En route pour de beaux écheveaux… “Atoll”

laine

Je me suis lancée dans une nouvelle aventure de teinture de laine mèche et de filage. Cette fois, j’avais un objectif précis : tisser une petite couverture pour le p’tit gars à venir – le mien, cette fois ! M’appuyant sur les lois de l’hérédité, je parie pour des yeux aussi bleus que ceux de sa sœur, et donc j’ai travaillé dans les bleus.

Pour la procédure de teinture, j’ai commencé comme je l’avais fait pour la première fois avec ma laine “Ciel d’aurore”. Sauf que cette fois, j’ai décidé de teindre 400 g de blue-faced leicester, pour être sûre d’en avoir assez. J’ai travaillé sur un agréable dégradé de peintures sur soie One, coloris Lapis Blue et Pastel Iceberg (celle-là me plaît énormément !), qui a donné des nuages bleus du plus bel effet. Une fois sèche, la mèche paraît légèrement feutrée, mais dès qu’on la sépare en “méchettes” qu’on étire pour faire glisser les fibres les unes contre les autres, elle retrouve sans peine tout son gonflant.

J’ai commencé par filer deux fois 50 g sur deux bobines, que j’ai retordus ensemble. Et là, curieusement, cet écheveau tout bleu ne m’a pas séduite. Moi qui adore le bleu ! Il manquait quelque chose, mais quoi ?

Je me suis souvenue d’un beau shetland gris aperçu sur le site d’Alysse qui m’a fait envie. Il n’y a qu’une chose que j’aime autant que le bleu, c’est le gris chiné ! Et je préfère le mélange de fibres de plusieurs tons de gris naturels qu’une teinture de noirs dilués. Donc il fallait attendre l’arrivée de cette laine… Dommage qu’on ne puisse acheter de laine mèche à filer en magasin dans la région parisienne (il y a bien de la laine à feutrer en très beaux tons, notamment chez Pain d’épices, mais je crains qu’elle ne soit trop rêche pour le filage) ! Heureusement, Alysse livre rapidement et en quelques jours je filais 50 g  de shetland gris pour retordre avec mon célibataire bleu. Le résultat m’a nettement mieux plu : je vais continuer comme ça… J’ai hâte de vous montrer la couverture achevée, mais patience ! D’ailleurs j’ai jusqu’à début avril pour la faire…

Lou le Loup II !

doudou

J’avais annoncé que je gardais le patron du doudou de La Sardine, Lou le Loup, pour en refaire un avec mes chutes de tissu, mais je ne pensais pas si bien dire, ni si vite faire !

En fait, j’ai rendu visite à un certain petit Thomas né un peu avant terme pour qui j’avais cousu et tricoté quelques minuscules vêtements (que je ne vous ai pas montrés parce que, dans l’urgence, j’avais oublié de les photographier…), et je ne pouvais tout de même pas arriver les mains vides ! Je n’ai pas eu de problème pour trouver dans mes cartons de jolies chutes de tissu – mon lainage anthracite fétiche, une polaire bleue toute douce et un beau liberty qui n’a pas encore servi mais auquel je pouvais bien dérober quelques centimètres – pour concocter ce nouveau Lou le Loup, un tantinet plus romantique que le premier. Pour une fois, j’étais contente d’avoir tant de restes de tissus, moi qui peste d’habitude quand je dois leur trouver de la place ! Mon cher Homme n’hésiterait pas à dire que j’ai bien de quoi monter une véritable fabrique de doudous…

doudou

Lou le Loup, un sacré doudou

doudou sardine

Il ne m’a fallu que deux ou trois heures de tranquillité pour finir Lou le Loup, d’après un kit appartenant à la craquante collection présentée par La Sardine… Tout est dans la boîte sauf les aiguilles et le fil à coudre (ça, j’avais !), les modèles sont simples et très ludiques. J’ai gardé le patron et j’ai bien l’intention qu’il resserve, en apportant ma touche personnelle et en puisant dans mes chutes de tissu !

