Noces de soie

gilet tissé en soie

Douze ans de mariage, ce sont les noces de soie : pour qui aime travailler les belles fibres, c’est un vrai défi qui mérite du temps et de l’application ! Pour faire ce beau gilet à mon cher et tendre, j’ai commencé de presque rien : des mawatas, ou “mouchoirs de soie”. Je vous en ai déjà parlé, j’aime beaucoup l’effet texturé du fil obtenu avec les mawatas, une fois retordu en navajo, c’est-à-dire à trois brins, sur lui-même. Et en plus, il est extrêmement solide. Du coup, il était naturel de penser à le tisser…

J’ai commencé par teindre les mawatas. J’ai la chance de partager la vie d’un homme qui accepte de porter toutes sortes de couleurs sans rechigner, donc j’ai choisi ma teinture Landscapes préférée, le vert Lichen. Après, j’ai étiré tous ces mawatas après les avoir soigneusement détachés les uns des autres, et j’ai enroulé cette mèche aérienne en une gigantesque boule. Cela m’a déjà pris deux longues soirées…

Est ensuite venu le moment du filage. Sachant qu’une fois retordu, j’avais quasiment 1,5 km de fil, le calcul est simple : au départ, j’ai filé 4,5 km ! Pour cela, j’étais ravie d’avoir le concours de mon petit eSpinner Ashford – à présent qu’il est muni d’un épinglier automatique WooLee Winder (oui, j’ai fait des économies et ensuite des folies ! il faudra un jour que j’ouvre une nouvelle catégorie pour vous montrer tout mon matériel, il y a de quoi papoter pendant de longues soirées d’hiver…), c’est le roi des filages au long cours. J’ai apprécié ce confort, puisque le filage et le retors m’ont occupée presque un mois.

C’est avec bonheur que j’ai vu arriver le moment du tissage, car j’adore ça ! Même avec mon très modeste Knitters Loom, un adorable petit métier à tisser pliant, je me régale, et voyez, 50 cm de largeur peuvent parfois suffire pour créer des vêtements ! En l’occurrence j’ai commencé par tracer et couper mon patron (Simplicity n7297). Par chance, le dos est en deux morceaux, ce qui signifie que finalement je n’avais qu’une bande de 35 cm de large à tisser… oui, mais sur presque 3 mètres. Parallèlement, j’ai mesuré le bon métrage d’un épais twill de soie que j’ai teint avec la même teinture pour faire la doublure.

Le début du tissage a généré une certaine appréhension car je me demandais ce qu’allait donner mon fil. Au début, je n’ai pas trop aimé l’effet de rayures que générait le dégradé de la couleur, et je l’ai cassé en alternant plusieurs écheveaux. Ensuite, la grande question était : aurai-je assez de fil pour aller au bout de ma chaîne ? Mes savants calculs me promettaient que oui, mais les calculs… vu ma propension aux étourderies, je leur fais rarement confiance. Finalement, j’ai eu de la chance : une fois tombé du métier, lavé et repassé, le tissu faisait même une vingtaine de centimètres de trop. J’avais quand même prévu une issue de secours : si je n’avais pas assez de tissu, j’utiliserais la même soie industrielle que celle choisie pour la doublure pour faire le dos.

Le moment de la couture du gilet en elle-même a été l’étape la plus rapide. J’ai commencé par décalquer le patron sur de l’intissé très fin que j’ai fixé au fer sur mon tissu, puis j’ai découpé chaque pièce et fait un zigzag à la machine. Avec ça, aucun risque d’effilochage ! Puis j’ai monté le gilet, ce qui m’a donné l’occasion d’approfondir mes connaissances dans le domaine des vêtements doublés. Très intéressant, et surtout le résultat est vraiment agréable. Oui oui, je commence à prendre goût aux finitions soignées ! C’est un peu tard, mais cela prouve qu’il ne faut pas désespérer : même les vieilles guenons apprennent de nouvelles grimaces 😉

Le petit plus, ç’a été d’apporter mon gilet dans ma caverne d’Ali Baba à boutons préférée, chez Dam’Boutons au marché Saint-Pierre. Impossible de ne pas y trouver votre bonheur tant il y a de choix. J’ai craqué pour ces boutons tout simples façon bronze, et le marchand m’a même trouvé une belle boucle assortie pour accrocher la martingale derrière. Une fois les boutons cousus, les boutonnières brodées, le travail était fini, je n’ai plus eu qu’à faire un paquet cadeau…

Et savez-vous quel cadeau j’ai reçu, moi, à l’occasion de mes noces de soie ? Je vous le donne en mille : une énorme provision de mawatas !!!

