.

Deuxième essai de chaussons feutrés

chaussons feutrés

Avec les petites formes à chaussons de bébé achetées au Mouton feutré, j’avais déjà fait une paire de petits chaussons dont je n’étais pas entièrement satisfaite. J’ai recommencé et le résultat est plus satisfaisant … avec un peu de pratique, on s’améliore ! Maintenant il faut que j’en fasse pour enfant ou adulte, sans utiliser de forme, directement sur les pieds ! Du sur-mesure…

Écharpe cobweb

feutre cobweb

C’est pour l’anniversaire de sa copine Caroline que ma princesse aux doigts de fée a feutré cette écharpe sur le thème de l’orage… Elle peut être fière du résultat.

Le choix des couleurs (mérinos et soie)
feutre cobweb
L’étape cardage
feutre cobweb
Une nappe pleine de peps
feutre cobweb
Les nappes tout simplement étirées avant feutrage
feutre cobweb
Eau chaude, savon, tulle… et petites bulles
feutre cobweb
L’étape froissage et foulage (la plus amusante !)
feutre cobweb
Et voilà le résultat !
feutre cobweb
Avec les résidus de cardage, une fleur feutrée transformée en broche assortie à l’écharpe

feutre cobweb

Savons feutrés

savons feutrés

J’ai découvert cette idée par hasard sur YouTube, à la recherche de vidéos sur le feutrage à l’eau et au savon, et j’ai trouvé cela amusant : un savon recouvert de laine pour se frotter sous la douche, pourquoi pas ? Cela n’étonne plus mon petit mari de trouver des objets laineux dans tous les coins de l’appartement. Comme c’étaient encore les vacances, ma fifille et moi avons organisé un petit atelier de savons feutrés. Pendant qu’elle confectionnait le modèle à la rose ci-dessous pour sa grand-mère, moi, je restais dans la thématique de notre propre salle de bains avec ces faux galets…

savons feutrés

Sac à offrir

sac

Pour emballer un bel écheveau, quoi de mieux qu’un petit sac en laine ? J’avais envie depuis un moment de m’inspirer des sacs en papier épais des magasins chics (ou pas ;-)… J’y ai longuement pensé, et le passage à la réalisation en a été facilité.

Le gabarit est tout simplement rectangulaire ; une fois le préfeutre réalisé et avant l’étape foulage, j’ai replié les coins du bas et je les ai bâtis au fond pour obtenir la forme carrée. J’ai marqué les plis avec des pinces à linge au séchage, puis au fer à repasser une fois sec. Les anses sont deux “boudins” feutrés, passés à travers le sac percé au poinçon et sécurisés avec des nœuds tout simples… comme pour les vrais sacs en papier. Seul reproche que j’ai à lui faire : le rapport hauteur/largeur n’est pas très esthétique. J’aurais pu couper le haut pour le raccourcir, mais mon écheveau n’aurait plus tenu dedans ! Pour le prochain (car je l’adore et j’ai bien l’intention d’en faire d’autres), je dessinerai un gabarit de forme un peu plus carrée.

La coupe ne sera jamais pleine…

coupe en feutre

… vu qu’il y a des trous, et que c’est fait exprès…

J’ai utilisé un kit Filz It trouvé chez LesLaines pour cette première tentative de feutrage au ballon qui m’a bien amusée et qui a ravi mon époux, mes enfants et mon amie Virginie ! Comment et pourquoi, c’est ce que vous allez savoir…

En fait, le kit est pratique pour démarrer mais on peut parfaitement utiliser cette technique avec du matériel que l’on a à la maison.

On commence par gonfler un ballon de baudruche, et là est la première difficulté. En effet, comme dans tout feutrage, l’objet va réduire en taille ; on est donc tenté de commencer grand. Or, dans ce cas précis, si on gonfle le ballon au maximum, il ne rentrera plus dans la “chaussette” fournie ! À vérifier donc.

Ensuite, il s’agit d’entourer le ballon de laine feutrable. J’ai pris de la Filz It blanche (je me dis généralement que je pourrai toujours teindre ensuite…) mais on peut utiliser n’importe quelle laine à condition que ce soit bien… de la laine. Si le fil contient trop d’acrylique, de fibre végétale genre coton ou bambou ou de soie, il ne feutrera pas. Cette étape n’était pas très amusante, la laine glissait sur le ballon ! La prochaine fois, je trouverai à y mettre quelque chose pour la faire un peu adhérer (non, pas de la confiture ! quoique…).

