Un zeste de citron

écheveaux filés main

“Je déteste !” : c’est Midian qui m’a suggéré l’idée de ce thème. Qu’il s’agisse d’un type de fibre, d’une couleur, d’une technique de filage, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de se pencher sur un point sur lequel ils ont fait une croix et de se donner une ultime chance de découvrir quelque chose qui les fasse changer d’avis…

Moi, ce que je n’aime pas du tout en matière de filage, c’est le jaune. J’ai d’ailleurs eu du mal à trouver des fibres pour réaliser ces quatre écheveaux ; j’en achète un peu pour mettre du contraste dans certaines nappes fantaisies, mais les trois premiers coloris représentés sur la photo proviennent de teintures jugées ratées que j’avais fourrées sous mon lit (tout au fond).

Pour essayer de me réconcilier avec ces jaunes, j’ai fait un filage flammé facile et moelleux qui me plaît toujours. Et je l’avoue, le résultat ne me déplaît pas, même pas le premier, tout pâlichon, qui tire plutôt sur le beige, ni le dernier, qui chatouille les orange. Je crois que je vais garder ces quatre petits écheveaux et les tisser ensemble, qu’en pensez-vous ? Il faudrait juste leur rajouter un petit quelque chose qui leur donne du peps…

Bricolages…

filage fantaisie au rouet

Au mois de mai, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de réfléchir à un thème un peu cryptique : un filage lié au concept de “bricolage”… qu’il s’agisse de bricoler en filant (par exemple pour enfiler des perles ou réaliser un fil très fantaisie) ou d’avoir recours à une bidouille quelconque pour préparer les fibres ou modifier un rouet.

Pour ma part, j’avais déjà une petite idée en tête. En effet, quand j’ai lu Hand Spun de Lexi Boeger, alias Pluckyfluff, j’ai été amusée par sa suggestion d’ajouter de la texture à un fil en le crochetant au cours du filage. Dit comme ça, cela paraît ardu et on imagine qu’une troisième main serait bien utile, pourtant on attrape vite le coup, finalement !

Concrètement, je me suis servie d’une petite carte Sajou pour enrouler un mètre ou deux du fil que je venais de filer. Puis j’ai fait une boucle coulissante dans le fil pour réaliser ma première maille en l’air, et j’ai crocheté les petits motifs qui me passaient par la tête. Pour arrêter le motif, il faut faire passer le fil restant dans la dernière maille en l’air et serrer le nœud, puis on peut reprendre le filage. Tout simple, n’est-ce pas ?

filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet filage fantaisie au rouet

Fractal

filage fractal

Ces dernières années, on a beaucoup parlé du filage “fractal” ; nous sommes nombreuses(x ?) à l’avoir déjà expérimenté mais j’ai proposé comme thème du mois aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de nous y (re)mettre ensemble de manière plus formelle.

D’abord, les bases : quelle est la technique du filage “fractal” ?

On part généralement d’une mèche teinte, même s’il n’est pas impossible de réaliser un “fractal” avec une nappe cardée. Le principe réside dans la gestion des plages de couleur en lien avec la façon de retordre à deux brins. Si vous avez l’intention de teindre vous-même la mèche, je pense que pour le “fractal”, plutôt que de multiplier les petites touches de couleur, il vaut mieux privilégier des plages de couleurs assez larges et différenciées.

Quel est l’intérêt ? Obtenir une plus grande palette de teintes plus fondues, proches d’un effet chiné, plutôt qu’un effet de rayures de couleurs tranchées. Pour en mesurer la beauté, savoir si cela vous plaît, mieux vaut l’essayer !

