La rencontre du Forum du filage 2012

Voilà plusieurs années que je vous en parle, de cette rencontre organisée par les dirigeants du Forum du filage… Cette année, nous avons encore vu de bien jolies choses… Et comme d’habitude j’ai participé à la “loterie” et au “sandwich”.

Le principe de la loterie est simple : chaque participant amène un écheveau filé pour l’occasion. Les écheveaux sont tous mis en commun et tirés au sort. Et chaque participant repart avec un nouvel écheveau… vraiment simple comme bonjour – même s’il faut un certain talent dans l’organisation ! J’ai filé cet écheveau baptisé “Esmeralda” à partir d’une nappe fantaisie contenant du mérinos, de la soie, de la soie de sari, du glitz et diverses autres fibres. Il est retordu avec un fil métallisé qui le fait scintiller. En guise de petits cadeaux, j’ai cousu un sac avec un morceau de tissu d’ameublement qui me restait d’un plus gros ouvrage (il faudra d’ailleurs que je vous le montre) et j’ai ajouté une nappe cardée. Ben oui, on est en amour, ma nouvelle cardeuse et moi ! C’est Kty qui a reçu ce lot.

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J’ai reçu en échange, de la part de Cérénie, un écheveau de chamelon très, très doux retordu avec un fil arc-en-ciel pastel. Hé hé, je sais déjà ce que je vais en faire…

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Ce fut un moment d’échanges, de cadeaux et de petits achats : je vous montre brièvement ce que j’ai ramené, je vous parlerai de chaque fibre quand je la transformerai 😉

En ce qui concerne le sandwich, il s’agissait pour chaque participant d’apporter 150 g de fibres douces dans un thème de couleurs déterminé à l’avance. Cette année : vert, violet, mauve, rose… J’ai apporté du mérinos vert foncé (que j’ai oublié de photographier, tiens !). Nous avons mis toutes nos fibres en commun et là, de nombreuses petites mains se sont attelées à diviser chaque paquet de fibres apporté en autant de poignées de fibres qu’il y avait de participants. Quel travail ! Après quoi, nous sommes tous repartis avec un sac contenant un peu de chaque fibre.

Dès mon retour, j’ai débité cela en petits bouts et j’ai tout engouffré dans ma cardeuse ! J’ai obtenu deux belles nappes bien gonflantes. Mais au filage, j’ai trouvé le résultat un peu tristoune et pas très texturé, alors je n’ai pas résisté – mais j’ai appris depuis que c’est interdit, donc mon écheveau est “disqualifié” du sandwich – à intégrer à mon fil quelques boucles de mouton offertes par Laine Zinzin, que j’ai juste épluchées du bout des doigts. Ça tombait bien, c’était dans les bonnes couleurs… En voilà, du pep’s ! Je n’ai plus eu qu’à retordre avec un fil de lin vert-jaune offert par Bibime. Ce n’est pas un secret, alors je vous avoue tout de suite ce que je vais en faire : le tisser !

Sweet Dreams

sweet dreams boo knits

En craquant pour “In Love Collection”, j’ai enfin trouvé les modèles de châles dont j’avais envie depuis un moment – depuis que j’ai tricoté l’Abrazo – des châles assez étroits, pas trop triangulaires, avec une jolie bordure… Je me suis régalée en faisant le Sweet Dreams, même si je l’ai défait plusieurs fois. À présent que je peux le poser sur mes épaules, j’apprécie vraiment le tomber très particulier de ce filé main 100 % seacell (soie d’algues). Seul regret, j’ai choisi des perles bien trop assorties au fil, on ne les voit pas du tout ! Suivant les bons conseils de Flora, je vais désormais essayer de sélectionner des perles plus contrastées.

Pour la petite histoire, alors que je rabattais mes mailles, je me suis aperçue qu’il me manquait quelques mètres de fil ! Arrgh ! Et bien sûr je n’avais plus la moindre pincée de seacell, et le site où je l’avais achetée n’en avait plus non plus… Que faire ? Eh bien, en parler aux copines, bien sûr. Car nous plaisantons toujours au sujet de nos invraisemblables stocks, que nous ne savons plus ou cacher ranger, mais parfois, cela sert, car Zouzou qui a de tout avait encore un peu de seacell ! J’ai filé quelques grammes et terminé mon châle, ouf ! Merci Zouzou !