Cathédrale de Chartres

fil fantaisie artisanal

Je ne vends pas beaucoup d’écheveaux à travers ma petite boutique sur ALM, et je ne dégage pas de marge du fait que les charges fiscales sont importantes et le nombre d’heures très élevé, mais le plaisir que je prends à ces rares transactions pourrait difficilement être évalué. Et ce qui me plaît le plus, c’est qu’un(e) client(e) me propose un challenge…

Ainsi Isabelle, après avoir tricoté mes fils, m’a proposé de m’intéresser aux couleurs des vitraux de la cathédrale de Chartres. Vaste question ! Déjà, j’ai commencé par aller les voir. Sur le Net car ce n’est plus la saison des voyages, mais cela m’a donné envie d’y aller pour de bon… Ensuite j’ai choisi mes couleurs et j’ai teint ma laine…

Mmmh, je n’étais pas très contente du résultat. Déjà il restait trop de blanc, alors qu’il n’y en a pas tellement dans les vitraux. Et puis, mes couleurs s’étaient beaucoup mélangées entre elles, ce qui donnait une gamme trop “multicolore” par rapport aux dits vitraux. Le tout me semblait aussi un peu clair : quand on regarde un vitrail, et qu’on l’apprécie le mieux, on est souvent dans une demi-pénombre. J’ai voulu y remédier en filant à part un fil de soie noire et en réalisant un retors à trois brins… Ce n’est pas encore tout à fait ça, mais je veux bien le baptiser “Chartres 1”, car il y a tout de même un peu de vitrail dans cet écheveau. Toutefois, Isabelle peut être assurée que je réfléchis déjà à “Chartres 2” et “Chartres 3”… Voilà une série qui ne s’achèvera que lorsque je serai complètement satisfaite ! Je ne sais pas si elle prendra fin un jour, du coup 😉

fil fantaisie artisanal

Étole “Loch Ness”

étole en feutre peinte

Pour participer au “défi celtique” proposé par ALM pour le mois d’août, j’ai réalisé cette étole en feutre de laine et soie peinte à la main. Elle représente le plus beau lac des Highlands, et bien sûr je n’ai pas oublié d’incruster un petit “Nessie” ! Je suis ravie du résultat, car c’était la première fois que j’essayais de teindre à la main les fibres après et non avant les avoir feutrées. Elles ont très bien pris la teinture, la soie apportant des nuances particulières.

Je suis certaine de ne pas remporter le défi, car les gagnants sont ceux qui recensent le plus de votes : ayant présenté ma création le dernier jour, je n’ai aucune chance ! Pas grave, je suis si contente de l’avoir réussie que je m’en satisfais pleinement. Sa beauté ne se révèle pas vraiment en photo, mais toutes les personnes qui ont pu la voir et la toucher “en vrai” m’en ont fait de grands compliments. Je suis sûre qu’elle sera une des vedettes de mon marché de Noël, si je réussis à y participer ! (Tant pis pour la modestie…)

étole en feutre peinte étole en feutre peinte

Dans la foulée, j’ai fait une autre étole du même genre, mais dans le thème “Tout feu, tout flamme”… avec quelques pincées de glitz pour faire scintiller encore plus la couleur. Elle figurera dans la boutique dès ce soir.

étole en feutre peinte

Trois nouveaux écheveaux

Après la frénésie de feutrage dont je vous ai gratifié(e)s ces derniers jours, vous avez forcément deviné que je n’avais pas tellement filé… Je n’ai quand même que deux mains et je me sers finalement peu de mes pieds (bon, je sais ce que vous allez dire, il reste tout de même les dents et le menton, je m’en sers aussi parfois ! un vrai petit singe !)… Mais voici tout de même trois écheveaux dont je suis assez contente.