Le principe est de commencer par diviser la mèche teinte en deux dans le sens de l’épaisseur. Pour un fil plus simple, on pourrait filer chacune de ces demi-mèches sur une bobine et les retordre ensemble. Mais pour le “fractal”, si on file en effet une des demi-mèches sur une bobine, pour l’autre, on la divise en un certain nombre de mèches plus fines avant de procéder au filage. Le nombre dépend de votre goût (plus il y en a, plus le schéma des couleurs va se répéter), et aussi un peu du calibre de fil que vous avez en tête : si vous souhaitez faire un gros fil bien dodu, vous ne pouvez guère diviser votre demi-mèche en 8 ou 16 portions (ah ! vous commencez à les sentir un peu, là, les mathématiques qui ont donné son nom à ce type de filage ?).

Une fois toutes les fibres filées, on est en terrain connu, il suffit de retordre les deux brins ensemble. Et voilà !

Voici ma propre contribution au thème.

J’ai commencé par teindre une mèche de laine et soie en suivant les recommandations que je vous ai faites : pour une fois, des plages de couleurs bien distinctes plutôt que tout un tas de taches fondues les unes dans les autres.

Ensuite, j’ai divisé ma mèche en deux, puis j’ai divisé ce qui restait en huit. À moins de vouloir faire un fil vraiment très fin, je crois que je n’aurais pas pu les diviser encore une fois. Je suppose que si je voulais faire mieux, au lieu de teindre une seule mèche, j’en teindrais deux côte à côte, de la même manière.

Sur les deux bobines filées, on voit déjà une différence. La première contient les “mini-mèches”, la seconde, la demi-mèche entière.

Voici l’écheveau terminé. L’effet “fractal” n’est pas forcément très parlant sur l’écheveau lui-même.

Je me suis dit qu’on le verrait mieux une fois tricoté et j’ai sorti mes aiguilles pour réaliser cette écharpe d’été légère et ajourée. Là, on voit bien la multitude de nuances des rayures obtenues.

Fleur bleue

écheveau filé au rouet

C’est une expression désuète pour désigner une chose qui l’est également… “fleur bleue”, ça veut dire romantique, sentimental, il y a aussi un côté timide et naïf à la chose. Bref, tout le contraire des générations que nous sommes en train d’élever à coups de YouPorn !

Mais moi qui suis née au siècle dernier, j’aime bien le côté fleur bleue, et l’expression aussi. De plus, si on la prend littéralement, il n’y a pas beaucoup de limites à l’inspiration qu’elle peut offrir dans le domaine du filage. C’est donc le thème que j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin pour le mois de mars.

Pour ma part, j’ai encore une fois craqué non pas pour de véritables fleurs, mais pour les motifs et coloris de mes porcelaines préférées… Sauf que pour rendre l’effet d’un semis de fleurs bleues sur un fond clair, j’ai longtemps hésité à la manière de m’y prendre. Et donc, comme souvent lorsque j’hésite, au lieu de choisir une méthode, j’en teste plusieurs.

Ici j’ai essayé de “dessiner” mes fleurs sur mes écheveaux de deux manières différentes : par cardage et par teinture.

La première fois, en utilisant ma cardeuse. Pour obtenir un effet de petites touches de bleu sur un fond pâle, j’ai teint de la bourrette de soie, que j’ai intégrée au cardage en accélérant la vitesse pour que les fibres n’aient pas trop le temps de s’étirer, permettant un effet de “grumeaux”. J’ai filé la nappe en core-spinning autour d’un fil de laine fin et j’ai un peu feutré l’écheveau au blocage pour lui donner du corps.

La seconde fois, j’ai filé deux bobines de laine blanche et les ai passées en écheveaux avant de les teindre façon shibori ou tie & dye avant de les retordre ensemble. Je voulais obtenir un effet de passages de couleurs plus “tranchés” qu’avec une simple mèche teinte. Là, pas sûre que l’effet soit vraiment différent… Je ne sais pas ! Oui, les deux écheveaux sont différents, mais est-ce que je n’aurais pas obtenu un effet similaire en me contentant de poser des touches de peinture bleue sur une mèche blanche ? Peut-être bien que si…

écheveau filé au rouet écheveau filé au rouet

“Mon livre de chevet”

La copie déclenche souvent la colère dans le petit monde de la création. Sur de nombreux forums, des créateurs et créatrices ont la dent dure pour se plaindre de personnes ayant copié leur style, ou même reproduit une œuvre à 100 % pour la revendre. Et je les comprends !