Noces de soie

gilet tissé en soie

Douze ans de mariage, ce sont les noces de soie : pour qui aime travailler les belles fibres, c’est un vrai défi qui mérite du temps et de l’application ! Pour faire ce beau gilet à mon cher et tendre, j’ai commencé de presque rien : des mawatas, ou “mouchoirs de soie”. Je vous en ai déjà parlé, j’aime beaucoup l’effet texturé du fil obtenu avec les mawatas, une fois retordu en navajo, c’est-à-dire à trois brins, sur lui-même. Et en plus, il est extrêmement solide. Du coup, il était naturel de penser à le tisser…

J’ai commencé par teindre les mawatas. J’ai la chance de partager la vie d’un homme qui accepte de porter toutes sortes de couleurs sans rechigner, donc j’ai choisi ma teinture Landscapes préférée, le vert Lichen. Après, j’ai étiré tous ces mawatas après les avoir soigneusement détachés les uns des autres, et j’ai enroulé cette mèche aérienne en une gigantesque boule. Cela m’a déjà pris deux longues soirées…

Est ensuite venu le moment du filage. Sachant qu’une fois retordu, j’avais quasiment 1,5 km de fil, le calcul est simple : au départ, j’ai filé 4,5 km ! Pour cela, j’étais ravie d’avoir le concours de mon petit eSpinner Ashford – à présent qu’il est muni d’un épinglier automatique WooLee Winder (oui, j’ai fait des économies et ensuite des folies ! il faudra un jour que j’ouvre une nouvelle catégorie pour vous montrer tout mon matériel, il y a de quoi papoter pendant de longues soirées d’hiver…), c’est le roi des filages au long cours. J’ai apprécié ce confort, puisque le filage et le retors m’ont occupée presque un mois.

C’est avec bonheur que j’ai vu arriver le moment du tissage, car j’adore ça ! Même avec mon très modeste Knitters Loom, un adorable petit métier à tisser pliant, je me régale, et voyez, 50 cm de largeur peuvent parfois suffire pour créer des vêtements ! En l’occurrence j’ai commencé par tracer et couper mon patron (Simplicity n7297). Par chance, le dos est en deux morceaux, ce qui signifie que finalement je n’avais qu’une bande de 35 cm de large à tisser… oui, mais sur presque 3 mètres. Parallèlement, j’ai mesuré le bon métrage d’un épais twill de soie que j’ai teint avec la même teinture pour faire la doublure.

Le début du tissage a généré une certaine appréhension car je me demandais ce qu’allait donner mon fil. Au début, je n’ai pas trop aimé l’effet de rayures que générait le dégradé de la couleur, et je l’ai cassé en alternant plusieurs écheveaux. Ensuite, la grande question était : aurai-je assez de fil pour aller au bout de ma chaîne ? Mes savants calculs me promettaient que oui, mais les calculs… vu ma propension aux étourderies, je leur fais rarement confiance. Finalement, j’ai eu de la chance : une fois tombé du métier, lavé et repassé, le tissu faisait même une vingtaine de centimètres de trop. J’avais quand même prévu une issue de secours : si je n’avais pas assez de tissu, j’utiliserais la même soie industrielle que celle choisie pour la doublure pour faire le dos.

Le moment de la couture du gilet en elle-même a été l’étape la plus rapide. J’ai commencé par décalquer le patron sur de l’intissé très fin que j’ai fixé au fer sur mon tissu, puis j’ai découpé chaque pièce et fait un zigzag à la machine. Avec ça, aucun risque d’effilochage ! Puis j’ai monté le gilet, ce qui m’a donné l’occasion d’approfondir mes connaissances dans le domaine des vêtements doublés. Très intéressant, et surtout le résultat est vraiment agréable. Oui oui, je commence à prendre goût aux finitions soignées ! C’est un peu tard, mais cela prouve qu’il ne faut pas désespérer : même les vieilles guenons apprennent de nouvelles grimaces 😉

Le petit plus, ç’a été d’apporter mon gilet dans ma caverne d’Ali Baba à boutons préférée, chez Dam’Boutons au marché Saint-Pierre. Impossible de ne pas y trouver votre bonheur tant il y a de choix. J’ai craqué pour ces boutons tout simples façon bronze, et le marchand m’a même trouvé une belle boucle assortie pour accrocher la martingale derrière. Une fois les boutons cousus, les boutonnières brodées, le travail était fini, je n’ai plus eu qu’à faire un paquet cadeau…

Et savez-vous quel cadeau j’ai reçu, moi, à l’occasion de mes noces de soie ? Je vous le donne en mille : une énorme provision de mawatas !!!

