Venez me voir au marché de Noël de Vanves !

À tous les passionnés de fibres de région parisienne, je propose de venir faire un tour au marché de Noël de Vanves, qui réunit chaque année producteurs de terroirs et créateurs artisans pour que chacun puisse faire ses achats festifs, cadeaux et bonne bouffe étant naturellement à l’honneur. Autour de tout ce petit monde, tours en calèches, animations et concerts, le tout gratuit.

Voici les horaires :

– vendredi 9 : de 15h à 20h30 ;

– samedi 10 : 10h à 20h30 ;

– dimanche 11 : de 10h à 18h.

Pour télécharger le programme, cliquez ici.

Cette année, on m’a même proposé d’animer un café tricot ! Il aura lieu au Café des Saveurs de 15h30 à 16h30, le samedi 10 et le dimanche 11 décembre. N’hésitez pas à venir montrer vos ouvrages et faire prendre l’air à vos aiguilles… Naturellement, à ces horaires, vous ne me trouverez pas sur le stand. Mais vous pourrez tout de même venir y découvrir les dernières créations que je vous ai montrées sur ce blog au cours des dernières semaines…

Village des Terroirs de Vanves 2016

Toute fine, toute légère…

écharpe soie tissée main

… non, ce n’est pas de moi que je parle 😀 ! Mais de l’écharpe que je viens de terminer avec la soie de mawatas filée lors de mon dernier marché.

En fait, même avec le peigne 60/10 que j’attendais impatiemment de pouvoir étrenner, le fil était encore trop fin, ce qui m’a permis de tisser une véritable gaze de soie, un petit bonheur de luxe et de douceur. Elle ne pèse qu’une soixantaine de grammes, bien qu’elle fasse ses deux mètres de long, et n’a utilisé que la moitié de la pelote… Je suis en pleine réflexion, vous vous en doutez, au sujet de ce que je vais faire de l’autre moitié.

Je me suis demandé avec Chantal, qui s’étonnait de sa finesse, si elle passerait à travers une bague, comme les fameux pashminas ou encore les châles orenbourg qui doivent passer à travers un anneau de mariage. Eh bien, oui, la preuve en image, elle y passe, et au large encore !

Vous le voyez, en ce moment, je suis totalement dans l’inspiration “Noël blanc”…

“Mon livre de chevet”

écheveau filé main avec perles

D’accord, d’accord, il n’est pas vraiment sur ma table de chevet. Il est sur mon bureau. Et je m’en sers très souvent, car il a réponse à tout ou presque… même s’il est parfois horripilant quand je mets un temps fou à trouver dans laquelle de ses 1 600 pages il traite du sujet qui m’intéresse – par exemple si on accorde ou pas tel passé composé dans un emploi bien spécifique – et qu’il me dit que “on peut écrire les deux”. Argh ! 😉 Certes, une consultation du Grevisse (ce n’est pas son titre, c’est vrai, mais c’est comme ça qu’on l’appelle entre nous), ce n’est jamais rapide, et en plus il pèse son poids (plus de deux kilos et demi, si vous vous posiez la question). Pourtant, avouez qu’en plus de représenter une faramineuse somme de connaissances sur la langue française, c’est un bel objet !

Je ne pouvais passer à côté de ce cher bouquin pour ma collection “Mon livre de chevet”. J’ai donc réalisé un écheveau jouant sur le blanc et le noir pour évoquer sa couverture, orné d’une cinquantaine de perles alphabet (sainte patience).

écheveau filé main avec perles

Bilan d’un marché parisien

filage manuel

Me voici de retour du marché des créateurs des Champs-Élysées, dont j’ai eu parfois l’impression qu’il n’avait de “créateur” que le nom… En effet, le petit “village des créateurs” était noyé dans une grande fête foraine où les gens venaient manger des churros, boire du vin chaud et filmer leurs enfants sur les manèges. Une atmosphère certes “festive”, mais qui ne poussait pas à admirer les créations minutieusement réalisées par les quelques artisans qui n’étaient pas en fait des revendeurs de bricoles.

Parmi ces derniers, j’ai tout de même eu le plaisir de faire la connaissance du sculpteur céramiste Benoist Lagarde (et aussi de faire quelques emplettes, hum ! je ne sais pas résister à un bel émail rouge…).