Bien sûr, de votre œil acéré, vous avez certainement remarqué que j’avais pris le tissu à rayures dans le mauvais sens… Je suis sûre que la petite Chiara ne m’en tiendra pas rigueur, à trois mois on n’a pas encore ce genre d’exigence (faut que je fasse tout de même gaffe pour les suivants !!!). Je suis bien trop étourdie pour réussir un ouvrage à 100 % !

Album brodé

album

Cadeau de naissance pour la petite Chiara : un album photo aux pages noires (les photos noir et blanc ressortent mieux et j’ai pensé au stylo blanc pour écrire les légendes) acheté chez Artmo, une véritable mine que je recommande aux amateurs et amatrices de cartonnage et scrapbooking. Je l’ai recouvert d’une épaisse couverture molletonnée pour un aspect plus douillet, avec une fenêtre permettant d’apercevoir une des premières photos du bébé. La couverture est en coton, brodée au hasard, façon crazy, de motifs empruntés à La Broderie point par point : cela m’a donné l’occasion de broder toutes sortes de nouveaux points et je me suis bien amusée. Pour plus de relief, j’ai utilisé du Mouliné DMC 3 brins, et les fleurs ont reçu quelques perles en guise de finition. Pourquoi est-ce que tout est noir ? Eh bien ! parce que la maman de ce bébé n’aime pas le gnan-gnan, le pastel, le rose, les cœurs, les petits nœuds et j’en passe. J’ai donc joué la sobriété… et j’ai cru y perdre mes deux yeux ! Je ne suis pas près de recommencer ! L’album est fermé par un bout de ruban qui s’enroule autour d’un bouton.

Première teinture de laine mèche : “Ciel d’aurore”

filage

À peine le rouet apprivoisé – et encore – il a fallu que je me lance dans la teinture… Je n’y peux rien, moi, c’est la couleur, mon truc, et je n’aurais sûrement pas été aussi avide de filer si cela n’avait été par goût des fils fantaisie et chinés, qui ne valent vraiment que si l’on peut patouiller les couleurs soi-même.

Ayant décidé de m’inspirer des leçons en images de Tricofolk, j’ai décidé de ne pas prendre de risque et de suivre la méthode pas à pas, en utilisant les mêmes produits. Il s’agissait de peinture sur soie (impossible d’utiliser les miennes, les Pébéo Setasilk se fixent au fer à repasser ! la laine mèche n’apprécierait pas un pareil traitement !), donc j’ai chaussé mes bonnes chaussures, confié la fifille à son papoute et traversé Paris direction Ponsard. Si eux n’avaient pas les peintures pour soie étuvables One, je ne les trouverais jamais ! Ils les avaient bien sûr ; sagement, j’ai pris les trois couleurs de base et le noir, plus deux ou trois couleurs toutes prêtes qui me plaisaient. J’ai choisi des flacons de 125 ml en m’étonnant que la gamme soit aussi disponible en 1 litre : pour peindre de la soie, j’utilise très peu de couleurs… Mais j’ai constaté qu’il en fallait beaucoup plus pour la laine. La prochaine fois, je verrai sans doute plus grand !

Pas besoin de beaucoup d’autre matériel ; j’ai acheté une série de godets gradués et de pipettes (c’est une bonne chose de noter les proportions de ses mélanges, surtout quand on n’en a pas fait assez !), et sacrifié ma cocotte-minute, dont je ne m’étais plus servie depuis des années (finalement, je préfère la cuisson moins agressive).

Je ne vais pas vous décrire toute la procédure, qui est détaillée sur Tricofolk. J’ai procédé exactement de même avec 100 g de blue-faced leicester pas suffisamment mouillée, à mon avis : la peinture n’a pas vraiment fusé et a même eu plutôt de mal à pénétrer. La preuve, quand j’ai retourné ma mèche pour finir de l’empaqueter, j’ai bien vu que la couleur n’avait pas transpercé ! Tant pis ; il resterait du blanc, donc j’obtiendrais des tons plus pastel.

Une fois la peinture fixée à la cocotte, la laine mèche rincée et  précautionneusement essorée puis soigneusement étalée pour séchage, vient la grande épreuve… comme dit Grand Corps Malade dans Saint-Denis, “Si on va à La Poste, j’t’apprendrai la patience…” Or, moi, la patience, ce n’est pas mon fort ! Et pourtant, le temps que la laine sèche, ne rêvez pas à votre rouet : il s’en faut d’au moins une journée pour pouvoir filer.