Fête des mères

crochet à la fourche

On ne m’arrête plus ! Cette fois, c’est un fil offert par Kty lors d’un précédent échange, une petite merveille d’alpaga et de mohair retordu avec un fil métallisé bleu, que j’ai donné à ma fourche… pour un joli cadeau de fête des mères que je vous montre avec un peu de retard. Là, j’ai fait plusieurs bandes dans différents sens, pour un aspect plus sophistiqué. Le travail à la fourche rend hommage à la beauté et au gonflant de ce superbe fil. Résultat chatoyant et doux à souhait.

crochet à la fourche crochet à la fourche

Filages d’été

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Je ne vais pas m’en plaindre : les écheveaux en vente dans la boutique ont eu du succès. Mais le revers de la médaille, c’est qu’il n’y en a presque plus et que pour les client(e)s, le choix est vraiment réduit… Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’aime bien avoir le choix ! Bref, je passe une partie de mon été à filer. Voici un petit aperçu des derniers “tombés du rouet”.

D’abord, trois écheveaux de la collection “Boréal” : du mérinos très fin, traité antifeutrage, teint à la main et filé très irrégulièrement. Ensuite, deux écheveaux très luxueux, doux et brillants : 50 % alpaga, 50 % soie, teints à la main et filés au rouet. L’un est retordu à deux brins, l’autre en navajo, à trois brins.  Et enfin, deux écheveaux de poil de chameau ! J’adore ce coloris caramel naturel.

Certains de ces écheveaux seront mis en vente dans la boutique dans le courant du mois d’août, d’autres sont destinés à être tissés en belles étoles pour le marché de Noël…

filage filage

Layette légère

Tiens tiens, encore une que j’avais oublié de vous montrer ! Une layette en coton filé à la charkha… Comme le fil reflète très fidèlement mes errements – je suis encore une débutante à la charkha, et pourtant Dieu sait que j’ai un bel outil – j’ai triché honteusement ! Pour le pantalon en jersey tout simple, le fil est en double, cela “pardonne” ; en ce qui concerne la petite brassière crochetée, j’ai donné dans le freeform, ce qui m’a permis de m’adapter ! tout en explorant avec bonheur mes chers ouvrages de motifs de chez Tutti Frutti… Je me suis régalée à assembler fleurs, feuilles, ronds, carrés, hexagones, cœurs et que sais-je !

layette coton filé main

Mort d’encre

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Après une longue période sans filage due au manque de temps, j’ai eu grand plaisir à retrouver mon Aura pour un fil fantaisie. Inspiré par la trilogie de Cornelia Funke – mais il se trouve que j’ai commencé par la fin ! – je vous présente “Mort d’encre”… Je réfléchis ardemment à ce que seront “Cœur d’encre” et “Sang d’encre” ; en attendant, j’aimerais bien lire la trilogie entière, mais je dois attendre que ma princesse en soit venue à bout 😉

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“Atlantique”

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J’ai bien essayé de me lancer dans une orgie de couture, mais le travail s’est fait pressant avant que je puisse la satisfaire tout à fait (je vous rassure, j’aurai quand même quelques petites choses à vous montrer !)… Résultat, j’ai dû ranger la machine… mais en matière de délassement, il y a toujours le filage pour les rares petits moments de creux ! Ma mère m’ayant commandé un fil pour compléter un pull destiné au Petit Prince (décidément il n’y en a que pour lui en ce moment : il vient juste d’avoir un cardigan !!), j’ai teint un beau mérinos superwash dans les tons de l’océan qui a bercé mon enfance : le merveilleux Atlantique.

J’organise mon premier échange

échange TRIO

Des échanges, je me suis déjà hasardée à vous en présenter quelques-uns depuis que je suis “tombée dans les fibres”… Je vous ai parlé du dernier, l’échange des vendanges. Mais il y a aussi eu l’échange des marmottes et mon premier échange dans le domaine du filage.

Cette année, j’ai décidé d’aller un peu plus loin, puisque c’est moi qui organise l’échange TRIO sur le forum Tricotin. Sa spécificité par rapport aux autres, c’est qu’il se décline en deux temps, trois mouvement – euh ! trois personnes. En effet, chaque marraine offrira des fibres à une filleule qui filera ces fibres pour les offrir à une seconde filleule. Oui, je sais, ça a l’air un peu compliqué… 😉 Mais j’aime l’idée de “l’exercice imposé”, de devoir filer des fibres que l’on n’a pas choisies. Pour moi, cela représente un nouveau moyen de découverte. J’espère que je ne serai pas la seule à tenter le challenge ! Enfin, non, je ne serai pas la seule, puisqu’il y a déjà des inscrites. Mais les inscriptions sont ouvertes jusqu’à la fin du mois de février, donc si vous êtes fileur ou fileuse, laissez-vous tenter !