Et, si parmi les milliers de personnes venues du monde entier qui sont passées devant mon stand durant cette semaine, la plupart n’avaient certainement pas l’esprit à l’artisanat ou à la création, je ne saurais compter combien ont été étonnées ou émues par mon petit rouet qui a pédalé sans relâche, dix heures par jour ou presque. J’ai fait beaucoup de très belles rencontres et je ne saurais remercier assez tous ceux qui m’ont confié une bribe de leur histoire personnelle, évoqué un membre de leur famille, les pratiques d’antan de leur village ou de leur région. Ils m’ont touchée autant qu’ils l’ont été.

Merci donc aux ados qui ont sauté en l’air en jurant que c’était “trop stylé”. Merci aux vieilles dames qui m’ont raconté leurs longues heures de tissage, petite fille, dans un atelier portugais, ou qui ont évoqué la difficulté à redécouvrir le filage par nécessité, pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’elles étaient adolescentes. Merci à ce monsieur moldave d’une suprême élégance qui a expliqué la fabrication des tapis dans son village, et la fierté avec laquelle les dames qui en étaient chargées acceptaient ou non de vendre leurs créations à telle ou telle personne. Merci à tous ces jeunes hommes fascinés par les roues et les courroies, que leurs amies essayaient d’entraîner à la force de leurs petits poignets vers les stands de bijouterie. Merci au garçon de café qui a mimé pour moi les gestes de sa grand-mère : le cardage et le filage au fuseau. Merci à tous ceux qui ont demandé mon autorisation avant de prendre des photos…

Pendant toutes ces rencontres enrichissantes, si mon cerveau était aux prises avec un anglais un poil rouillé à l’oral et des notions d’espagnol franchement décaties, mes mains et mes pieds, eux, ne chômaient pas ! Voici, en chiffres, les quatre écheveaux filés au cours de ces belles journées (j’ai réalisé les retors chez moi, en rentrant, et je vous donne là le temps total passé sur chaque écheveau) :

– laine et soie : 478 m pour 126 g, 12 heures de filage ;

– mawatas de soie : 1 408 m pour 123 g, 37 heures de filage ;

– laine et soie : 587 m pour 128 g, 16 heures de filage ;

– mérinos superwash : 160 m pour 102 g, 4 heures de filage.

J’ai tout filé en blanc car c’est plus visible lorsqu’on fait une démonstration, mais rien ne m’empêchera de me livrer à quelques exercices de teinture… L’écheveau de mawatas est déjà en cours de tissage, argh, le peigne 60/10 fraîchement reçu d’Ashford est encore trop gros ! Cela donne toutefois un effet “gaze” qui pourrait être très réussi. Mais j’aurais dû retordre ce fil trop fin en navajo, il aurait eu une plus jolie texture. À refaire…

Un peu de laine aux Champs…

Dès demain, je serai présente sur les Champs-Élysées, sur un stand partagé avec l’association “Les Tisserins”. Nous participons en binôme au village des créateurs du célèbre marché de Noël qui s’installe chaque année sur la plus belle avenue du monde.

Comme vous le devinez, j’ai été très assidue devant mon métier à tisser, d’où quelques nouveautés exclusives qui ne sont pas en boutique… En voici quelques aperçus !

Je suis très fière de “Pure Nature”, une écharpe toute simple tissée en filé main laine et soie très fin. Grâce à la composition et au relief du fil, à la trame aérée du tissage, le toucher et le tomber sont vraiment réussis.

Pour cette grande étole généreuse évoquant un ciel changeant, j’ai puisé dans tout ce que j’avais de bleu, notamment les écheveaux que j’avais réalisés pour mon étude sur les fleurs bleues.

Il me restait un peu de bleu, alors j’ai réalisé cette écharpe “Glacier”, très moelleuse.

Il me restait aussi beaucoup de fils du tissage réalisé pour couronner mon opération “Dix ans, dix cadeaux”, donc j’ai fait une seconde écharpe, plus dans les verts que dans les jaunes…

Venez voir (et toucher) tout ça sur les Champs-Élysées !

marché de Noël Champs-Élysées

Le Lac des cygnes

filage plumes

Le filage, c’est un art. Il ne fait pas partie de la sainte-famille des Beaux-Arts – l’architecture, la peinture, la sculpture et la gravure – qui est fixée dans le marbre depuis l’époque classique, et pourtant c’est un art. Disons qu’il appartient aujourd’hui au domaine des “arts appliqués”, même si nous ne nous sommes pas encore assez fait entendre pour entrer dans la famille des métiers d’art (ça viendra !).