Pourtant, la copie a deux aspects positifs. D’abord, elle permet d’apprendre. Si vous avez l’habitude de vous promener dans les musées, vous devez de temps en temps y voir des étudiants des Beaux-Arts occupés à reproduire des tableaux célèbres, par exemple. Ensuite, la copie, c’est aussi un hommage, quand elle n’est pas réalisée dans un but mercantile.

filage fantaisie inspiré de jacey boggs

Ce mois-ci, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin, en guise de thème du mois sous le titre “Copie et plagiat”, de se balader sur la Toile, de visiter les blogs des fileuses et fileurs qu’ils admiraient, de fureter sur Pinterest ou même sur les sites de filatures industrielles, pourquoi pas ? Il s’agissait de choisir la photo d’un fil et d’essayer de le reproduire. Midian nous a carrément épatés en reproduisant à la perfection un fil très fou signé Jacey Boggs, et puis aussi un des miens, mon écheveau “Alien” (trop fière d’avoir été copiée !!!!).

Comme elle, je me suis aussi inspirée du travail de Jacey Boggs. C’est vraiment quelqu’un que j’admire et son livre Spin Art est une vraie petite merveille. Tout est très bien expliqué et le DVD joint est un régal vraiment rock’n’roll !

Vous me direz : “Oui mais, c’est de la triche, Jacey détaille de A à Z toute la procédure à suivre pour réussir le fil ! C’est trop facile…” Et je suis bien obligée de vous donner raison. Sauf que, figurez-vous que ce n’est pas si simple que ça, on pourrait même dire que ce n’est franchement pas de la tarte, et voilà pourquoi mon fil n’est pas vraiment réussi. C’est clair, les “beehives” ne sont pas aussi beaux et réguliers que les siens. Il faut vraiment que je continue à m’entraîner ! !

Une fois que j’ai eu fait la photo, je me suis aperçue que je l’avais présentée exactement comme les écheveaux de ma collection “Mon livre de chevet”. Du coup, mon hommage à Jacey Boggs en fait désormais partie.

filage fantaisie inspiré de jacey boggs

A Spider From Mars

fil dentelle filé à la main

Faites-vous partie des personnes qui prennent de “bonnes résolutions”, en début d’année ?

Moi, non ! C’est du temps perdu, je me connais, je suis incapable de les tenir… La plus tentante : “Finir tous mes en-cours et arrêter de démarrer quinze cent dix mille projets à la fois.” Déjà, j’entends celles et ceux qui me connaissent un peu rire à gorge déployée…

Donc, les fileurs et fileuses du forum Tricotin ont échappé à ce thème un peu vache, “Bonne résolution”. En échange, je leur ai proposé un petit challenge. Il s’agissait de penser à une technique, une matière, une couleur avec laquelle ils avaient des difficultés, ou dont ils sentaient bien que, pour une raison ou une autre, ils ne l’avaient pas explorée à fond. Et de voir jusqu’où ils pouvaient aller.

Et puisque nous commencions l’année sur une nouvelle série de thèmes, je leur ai rappelé, en m’inspirant des commandements (ou droits) du lecteur de mon cher Pennac, une petite série de conseils concernant nos “thèmes”…