Mais le moment vient tout de même où la laine est sèche, et là, ce n’est pas perdre du temps que de choisir de la séparer en “méchettes” pour mieux la filer. Moi qui ai filé ma première pelote à partir d’une grosse mèche, je vous le dis, les “méchettes” vous facilitent tellement la vie que cela vaut vraiment le coup de préparer ces petits “nids” ! En plus, ils sont bien jolis et ils méritent une photo, n’est-ce pas ?

Pour la suite, vous la connaissez si vous m’avez lue il y a quelques jours : j’ai filé 50 g sur chaque bobine et j’ai retordu les deux fils ensemble (en mettant plus de torsion que la première fois, tout de même !) avant de les “bloquer” à l’eau chaude. D’ailleurs, tout bien considéré, il y a probablement trop de torsion, cela donne un effet grenu au tricot sous le doigt. Je n’y arriverai qu’avec quelques tâtonnements, c’est sûr.

Que pensez-vous du résultat obtenu ? Très pastel certes, mais pour ma part j’adore cette harmonie de couleurs. En plus, le fil est un poil plus fin et plus régulier : je progresse ! Chouette !

Je fais ma pelote… la première !

rouet

J’ai toujours eu envie de filer, ou presque. Quand on aime tricoter, on a envie de “remonter la filière”, c’est bien naturel… Surfez un peu sur les blogs et les forums, et vous découvrirez quel monde s’offre encore à nous autres passionné(s) de fil !

Voilà des années que je menaçais mon Homme de me mettre à filer : “Tu verras, je l’aurai un jour, le rouet !” Ces derniers mois, la menace s’était même précisée : “Je te préviens, en 2008…” Et dès janvier, commande était passée chez. Après de longs moments passés à surfer sur le Forum du filage, j’avais choisi mon rouet : un Little Gem II signé Majacraft (tout un programme) ! Il est arrivé il y a quelques semaines de sa Nouvelle-Zélande natale avec 200 g de laine mèche, et je me suis aussitôt lancée, avec délices.

Il faut dire qu’avant de me lancer, j’avais beaucoup potassé : un livre et une vidéo anglophones mais d’une grande aide, et surtout le Net, où fileurs et fileuses partagent leur savoir avec une énorme générosité. Par exemple, sur le site Tricotin.com, une série de leçons fort bien illustrées vous met le pied à l’étrier… pardon, à la pédale… sans coup férir. Bref, je me suis lancée et j’ai commencé à filer, pas d’autre moyen de procéder ! Il faut dire qu’on me mâchait le travail : le montage du Little Gem, conçu pour être transportable donc pliant, a été très rapide et très simple, et j’ai commencé par pédaler dans le vide pour m’entraîner, puis j’ai étudié un peu le fonctionnement de la machine avec un bout de laine tricotée industriellement, “pour voir”. Il n’y avait plus qu’à prendre ma laine mèche (blue-faced leicester, douce et fine et d’une agréable couleur crémeuse) et à me lancer pour de bon !

Eh bien ! cela vous étonnera peut-être, mais ça ne s’est pas fait dans les cris et les larmes. Bien sûr, le fil était très inégal, avec des parties toutes minces et des gros bouts cotonneux, mais je ne suis pas présomptueuse au point de vouloir réussir ce genre de chose du premier coup. J’ai donc continué à filer et j’ai peu à peu commencé à “sentir” ce qui se passait sous mes doigts et sous mes pieds. Après avoir filé 100 g de laine, je suis allée me coucher, sur la pointe des pieds car tout le monde dormait déjà depuis longtemps.