La couleur, la texture, le geste technique, tout y est ; quant à l’inspiration, c’est bien ce dont nous parlons chaque mois dans la rubrique “Thème du mois” du forum Tricotin. Mais je pense qu’un artiste qui ne s’intéresserait qu’à son art de prédilection – un chanteur lyrique qui ne se soucierait guère de littérature, un sculpteur qui ne visiterait pas les galeries de peinture, un danseur qui n’irait pas au théâtre – se limiterait dans son processus de création.

En tant que fileuse ou fileur, vous arrive-t-il de loucher sur les réalisations d’un maître de la Renaissance pour choisir une palette de couleurs, de rêver devant les courbes d’un Rodin, de chiper des outils ou des fournitures aux “collègues” : ses perles au joaillier, ses rouages à l’horloger, ses contrastes au photographe ?

Pour ma part, une fois n’est pas coutume, je me suis penchée sur le sixième art, en particulier la danse, sous l’égide de la muse Terpsichore. Cela étonnera sans doute les gens qui me connaissent car s’il y a bien un type de spectacle qui ne m’attire pas, c’est le ballet. Mais bon, j’ai vu Les Chaussons rouges, comme (presque) tout le monde (avant tout parce que j’avais été très émue à la lecture du conte d’Andersen et que j’adore la chanson éponyme signée Kate Bush)…

… et aussi, bien sûr, Le Lac des cygnes. Tout le monde en a entendu ou vu un passage, et on en voit de beaux extraits dans le film Black Swan, avec une esthétique superbe.

D’accord, d’accord, vous me voyez venir… ce qui me plaît dans le ballet, ce sont les costumes, bien sûr.

Voici donc mon cygne blanc et son inévitable corollaire, le cygne noir.

“Mon livre de chevet”

filage

Que certains hommes préfèrent les hommes aux femmes en matière de relations amoureuses, ils ont ma bénédiction pour ça. Mais d’autres hommes détestent les femmes, les méprisent, bref en un mot leur veulent du mal, pourquoi ? C’est dépeint de manière fascinante dans le premier volet de la trilogie de Stieg Larsson, Millenium. À sa parution, je me suis plongée goulûment dans les aventures de Lisbeth, comme des millions de personnes. Aujourd’hui, je l’inclus dans ma collection “Mon livre de chevet” parce qu’en plus, la couverture me plaît beaucoup avec son clin d’œil à Mercredi Addams.

Lisbeth Salander tourna son visage sur le côté et essaya de se lever, mais il la tenait d’une main ferme. D’un point de vue force pure, elle ne pouvait pas se mesurer avec lui ; elle pesait 42 kilos contre ses 95. Il lui prit la tête à deux mains et tourna son visage de façon à la voir droit dans les yeux.

— Si tu es gentille avec moi, je serai gentil avec toi, répéta-t-il. Tu m’embêtes, et je peux te faire interner avec les fous pour le restant de ta vie. Ça te ferait plaisir ?

Elle ne répondit pas.

— Est-ce que ça te ferait plaisir ? répéta-t-il.

Elle secoua la tête.

Il attendit jusqu’à ce qu’elle baisse le regard, soumise, pensa-t-il. Puis il l’attira plus près de lui.

Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes, Stieg Larsson

filage

Dix ans… le dernier cadeau !

écharpe fantaisie tissée à la main

Hier, mon blog a fêté ses dix ans. Et donc, l’opération “Dix ans, dix cadeaux” que nous partageons depuis le début de l’année tire à sa fin… Voici mon dernier cadeau.

En septembre, Dominique a remporté une pochette cousue main ornée d’un tissage circulaire.

Le cadeau d’octobre…

C’est le dernier, et le plus beau. Ce mois-ci, je vous offre une écharpe fantaisie en filés main, avec les rubans de soie teints artisanalement que j’aime utiliser dans ce genre de modèle. Qui la veut ?

Comment ça marche ?

J’aimerais pouvoir gâter 100 % de mes chères lectrices et chers lecteurs, mais ce n’est hélas pas possible ! Je vous propose donc un tirage au sort. Vous pouvez y participer en “aimant” (“likant”) ma page Facebook [https://www.facebook.com/ruedelalaine/] et en m’envoyant un message par e-mail. Je tirerai au sort le bénéficiaire du cadeau le dernier jour de chaque mois. Ce mois-ci, ce sera le lundi 31 octobre à 19 heures. Le ou la gagnant(e) sera immédiatement averti par e-mail, en réponse au message qu’elle (ou il) m’aura envoyé. Sans réponse de sa part dans les quarante-huit heures, il sera procédé à un nouveau tirage au sort.

