Un arc-en-ciel de soie…

biais de soie teint

Depuis que j’ai mon métier à tisser Dynamic Heddle, je prends plaisir à inclure dans mes tissages rubans de soie et mètres de dentelle. Cela apporte une variété de textures qui répond bien à mes fils fantaisie ! Du coup, j’ai fait une razzia de biais de soie blanc chez Dharma Trading et j’ai sorti ma cocotte… Ceux-ci sont pour l’essentiel teints avec des pigments Landscapes, mais j’ai aussi utilisé quelques Dupont. Je suis terriblement impatiente de les tisser !

Une écharpe pour fille ou garçon

écharpe tissée

Une fois n’est pas coutume, j’essaie de faire dans l’unisexe ! C’est vrai que je vends tout de même très peu d’écharpes à des garçons… Celle-ci, qui m’a été commandée, est discrète avec sa finition en soie teinte à la main, assortie à la chaîne bleue. La trame est en filé main laine et soie, dans des teintes chocolat avec quelques touches de bleu de Prusse et de rouille…

écharpe tissée écharpe tissée

Un petit plaid tissé

plaid tissé

J’ai dû vous le cacher un moment, le temps de l’offrir à sa destinataire ! Ce qui m’a plu, c’est la texture obtenue grâce au double retors de ce fil un peu spécial. En effet, il est fait d’un premier retors déséquilibré où le filé main s’enroule autour d’un simple fil à coudre ; puis d’un second retors navajo “tout simple” 😉 (j’ai photographié trois bobines pour illustrer les trois stades du filage). Autant dire que cela raccourcit considérablement le métrage et demande une certaine patience. Pourtant, je ne regrette pas une seule des 38 petites heures passées sur cet ouvrage ! Le résultat est très amusant sous les doigts et fut terriblement agréable à tisser : finalement, j’y ai pris du plaisir de bout en bout. Pour rester soigneuse jusque dans les petits détails, j’ai bordé le plaid d’un biais de soie teint à la main… qui est, malgré ce que la photo tente de vous faire croire, plus mauve que rose.

Tour de Fleece : écheveau 4 !

filage

C’est avec une des deux très belles nappes dégradées que m’a offertes Midian que j’ai filé cet écheveau, retordu en navajo pour conserver le dégradé. Il est lui aussi extrêmement doux, j’en ai de la chance en ce moment ! Je m’attaque à la seconde nappe pour faire un autre écheveau à peu près identique. Je parie que certain(e)s d’entre vous ont déjà deviné ce que je compte en faire…

filage filage

Tour de Fleece : écheveau 3 !

filage

Suite aux restrictions de la Seconde Guerre mondiale, certains crémiers ou BOF (beurre-œufs-fromage) indélicats “mouillaient” le lait. C’est-à-dire qu’ils le coupaient d’eau pour en avoir plus à vendre… Quand j’ai obtenu ces 200 g d’alpaga d’un merveilleux coloris beige argenté lors d’un échange, j’ai décidé de le “couper”, moi aussi, pour en avoir plus ! J’avais une soie tussah coloris naturel d’un ton très approchant, alors j’ai cardé ces deux fibres ensemble dans une proportion de 50-50. Le résultat : un fil gonflant, moelleux, très doux, dont j’adore la couleur et qui aura, une fois tissé ou tricoté, un très beau tomber, je pense.

“Prickly Rose”, un fil de luxe

filage mawatas silk hankies

J’avais besoin d’une star dans ma boutique ! Il m’a fallu plus de 50 heures de travail pour venir à bout de cet écheveau… Je me suis inspirée de la fleur “Prickly Rose” et c’est donc ainsi que je l’ai baptisé, mais il aurait tout aussi bien pu s’appeler “Patience”, vu le temps que j’ai mis à filer et retordre ces 150 g de mawatas (aussi nommés mouchoirs de soie ou silk hankies). Je suis tout de même contente du résultat (presque 1 500 m), qui permettra de tricoter un grand châle tout entier sans avoir à faire un seul nœud ni raccord. La texture un peu rustique des mawatas me plaît aussi, elle permet d’apporter à ce fil de l’originalité sans perdre les avantages de la soie : brillant, douceur, tomber. La couleur a été difficile à rendre en photo, ce n’est pas réellement un uni : le rose a de légères nuances cuivrées. Je me demande si l’acquéreur voudra le tricoter ou le tisser, car le fil est archisolide et ira aussi bien en chaîne qu’en trame ; les “grumeaux” dus à la texture des mawatas rendraient bien en tissage, je pense.

filage mawatas silk hankies filage mawatas silk hankies filage mawatas silk hankies

Une ceinture de grossesse douce, douce, douce…

ceinture tissée

Quand ce bébé est attendu de longue date, quand on a patienté longtemps avant de pouvoir le “mettre en chantier”, quelle fête que de pouvoir enfin arborer un joli bidon rond ! Elle est difficile, l’attente du moment où on va enfin rencontrer cette petite personne qui s’apprête à changer radicalement notre vie… Pour patienter, quoi de plus normal que de vouloir se faire plaisir et peut-être d’attirer un peu l’attention sur cette partie de notre anatomie ? 😉