Le lendemain, j’ai eu quelques problèmes de courroie mais j’ai finalement réussi à réparer. J’ai à nouveau filé 100 g de laine, sur une seconde bobine, et j’ai décidé de me lancer dans le retors, qui consistait à tordre les deux fils ensemble. J’étais dubitative devant la lazy kate (ou cantre) de voyage fournie avec le rouet : ça, une lazy kate, une planchette de bois percée de deux trous et deux tiges en métal ? J’aurais pu la faire moi-même (et en effet Tricotin.com a aussi une fiche pour faire ça)…

Mais elle marche très bien, cette planchette, pas besoin d’autre chose. Le retors s’est fort bien passé ; comme une de mes bobines était un poil plus garnie que l’autre bien qu’il y ait le même poids de laine (le fil était donc plus fin !) il m’en restait un peu, je me suis amusée à tester la technique du retors navajo, c’est vrai qu’il faut être agile des doigts mais le principe des boucles n’effraiera aucune crocheteuse : on fait tout simplement un point de chaînette… bon, tout en tordant et en pédalant, ce qui fait que soudain rien n’est simple… mais c’est amusant et le résultat est très sympa (pardon, j’ai oublié de le photographier de près).

Je l’ai laissé sur la bobine pour le blocage, car il y en avait très peu et j’avais envie de tester le côté pratique de ces fameuses bobines en plastique.

Après avoir mis la première bobine de fil deux brins en écheveau grâce au niddy-noddy (ou mandrin), j’ai terminé le retors et procédé au blocage. J’avais à “bloquer” (empêcher la torsion du fil de se défaire) deux écheveaux de fil deux brins et une bobine de quelques mètres de retors navajo. J’ai choisi la technique qui me semblait la plus courante et la plus appropriée : un petit bain d’eau chaude avec un poil de shampoing pour laine, et de la patience. Ah ! oui, il en faut, de la patience, pour ces opérations de “finition” qui semblent durer plus longtemps que le filage !

Ma laine une fois rincée, après avoir passé la nuit dans l’eau légèrement savonneuse, je l’ai essorée avec précaution et mise à sécher. Là encore, beaucoup de patience, cela prend du temps.

Une fois sèche, je n’ai plus eu qu’à considérer ma laine d’un œil philosophe : bon, c’était irrégulier et trois fois trop épais, mais c’était aussi doux et agréable sous la main, et à tout prendre cela aurait pu être bien pire… À force de lire que le principal souci du débutant était d’obtenir un fil trop tordu et tout tortillé, j’ai essayé de mettre le moins de torsion possible et du coup je n’en ai pas assez ! Comique, non ? Mais bon, le fil se tient et il est solide, ne soyons pas plus royaliste que le roi pour une première tentative…

Une fois « ma » laine en pelote, j’ai calculé le WPI et tricoté quelques centimètres pour connaître la taille de l’échantillon. Arrgh ! Douze mailles pour dix centimètres !!! Mais que voulez-vous que je fasse d’une laine aussi grosse ? À part un bonnet ou une écharpe… Peut-être ferais-je mieux d’essayer de la tisser…

Sac… bémol

sac

J’ai découvert le modèle de ce sac chez Miss Tempo qui s’était elle-même inspirée du pas à pas très bien fait du blog Attrait du fil, et j’ai tout de suite craqué ! Comme je suis en veine de finissage de vieux bouts de tissu, je n’ai pas eu de mal à trouver mon bonheur dans mes cartons car ce sac n’en demande pas tant. Puisque je le voulais pour cet hiver, j’ai donné dans le tweed, avec un peu de broderie (lancée sur le tissu au pif, impossible de reproduire un dessin sur ce genre de tissu, mieux vaut y aller « franco » !) pour égayer, tirée d’un passionnant cahier de motifs asiatiques : Elements of Chinese & Japanese Design.

Je l’appelle mon sac “bémol” parce que plusieurs choses ne vont pas : d’abord je n’ai pas réussi à assortir, en fouillant dans mes cartons, le fil à broder au rose vif de la doublure ; ensuite parce que, malgré les avertissements du pas à pas, j’ai été fichue de faire les plis à l’envers, vers l’extérieur et non l’intérieur ! Quand je m’en suis aperçue, j’étais trop avancée pour avoir le courage de découdre…

Mais bon, ce sac m’a suivie pendant toutes mes vacances et je l’ai trouvé bien pratique à utiliser, surtout avec la petite poche supplémentaire imaginée par Miss Tempo (j’adore les petites poches, dans le prochain j’en ajouterai d’autres !). Avec ses “bémols”, il me plaît quand même… mais les prochains seront mieux. Oui oui, vous avez bien lu, je vais remettre ça, et j’ai déjà des tas d’idées !!! Je vous l’avais dit, que ce modèle, à la fois très féminin et pas trop sophistiqué, customisable à l’infini, m’avait séduite !