  1. Nul n’est obligé de participer.
  2. Il n’est pas indispensable de montrer quoi que ce soit avant la fin du mois, le mois suivant ou même l’année prochaine : on peut “jouer” quand on veut (d’autant qu’il n’y a rien à gagner à part votre plaisir personnel). On a parfaitement le droit de ranimer un vieux post que personne n’a touché depuis des siècles.
  3. On peut faire un écheveau de la taille et du poids qu’on veut. Oui, même 10 grammes si vous êtes pressé(e).
  4. On a le droit de prendre le thème par le bout qu’on veut et d’en donner l’interprétation qui nous chante.
  5. On a le droit d’utiliser n’importe quelle matière et de la traiter aussi mal qu’on veut. Même de couper des fibres de soie avec des ciseaux, si ! si !
  6. Personne ne devrait avoir honte de demander de l’aide, de poser des questions, de dire qu’on n’a pas compris ou même qu’on est dé-goû-tée par le thème proposé (vous vous reconnaîtrez, mesdames, hi hi hi).
  7. Les garçons ont le droit de participer ! Je cesserai de parler au féminin quand l’un de vous se décidera, messieurs !

Je n’ai pu montrer mon propre écheveau qu’à la dernière minute, voilà des jours et des jours que je guette le soleil en vain… Ce matin, j’ai dû me contenter de ce que j’avais, c’est-à-dire des nuages 😉

Ce mois-ci, Midian, la papesse du fil dentelle, se lançait le défi de faire de la fantaisie, et moi je faisais du très fin ! Enfin, du plus fin que d’habitude. Je me suis bien rendu compte que mon matériel me permettait de filer encore plus fin, mais qu’aurais-je fait avec du fil à coudre ? Là, au moins, je peux quand même tenter une shawlette dentelle…

J’avais décidé de ne pas tricher en prenant de la soie, j’ai même choisi une fibre plutôt gonflante : du Maco mérinos, une laine très fine et très moelleuse. La préparation en mèche impeccable de ce Maco le rendait très facile à diviser en très fines “méchettes”. Et, pour une fois, je me suis servie du kit dentelle adapté à mon Little Gem de Majacraft. J’ai vraiment, vraiment apprécié la légèreté des bobines “fat core”, et avec le plus petit ratio de la poulie haute vitesse, l’épinglier tournait bien vite sans que j’aie l’impression de faire un effort de pédalage.

Quelques chiffres : pour 50 grammes, le fil mesurait 600 mètres avant blocage, 575 mètres après (je pense que ces métrages sont assez exacts car je fais mes écheveaux sur un écheveaudoir et non sur un niddy-noddy, qui peut facilement augmenter le métrage de 10 % parce que le fil est plus tendu). Pour les personnes qui utilisent cette unité, cela représente à peu près 5 700 YPP (yards per pound). Et il m’a fallu une vingtaine d’heures de filage pour en venir à bout.

fil dentelle filé à la main

“Il est l’or, Monseignor…”

filage

Certaines personnes abhorrent les fêtes de fin d’année, s’élevant contre la “consommation à outrance”, les “cadeaux forcés à date fixe”, l’ingérence du marketing dans la vie familiale, etc. – et je les comprends très bien.

D’autres commencent à stresser dès octobre (c’est vrai que, puisque la fête de Halloween ne marche pas trop bien en France, certains magasins n’attendent même plus novembre pour mettre en rayons boules, guirlandes et chocolats), déprimées d’avance à l’idée des cadeaux à choisir, du menu de fête à envisager, de la tête de leur belle-mère devant la tronche de leur dinde, etc. À celles-ci, j’avoue que j’offre toute ma compassion ! J’ai pu expérimenter ce genre de ras-le-bol il y a des années mais, depuis que j’ai décidé de faire les choses plus simplement, les réveillons de Noël et de la Saint-Sylvestre sont à nouveau un plaisir.

Car moi, les fêtes de fin d’année, j’aime cela. Pas pour le côté vitrines et liste de cadeaux, non. D’abord pour les souvenirs d’enfance qu’elles font remonter. Notamment la joie de décorer le sapin, ce qui nous prenait tout un dimanche après-midi, et celle de découvrir avant les invités la table de fête scintillante où ma mère avait disposé sa plus belle vaisselle, des chandeliers et des serviettes brodées. À Noël, bien des boîtes à trésor remontaient de la cave, qui contenaient des décorations à paillettes, des boules en verre soufflé délicates et des guirlandes multicolores précieusement conservées d’une année sur l’autre.