Une fois le ballon habillé pour l’hiver (et surtout pour le bain), on le glisse dans la “chaussette” fournie, ou dans un ou plusieurs vieux collant(s), ou encore on l’enveloppe de tulle, et on ferme le tout solidement avec des fils ou des élastiques. Le principe est de maintenir la laine en place pendant qu’elle s’agite. Et là, hop, dans la machine à laver ! C’est là que mon petit mari est ravi : quand je fais du feutrage en machine, le linge sale ne s’accumule pas comme il peut le faire dans d’autres périodes de bricolage, car je suis (pour une fois) très motivée pour faire des lessives ! Et, notamment, avec ses jeans, qui aident merveilleusement au feutrage !

Côté programme, si vous vous posez la question, j’utilise un programme “quotidien” à 40° qui dure environ trois quarts d’heure. Une fois le programme fini, on peut déballer le tout et faire éclater le ballon (ce qui ravit mes enfants) en le piquant par un des trous. Ensuite, on glisse (toujours par un des trous) un autre ballon à l’intérieur et on le gonfle, mais pas au point qu’il remplisse l’espace : il faut laisser à la laine la capacité de se rétracter. Là, on remballe et nouveau passage en machine.

On répète cette étape jusqu’à ce que le résultat soit satisfaisant. Quand c’est le cas, il n’y a plus qu’à couper pour obtenir deux coupelles (ce qui a ravi mon amie Virginie : elle a eu le coup de cœur et les a adoptées !)… à moins que vous ne préfériez garder cet “œuf”, qui ferait sans doute une lampe amusante.

Bon, j’ai mis trop de laine par rapport à la photo qui illustre le kit, mais je me demande si les coupes tiendraient vraiment debout en étant si ajourées. C’est là que j’ai une question pour vous : il me semble qu’on peut utiliser un produit pour durcir certaines créations en feutre (certains chapeaux, par exemple). De quoi s’agit-il ?

Mon premier vêtement feutré

vêtement en feutre

Fallait bien que je me lance ! Après tout le mal que Bettina M. s’est donné pour m’apprendre l’usage du gabarit… Les vacances, c’est le moment de tous les courages ! C’est à dix heures du soir, avant le départ, que j’avais taillé mon gabarit en papier bulle, en m’inspirant d’un tee-shirt qui me va bien, et en ajoutant pieusement mes 30 % de coefficient de rétractation (qui est plutôt, en matière de gabarit, un coefficient d’augmentation).

Première constatation, la taille 44/46 n’est déjà pas mesquine, surtout pour un vêtement assez ample, mais quand il faut poser la laine sur une surface 30 % plus étendue… Ben oui, ça m’a pris trois heures montre en main (toujours avec la pince à épiler dans la poche car toute la nature environnante souhaitait participer à l’ouvrage : brindilles, insectes…), et à la fin j’étais si fatiguée (et affamée, on mange tout le temps en vacances) que les couches de laine n’étaient pas aussi fines que j’aurais pu le souhaiter. Pourtant, le résultat n’est pas trop mal de ce côté-là. En tout cas, je comprends pourquoi je ne trouve généralement pas ma taille chez les créateurs de feutre… et je comprends encore mieux leurs tarifs relativement élevés (je les trouve encore raisonnables, tiens, et mon dos aussi !!! ;-).

J’ai remis le feutrage au lendemain et cette étape-là aussi a pris du temps, compte tenu du fait que le vêtement était un peu plus grand que ma table, que mon support de papier bulle, et qu’il fallait le mettre en travers pour qu’il ne dépasse pas en plus de ma “frite” de piscine, arrgh !!!

En comparaison, l’étape foulage a été un vrai plaisir. Je pense toutefois qu’elle n’est pas terminée car, à présent que j’ai regagné mes pénates et que j’ai une glace en pied pour m’apercevoir, je trouve que ça bâille un poil aux emmanchures. Je vais fouler un peu plus de ce côté-là. Magique, non ?

Et, bien sûr, réversible… Quant à mes pestages et fatigues divers au cours du travail, ils sont oubliés depuis longtemps : je suis prête à me lancer à nouveau et je réfléchis à mon prochain patron.