Celui-là, en pure soie (mouchoirs de soie teints par mes soins), est vraiment un travail de longue haleine, il m’a quand même fallu quasi trois “pub spinning” et pas mal d’heures sup’ à la maison pour en venir à bout ! À un moment, je me suis même dit que je n’allais jamais le terminer ! Normal, il mesure environ 300 m, ce qui signifie que j’ai filé presque 1 km puisque c’est un retors navajo.

filage

Celui-là, j’en suis très fière car c’est un fil filé au fuseau et Dieu sait que je débute en la matière. C’est au cours d’un pub spinning particulièrement foufou que j’ai pu m’y mettre vraiment. Sachant que nous allions rencontrer plusieurs personnes calées dans ce domaine, j’avais emmené mon fuseau en me disant que ce serait bien le diable si je ne trouvais pas moyen de prendre une leçon de fuseau… Je ne pouvais pas me douter que le diable serait là avec ses mille tentations, et qu’au bout du compte, je n’allais pas du tout sortir le fuseau de mon sac ! Pourtant j’ai eu l’occasion d’admirer des fileurs et fileuses d’une grande grâce, et quelque chose a dû m’en rester… En rentrant à la maison, j’ai pris mon fuseau et mes fibres (plusieurs coloris de mélange mérinos et soie Ashford et j’ai filé… comme si je l’avais toujours fait ! C’était rentré par les yeux !

filage

Petit dernier, un fil deux brins de mérinos et… bambou, pour changer. Le bambou apporte deux choses qui me plaisent. D’abord, un tomber un peu plus lourd, une texture différente, j’aime bien, pour certains ouvrages. Ensuite, il a un peu le brillant de la soie, mais n’absorbe quasiment pas les teintures pour fibres protéiniques que j’utilise : résultat, il reste blanc, d’où un super effet marbré de la mèche une fois teinte. Je vais tester ça aussi en feutrage, je suis très curieuse de voir le résultat.

filage

Le collier de la calligraphe

collier fil fantaisie

Cécile Pierre, calligraphe de talent avec qui je me suis essayée au mail-art il y a quelques années, et qui m’a offert une très belle calligraphie à l’occasion de la naissance de mon petit prince, visite encore régulièrement le blog et vient de découvrir ma petite boutique… Comme elle regrettait que les colliers qui lui plaisaient le plus aient été vendus, je lui ai proposé de lui en faire un selon ses goûts.

Pour carder mes fibres (de la laine mérinos et beaucoup de soie, pour un maximum de douceur et de brillant), je me suis inspirée des couleurs de la bannière de son blog. Qu’en pensez-vous ? J’espère qu’il va lui plaire ! Si vous avez une envie et ne trouvez pas votre bonheur dans la boutique, n’hésitez pas à me passer commande…

collier fil fantaisiecollier fil fantaisie

Écharpe nuno rose

écharpe nuno

Voici, enfin finalisée, l’écharpe que j’ai réalisée pour Louna, sur commande via le module “Customisation” d’ALM. Mais son cœur avait été durement touché par l’écharpe nuno lin, laine et soie (tout un programme !) blanche que j’avais mise en vente… et c’est finalement pour celle-là qu’elle a craqué !

Je suis néanmoins très contente de mon écharpe rose. C’est un mariage de mousseline de soie et de fibres mérinos et soie, selon la technique nuno d’incrustation de laine dans la soie, que j’ai teint par la suite en vieux rose. Elle est très fine et légère, plus printanière qu’adaptée aux rigueurs de la saison présente, je l’admets.

Comme je le prévoyais et l’espérais, la soie a “bu” la teinture plus vite que la laine (la grosse gourmande) et cela donne des nuances qui me plaisent beaucoup. Mais je comprends les hésitations de Louna : il faut voir et toucher ce genre d’objet pour en voir toute la beauté, et il n’est pas facile de faire son choix sur Internet.

Étole nuno et shibori

étole feutre nuno

Il suffit de feuilleter Shibori Designs & Techniques pour avoir envie de se jeter à corps perdu dans la technique à fils noués. Il y faut surtout de la patience ; personnellement, je n’en ai pas beaucoup, mais je compense avec un entêtement de vieille bique (si si ;-).

Pour réaliser cette étole, j’ai commencé par teindre en rouge un bout de soie et quelques grammes de laine.