À mon tour, j’ai thésaurisé tout un tas de brimborions un tantinet bling-bling, et chaque année j’en ajoute un ou deux pour compenser la casse inévitable (j’ai un chat, moi, madame). À mon tour, je réserve un week-end de déco aux enfants pour remonter notre sapin en pot un peu étique dans l’appartement et choisir le thème décoratif. De temps en temps, je les laisse se lâcher et entasser sur l’arbre tout ce qu’ils peuvent trouver, mais la plupart du temps, je leur demande de choisir un thème de couleur et de trier les boules et guirlandes. Une année tout blanc, une année bleu et argent, une année rouge…

Cette année, c’est le thème “or” que j’ai proposé, pour le mois de décembre, aux fileuses et fileurs du forum Tricotin, car si nous savons bien que tout ce qui brille n’est pas or, si nous sommes généralement assez raisonnables pour ne pas nous retrouver à découvert sous prétexte de fêtes, nous avons tous au fond du cœur un petit côté princesse des Mille et une Nuits. Alors pourquoi ne pas réaliser un écheveau qui pourrait peut-être décorer notre arbre ou notre table de fête, ou se suspendre à notre cou au soir du 31 ?

En ce qui me concerne, j’ai voulu travailler sur le côté “vieil or” : même si, avec l’éclatant soleil de la matinée où je l’ai photographié, l’écheveau paraît plutôt orangé, en réalité il a bien les nuances de l’or terni des vieux bijoux et des antiquités d’orfèvrerie. Pour lui donner un maximum d’éclat, J’ai commencé par incorporer beaucoup d’angelina, de glitz et de soie à mes rolags. Ensuite, j’ai intégré au filage 45 petits sequins, chacun enfilé sur sa mini-mèche. Puis, j’ai retordu le fil sur lui-même (un fil retordu brille souvent plus qu’un simple brin) en ajoutant un troisième fil doré sur lequel j’avais enfilé une bonne dose de perles en verre. Tous ces petits objets contribuent au scintillement de l’écheveau. Naturellement, avec tout cet angelina, il n’est plus suffisamment doux pour être porté sur le corps, mais je le verrais bien transformé en petit sac du soir…

Polar

filage artisanal

J’ai été très vilaine en proposant aux fileuses et fileurs du forum Tricotin un thème du mois évoquant le ou les polars ! J’avoue que le sujet n’est pas aussi simple à aborder que le “Rouge” d’octobre…

Pourtant, que l’on soit amateur des fantaisies doux-dingues de Miss Seeton ou du Chat qui…, des mystères alambiqués de Harlan Coben ou des délires sanglants diffusés par Actes Sud, on a presque tous savouré le coupable plaisir du polar, celui qui nous fait dire : “Attends, j’ai presque fini mon chapitre” au lieu de “Attends, je termine mon rang”… Et il y a forcément de quoi inspirer un fil…

À celles qui me reprochaient ce thème trop abstrait, j’ai suggéré de réfléchir à des niveaux différents. Par exemple, partir du principe que les polars sont imprimés en noir et blanc, et faire un fil noir et blanc, ou retordre ensemble un fil noir, un fil blanc, etc. Ou choisir de représenter un titre en particulier. Ou utiliser les couleurs du “Cluedo”. Ou même inclure des breloques évoquant les figurines de ce jeu. Ou s’attaquer à l’univers de Miss Marple avec des bouts de vieilles dentelles, d’échantillons de tricot (oui ! Miss Marple était une tricoteuse !), etc.