Vous pouvez également utiliser l’adresse contact(à)ruedelalaine.com pour m’écrire, en remplaçant “(à)” par @. Désolée de vous forcer à faire cette manipulation, mais je cherche à éviter les spams qui me font perdre mon temps…

Suite à votre participation, vous serez inscrit à la newsletter de la boutique, si vous ne l’êtes pas déjà. Soyez rassuré(e), les messages ne sont pas nombreux et il est très simple de se désinscrire.

Attention

Vous ne pouvez pas participer au tirage au sort en publiant simplement un commentaire sur le blog. Cette fonction ne me permet pas de voir votre adresse e-mail, donc de vous identifier, de vous prévenir si vous avez gagné et de vous inscrire à la newsletter.

Tout le monde a le droit de participer. Toutefois, si vous ne vivez pas en France, je me réserve la possibilité de demander une participation aux frais de port. Vous pourrez naturellement refuser le cadeau si vous les jugez trop élevés, et dans ce cas je procéderai à un nouveau tirage au sort.

écharpe fantaisie tissée à la main écharpe fantaisie tissée à la main

Gagnante : Zouzou a remporté l’écharpe tissée main

Encore un peu de teinture, ça vous dit ?

fil dégradé teint à la main

Pour le mois d’août, j’avais proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de faire de la teinture après filage, et nous avons exploré plusieurs options. Pour ma part, j’avais commencé par une teinture unie, puis une tachetée. J’envisageais de faire aussi un dégradé et j’avais envie de tester la méthode du tricotin automatique, mais je n’avais pas le matériel nécessaire sous la main. Et puis j’ai réglé ce problème 😉

Ensuite, j’ai commencé par filer 100g de mélange laine et soie. Il y a environ 325 m. Je l’ai fait avaler à mon tricotin pour obtenir un long tube tricoté que j’ai mis à tremper quelques heures avant de le disposer sur mon film alimentaire et d’ajouter mes couleurs à la seringue (quatre teintes, du noir au saumon en passant par un violet et un rose foncé). Je les ai réparties à la main, avec des gants, avant de superposer une seconde couche de film alimentaire, de rouler soigneusement le paquet et de fixer la teinture à la cocotte-minute. Une fois le tout refroidi, j’ai rincé le tricot, je l’ai passé dans mon essoreuse et je l’ai défait pour le mettre en écheveau pendant qu’il était encore humide. Voilà, vous savez tout…

Pour ma part, j’aime beaucoup le résultat : à refaire !

fil dégradé teint à la main fil dégradé teint à la mainfil dégradé teint à la main fil dégradé teint à la main

“Mon livre de chevet”

filage d'art

Le Survivant… je ne me souviens plus de la manière dont j’ai découvert ce roman. Je soupçonne Flore de me l’avoir conseillé, il y a des années, mais je n’en suis pas sûre. Toujours est-il que sa lecture me ravit : les personnages sont très bien croqués, l’histoire distrayante et instructive, on est vraiment catapulté dans une ambiance. Je n’hésite pas à me replonger dedans de temps à autre.

Pour ma collection “Mon livre de chevet”, j’avais très envie de jouer avec les couleurs de l’illustration, de reproduire les nuances de cette aube néo-zélandaise que Rosie, je suppose, aperçoit de sa véranda. Je me suis surtout amusée à reproduire les touffes de feuillages dans un écheveau hérissé et bourru comme Angus McLeod.

Tandis qu’elle avançait sur la route caillouteuse, la première chose qui la frappa fut le silence. Elle n’avait jamais auparavant « entendu » le silence. Il n’y avait pas de voitures, pas d’avions dans le ciel, pas de radios hurlant de toutes parts, pas de gens autour d’elle, personne. Elle s’arrêta et écouta. En tendant l’oreille, elle parvenait à entendre le vent dans les arbres et, sur sa droite, le bruit des vagues venant battre les rochers incrustés d’huîtres. Mais rien d’autre. Le soleil pesait sur elle comme s’il avait décidé de lui accorder son entière et exclusive attention.

Le Survivant, Derek Hansen

filage d'art