La ceinture de grossesse n’est pas toujours indispensable, mais elle apporte du chic à la tenue : pas question de dissimuler comme il y a cent ans cette “situation intéressante”. Là, le luxe est à l’honneur puisque j’ai commencé par teindre de la soie tussah très douce, que j’ai filée au rouet, puis tissée, puis coupée, puis cousue… Bon, ça a l’air long comme ça, mais cela ne demande pas une énorme quantité de tissu donc cela ne représente en fait “que” huit heures de travail 🙂

ceinture tissée ceinture tissée ceinture tissée

La saga d’une écharpe : filage

filage

Le marché de Noël étant passé, je peux reprendre plus sereinement mes projets en suspens. J’avais envie de tisser une écharpe ou une étole avec deux fils assortis, en faisant un effet de carreaux. Dommage, j’ai oublié de photographier les nappes, mais voici les écheveaux qui sortent tout juste du blocage : on ne le croirait pas, pourtant ils ont exactement la même composition (80% mérinos, 15% soie, 5% angora) et sont fait des mêmes couleurs. Seuls deux coloris ne sont pas présents dans la même proportion. Ce sont donc des écheveaux “cousins”… presque frères… que je m’apprête à tisser 🙂

Gilet de grand-père en feutre cousu

gilet en feutre artisanal

J’ai tant aimé le gilet en soie tissée que je vous ai montré en septembre que j’ai eu envie de réutiliser le patron… mais cette fois, avec du feutre. En plus, c’était l’anniversaire de mon beau-père : j’avais une victime toute trouvée !

J’ai commencé par mettre à plat les pièces de mon patron et déterminer ce qu’il me faudrait de feutre et de doublure. Il me fallait deux carrés de feutre d’environ 70 cm de côté, un pour les devants et l’autre pour les dos, donc je devais étendre environ 115 × 115 cm de fibres, deux fois, en comptant un coefficient de rétrécissement de 40 % (je voulais un feutre fin mais solide).

J’ai commencé par carder mes laines et ma soie (toutes appartenant à la magnifique collection italienne qu’on trouve maintenant chez Tricotin) en notant soigneusement ce que j’y mettais, et bien m’en a pris car j’ai dû en carder un peu plus vers la fin pour finir. Ensuite est venue l’étape du roulage de mon feutre dans toutes les directions… le foulage… le séchage et le repassage… en recommençant le tout pour le second morceau… mais le résultat me plaisait bien !

Une fois le feutre terminé, je n’ai eu qu’à teindre ma soie pour obtenir une doublure assortie. Cela a été un peu plus compliqué d’obtenir la teinte exacte que je voulais mais en procédant par surteintures, en plusieurs étapes, j’ai fini par me déclarer satisfaite.

La partie couture a été la plus rapide, vous vous en doutez ! Des chutes de soie ont recouvert les boutons et cette fois, j’ai brodé les boutonnières à la main, selon les bons conseils de Midian et Laine Zinzin, grâce à un tuto en images de Perline… Hum, il va me falloir un peu d’entraînement pour obtenir une vraie régularité de ce côté-là !

gilet en feutre artisanal gilet en feutre artisanal gilet en feutre artisanal

Un stage de rêve et une robe de princesse en nuno

feutre freedom construction

Décidément, l’automne est riche en rencontres…

Je vous l’avais annoncé, nous avons eu la chance de recevoir la feutrière australienne Pam de Groot, de passage à Paris pour la première fois. Un stage de trois jours nommé “Freedom Construction” était organisé par Tricotin, avec l’aide de votre serviteuse. Il s’agissait de concevoir une robe à partir d’une coupe originale, sur la base de préfeutres nuno et de soie.

Je peux vous le dire, cela a été un vrai marathon pour tout finir en trois jours ! Il en a fallu, des mètres de préfeutre, pour créer une telle robe, et nous les avons tous fabriqués nous-même, bien sûr. Puis Pam nous a expliqué comment nous allions couper les robes, ce qui a entraîné, laissez-moi vous le dire, bien des interrogations et des mines perplexes, tant sa technique secrète est particulière.

Puis nous nous sommes bravement lancées et avons commencé à tailler d’immenses robes de géantes, qu’il a fallu accrocher au plafond pour les voir dans leur entièreté ! Ce fut le moment de toutes les improvisations… Je trouve que j’ai été un peu sage et je me promets que la prochaine (bien sûr, elle me trotte déjà dans la tête) sera beaucoup plus audacieuse.

Quel bonheur que d’étudier sous la férule amicale de Pam ! Elle a toujours le sourire et elle est d’un calme imperturbable. Bien sûr, j’ai fait des bêtises, comme toujours, mais ce n’était jamais un problème, car sa réponse dans ce genre de cas est invariablement : “Oh, ce n’est pas grave, tu résoudras ça plus tard…” et elle a raison ! En fait, Pam nous a enseigné que la créativité naît de la manière dont on résout des problèmes. J’ai vraiment touché cela du doigt – et même des dix doigts – et je crois que je ne l’oublierai jamais.

Je suis très fière de ma robe, qui me va comme un gant – forcément, elle a été conçue pour mon corps et patiemment feutrée pour s’y adapter. Elle est à moi et je la garde. Mais bien sûr, je suis très tentée d’en faire d’autres pour mettre en vente dans ma boutique… mais ce n’est pas pour tout de suite, car c’est un travail de longue haleine.

Encore merci à Pam pour toutes les astuces, pour l’excellente ambiance et pour la confiance qu’elle a su nous insuffler afin de nous apprendre à lâcher prise en nous laissant surprendre par le vêtement que nous étions en train de créer.

feutre freedom construction