Housse brodée pour Cybook

liseuse

Savez-vous ce que c’est qu’un Cybook ?

C’est une tablette électronique qui sert à lire des livres numérisés. Il y a d’indéniables côtés pratiques : celle-ci, un modèle assez récent, fait la taille d’un livre de poche, pour à peu près le tiers de l’épaisseur et du poids, et en y adaptant une carte mémoire, on peut y stocker des centaines d’ouvrages. Peu encombrant dans un sac à main, et on n’est jamais à court de lecture !

Question technique, il est vrai que l’écran “e-paper” (une technologie qui cherche à se rapprocher le plus possible d’une vrai page en papier), très lisible et quasiment exempt de reflets, apporte un grand confort, et le fait de pouvoir changer à volonté la taille des caractères plaît aux gens qui ont des problèmes de vision de près. Moi-même, il m’arrive de la faire varier lorsque j’ai les yeux un peu fatigués (too much broderie noir sur noir… ;-).

Toutefois il y a un gros point noir qui empêche ce type d’appareil de conquérir le public, le cantonnant au rang de “gadget” : les éditeurs, très frileux, ne se décident pas à vendre leurs livres sous ce format, ou alors de manière vraiment anecdotique. Comme c’est dommage ! Mais je suis une incurable optimiste et j’attends qu’ils se lancent… En attendant, on trouve gratuitement ou à peu de frais des livres tombés dans le domaine courant, souvent de grands classiques que je relis avec plaisir (mes préférés sont Flaubert et Maupassant, mais je ne dédaigne pas de refourrer le nez dans Hugo depuis que mes professeurs de français ne m’y obligent plus, et je découvre des auteurs que je ne connaissais jusque-là que de nom, comme About).

Bon, je ne suis pas sûre de vous avoir conqui(se)s, mais ce n’était pas le but : je voulais juste vous montrer la petite housse que j’ai faite pour protéger mon Cybook. Oui, je sais ce que vous allez me dire : une fois glissé dans ce “coussinet”, il est un poil plus encombrant… Certes, mais l’essentiel pour moi est que rien ne vienne abîmer le bel écran « e-paper », et si vous saviez avec quoi cet engin doit cohabiter dans mon sac !!! (Non, vous ne le saurez pas, on ne fouille pas dans le sac à main des dames.)

Donc, pour la énième fois, je vous fais le coup du lainage anthracite, bien doublé et molletonné. Les choses se sont compliquées quand j’ai voulu y faire la broderie au ruban que j’avais piochée dans Cœurs brodés de perles et rubans. Je comptais travailler en turquoise sur gris (turquoise, vous avez dit turquoise ?), en me disant que le turquoise ressortirait bien, mais quelle ne fut pas ma déception quand ma chère petite mercière m’a expliqué qu’elle ne vendait plus de ruban de soie à broder !!! Il faut la comprendre : c’est un sacré boulot de référencer et stocker tous les coloris, et il y a assez peu de demande…

En revanche, là où, pour une fois, elle s’est trompée, c’est lorsqu’elle m’a conseillé de prendre du ruban de satin très fin. Non, je vous le dis, ça ne passe pas avec du ruban de satin, même en utilisant une grosse aiguille ! Je me suis donc retrouvée avec du ruban de satin turquoise à la pelle (mais je ne m’inquiète pas, je trouverai sûrement quoi en faire) et rien pour broder les fleurs sur le cœur. Enfin, si, du ruban de soie, j’en avais un peu, mais de l’orange, du beige, du rose pâle et du noir – bref rien qui aille avec mon gris et mon turquoise (et dans une seule largeur, en plus).