étole feutre nuno étole feutre nuno

Une fois ma soie sèche, j’ai fait des petits nœuds selon la technique dite “kumo”. J’étais jusqu’à présent très bête : quand je faisais du tie and dye, je coupais le fil après chaque nœud ! En sautant cette étape, on va bien plus vite… et je me suis beaucoup amusée à faire ces nœuds façon spiderweb ; le résultat est si amusant, avec toutes ces petites cornes, qu’on a bien envie de le laisser comme ça !

étole feutre nuno

Après ça, hop, passage à la teinture noire, en même temps qu’un peu de fibres de laine et de soie (ma cocotte est bien assez grande).

étole feutre nuno

Pas la patience d’attendre que ça sèche : je défais les nœuds pour découvrir les petits dessins façon toile d’araignée… ceux-ci sont plutôt carrés que rond, cela doit dépendre de la façon dont je plie mon tissu avant de nouer.

étole feutre nuno

J’aime bien le résultat, mais ce n’est pas fini !

étole feutre nuno

Bon, je sors ma super cardeuse (fais plus rien sans elle) pour mettre un peu de soie noire dans ma laine rouge…

étole feutre nuno

Puis j’envahis la table du salon et je pose mes fibres : un peu de noir sur le morceau de soie teinte, et de larges bordures de mélange laine rouge/soie noire.

étole feutre nuno

Allez, on roule ! Cette soie est très fine et la laine passe à travers sans problème en la gaufrant juste comme j’aime…

étole feutre nuno

Rinçage, et voilà le travail !

étole feutre nuno

Écharpe cobweb

feutre cobweb

C’est pour l’anniversaire de sa copine Caroline que ma princesse aux doigts de fée a feutré cette écharpe sur le thème de l’orage… Elle peut être fière du résultat.

Le choix des couleurs (mérinos et soie)
feutre cobweb
L’étape cardage
feutre cobweb
Une nappe pleine de peps
feutre cobweb
Les nappes tout simplement étirées avant feutrage
feutre cobweb
Eau chaude, savon, tulle… et petites bulles
feutre cobweb
L’étape froissage et foulage (la plus amusante !)
feutre cobweb
Et voilà le résultat !
feutre cobweb
Avec les résidus de cardage, une fleur feutrée transformée en broche assortie à l’écharpe

feutre cobweb

“Neptune”

filage

C’est pour la loterie d’écheveaux organisée lors de la rencontre 2010 du Forum du filage que j’ai filé ce “Neptune” en mouchoirs de soie, teints avec des peintures pour soie Dupont (mes chouchous ;-). Monsieur Albert avait chaussé sa poulie haute vitesse et je me suis un peu laissée entraîner… à filer beaucoup trop fin. C’est catastrophique pour ça, les mawatas ; la fibre est loooongue, et elle accroche… jusqu’au moment où on ne voit plus le fil. Résultat, même retordu en navajo (donc à trois brins), il en reste environ 1 330 m pour 110 g !

C’est Esperluette qui a gagné “Neptune”, et elle se demande bien ce qu’elle va en faire… Je suppose qu’avec ce métrage, de nombreux modèles de châle dentelle s’offrent à elle. Et même si elle décide de le tricoter en double pour avoir un fil plus gros, elle peut encore tenter une shawlette ou une shoulderette (mais quand ces messieurs de l’Académie daigneront-ils se pencher sur le vocabulaire du filage et du tricot pour nous donner des traductions utilisables ?).

Pour revenir à la loterie, j’ai eu la chance de gagner un très bel écheveau d’Angy, fin, régulier et doux, orné ici et là de perles discrètes et élégantes, et surtout d’une couleur ni rose ni abricot à tomber par terre. Cette fois, que personne ne rêve d’un cadeau de Noël : mon teint a BESOIN de cette couleur délicate, c’est donc pour moi que je vais enfin me lancer dans l’Aeolian Soulderette. Na. Et si je me perds dans les grilles de dentelle, je demanderai conseil à Angy, car elle n’est pas douée que pour le filage, elle tricote aussi à ravir, et elle a déjà réalisé ce modèle… Allez donc voir sur son blog les adorables chaussons qu’elle s’est tricotés pour filer au chaud, vous en serez convaincus !

filage filage

Il y a déjà plus de quinze jours que j’ai participé à cette rencontre que nous attendons chaque année avec impatience… hélas, il m’a été impossible de bloguer depuis mon retour, la faute à trop de travail !! Mais demain, je vous en montrerai quelques images… si vous êtes sages, bien sûr 😉