Pour ma part, je suis retournée à mes (lointains) souvenirs d’ado et j’ai pioché mes idées dans la présentation d’une collection très classique, la fameuse “Série noire” avec son titre et ses lisérés jaunes… Midian, qui cherchait à deviner de quoi j’étais partie avec une photo de l’écheveau tout seul, a suggéré “Le Masque”, elle n’était vraiment pas tombée loin ! Mais c’est Gaskell qui a mis le doigt sur la bonne réponse, bravo Marianne 🙂

Promis, le mois prochain, je me rattrape avec quelque chose de plus simple.

filage artisanal filage artisanal

Rouge

filage artisanal fantaisie

En voilà une couleur qui ne manque pas de symboles ! J’ai eu beau jeu de la proposer aux fileurs et fileuses du forum Tricotin comme thème de filage pour ce mois d’octobre.

Rouge, c’est la couleur de la passion : selon le fleuriste, offrir des roses rouges, c’est exprimer un amour passionnel.

Normal, car rouge c’est le sang, symbole de la vie.

Rouge, c’est aussi l’engagement : en héraldique, il évoque le désir de servir sa patrie ; le drapeau rouge fédère les ouvriers et les révolutionnaires (on pense à la révolution d’octobre…) ; sur le drapeau français dessiné en 1794, c’est l’une des couleurs de Paris (avec le bleu), mais son usage remonte à l’oriflamme des Capet !

Le rouge marque également l’alerte, le danger, dans les signalisations internationales.

D’ailleurs il n’y a pas qu’un rouge, mais des multitudes de rouges… par exemple vermillon, corail, garance, coquelicot, vermeil, rubis, cramoisi, pourpre, framboise et j’en passe (beaucoup) !

Pour ma part, si j’ai proposé de travailler sur le rouge ce mois-ci, c’est que pour nous (les fileurs et fileuses, les artistes en teinture…), le rouge, c’est une couleur un peu plus difficile à maîtriser que les autres. Déjà, quand on est content d’obtenir un bel écheveau rouge, on a souvent des difficultés à le prendre en photo en restituant exactement son intensité. Mais surtout, en matière de teinture, on a parfois beaucoup de mal à atteindre le rouge que l’on désire.

En ce qui concerne ma propre participation au thème, je dois dire que le thème m’a plus inspirée que je ne l’imaginais en le proposant. J’ai commencé par envisager le rouge comme couleur de contraste, en le mariant avec des tons plus neutres.

Première dictée

écheveau bouclé filé main

C’est la rentrée, on retourne à l’école ! Si si, moi aussi… Mais les écoles d’aujourd’hui, avec leurs tableaux électroniques et leurs tablettes, sont loin de celles que nous avons fréquentées. D’aucuns, dit-on, songeraient même à ne plus enseigner l’écriture manuscrite, quelle bêtise ! Un stylo peut manquer d’encre, certes, mais ne sera jamais à court de batterie 😉

Êtes-vous passé sur les bancs de l’école communale si joliment décrite par Pagnol, Colette et tant d’autres ? Ou n’en connaissez-vous que des cartes postales, des images vintage, des récits de grand-mère ? Les pupitres en bois avec le trou pour un encrier de porcelaine que l’on remplit avec une grosse bouteille d’encre violette, les plumes Sergent-Major qui crachouillent, les blouses toutes pareilles, la pomme de la maîtresse… J’ai proposé aux fileurs et fileuses du forum Tricotin d’y trouver l’inspiration pour les couleurs de l’écheveau du mois de septembre.

Le mien s’appelle “Première dictée” ; j’ai cherché à rendre les pleins et déliés de l’écriture à la plume. J’ai commencé par teindre une mèche dans des tons évoquant l’encre (j’ai hésité entre la violette et la bleue et… je n’ai pas choisi, au final, mais le résultat tend quand même plus sur le bleu) et ensuite, j’ai filé un bouclé. On pourrait même dire un “frisé” !

Pour les amoureux de la calligraphie, voici un magnifique petit film.

écheveau bouclé filé main écheveau bouclé filé main