Donc, là où moi, j’ai fait fausse route, c’est que par impatience (Véronique va me gronder…), au lieu d’aller dans le centre de Paris pour trouver les fournitures adéquates, j’ai fini le cœur avec des fleurs au ruban noir ! Inutile de vous dire que ça ne ressort pas trop. De plus (là, Véronique se demande vraiment si ça sert à quelque chose qu’elle mette au point d’aussi jolis modèles pour qu’on les bâcle d’aussi vilaine manière ;-), j’ai laissé de côté les feuilles en relief et les perles, les jugeant trop fragiles pour voisiner dans mon sac avec… vous ne savez quoi (j’ai dit que je ne vous en parlerais pas).

Pourtant, vous seriez étonné(e)s, mais je lui trouve un certain charme ténébreux, à ma housse. Un charme qui va plutôt bien avec l’engin qu’elle renferme.

broderie

Théâtre de marionnettes rénové

Voilà un moment que ma pupuce utilisait un théâtre de marionnettes en tissu bleu et jaune, très pratique, qui s’enroule autour des baguettes formant son armature pour se ranger dans sa housse avant de se glisser dans un coin. Lorsque son papa avait fait cet achat, j’avais trouvé ce mode de rangement discret, mais je regrettais un peu la qualité médiocre du tissu, et je m’étais dit que le remplacer ne serait pas bien difficile. Puis les années ont passé et je me suis consacrée à autre chose (mère indigne !)…

Suite à une petite inondation résultant d’un accrochage entre chat et poissons rouges, le tissu a affreusement déteint, le bleu laissant des traces bien moches sur le jaune… mais j’ai encore laissé passer un an et quelque…

Enfin, pour ce Noël, je me suis décidée à remplacer le tissu par un beau velours rouge, digne d’un vrai théâtre ! J’ai trouvé celui-ci chez Dreyfus ; il est bien souple et sa trame verte lui donne des reflets changeants et beaucoup de profondeur. En échange, quelle plaie à travailler ! Il se déforme tout le temps, glisse sous le pied-de-biche, met des peluches partout… J’ai eu un peu le même type de problème avec la doublure, j’ai bien souffert ! Mais le jeu en valait la chandelle, je suis vraiment ravie de l’effet, qui ne s’apprécie pas bien en photo.

En fait, il s’agissait de recopier la structure du théâtre et de récupérer les baguettes de l’ancien. En haut, le fronton ; puis une coulisse ; puis les côtés et les rideaux, sur la même baguette ; puis une autre coulisse et le bas, qui reçoit au revers six poches destinées à recevoir, tête en bas, les “vedettes” attendant d’entrer en scène.

Je me suis fait plaisir en brodant au fil d’or le motifs des traditionnels masques de la comédie et de la tragédie au-dessus de la “scène”, et en encadrant celle-ci de rideaux frangés d’or. Toutes les pièces sont doublées, ce qui donne plus de tenue à l’ensemble, et j’ai fait une nouvelle housse dans le reste de doublure (ainsi qu’une petite jupe dans le reste du velours rouge ; il était bien pénible à travailler mais il est bien beau, et la jupe “tourne” !).

Inutile de dire que lorsque ma pupuce a découvert cela dans sa chambre, pour sa fête (qui tombe deux jours après Noël), cela lui a coupé le souffle ! Quand elle l’a retrouvé, elle a dit qu’il était “superbe” (elle a du vocabulaire ;-).

théâtre marionnettes

Pochettes du soir brodées façon Lesage

broderie lesage

Voilà des cadeaux de Noël qui ont bien plu à deux dames de ma connaissance, en âge de courir les bals et les soirées… Je me suis inspirée d’un dessin tiré du livre de broderie Lesage, décliné ici en vert et or d’une part, rose et argent de l’autre. Le motif est brodé sur de l’organza noir, appliqué ensuite sur du satin noir pour former l’extérieur de la pochette. À l’intérieur, la doublure noire est garnie de molleton ; les initiales de la dame sont brodées au fil d’or sous le rabat, lequel est maintenu en place par une attache fourreur.

Je n’ai pas de métier à plat spécifique pour la broderie de Lunéville, mais je me contente de coincer un tambour rectangulaire au bord d’une table, et le tour est joué !

broderie lesage